Archives mensuelles : septembre 2020

L’élixir d’oubli – Le Paris des Merveilles 2, de Pierre Pevel

L’élixir d’oubli, de Pierre Pevel (tome 2 de la trilogie Le Paris des Merveilles, éditions Bragelonne)

En 1909, enquêtant sur le meurtre d’un antiquaire apparemment sans histoire, le mage Louis Denizart Hippolyte Griffont découvre que ce dernier pourrait bien avoir été la victime d’un ambitieux sorcier, Giacomo Nero. Ses investigations le ramènent à l’époque de la Régence jeune mage et gentilhomme libertin, il s’apprêtait alors à combattre une puissante société secrète, l’Éridan, en compagnie d’une nouvelle venue appelée à devenir son amie de cœur et complice, la déjà très mystérieuse et fantasque baronne Isabel de Saint-Gil. Les intrigues de l’Éridan et les menées de Nero seraient-elles liées, malgré le temps passé ? Griffont et Isabel, en s’opposant aux plans du sorcier en 1909, parachèveront une affaire qu’ils croyaient résolue depuis un siècle. Mais ce faisant, ils pourraient bien lever le voile sur un secret d’État susceptible de déclencher une nouvelle guerre, sur Terre comme dans l’Outre-Monde…

Ayant enchaîné ce tome 2 juste après le tome 1 Les enchantement d’Ambremer, j’ai aussitôt retrouvé l’ambiance si particulière qui m’a tant plu dans le premier tome. Cette ambiance Paris début 1900 avec une pointe de magie.
J’ai également retrouvé les personnages que j’ai apprécié dans le premier tome, le tout dans une nouvelle aventure.
Certes ce roman se passe après le premier, mais il s’agit à nouveau d’une aventure singulière. On ne peut pas dire qu’il y a vértiablement un fil rouge entre ces romans (et je parie qu’il n’y en aura pas non plus avec le dernier). En soit, ce n’est une trilogie que parce qu’il y a trois livres. Il n’y a pas d’histoire globale pour lier les romans et l’auteur aurait sans doute pu continuer indéfiniment sa série.
Pour en revenir à l’histoire, Pierre Pevel a innové dans ce roman par rapport au premier, en mêlant dans son intrigue des flashback ramenant le lecteur deux siècles en arrières, aux fondements de ce que nous connaissons déjà.
Si de prime abord on peut se demander comment il va réussir à lier l’ensemble, tout s’explique parfaitement à la fin. Ainsi, ce tome nous propose d’assister à la naissance des Cercles magiques, à la naissance du duo Louis/Isabel, ainsi qu’à la fin du règne de Titania. Cela permet de développer à la fois l’univers de la série mais aussi le passé des personnages.
J’ai beaucoup aimé, la encore.
La trame globale s’articule encore autour d’une série de meurtres dont les protagonistes vont suivre la piste à rebours, à la manière d’un fil que l’on tire d’une pelote. Chaque péripétie amène à la suivante, et ainsi de suite jusqu’à la résolution complète de l’intrigue. C’est peut-être le seul reproche que je ferai à ce titre : il répète si bien la formule du précédent que j’ai eu l’impression de lire la recette de l’élaboration du roman à travers les lignes.
Aussi, même si l’histoire globale est intéressante, j’ai eu l’impression qu’on partait de très loin pour arriver à destination, après avoir emprunté moult chemins dispensables. L’histoire m’a semblé plus tortueuse que la précédente, je me suis dit « tout ça pour ça », tant la débauche de moyens mis en oeuvre m’a paru disproportionnée par rapport au but recherché. Il y était sans doute possible de faire plus simple. J’ai failli me perdre plusieurs fois dans l’intrigue.
Aussi, plusieurs personnages m’ont donné l’impression d’être introduits uniquement pour servir le scénario. C’est le cas des minimets, sortes de liliputiens qui vivent dans les maisons. L’auteur passe beaucoup de temps à nous les présenter, pour finalement ne pas être très utiles. Seulement à boire un mauvais verre qui lancera l’enquête.
Beaucoup de bruit pour rien, en somme…
On notera l’apparition d’un nouveau personnage, un « grand méchant » qui occupe une bonne partie du récit au point de devenir une des grandes figures de la série : Giacomo Nero.
En bref, l’intrigue est un peu plus brouillonne que pour le premier opus mais elle permet quand même de nous en apprendre plus sur les personnages et leur passé. Cela reste donc très intéressant quand on aime à la fois l’univers et les personnages. J’ai apprécié cette lecture presque autant que la première et j’ai hâte d’entamer le troisième et dernier tome de cette trilogie pour voir ce qu’il réserve.

Pour qui : les lecteurs qui n’ont pas lu le premier tome pourront comprendre celui-ci, mais il est tout de même préférable d’avoir lu le premier. Les lecteurs qui ont apprécié le premier tome et qui aiment l’ambiance parisienne au début du XXème siècle, ainsi que les personnages magiques.

Les + : l’ambiance toujours aussi travaillée, l’épaisseur des personnage et leur psychologie, les bonnes idées et le style toujours aussi agréable.

Les – : l’intrigue est plus brouillonne, elle semble disproportionnée pour l’objectif final.

