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Comment le dire à la nuit, de Vincent Tassy

Comment le dire à la nuit, de Vincent Tassy (one shot, éditions du Chat Noir)

Les jours succèdent aux nuits, le temps passe, la vie passe… mais les sentiments restent, immuables, indomptables, en nuances de gris.

Après avoir lu Apostasie, Comment le dire à la nuit est le deuxième roman que je lis de Vincent Tassy. On retrouve dans ce nouveau texte l’ambiance gothique et des personnages torturés comme c’était le cas dans Apostasie. L’auteur semble avoir trouvé son style avec cette plume mélancolique et sombre.
Or, si j’ai apprécié ce style, si singulier pour un auteur français à notre époque, je suis restée plus perplexe sur le roman en lui-même.
En effet, celui-ci nous emporte dans plusieurs époques différentes, dans lesquelles nous suivons le destin de plusieurs personnages de manière chorale. Le procédé n’a en soit rien de novateur et je l’apprécie généralement, mais je dois dire qu’ici il m’a un peu perdue. Certains personnages ont traversé le temps, d’autres ont l’air de s’être réincarnés, ou tout du moins réinventés, et il m’a manqué des explications pour tout intégrer.
Comment le dire à la nuit est un roman étrange. Il nous raconte une histoire… qui n’a pas d’histoire. Il m’a manqué un point de départ et un point d’arrivée. J’ai eu du mal à cerner l’univers global (les créatures surnaturelles sont-elles acceptées ? Connues ? les réactions de certains personnages ont semé le doute en mois). J’ai avancé tout le long du livre comme on progresse dans le brouillard : en me disant que si je ne comprenais pas tout, le sens viendrait se révéler à la fin.
Mais non, pas vraiment.
Ce n’est pas un mauvais livre, attention. Je pense plutôt que ce flou est volontairement laissé pour créer cet effet évanescent propre à ce style de livre. Ou du moins au style de son auteur. Il vaut mieux aimer les ouvrages dans ce genre et avoir une certaine habitude pour ne pas se laisser surprendre.
Côté galerie de personnages, j’ai beaucoup aimé l’histoire de Egmont et Léopold. Cela sort des sentiers battus et possède malgré tout un caractère tristement banal. J’aurais aimé les suivre plus longtemps dans leur époque.
En revanche, j’ai moins accroché à l’histoire de Rachel et Cléopâtre, que j’ai eu plus de mal à comprendre. En fait, s’il n’y avait que la partie des deux hommes, cela m’aurait convaincue et aurait sans doute été plus clair, mais les deux femmes viennent brouiller les pistes, les repères, et le lecteur.
C’est pourquoi j’ai apprécié ma lecture mais ai refermé le livre avec un sentiment mitigé. Une sorte de « oui mais… ». J’ai eu l’impression qu’Apostasie était plus clair dans ses motivations, plus abouti dans son scénario.

Pour qui : les lecteurs à la recherche d’un roman gothique et mélancolique qui raconte une histoire d’amour tragique.

Les + : une vraie plus, un style, un genre singulier comme je n’en ai jamais lu.

Les – : une histoire qui n’en possède pas vraiment, tout est flou, les contours sont brouillés et ce flou sert le style… ou pas.

Infos pratiques
Broché : 344 pages
Editeur : Editions du Chat Noir (12 septembre 2018)
Collection : Griffe sombre
Langue : Français
ISBN-10 : 2375680898
ISBN-13 : 978-2375680896