Archives mensuelles : décembre 2020

En la forêt de triste amertume, de Céline Rosenheim

En la forêt de triste amertune, de Céline Rosenheim (one shot, éditions du Petit Caveau)

D’un côté, la Duchesse Clémentia et ses crises de langueur, son besoin de sang. De l’autre, la Reine Isabelle, violentée par son mari devenu fou et qui a peut pour sa vie. Dans un royaume de France de plus en plus convoité par des puissances étrangères, deux femmes s’interrogent sur leur existence et le destin des leurs.

Outre la splendide couverture signée Nicolas Jamonneau, c’est l’ambiance médiévale qui m’a attirée dans ce titre singulier au catalogue des éditions du Petit Caveau. J’avais envie de me plonger dans une ambiance à la Mireille Calmel et je n’ai pas été déçue.
On plonge en effet rapidement dans l’époque des ducs, duchesses, barons et rois de France. Le roman compte deux héroïnes dont on fait rapidement la connaissance car le livre est très très court, à peine 150 pages. De fait, il se lit vite et comme toujours je craignais d’être déçue par l’histoire. Habituellement je préfère les romans plus épais qui promettent une plongée en profondeur dans l’univers, avec de multiples explications et du détails.
Or, ici, je n’ai pas vu défiler les pages et j’ai été vraiment emballée par ce titre. L’ambiance à la Mireille Calmel est là, saupoudrée de surnaturel. Vampirisme ? Folie ? Quelle est donc cette magie qui imprègne le monde ? De quels maléfices souffrent les personnages ?
Vous ne le saurez pas.
Ou bien j’ai raté quelque chose, mais la moralité de ma lecture est que j’en sors frustrée et déçue. Car oui, nous assistons au voyage d’un preux chevalier pour aller trouver un remède à la crise de langueur de la duchesse, mais c’est à peu près tout.
La fin, ou plutôt la non fin, ne m’a pas du tout satisfaite !
Premièrement, j’ai trouvé la fin côté Clémentia attendue et trop facile. Je n’y ai pas adhéré. Quant au roi, hé bien… voilà. C’est tout.
J’ai refermé le livre, perplexe. Ou bien, à nouveau, c’est moi qui ai mal compris la subtilité de l’œuvre, mais il me manque clairement quelque chose. Il me manque une vraie fin.
C’est à peine si on apprend « le pourquoi » des phénomènes. Quoi qu’il en soit, il n’y a aucune vraie résolution des problèmes à la fin de l’ouvrage, ce qui m’a donné l’impression d’une lecture « inutile ». Nous ne sommes pas plus avancé à la fin qu’au début et c’est bien dommage. On ferme le livre avec plus de questions que de réponses.
Du reste, outre un style manquant de fluidité (le texte commence souvent par le prénom du personnage et on a rarement d’autres appellations pour les décrire, ce qui donne une impression saccadée et répétitive), le style est intéressant, prenant. De nombreux mots d’époque sont insérés pour renforcer le décor médiéval et j’ai beaucoup aimé. C’est bien écrit dans l’ensemble et j’ai apprécié tourner les pages de ce roman.
C’est peut-être aussi pour cette raison que j’ai été si frustrée par la fin : j’en aurais aimé plus. J’aurais aimé passer plus de temps dans les châteaux, à assister aux intrigues, aux manigances, et à leurs résolutions.

Pour qui : les lecteurs qui apprécient les romans médiévaux dans le registre de Mireille Calmel, ceux qui aiment les petites histoires.

Les + : une ambiance médiévale bien retranscrite, un vocabulaire riche et d’époque, de bonnes idées.

Les – : le style manque parfois de fluidité, la fin décevante.

