Le sang jamais n’oublie, de Lucie Pierrat-Pajot (Les mystères de Larispem 1)

Le sang jamais n’oublie, de Lucie Pierrat-Pajot (tome 1 de la trilogie Les mystères de Larispem, éditions Gallimard)

Carmine et Liberté sont deux jeunes filles vivant de débrouille dans les rues de Larispem. Autrefois appellée Paris, cette citée, née après la seconde révolution, voit se reconstruire une vie autonome et indépendante, dévouée au peuple et non aux aristocrates.
Mais ces derniers patientent, dans l’ombre, et imaginent déjà la révolution à venir. Ils comptent bien reprendre le pouvoir que les bouchers, ces louchébems, leur ont spolié. Pour cela, ils seront aidé d’un mystérieux pouvoir transmis par le sang, qui coule dans les veines de jeunes enfants encore ignorants.

Le sang jamais n’oublie est le livre gagnant de la deuxième éditions du concours du premier roman jeunesse, de Gallimard. Après Christelle Dabos et sa saga La Passe Miroir (que je lirai prochainement), force est de constater qu’on sait attirer et dénicher les belles plumes chez cet éditeur.
J’ai beaucoup aimé ce premier tome. Un voyage sympathique dans un « Paris » à vapeur, qui n’est pas sans rappeler l’ambiance du Paris des Merveilles, de Pierre Pevel, d’un Rouille, de Floriane Soulas, ou encore de la 25ème heure, de Feldrik Rivat.
Ici, le public est toutefois différent. Plus jeune, le livre nous raconte une histoire du point de vue de plusieurs jeunes adolescents âgés de 13 à 15 ans environ. J’ai été un peu surprise de voir l’ouvrage réédité dans une collection pour adultes, car ce n’est clairement pas le public premier (bien que les adultes peuvent le lire, on est d’accord).
J’ai beaucoup aimé la plume simple et efficace de l’autrice, sa manière de nous plonger dans un environnement steampunk avec des mots bien placés (vapomobile, voxomaton). J’ai aimé sa réécriture de Paris et de la France, qui sonne tout à fait crédible. Son univers, dominé par les bouchers, comporte tout un chant lexical de circonstance, passant des noms de rues à la monnaie, sans oublier le fameux argot des bouchers. Ce dernier, original et expliqué dans le texte, m’était jusqu’alors parfaitement inconnu. Je ne suis pas tout à fait convaincue qu’il soit agréable à parler (il a tendance à complexifier et rallonger les mots, là où le langage parlé fait exactement l’inverse) mais il a le mérite d’apporter de l’épaisseur à l’univers, de lui donner une vraie connotation populaire, et j’ai beaucoup aimé.
J’ai aussi beaucoup aimé la galerie de personnage. Elle fait la part belle à la diversité et présente un éventail intéressant de personnages et de possibilité. J’ai particulièrement apprécié le duo d’héroïnes, Carmine et Liberté. J’ai hâte de les retrouver dans le tome suivant. D’ailleurs, ce premier, plutôt petit avec ses 300 pages, tisse la toile d’une intrigue plus grande qui pourra prendre toute sa mesure dans la suite. Néanmoins, à la fin de ces 300 pages, on ferme le livre sans être frustré ni réclamer de réponses supplémentaires. Les arcs narratifs sont suffisemment bien dosés pour poser l’univers, le cadre, présenter tous les personnages et leurs enjeux. La seule chose dont j’avais envie à la fin du livre, c’était de lire la suite ! Une belle découverte !

Pour qui : les grands et les petits, qui cherchent une histoire originale dans un esprit parisien à l’aube de 1900.

Les + : un style agréable, fluide, prenant, et un univers solide, original et bien construit. C’est la première fois que je lis un roman dont le coeur de l’univers est celui des bouchers. La galerie de personnages est bien faite, diversifiée et intéressante, les enjeux des uns et des autres sont prenants et le livre se lit avec plaisir.

Les – : Comme toute lectrice ingrate qui apprécie un titre, j’aurais aimé que celui-ci soit un petit peu plus épais. A part cela, tout est parfait !

Infos pratiques
Éditeur :
Gallimard Jeunesse (20 septembre 2018)
Langue : Français
Poche : 320 pages
ISBN-10 : 2075099219
ISBN-13 : 978-2075099219

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