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Le ballet des ombres, de Marika Gallman (Les Chroniques de Hallow 1)

Le ballet des ombres, de Marika Gallman (tome 1 de la série Les Chroniques de Hallow, éditions Milady)

Abby est une jeune femme en apparence normale, vivant dans une ville en apparence normale.
Mais ce ne sont que des apparences.
Car la vérité, c’est qu’Abby possède un pouvoir lui permettant d’absorber l’énergie des gens qui l’entourent, et qu’elle vit dans une ville rongée par le crime.
Elle qui, jusqu’alors, passait son temps entre sa boutique de mariage qui ne prospère pas et les larcins qui rapportent gros, va se trouver au coeur d’une affaire qui pourrait bien la dépasser complètement.
Elle se croyait unique, discrète, et forte… Elle n’est rien de tout cela.

J’ai mis du temps à lire cet ouvrage paru en 2016. Vous savez pourquoi ? Parce que j’attendais la suite, pardi !
On peut voir sur la couverture qu’il s’agit du premier tome d’une série. J’aime donc, quand je pense aimer, acheter plusieurs tomes et les lire à la suite pour me plonger plus longtemps dans l’univers.
Or, la suite n’est jamais venue, ne viendra probablement jamais, et je me suis résolue à me lancer sur ce premier tome qui ressemble désormais à un one shot.
Ce qui est dommage et renforce mon impression pour ce tome. Même s’il me semble que l’autrice n’a jamais communiqué officiellement sur le fait qu’il n’y aura jamais de suite à cette histoire, depuis le temps, plus personne ne l’attend. Et cela renforce mon sentiment de déception vis-à-vis de cet ouvrage.
J’ai découvert Marika Gallman il y a longtemps à travers son feuilleton Bad Moon Rising, puis le premier tome de sa série Maeve Regan, la plus populaire de ses sorties. J’ai retrouvé ici la plume faite d’héroïne forte ou qui pensent l’être et se fait dépasser par les évènements.
Car il faut bien le dire, ici, Abby subit littéralement tout ce qui lui arrive durant le livre et cela ne m’a pas aidé à la trouver attachante.
Mais avant d’entrer plus avant dans mon ressenti pour les personnages, sachez que j’ai vraiment trouvé que ce premier tome partait dans tous les sens. Il pose les bases de la série, certes, mais cela fourmille trop et l’équilibre entre « nouveauté pour la suite/révélations » n’est pas assez bien dosé, si bien que j’ai eu l’impression non pas de marcher sur des oeufs, mais carrément d’être en lévitation. J’avançais dans l’histoire avec un oeil bandé et l’autre mi-clos.
Un peu pénible, surtout quand on sait que les suites qui nous auraient permis d’éclairer tout cela ne verront jamais le jour.
Pour ce qui est des personnages, ils sont plutôt clichés et sans surprise. Comme dans tous les romans de bit-lit, notre belle héroïne est convoitée par trop d’hommes à la fois, s’entiche du seul qui ne veut pas d’elle, bénéficie du soutien d’un frère ultra geek… Je n’ai pas trouvé la galerie de personnages particulièrement folle et pour être honnête, à l’heure où j’écris cette chroniques (plusieurs jours après la fin de ma lecture) j’ai déjà oublié la plupart des protagonistes.
Côté péripéties, c’est aussi un peu le foutoir. Si le début est clair, l’autrice s’embarque ensuite dans des aventures où plusieurs niveaux de complexités se mêlent. Abby rencontre des personnages qui ont leurs propres objectifs que l’on ne connaît pas vraiment, qui ont des pouvoirs et des capacités qu’on ne comprends pas encore… bref cela m’a perdu plus d’une fois. C’est dans ces moments là que j’avais l’impression d’avoir un bandeau sur les yeux et que ma déception a été la plus grande. J’imagine que le voile se serait levé dans les tomes suivants mais vu qu’ils n’existeront pas…
Pour ce qui est du style, il est fidèle à celui de l’autrice. Moderne et fluide, il rend la lecture légère et agréable. Il nous plonge facilement dans le théâtre de Hallow, ville sombre et sale qui ne sera pas sans nous rappeler Gotham City.
Malgré tout, j’ai assez vite survolé cette histoire qui a d’autant moins d’intérêt qu’elle s’arrête peu de temps après avoir commencé.
J’ignore pourquoi la série n’a pas eu de suite et je penche plutôt pour des soucis personnels de l’autrice plus qu’une question de succès. C’est dommage et j’espère qu’un jour, peut-être, elle parviendra à la reprendre, quitte à ce que ce ne soit pas chez un éditeur.
En attendant je ne peux que vous inviter à passer votre chemin, vous n’auriez pas l’occasion d’y marcher longtemps pour admirer cet univers. Personne n’aime avancer dans le noir.

Pour qui : les lecteurs qui ne seront pas dérangé à l’idée d’entamer une série sans suite et qui aiment la plume de Marika Gallman.

Les + : Un style fluide qui se lit bien.

Les – : l’intrigue part dans tous les sens et perd le lecteur, beaucoup de portes sont ouvertes sur du vide car les réponses devraient se trouver dans les tomes suivants, le dosage mystères/révélations n’est pas assez subtilement dosé, si bien que l’on a surtout du mystère et quasiment pas de révélations pour nous faire avancer. La série n’a pas de suite.

Infos pratiques
Poche : 480 pages
ISBN-10 : 2811217843
ISBN-13 : 978-2811217846
Éditeur : Milady (8 juillet 2016)