Infos pratiques (pour la version poche)
Broché : 432 pages
Editeur : Folio (6 avril 2017)
Collection : Folio. Science-fiction
Langue : Français
ISBN-10 : 2070793265
ISBN-13 : 978-2070793266

Les enchantements d’Ambremer – Le Paris des Merveilles 1, de Pierre Pevel

Les enchantements d’Ambremer, de Pierre Pevel (tome 1 de la trilogie Le Paris des Merveilles, éditions Bragelonne)

Paris, 1909. L’Outre Monde existe et il est bien connu à Paris où la magie est monnaie courante. Parmi les mages évoluant dans la capitale, s’en trouve un qui ne va pas tarder à avoir des ennuis : Louis Denizart Hippolyte Griffont, mage du Cercle Cyan. Alors qu’il est occupé à enquêter sur un trafic d’objets magiques, le voilà mêlé à une sombre histoire de meurtres. Et quand la baronne Isabel de Saint-Gil, qu’il connaît un peu trop bien, vient demander son aide, il sait qu’il va au devant de dangereuses péripéties. Il ne croyait pas si bien dire !

ROMAN COUP DE COEUR

Je connaissais cette série depuis longtemps pour l’avoir acheté il y a de nombreuses années en ebook. Ce qui m’avait attiré à l’époque, c’étaient les magnifiques couvertures des livres, que l’on doit au talentueux Xavier Collette. Aimant les affiches de Muchat, je ne pouvais qu’être sensibles à ces illustrations reprenant son style si reconnaissable.
Mais il faut avouer que cela se voit moins sur une liseuse, a fortiori quand elle est en noir et blanc.
Les livres sont donc resté dans ma liseuse durant tout ce temps parce que je les avais un peu délaissés, et même complètement oubliés.
Or, à l’hiver dernier, je suis tombée sur une édition intégrale et collector de la saga. Imaginez un peu : un livre épais à couverture toilée, aux effets dorés en reliefs et agrémenté de planches en couleurs sur papier glacé reprenant les superbes illustrations de Xavier Collette. Bragelonne ne s’est pas moqué du lecteur, c’est un magnifique objet.
J’en ai donc fait l’acquisition sur le champ, et me voici aujourd’hui en train de lire la série en format papier.
Je me félicite de cet achat autant que de ma lecture, parce que j’ai adoré ce premier tome.
Bien sûr, j’apprécie très souvent les livres qui se déroulent dans le Paris de 1900. Encore plus quand il est steampunk ou magique, comme c’est le cas ici.
Pierre Pevel nous donne un lire un roman où ambiance et action se mêlent pour nous plonger au coeur de son histoire sans jamais nous ennuyer.
De nombreuses descriptions nous mènent dans ce Paris revisité, mais il se passe des choses.
Aussi, je dois dire que j’ai particulièrement aimé le narrateur, qui, à l’image de ces narrateurs d’ancienne littérature, est un personnage externe avec son caractère et une pointe d’humour. Pendant tout ce temps, j’imaginais un petit monsieur à moustache en train de me raconter cette histoire. J’en ai souris plus d’une fois !
La galerie de personnages est fournie. J’ai eu un peu peur de m’y perdre au départ, mais finalement non. Pierre Pevel introduit assez rapidement les protagonistes mais n’en ajoute pas toutes les trois pages, si bien qu’on n’est pas perdu. J’ai apprécié le travail sur les personnalités des uns et des autres. Aucun n’est cliché, tous ont leur caractère, et ont de la profondeur car l’auteur leur a ajouté un bon background. J’ai apprécié que les personnages nous parlent d’aventures passées que l’on n’a pas vécues, mais qui leur donne une existence dans le temps ainsi que de la matière à développer l’univers. Je me suis surprise à espérer que l’auteur nous raconte un jour chacune des aventures auxquelles Griffont et Isabel font allusion. D’ailleurs, j’ai beaucoup aimé leur relation. Elle n’est pas comme on peut le penser de prime abord, et est bien plus complexe. Les personnages ne sont donc pas des clichés mis dans une case pour ne plus en sortir. Et je mentirais si je disais que je n’ai pas particulièrement aimé Griffont.
Mais l’auteur fait aussi la part belle aux personnages féminins dans une époque qui ne s’en préoccupait pas vraiment, si bien que les principales puissances et rivalités entre les mondes seront féminines. Et si cette série était avant tout une histoire de femmes ?
Le style est accessible, drôle, immersif, on se balade dans le roman avec un grand plaisir. L’époque est à la légèreté tout comme le ton du narrateur. Vraiment, j’ai adoré !
Enfin, l’auteur introduit des personnages magiques mais sans trop en faire. Bien que parfois un peu facile, j’ai malgré tout adhéré au scénario. Je n’ai pas eu l’impression que la magie était là pour pallier une faiblesse ou un manque d’idée comme ce pouvait être le cas dans d’autres lectures. J’ai particulièrement apprécié l’arbre magique et les chats ailés, que je vous laisserai découvrir.
Une lecture qui m’a rappelé le style de L’étrange cas de l’homme mécanique, de Mark Hodder, dans une veine plus steampunk, ou pour ceux qui aiment les lectures parisiennes, la série la 25ème heure de Feldrik Rivat. Sauf que dans ce Paris des merveilles nous avons de la magie en plus.
Bref, vous l’aurez compris, j’ai hâte de lire la suite pour en savoir plus. C’est une belle découverte et un coup de coeur pour moi.

Pour qui : Les lecteurs qui aiment les livres légers, avec de l’action, de l’humour, des rebondissements, une ambiance Paris 1900 et des personnages attachants.

Les + : un style fluide et immersif, une histoire rythmée avec des rebondissements, des personnages attachants et aux personnalités travaillées, un joli ouvrage, une ambiance prenante.

Les – : je n’en ai pas trouvé.

Infos pratiques (pour la version originale, ma version collector n’est plus vendue)
Broché : 384 pages
Editeur : Bragelonne (20 mai 2015)
Collection : Steampunk
Langue : Français
ISBN-10 : 2352948487
ISBN-13 : 978-2352948483

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