Jane Austen contre le Loup-Garou, de Marianne Ciaudo

Jane Austen contre le Loup-Garou, de Marianne Ciaudo (one shot, Les Saisons de l’étrangeSaison La ligue des écrivaines extraordinaires).

Année 1800, Hampshire. Des jeunes filles disparaissent subitement et personne ou presque ne s’en étonne. A force, des rumeurs commencent à naître : on parle d’un animal sauvage, d’un démon…
Autour de la famille Austen, le danger rôde. Jane, jeune femme bonne à marier, se voit de plus en plus courtisée par les notables du coin qui apprécient son caractère et son esprit.
Or, parmi tous ces hommes se cachent peut-être la terrible bête. Jane devra le découvrir pour sauver sa vie et celle de sa domestique muette, Alice, elle aussi promise à un destin funeste.

J’ai lu ce roman en 3/5 dans l’ordre de la série, et finalement je n’ai pas été spoilée de le lire après celui dans lequel Jane Austen apparaît déjà. Ouf.
Ce roman est un peu différent des deux précédents, dans la mesure où il laisse à voir une galerie de personnages beaucoup plus fournie, et surtout parce que Jane n’est pas vraiment le personnage principal de l’intrigue.
Cela m’a un peu déroutée au début puisqu’on dirait que l’Autrice a voulu faire son propre récit sans tenir compte de la consigne « [Autrice célèbre] contre [Monstre] ». L’histoire se passe dans une bourgade du Hampshire et on passe plus de la moitié du livre à nous parler de beaucoup de protagonistes sauf de Jane.
Marianne Ciaudo fait quand même intervenir l’héroïne éponyme à la fin du livre pour l’affrontement final et le dénouement, mais ceux qui s’attendaient à voir une Jane Austen dominer le récit risquent d’être déçus. Car finalement, Jane ou une autre, quelle différence ?
On dirait que Marianne Ciaudo n’a pas vraiment respecté le deal.
Néanmoins, cela a le mérite de nous proposer une histoire qui sort du schéma des deux précédentes. Ici on évolue en vase clos dans le décor d’un petit village et de la forêt qui l’entoure. L’histoire n’est pas sans rappeler la triste bête du Gévaudan, et on sent page après page se rapprocher la bête. La tension qui parcourt le récit et bien menée. Plusieurs fois je me suis demandée où on essayait de m’amener mais tout est bien construit. Malgré une galerie de personnages plus étendue, j’ai terminé ce récit sans questions et sans frustration. Tout est correctement travaillé. J’ai apprécié l’ambiance et la tournure des choses. Le style est plus dense que ceux des précédentes autrices mais il permet de construire une impression de tension et d’étouffement tout à fait appropriée. Il y a de la maîtrise !
Cela confirme mon enthousiasme pour cette saison de l’étrange spéciale Ligue des écrivaines extraordinaires. Pour l’heure tous les récits que j’ai lu m’ont convaincus et sont très bons.
Toutefois, je regrette comme d’habitude le manque de relecture. J’ai l’impression que plus j’avance dans ma lecture et pire sont les livres. Celui-ci a encore gagné en coquilles/mots oubliés/supprimés par rapport aux précédents, d’autant plus qu’il y a aussi dans ce roman-là des problèmes de mise en page. En effet, certains paragraphes semblent porter des titres (ou sont-ce des chapitres ?) qui se retrouvent simplement à la ligne dans un paragraphe ou en bout de phrase lorsqu’un personnage parle, ce qui rend confus le changement de point de vue ou de narrateur. Si la couverture est comme toujours splendide et très travaillé, le texte a semble-t-il bénéficié d’un peu moins d’attention. Des fautes assez grossières qu’une relecture attentive du BAT aurait permis d’éviter. Je dois avouer que même si j’apprécie les histories, ce gros défaut me freine vraiment quant à dépenser 70€ pour acquérir la saison suivante. J’ai l’impression de payer très cher des textes bons mais inaboutis sur le plan éditorial.
Ce sera là mon seul reproche.

Pour qui : les lecteurs qui aiment les histoires avec des héroïnes fortes et qui sortent de l’ordinaire, ceux qui veulent lire un petit texte dépaysant et original.

Les + : une histoire originale dont le schéma diffère de ceux des précédentes histoires, un style qui se lit bien et crée de la tension

Les – : Beaucoup de problèmes éditoriaux dans un si petit texte

Infos pratiques
ISBN : 978-2-490972-32-6
Version : Broché
Dimensions : 14 × 18.2 cm
Pages : 124
Parution : 13 février 2020

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