Le gambit du magicien, de David Eddings (La Belgariade 3)

Le gambit du magicien, de David Eddings (tome 3 de la série La Belgariade, éditions Pocket)

Au fond de Garion, une voix se réveille. Alors qu’ils marchent vers Cthol Murgos, le groupe formé autour du jeune garçon devra apprendre à faire des sacrifices s’il veut avancer. Plus qu’un objectif, une quête, c’est une métamorphose que devra accomplir Garion s’il veut voir la Prophétie se réaliser du côté du camp pour lequel il se bat malgré lui.

Tome central de ce cycle qui en compte 5, Le Gambit du magicien est, je crois, celui qui m’a le plus embarqué depuis le début.
Comme je le disais dans mes chroniques du Pion blanc des présages, puis de la Reine des sortilèges, ce texte, fortement imprégné de l’héritage de Tolkien, est un récit de fantasy initiatique comme on peut en lire beaucoup. Pourtant, ici, contrairement au Seigneur des Anneaux, on n’assiste pas vraiment à la création d’un monde. On assiste plutôt à la naissance d’un héro, d’une légende. Garion, qui a débuté dans le tome 1 comme un garçon de ferme, prend peu à peu la mesure de sa destinée. Il apprend, découvre son pouvoir, et tente de le maîtriser. Pour cela, ses compagnons de route lui son d’un grand soutien, parce que la chose la plus précieuse ici n’est pas un anneau mais bien lui, un être de chair et de sang. C’est en cela que cette fantasy est différente de ses inspirations. On ressent plus cet aspect dans ce tome 3, où la voix intérieure de Garion se manifeste et où on assiste vraiment à l’apprentissage du garçon. C’est aussi pour cela que j’ai trouvé ce tome 3 plus intéressant que les autres.
Aussi, je me suis attachée aux personnages. Après plus de 1000 pages à leurs côtés, je suis attachée à eux. Même si mon personnage préféré reste clairement Polgara, je reste attachée à Belgarath, Silk, Barak et les autres. Le seul personnage que je trouve horripilant est la princesse Ce’Nedra. L’histoire laisse entendre qu’elle aura une destinée importante et j’espère qu’elle saura se montrer à la hauteur, car pour le moment elle n’est qu’une gamine autaine et capricieuse assez imbuvable.
Concernant le style d’écriture, ce dernier est fluide, très agréable. Quelques tournures de phrase surannées placent le récit dans un lointain passé, mais tout reste accessible. Clairement, cette saga de fantasy est bien plus facile à lire que son illustre prédécesseuse tolkienne. Ici, on peut découvrir l’univers, s’y promener, et y rester longtemps grâce aux nombreux tomes sans se perdre ou se décourager. Bien que la majeure partie de l’histoire soit un voyage qui conduit les protagonistes du point A au point B, David Eddings parvient à mettre de l’action et des péripéties dans son oeuvre.
Dans Le gambit du magicien, nous devons apprendre à laisser des personnages derrière nous. Cela renvoie au fait qu’il faut parfois savoir abandonner des personnes à qui on tient pour accomplir notre destin. Ici, le destin de Garion est si fort, si puissant, qu’il lui impose des sacrifices. Sacrifices dont on trouve la justification dans le récit.
Aussi, David Eddings travaille ses mots et semble apporter un soin à son verbe (le Vouloir et le Verbe). Toutefois, j’ai tendance à trouver que les noms des créatures ne sonnent pas très bien. Les prénoms, oui, mais les noms de créatures ou de lieux, bof.
C’est le seul point qui a tendance à me sortir un peu de l’univers, car pour le reste, j’aime beaucoup !
Ce troisième tome est donc un pilier de la série, qui nous laisse à un tournant de l’histoire. Le paragraphe final, annonciateur du « chant IV » laisse présager un tome suivant qui montera encore en puissance avant l’histoire finale. J’ai déjà hâte de découvrir les deux derniers tomes, disponibles dans l’intégrale 2/2 parue en février.

Pour qui : les lecteurs qui aiment les récits de fantasy fournis et conformes aux grandes règles du genre et ceux qui souhaitent découvrir ce genre avec une lecture accessible et accrocheuse.

Les + : le héros prend de l’importance et grandit. On le voit réellement évoluer. Un style fluide et agréable dans lequel l’auteur accorde une intention particulière aux mots.

Les – : Certains noms dans l’univers ne sonnent pas très bien et ont tendance à me sortir de l’histoire.

Infos pratiques
Éditeur :
Pocket (24 septembre 2020)
Langue : Français
Poche : 896 pages
ISBN-10 : 2266277537
ISBN-13 : 978-2266277532

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