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Le dieu oiseau, d’Aurélie Wellenstein

Le dieu oiseau, d’Aurélie Wellenstein (one shot, éditions Pocket)

Après avoir vu sa famille se faire sauvagement assassiner, Faolan est devenu l’esclave d’un garçon cruel et tyrannique : Torok. Ce dernier, issu de la riche famille dominant l’île où ils vivent, s’entraîne chaque jour afin de participer aux épreuves destinées à déterminer le nouveau clan dominant de l’île pendant 10 ans. Une cérémonie sanglante qui n’a donc pas lieu tous les jours.
Or, ce que Torok ignore, c’est que Faolan nourrit depuis toujours un profond désir de vengeance. Plus que tout au monde il souhaite participer aux épreuves et régner à son tour sur l’île pour venger sa famille. Mais sa condition physique et les humiliations de Torok lui laissent-elles une seule chance de gagner ? Dans quelles ressources le jeune esclave devra-t-il puiser pour accomplir son destin ?
A trop se gorger de sang, ne risque-t-il pas d’y laisser son âme ?

Que les nostalgiques d’Hunger Games se rassurent, le format « jeu sanglant à l’issu duquel il n’y aura qu’un vainqueur » a encore de beaux jours devant lui en littérature.
C’est par exemple le cas avec ce titre intriguant d’Aurélie Wellenstein.
Nous suivons ici la vie de Faolan, jeune homme autrefois issu d’une famille dirigeante de clan et devenu esclave suite à l’assassinat de celle-ci.
Le livre nous fait rapidement comprendre que l’histoire se passe sur une île aux drôles de coutumes sanglantes.
J’ai été déroutée au départ car je ne savais pas trop où on voulait m’amener. Faolan, de par ses positions d’esclaves et de personnage principal, se trouve assez vite isolé. Quand j’ai compris ce qui allait se passer, j’ai eu peur d’un récit long et bourré de remplissage. Mais non.
Le livre est d’une taille raisonnable (340 pages), ce qui suffit pour dire tout ce qu’il y a à dire sans meubler ou bâcler. Aurélie Wellenstein réussi à créer une ambiance prenant où les péripéties s’enchaînent rapidement sans se répéter. L’atmosphère est lourde, pesante. C’est cruel, sanglant, déprimant, et même écoeurant. Un livre dans un genre comme j’en ai rarement lu. Ici il n’y a pas beaucoup d’espoir, pas beaucoup de joie non plus. Ce n’est pas lourd à lire mais ce n’est pas léger non plus. L’autrice nous fait entrer dans un monde sans joie où les coutumes pour honorer les dieux se répètent depuis cinq cent ans sans que personne ne se pose de question. Faolan finira par s’en poser et trouver ses propres réponses. Il est accompagné pour cela de plusieurs personnages aux personnalités différentes et qui représentent toutes une facette de la personnalité du héros.
J’ai apprécié cette lecture que j’ai dévoré avec une forme d’urgence, comme pour connaître le dénouement le plus vite possible. Faolan n’a que très peu de chance de parvenir à ses fins, et de grandes chances de parvenir à SA fin. Mais ce livre nous fait également passer un message : quelle que soit notre vie, nous avons tous des atouts dont nous pouvons nous servir pour nous porter plus haut. Et cela, Faolan en est le meilleur exemple. Il doutera, il chutera, mais il se relèvera. Seul ou avec de l’aide, un pas après l’autre, jusqu’au bout.
J’ai trouvé cette lecture intéressante et bien construite car elle possède plusieurs niveaux de lecture. Sans en avoir l’air, la fin nous fait également passer un message, comme si cette fable possédait bien une morale finale.
En revanche, je dois avouer que malgré ses nombreux points forts, ce livre possède un point faible, selon moi : Faolan.
En dépit de toute l’énergie qu’il dépense, je n’ai pas réussi à m’accrocher à ce personnage chétif et soumis, fou et désespéré. Je n’ai pas réussi à ressentir pour lui de la compassion ou de la tristesse. C’était plutôt de la curiosité. J’ai de loin préféré les personnages féminins comme Atl, que j’aurais aimé voir plus longtemps, et Izel, dont le caractère et la personnalité ont obtenu ma préférence. C’est à se demander si les véritables héros de ce livre ne sont pas ses héroïnes.
Bref, comme vous pouvez le constater, l’intérêt de ce récit est qu’il y a beaucoup à en dire, il y a de quoi parler pendant des heures. Le dieu oiseau est en effet bien plus profond que ce qu’il en a l’air.
Une lecture agréable, une actrice dont je prendrai plaisir à découvrir d’autres titres.

Pour qui : les lecteurs qui cherchent une lecture profonde et ne souhaitent pas s’engager dans d’interminables séries.

Les + : Un style immersif et agréable à lire, un vrai sens du suspense qui fait tourner les pages à toute vitesse et vous happe de la première à la dernière page, un univers cruel et bien construit qui sort des sentiers battus, des héroïnes fortes et attachantes.

Les – : la personnalité et le caractère du héros n’ont pas remporté mon adhésion.

Infos pratiques
Poche : 352 pages
Editeur : Pocket (19 mars 2020)
Collection : Fantasy
Langue : Français
ISBN-10 : 2266297686
ISBN-13 : 978-2266297684