Archives mensuelles : mai 2020

Jane Austen contre le Loup-Garou, de Marianne Ciaudo

Jane Austen contre le Loup-Garou, de Marianne Ciaudo (one shot, Les Saisons de l’étrangeSaison La ligue des écrivaines extraordinaires).

Année 1800, Hampshire. Des jeunes filles disparaissent subitement et personne ou presque ne s’en étonne. A force, des rumeurs commencent à naître : on parle d’un animal sauvage, d’un démon…
Autour de la famille Austen, le danger rôde. Jane, jeune femme bonne à marier, se voit de plus en plus courtisée par les notables du coin qui apprécient son caractère et son esprit.
Or, parmi tous ces hommes se cachent peut-être la terrible bête. Jane devra le découvrir pour sauver sa vie et celle de sa domestique muette, Alice, elle aussi promise à un destin funeste.

J’ai lu ce roman en 3/5 dans l’ordre de la série, et finalement je n’ai pas été spoilée de le lire après celui dans lequel Jane Austen apparaît déjà. Ouf.
Ce roman est un peu différent des deux précédents, dans la mesure où il laisse à voir une galerie de personnages beaucoup plus fournie, et surtout parce que Jane n’est pas vraiment le personnage principal de l’intrigue.
Cela m’a un peu déroutée au début puisqu’on dirait que l’Autrice a voulu faire son propre récit sans tenir compte de la consigne « [Autrice célèbre] contre [Monstre] ». L’histoire se passe dans une bourgade du Hampshire et on passe plus de la moitié du livre à nous parler de beaucoup de protagonistes sauf de Jane.
Marianne Ciaudo fait quand même intervenir l’héroïne éponyme à la fin du livre pour l’affrontement final et le dénouement, mais ceux qui s’attendaient à voir une Jane Austen dominer le récit risquent d’être déçus. Car finalement, Jane ou une autre, quelle différence ?
On dirait que Marianne Ciaudo n’a pas vraiment respecté le deal.
Néanmoins, cela a le mérite de nous proposer une histoire qui sort du schéma des deux précédentes. Ici on évolue en vase clos dans le décor d’un petit village et de la forêt qui l’entoure. L’histoire n’est pas sans rappeler la triste bête du Gévaudan, et on sent page après page se rapprocher la bête. La tension qui parcourt le récit et bien menée. Plusieurs fois je me suis demandée où on essayait de m’amener mais tout est bien construit. Malgré une galerie de personnages plus étendue, j’ai terminé ce récit sans questions et sans frustration. Tout est correctement travaillé. J’ai apprécié l’ambiance et la tournure des choses. Le style est plus dense que ceux des précédentes autrices mais il permet de construire une impression de tension et d’étouffement tout à fait appropriée. Il y a de la maîtrise !
Cela confirme mon enthousiasme pour cette saison de l’étrange spéciale Ligue des écrivaines extraordinaires. Pour l’heure tous les récits que j’ai lu m’ont convaincus et sont très bons.
Toutefois, je regrette comme d’habitude le manque de relecture. J’ai l’impression que plus j’avance dans ma lecture et pire sont les livres. Celui-ci a encore gagné en coquilles/mots oubliés/supprimés par rapport aux précédents, d’autant plus qu’il y a aussi dans ce roman-là des problèmes de mise en page. En effet, certains paragraphes semblent porter des titres (ou sont-ce des chapitres ?) qui se retrouvent simplement à la ligne dans un paragraphe ou en bout de phrase lorsqu’un personnage parle, ce qui rend confus le changement de point de vue ou de narrateur. Si la couverture est comme toujours splendide et très travaillé, le texte a semble-t-il bénéficié d’un peu moins d’attention. Des fautes assez grossières qu’une relecture attentive du BAT aurait permis d’éviter. Je dois avouer que même si j’apprécie les histories, ce gros défaut me freine vraiment quant à dépenser 70€ pour acquérir la saison suivante. J’ai l’impression de payer très cher des textes bons mais inaboutis sur le plan éditorial.
Ce sera là mon seul reproche.

Pour qui : les lecteurs qui aiment les histoires avec des héroïnes fortes et qui sortent de l’ordinaire, ceux qui veulent lire un petit texte dépaysant et original.

