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Pacte Obscur, de Bettina Nordet (La Geste des exilés 1)

Pacte Obscur, de Bettina Nordet (Tome 1 de la trilogie La Geste des exilés, éditions du Chat Noir)

Alors que tout ou presque allait bien pour elle, Jana se voit, du jour au lendemain, pratiquement enlevée par son supérieur hiérarchique. Ce dernier va lui faire traverser la planète pour échapper à une bande de dangereux criminels, bien décidés à l’assassiner.
Mais pourquoi ?
Ce que Jana va découvrir va remettre en cause toute sa vie, et bouleverser son destin.

Je vais être brève : je n’ai pas compris ce livre. Vraiment.
Il faut savoir que je l’ai pris lors d’une opération spéciale confinement, durant laquelle tous les titres des éditions du Chat Noir ou presque étaient à 1€ en numérique. Comme j’avais entendu beaucoup de bien de cette série, je me suis pris les trois tomes d’un coup.
Car oui, je le redis (je suis même allée vérifier si je n’avais pas rêvé, mais non), j’ai vu beaucoup d’avis positifs sur cette trilogie. Je n’ai même pratiquemment vu que cela.
Or, pour moi, le coup de foudre n’a pas eu lieu. C’est même plutôt l’inverse. Je n’ai pas du tout compris cette avalanche de commentaires élogieux, mais c’est la preuve que tous les goûts sont dans la nature et qu’il n’y a pas qu’une seule façon d’apprécier une oeuvre.
Pour moi ce premier tome est d’une médiocrité comme j’ai rarement lu, et je suis même étonnée que ce soit édité aux Éditions du Chat Noir, qui m’avaient habitué à mieux (Tu es belle, Apolline, de Marianne Stern, Love in 56k de Clémence Godefroy, Pandemonium d’Aurélie Mandonça ou même l’excellent Apostasie de Vincent Tassy).
Ici, nous avons tous les clichés du genre Bit-Lit réunis dans un seul et même ouvrage. Mais en pire, puisqu’on dirait qu’il s’agit d’un premier jet écrit par une adolescente pétrie de fantasmes et de frustrations.
Jana est insupportable. On essaie de nous la présenter comme une femme forte et « badass » mais elle ne fait que subir les événements. Se fait enlever, entraîner, enchaîner et manipuler (parfois d’une manière tellement grosse qu’on le voit venir à des kilomètres), sans jamais prendre son destin en main. Et puis, pourquoi insister autant sur ses déconvenues sexuelles ? C’est lassant et n’apporte rien. L’autrice tente maladroitement d’apporter une explication dans la suite du roman mais on n’y croit pas une seconde. On enchaîne les scènes soi-disant « sexy » mais l’ensemble paraît ridicule et plutôt à côté de la plaque. Pourquoi habiller Jana comme une poupée SM hyper sexualisée juste pour dire qu’elle est l’esclave de Kell ? Fait-il être habillée de latex pour obéir à quelqu’un ?
En fait, ce qui caractèrise l’écriture de ce roman, c’est l’improvisation totale dont semble faire preuve l’autrice tout au long de sa narration. Elle improvise à chaque page, arrangeant les règles de son univers au gré de son scénario. Les longues tirades des personnages pour expliquer des coutumes tirées par les cheveux, les événements qui arrangent bien l’héroïne, les méchants qui déballent tous leurs plans sous les yeux d’une Jana miraculeusement invisible… fourmillent à chaque page. C’est grotesque ! Je n’y ai pas cru une seule seconde.
Tout comme le reste des personnages. Tout le monde est magnifique, splendide, musclé comme les héros marvel… franchement, arrêtons et revenons à la vraie vie ! Je veux bien que les personnages soient pour la plupart des créatures surnaturelles, mais quand même. Ou bien j’ai passé l’âge de ce genre de littérature ? Tout le monde est ultra manichéen, sans subitilité ni nuances. L’héroïne est d’une niaiserie confondante pour ne pas voir tous les pièges qui lui sont tendus sans finesse. Kell, le personnage masculin principal, est lui aussi insupportable. Il passe son temps à être de mauvaise humeur avant de miraculeusement devenir quelqu’un d’autre. Pourquoi ? Si ce n’est donner le prétexte à une scène de sexe aussi peu crédible que ses conséquences… On n’entendra d’ailleurs plus parler de ce mystérieux changement de personnalité par la suite. La scène, unique, ne trouvera pas d’écho dans le récit. En d’autres termes, elle est là pour arranger le scénario, encore une fois.
Et je ne parlerai pas des personnages humains, entre un frère miraculeusement dans les services secrets qui peut lui obtenir des faveurs très arrangeantes et exceptionnelles sans problème, les parents qu’on évacue très vite et sans aucune peine… Tout cela manque de travail, de profondeur, d’originalité…
Quant à l’histoire… sans doute le plus grand foutoir de ce livre. Rien ne va !
Si elle commence comme la plupart des histoires du genre (une héroïne policière), elle finit par déraper dans un décors absolument peu crédible, où les caractéristiques de l’héroïne n’apportent rien (elle aurait aussi bien pu être boulangère, infirmière ou chômeuse, cela n’aurait strictement rien changé au scénario). On nous présente une société, des moeurs et des personnalités qui ne sont pas du tout crédibles. Et comme d’habitude le scénario est très complaisant envers une héroïne naïve et aveugle.
L’ultime rebondissement qui touche Jana… j’ai cru que le livre allait me tomber des mains tellement c’est improbable. Cela sort de nulle part, échoue (donc ne sert à rien). Est-ce du remplissage ?
Côté bestiaire, on a des anges, des démons, des vampires, des humains, des créatures non identifiées… c’est le foutoir le plus complet, j’ai eu du mal à comprendre l’univers et ses limites. Rien n’est clair, en fait. Tout se mélange et, comme d’habitude, l’autrice impovise des explications à mesure qu’elle a besoin de se tirer d’un mauvais pas.
Et puis, bien sûr, le monde entier semble tenir Jana dans l’ignorance. Elle pose bien quelques questions, parfois (on dirait qu’elle prend un peu conscience de sa situation) mais on lui répond toujours « je ne peux rien dire ». C’est assez ridicule, mais on constate vite que si les personnages répondaient aux questions de Jana, l’histoire serait aussitôt terminée. Ce qui, je dois le dire, m’aurait arrangé !
En prime, à la fin du livre, on ne sait pas ce qu’est « la geste des exilés ». Ou bien je suis passée à côté, mais encore un élément tiré du chapeau.
Sincèrement, c’est assez rare pour être souligné : je ne saurais vous donner une seule chose pour réhausser l’ensemble, car même le style d’écriture n’est pas à la hauteur. La couverture non plus n’est pas très aguicheuse, présentant une Jana aux proportions et à la position étranges.
Je n’ai donc pas compris où l’autrice voulait nous emmener, quel est le but de cette histoire, sa finalité ? Et surtout pourquoi une telle vague de bons commentaires ?
Une lecture que je vais vite oublier. Je regrette de m’être laissée influencer par les avis et d’avoir acheté les suites. Je ne suis pas sûre de les lire, ou alors pas avant très, très, longtemps, quand j’aurai tout oublié. Histoire que, comme Jana, je tombe dans un piège plus gros que moi.

