Survivre, de Vincent Hauuy

Survivre, de Vincent Hauuy (one shot, éditions Hugo et Cie)

Après la mort de sa femme et de sa fille dans une tempête, Florian s’est juré de survivre pour elles. Reclus dans une cabane dans les Alpes, l’homme entend bien vivre seul et par ses propres moyens. De toute façon l’humanité n’en a plus pour très longtemps, selon lui. Les catastrophes naturelles et le fait que l’Humanité soit incapable de s’assagir ne lui laisse pas imaginer un futur à long terme.
Jusqu’au jour où il est contacté par sa soeur, membre du Gouvernement français, qui lui annonce la disparition de leur frère Pierrick. Celui-ci enquêtait sur une mystérieuse affaire d’Intelligence Artificielle aux État-Unis.
Pierrick est-il encore en vie ? Florian va-t-il pouvoir le sauver ?
Pas le temps de se poser la question : il est étrangement convoqué pour participer à un grand jeu de télé-réalité aux USA, dont le titre évocateur n’est rien d’autre que : Survivre.

L’éditeur a classé ce livre dans les « Thrillers », mais je préfère le mettre dans la catégorie Science-Fiction car pour moi tous les ingrédients y sont. Pour être exacte, je dirais que nous avons ici un roman d’anticipation à suspense. Il y est effectivement question d’Intelligence Artificielle et de l’avenir de l’Humanité dans un futur proche.
Ce livre est l’exemple typique de pourquoi il faut toujours lire un livre jusqu’à la fin, et pourquoi je vais toujours au bout d’un livre.
Globalement, cette lecture m’a fait l’effet d’un film américain : plein d’action avec un scénario un peu fourre-tout et pas vraiment crédible, il ne manque plus que Tom Cruise dans le rôle principal et tout y est. On commence l’histoire en France, ce que j’ai trouvé original et sympathique (j’en ai justement assez des romans français qui se passent aux USA), mais très vite, l’intrigue est délocalisée aux… USA. Les protagonistes viennent de partout mais ne semblent pas avoir de problème avec la langue, et cela ne pose pas beaucoup de problème non plus qu’un milliardaire ait pu construire une telle débauche de moyens pour… un jeu télévisé. Florian est suspicieux mais il est bien le seul.
Survivre est un jeu télévisé à mi chemin entre Koh-Lanta et Hunger Games. J’ai eu un peu de mal à cerner son intérêt et son utilité. On nous parle d’audience télé mais dans un monde où la télévision ne semble plus vraiment exister. J’ai eu un peu de mal à me représenter le cadre spatio-temporel de l’univers de Vincent Hauuy parce qu’on alterne entre débauche de moyen et dénuement. Où en est donc l’humanité ? En est-on encore à la course à l’audimat ? Ou au contraire à la restriction obligatoire pour survivre ? Il m’a manqué un pan de l’univers pour bien le cerner.
Quant à l’intrigue, elle s’enchaîne très rapidement, peut-être même trop, pour que l’on s’attache vraiment aux personnages. J’ai lu comme on regarde un film où les scènes s’enchaînent, ne comprenant pas toujours très bien où on veut m’emmener.
Car Vincent Hauuy ajoute des couche et des couches de mystère, au point qu’on finit par ne plus savoir ce qu’on est venu faire ici ou là. J’ai eu plusieurs fois l’impression que l’auteur lui-même allait dans son intrigue un peu à l’aveuglette et qu’il raccrocherait les morceaux plus tard.
Pourtant, à mesure que je lisais, j’ai commencé à entrevoir un propos. Et c’est ça qui a m’a fait passer de « oui bof » à « ha oui en fait c’est vraiment pas mal ! » .
J’ai senti venir le coup à une centaine de pages de la fin, mais peut-être est-ce parce que j’ai l’habitude de lire beaucoup. Néanmoins, la chute a été intéressante et sert un propos plus profond que ne le laisse penser le livre au départ.
On y parle de l’intelligence artificielle, test de Turing et avenir de l’Humanité. Jusqu’où sommes nous prêts à aller pour survivre ? Jusqu’où sommes nous prêts à confier notre vie pour continuer à exister ? Plus je lisais et plus j’essayais de deviner la fin. Beaucoup d’idées m’ont traversé l’esprit sur la possible destination finale.
Et puis, à la fin, j’ai trouvé que derrière un récit qui restait en surface, se trouvait un propos plus profond.
Le tout aurait sans doute gagné en force en allant justement d’avantage dans la profondeur, le survivalisme, la réflexion philosophique, mais il n’en reste pas moins que j’ai fermé le livre avec une vraie bonne impression (ce qui n’était pas gagné au départ quand j’ai compris que le livre ne serait pas ce à quoi je m’attendais).
Côté style, le texte est écrit d’une manière très facile, presque orale. Comme si nous avions la transcription du témoignage de Florian. Le roman se lit donc très vite et très bien.
En revanche, si j’ai apprécié Florian et que j’aurais voulu qu’il me donne encore plus de techniques de survie (des petites astuces toujours utiles), je n’ai pas trop aimé Zoé, dont l’instabilité semble exister pour plaire au scénario.
En fait je pense qu’il y avait moyen de faire encore plus de choses avec les personnages et l’histoire, d’aller beaucoup plus loin !
Mais c’est comme dans un film : le temps est limité et on ne peut pas tout faire, il faut donc faire des choix.
Néanmoins, j’ai trouvé cette lecture divertissante (comme un film, vous l’avez compris) et malgré tout j’en sors avec la possibilité de réfléchir, ce que j’aime en littérature. Un très bon point.
Une lecture qui s’est trouvé étrangement d’actualité parce que lue en confinement, et qui ne pourra qu’intriguer tous ceux qui, comme moi, se prennent à imaginer le monde de demain.

Pour qui : les lecteurs qui recherchent une lecture facile, agréable, rythmée et qui fait réfléchir

Les + : j’ai apprécié que le scénario soit une sorte de grand foutoir qui fait sens petit à petit et j’ai également apprécié le personnage de Florian

Les – : l’ensemble manque malgré tout de profondeur

Infos pratiques
Broché : 424 pages
Editeur : Hugo Roman (19 mars 2020)
Langue : Français
ISBN-10 : 2755647507
ISBN-13 : 978-2755647501

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