Infos pratiques
Éditeur :
Petit Caveau Editions (28 août 2020)
Pages : 147
ISBN-10 : 2373420805
ISBN-13 : 978-2373420807

La reine des sortilèges, de david eddings (la belgariade 2)

La Reine des sortilèges, de David Eddings (tome 2 de la série La Belgariade, éditions Pocket)

Garion et ses amis poursuivent leur quête à la recherche de l’Orbe, essayant de la trouver avant qu’elle ne tombe entre de mauvaises mains et déclenche une nouvelle guerre.

Attention cette chronique comporte quelques spoilers.

Comme je l’ai dit dans ma chronique du Pion blanc des présages, le tome 1 de cette série, j’attendais de ce tome qu’il sorte des sentiers battus et prenne son envol, après avoir posé les bases de son univers et de ses personnages.
Or, je dois m’avouer plutôt déçue à la fin de ma lecture, car il n’en est rien.
Au contraire, je me suis même plutôt ennuyée.
En effet, dans la suite directe du premier, ce tome nous raconte le voyage d’un point A à un point B du groupe composé d’un duo de sorciers, d’un jeune garçon, et de plusieurs nobles désireux d’apporter leur aide à la cause.
Je me suis particulièrement ennuyée dans ce tome car son histoire est extrêmement linéaire. Les protagonistes suivent leur chemin en faisant parfois des étapes. Ils se font attaquer, ripostent, continuent leur chemin jusqu’à se faire attaquer, ripostent à nouveau, continuent… Parfois ils s’arrêtent dans un lieu un peu important, discutent, puis repartent.
En soit j’ai eu l’impression d’une sage progression sur un chemin tout tracé, comme sur un GPS qui ne vous propose que de faire de longues heures d’autoroute. A la longue, on s’ennuie. On avance, oui, mais il ne se passe pas grand chose.
En outre, la fin se précipite pour rattraper un peu ces écueils et il faut attendre les 100 dernières pages pour qu’il commence à se passer des choses intéressantes. Bien que l’introduction de Ce’Nedra ne soit pas des plus fines (on sent qu’elle a été introduite parce qu’il fallait un protagoniste féminin à lier à Garion), elle a le mérite d’apporter une dose de nouveauté à l’ensemble qui se trainait. La Princesse aurait pu arriver avec une pancarte clignotante sur laquelle seraient écrites ses intentions que cela n’aurait pas été aussi prévisible, mais il se passe enfin des choses. De plus, le moment où Garion se fait enlever marque un tournant dans le livre. Ça y est ! Il se passe de l’action ! La partie qui suit ce retournement de situation est clairement ma préférée du roman.
Toutefois, à nouveau, les éléments introduits par David Eddings dans son oeuvre manquent cruellement de subtilité. Voilà que tout à coup Garion découvre un pouvoir immense qu’il n’avait jamais senti jusque-là, et qu’une mystérieuse voix se manifeste dans sa tête alors qu’elle est censée être présente depuis toujours.
En soit, tout ceci constitue une bonne histoire, mais les différents ingrédients semblent projetés subitement dans l’histoire, et ajoutés vers la fin du livre pour compenser le manque de dynamisme des deux premiers tiers.
La fin rattrape donc un peu les longueurs globales mais j’ai du mal à adhérer à ce tome.
Côté style, on reste dans un style fluide et accessible, facile à lire. Il faut entrer dans le texte pour ne pas se perdre dans tous les noms de personnages et les lieux, mais globalement cela reste un livre bien plus accessible que certaines références du genre type Le Seigneur des Anneaux, pour ne citer que lui.
Il m’en reste un pour finir cette première intégrale. J’espère donc que ce troisième tome sera enfin celui d’une explosion de l’univers, avec de l’action et des péripéties inattendues.

Pour qui : les lecteurs qui ont lu le premier tome.

Les + : des péripéties intéressantes, un style fluide.

Les – : Des longueurs dans les deux premiers tiers du roman, peu d’action et une histoire très linéaire.

Infos pratiques
Éditeur :
Pocket (6 mars 2007)
Langue : Français
Poche : 416 pages
ISBN-10 : 2266174398
ISBN-13 : 978-2266174398

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