La croisade des Carpates, de Vanessa et Diana Callico

La croisade des Carpates, de Vanessa et Diana Callico (tome 1 de la trilogie Les sept portes de l’apocalypse, éditions Asgard)

Une jeune fille de notre époque se trouve parachutée dans le corps de la fiancée de Dracula. A ce qu’on dit, elle serait l’Élue.

Je me suis procurée ce titre il y a plusieurs années à l’occasion d’un destockage dans une librairire. Depuis, il était resté dans ma pile à lire et j’ai décidé de l’en tirer un peu par hasard, parce que je cherchais une lecture à la fois légère et rapide. J’ai donc pris l’ouvrage en regardant la couverture, le résumé, et en me disant que c’était écrit gros à l’intérieur. Tout devait donc bien se passer.
Or, c’est totalement l’inverse qui s’est produit.
Pour être tout à fait claire et honnête, mon sentiment se résume par cette simple phrase : je n’ai pas compris.
Tout d’abord, je n’ai pas compris l’histoire.
J’ai totalement survolé ce roman car je n’ai absolument rien compris. Je n’ai pas compris le cadre spatio-temporel : sommes nous dans le monde réel ? Un monde parallèle ? Que vient faire l’Atlantide tout à coup ? Et les monstres ? Les scènes s’enchaînent sans lien véritable au point que j’ai décroché très vite sans jamais parvenir à raccrocher les wagons. Quand je croyais comprendre, le récit m’échappait à nouveau.
Je n’ai pas compris ce qu’on voulait me raconter : la fin du monde ? la fin de l’humanité ? Une quête ? Une mission ? Je n’ai pas compris pourquoi les personnages agissaient comme ils le faisaient. Quel était le but de revenir dans le passé ? Quel est l’intérêt de trouver les cavaliers si c’est juste pour leur faire un coucou ? Pourquoi Dracula plus qu’un autre personnage historique ?
Que de mystères.
L’ensemble est porté par un style lourd, maladroit, les phrases font régulièrement entre 4 et 7 lignes (oui j’ai compté), ce qui est confusant à l’extrême. Chaque nom commun semble encadré d’adjectifs qualificatifs lourds et parfois mal choisis (certains mots sont employés d’une drôle de manière, comme par exemple le verbe « molester » qui revient très souvent. Non, on ne peut pas molester un regard). On dirait que nombre de termes sont employés simplement pour faire « savants », parce qu’ils sont compliqués et donnent l’impression que les autrices maîtrisent leur sujet. Personnellement, cela m’a fait l’effet inverse. J’ai eu l’impression que les autrices voulaient faire du style et du « cultivé » à la manière de grandes oeuvres classiques, mais le résultat est complètement raté. D’accord, elles ont voulu faire dans l’historique, mais on peut faire dans l’historique clair et agréable à lire. On enchaîne les scènes gores qui devraient nous écoeurer mais je les ai trouvées plutôt grotesques vu que je ne suis pas entrée dans l’histoire. Je suis restée à l’extérieur à voir qu’on me parlait d’entrailles, de vers, de monstres…. sans émotion.
Les personnages ne sont pas du tout attachants vu que le style reste froid et sans profondeur. Je n’ai pas aimé Eva que j’ai trouvé naïve, idiote et pas intéressante. Elle est censée être cultivée et n’agit que comme une petite fille. Elle se laisse marcher sur les pieds par un petit ami au comble de la caricature, avant de devenir une puissante guerrière. J’aurais pu adhérer si le personnage avait été développé et qu’on avait assisté à sa montée en puissance, mais ce n’est pas le cas. Je n’ai pas compris pourquoi elle déteste Vlad avant subitement de l’aimer de tout son coeur (l’effet mélodramatique n’est pas original et j’ai levé les yeux au ciel à la fin). Cette romance n’en est pas une. Une multitude de personnages portent plusieurs noms que l’on n’explique jamais vraiment, ce qui rend l’ensemble encore un peu plus confus. Je n’ai pas compris pourquoi on insiste au départ sur le fait qu’Eva est une étudiante ronde et mal dans sa peau, pour ensuite la faire renaître sous la forme d’un top model. Le récit n’aurait-il pas gagné à la faire revivre dans un corps du même genre et à lui faire apprendre à s’aimer, ou à se faire aimer d’un homme soi-disant sans coeur ?
Ensuite, je n’ai pas compris la mise en forme du texte. Y a-t-il eu un travail éditorial ? J’ai relevé plusieurs coquilles/mots en trop/mal utilisés. Certains tirets ne sont pas les bons, on a des morceaux de récit dans les dialogues et des dialogues si longs qu’ils ont parfois allure de récit. J’ai eu l’impression de lire un premier jet.
Enfin, je n’ai pas compris la stratégie marketing du livre. La couverture laisse présager une romance : ce n’en est pas une. Les personnages ne correspondent même pas physiquement à ce que nous décrit le livre.
J’adore le travail de Mathieu Coudray et il le sait, mais je pense qu’ici on lui a fait produire une couverture sans avoir lu le livre, c’est évident. Le pitch « Comment réagiriez-vous si, au lieu de mourir, vous vous trouviez projeté dans le corps d’une jeune aristocrate du XVème siège promise à Vlad Drakul ?  » est alléchant mais ce n’est pas ça l’histoire. Pas du tout, même.
On nous parle d’apocalypse. De 7 portes, puis de cavaliers (les cavaliers de l’apocalypse sont 4 et pour connaître un peu l’histoire je n’ai absolument pas retrouvé l’essence d’un seul d’entre eux dans ce texte), le tout dans une trilogie. Je suis perdue, d’autant plus que je n’ai pas compris où l’histoire voulait en venir.
Bref, pour moi ce récit est une énigme. Je ne comprends pas son édition. L’idée de base est intéressante mais il faudrait beaucoup retravailler l’ensemble pour lui donner toute sa puissance. Je n’ai pas abandonné cette lecture en dépit de ma forte envie parce qu’il faut toujours aller au bout. Certains textes sont construits sur une révélation finale qui vient donner du sens à tout le texte. Comme vous vous en doutez, ce n’est pas du tout le cas ici.
C’est donc pour moi une grosse déception. Je ne lirai pas la suite.
Malheureusement, la seule chose que je retiendrai de ce roman, c’est la difficulté que j’ai eu à en venir à bout.

A noter que depuis, la trilogie est réédité dans la maison d’édition Le Héron d’Argent, qui est une structure créée et gérée par Vanessa et Diana Callico.

Pour qui : les personnes qui ont envie de tenter l’aventure d’un récit historique en pleine Valachie.

Les + : un livre historique qui pourra malgré tout apprendre deux ou trois choses aux plus novices en la matière.

Les – : un style lourd et maladroit, confusant, des personnages peu attachants et une histoire qui ne semble pas avoir de but précis dans un cadre spatio-temporel mal défini.

Infos pratiques
Broché : 470 pages
Editeur : ASGARD EDITIONS (25 avril 2013)
Collection : Les Nuits d’Avril
Langue : Français
ISBN-10 : 2919140884
ISBN-13 : 978-2919140886

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