Ainsi coule le sang de Venise, de Floralie Resa

Clio est une fiancée de la mer, autrement dit : une Sirène. Elle vit à Venise, la ville d’eau, à laquelle elle aurait dû se marier lors d’une cérémonie magique.
Mais celui qui aurait pu le faire a été assassiné, la laissant maudite pour l’éternité.
Sans mariage, Clio est condamnée à boire du sang.
Un jour, alors qu’elle se trouve en salon, elle fait la connaissance d’un curieux personnage qui a l’air d’en savoir beaucoup sur les créatures surnaturelles. Venise bruisse de tensions venues de peuples différents.
Alors Clio retrouve espoir : et si, en dépit des dangers, elle pouvait faire renaître la cérémonie du mariage et échapper enfin à la malédiction ?

J’étais impatience de découvrir ce roman car il traite d’un sujet que l’on voit peu en littérature (bien qu’il semble revenir à la mode en ce moment) : les sirènes. Des sirènes à la sauce vampire, même ! Je voulais découvrir.
De plus, l’histoire se passe à Venise, décors que j’aime tout particulièrement lorsqu’il s’agit de littérature. J’avais envie de voyager dans la Sérénissime et de plonger dans la lagune.
Or, une fois ma lecture terminée, me reste en tête cette impression de fouillis propre à un roman qui a voulu trop en dire et en a dit trop peu.
En effet, si l’ouvrage est bien écrit, avec un vocabulaire riche et soigné, n’en reste pas moins une histoire confuse dans laquelle j’ai eu l’impression que l’autrice voulait un peu tout dire.
Résultat, j’ai été perdue.
Pour commencer, je n’ai pas bien compris le lien entre le fait d’être une sirène pas mariée/maudite et de devoir boire du sang… En gros être un vampire sirène. J’ai eu du mal à adhérer à ces deux choses si peu cohérentes l’une avec l’autre. Pourtant j’aime bien le mélange des genres et je suis toujours curieuse d’en lire, mais là, il m’a manqué quelque chose pour que les deux parties se mélangent en un ensemble cohérent, d’autant plus que les vampires sont aussi présents comme une espèce à part entière. Cela a renforcé mon esprit de confusion : les vampires peuvent donc se « mélanger » à d’autres espèces surnaturelles ? Si, non, pourquoi ?
Est-ce que se marier est la quête principale de l’héroïne ? Je n’ai pas compris l’objectif premier de Clio.
Aussi, on nous parle des Francs saliens (français ?) comme d’un peuple qui est arrivé en ville et cherche plus ou moins à en prendre possession. De fait, on a là un combat inter-espèces ou inter-peuples ? Les problématiques ne sont pas les mêmes, j’ai eu l’impression que l’histoire jouait sur plusieurs niveaux sans jamais choisir vers lequel elle penche. Parce que les francs saliens sont-ils tous des vampires ? Ou non ? Y a-t-il des vampires Vénitiens ?
Si cette information est donnée dans le livre, elle m’a échappé.
On croise aussi des personnages historiques, comme Hans Christian Andersen (romancier, dramaturge, conteur et poète danois connu notamment pour être l’auteur de La petite Sirène) et Madame de Staël (romancière, épistolière et philosophe genevoise et française) dont l’héroïne elle-même semblait avoir compris qu’elle était morte, mais en fait non.
La situation semble confuse pour les personnages également.
J’ai eu l’impression que le but de l’histoire était de nous montrer l’origine du conte de La Petite Sirène, mais ce n’est pas bien amené et j’en doute encore.
L’autrice a voulu placer trop d’éléments trop différents dans son oeuvre. Je suis de celles qui pensent qu’on peut toujours tout dire et mettre dans un roman pourvu qu’on prenne le temps d’intégrer les éléments. En d’autres termes : beaucoup d’éléments différents demande beaucoup de place et du temps pour l’installer. Ce qu’on n’a pas du tout ici.
Pour être honnête, j’ai même mis un certain temps avant de comprendre quel était le prénom de l’héroïne.
Le fait que j’ai lu ce roman en pointillés sans pouvoir m’y plonger une bonne fois pour toute de manière durable a peut-être joué sur mon ressenti, mais je n’ai pas réussi à entrer dans l’univers. Je m’y suis noyée.
J’ai donc été plutôt déçue par cette lecture que j’aurais aimé apprécier mais qui n’a pas su m’emporter avec elle.

Pour qui : les lecteurs qui cherchent une histoire originale et qui auront le temps de dévorer ce titre d’un trait pour tout comprendre.

Les + : un style travaillé et un vocabulaire riche. De bonnes idées et la mise à l’honneur d’une créature que l’on ne voit pas assez souvent en littérature.

Les – : trop d’éléments trop différents qui ne se sont pas mariés. L’histoire, les personnages, leurs motivations et leurs objectifs sont restés trop confus pour moi.

Infos pratiques
ISBN-10 :
2373420848
ISBN-13 : 978-2373420845
Éditeur : Petit Caveau Editions (23 novembre 2020)

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