Les + : une histoire originale dont le schéma diffère de ceux des précédentes histoires, un style qui se lit bien et crée de la tension

Les – : Beaucoup de problèmes éditoriaux dans un si petit texte

Infos pratiques
ISBN : 978-2-490972-32-6
Version : Broché
Dimensions : 14 × 18.2 cm
Pages : 124
Parution : 13 février 2020

Ann Radcliffe, Jane Austen & Mary Shelley contre Carmilla, d’Élisabeth Ebory

Ann Radcliffe, Jane Austen & Mary Shelley contre Carmilla, d’Élisabeth Ebory (one shot, Les Saisons de l’étrangeSaison La ligue des écrivaines extraordinaires).

Mme Leprince de Beaumont a envoyé Ann Radcliffe chercher Mary Shelley en compagnie de Jane Austen pour venir à bout de Carmilla, un démon vampire qui a mis Venise sous son joug. Les trois femmes devront apprendre à s’entendre si elles veulent réussir leur mission. Car Carmilla, amoureuse, est prête à tout pour obtenir la chose la plus précieuse qui soit : le coeur embaumé d’un poète.

Second titre que je lis de cette série après Ann Radcliffe contre Dracula, je me suis fait la réflexion que j’aurais pu le lire en 4ème position et non seconde. On y fait en effet référence aux oeuvres mettant en scènes les trois héroïnes, et pour laquelle je n’ai déjà lu que Ann Radcliffe contre Dracula. Sans me spoiler les autres aventures, cela m’en dévoile un peu la teneur. Attention, donc, je vous conseille de lire ce titre en 4ème ou 5ème.
Pour en revenir à celui-ci, il est vraiment dans la veine du premier de la série. J’ai beaucoup plus accroché à ces deux ouvrages qu’à ceux de la première saison. Peut-être que le style ici est plus moderne que les premiers, les idées développées plus imbriquées les unes dans les autres… En tout cas nous avons ici une histoire de femmes punchy, se déroulant dans le romantique décors de Venise, avec des personnages tous très différents et pourtant portés par des émotions très humaines telles que l’amour.
Là encore, la couleur verte est associée aux vampires, qui prennent le sang de leurs victimes grâce à un dard placé sur le bout de leur langue. On a donc ici un vampirisme traité pré-Dracula, loin des clichés que l’on connaît actuellement.
J’ai passé un bon moment en compagnie de toutes ces femmes. Globalement, le récit change de ce que l’on peut trouver habituellement, en cela qu’il est 100% féminin. C’est très moderne et frais. Ici les femmes sont fortes et le font savoir (au cas où vous ne l’auriez pas compris dès la superbe couverture, comme toujours signée Melchior Ascaride).
Il est encore question d’un voyage durant lequel se passent quelques péripéties, d’un enlèvement, d’un choix à faire et d’un combat final. Cela semble être la même recette que pour le premier livre et pourtant cela fonctionne sans donner une impression de déjà lu.
J’ai apprécié le personnage de Carmilla. C’est une « méchante » ambigüe et finalement très humaine. Les protagonistes de cet ouvrages ont tous des motivations compréhensibles et j’ai apprécié suivre leurs aventures.
Le livre est court mais rythmé, on le termine avec le sentiment d’avoir regardé un épisode de série télé. A la fin, plus aucune question ne subsiste, plus aucun doute ne persiste : le lecteur en a pour son temps d’intérêt.
Le tout dans une ambiance anglaise très 19ème siècle bien retranscrite.
La plume d’Élisabeth Ebory, que je découvre là encore, est fluide, agréable à lire, et très immersive. J’ai lu ce roman d’un trait.
Je regretterai simplement les quelques coquilles et mots oubliés/en trop que j’ai trouvé dans le texte. Ils étaient un peu plus nombreux que dans Ann Radcliffe contre Dracula.

Pour qui : les lecteurs qui veulent une petite histoire dépaysante et dynamique, qui aiment les histoires de vampires, qui aiment avoir Venise comme décor et qui veulent suivre les aventures d’héroïnes fortes et déterminées.

Les + : un style fluide, efficace, immersif, des héroïnes motivées et courageuses, une histoire très complète.

Les – : Quelques coquilles et mots en trop/oubliés sont à déplorer lors de la lecture.

Infos pratiques
ISBN : 978-2-490972-35-7
Format : Broché
Dimensions : 14 × 18.2 cm
Pages : 128 pages
Sortie : 13 février 2020

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