Pour qui : les lecteurs fans de bit-lit sans relief et sans surprise.

Les + : Les personnages secondaires, comme Nicolas, apportent un peu de fraîcheur eu texte. Ce sont les seuls vraiment crédibles du roman.

Les – : Beaucoup trop d’éléments ne vont pas, aussi bien sur le fond que la forme. Un premier tome décevant qui ne m’a pas donné envie de lire la suite.

Infos pratiques
Éditeur :
Editions du Chat Noir (3 février 2014)
Langue : Français
Broché : 417 pages
ISBN-13 : 979-1090627390

Le ballet des ombres, de Marika Gallman (Les Chroniques de Hallow 1)

Le ballet des ombres, de Marika Gallman (tome 1 de la série Les Chroniques de Hallow, éditions Milady)

Abby est une jeune femme en apparence normale, vivant dans une ville en apparence normale.
Mais ce ne sont que des apparences.
Car la vérité, c’est qu’Abby possède un pouvoir lui permettant d’absorber l’énergie des gens qui l’entourent, et qu’elle vit dans une ville rongée par le crime.
Elle qui, jusqu’alors, passait son temps entre sa boutique de mariage qui ne prospère pas et les larcins qui rapportent gros, va se trouver au coeur d’une affaire qui pourrait bien la dépasser complètement.
Elle se croyait unique, discrète, et forte… Elle n’est rien de tout cela.

J’ai mis du temps à lire cet ouvrage paru en 2016. Vous savez pourquoi ? Parce que j’attendais la suite, pardi !
On peut voir sur la couverture qu’il s’agit du premier tome d’une série. J’aime donc, quand je pense aimer, acheter plusieurs tomes et les lire à la suite pour me plonger plus longtemps dans l’univers.
Or, la suite n’est jamais venue, ne viendra probablement jamais, et je me suis résolue à me lancer sur ce premier tome qui ressemble désormais à un one shot.
Ce qui est dommage et renforce mon impression pour ce tome. Même s’il me semble que l’autrice n’a jamais communiqué officiellement sur le fait qu’il n’y aura jamais de suite à cette histoire, depuis le temps, plus personne ne l’attend. Et cela renforce mon sentiment de déception vis-à-vis de cet ouvrage.
J’ai découvert Marika Gallman il y a longtemps à travers son feuilleton Bad Moon Rising, puis le premier tome de sa série Maeve Regan, la plus populaire de ses sorties. J’ai retrouvé ici la plume faite d’héroïne forte ou qui pensent l’être et se fait dépasser par les évènements.
Car il faut bien le dire, ici, Abby subit littéralement tout ce qui lui arrive durant le livre et cela ne m’a pas aidé à la trouver attachante.
Mais avant d’entrer plus avant dans mon ressenti pour les personnages, sachez que j’ai vraiment trouvé que ce premier tome partait dans tous les sens. Il pose les bases de la série, certes, mais cela fourmille trop et l’équilibre entre « nouveauté pour la suite/révélations » n’est pas assez bien dosé, si bien que j’ai eu l’impression non pas de marcher sur des oeufs, mais carrément d’être en lévitation. J’avançais dans l’histoire avec un oeil bandé et l’autre mi-clos.
Un peu pénible, surtout quand on sait que les suites qui nous auraient permis d’éclairer tout cela ne verront jamais le jour.
Pour ce qui est des personnages, ils sont plutôt clichés et sans surprise. Comme dans tous les romans de bit-lit, notre belle héroïne est convoitée par trop d’hommes à la fois, s’entiche du seul qui ne veut pas d’elle, bénéficie du soutien d’un frère ultra geek… Je n’ai pas trouvé la galerie de personnages particulièrement folle et pour être honnête, à l’heure où j’écris cette chroniques (plusieurs jours après la fin de ma lecture) j’ai déjà oublié la plupart des protagonistes.
Côté péripéties, c’est aussi un peu le foutoir. Si le début est clair, l’autrice s’embarque ensuite dans des aventures où plusieurs niveaux de complexités se mêlent. Abby rencontre des personnages qui ont leurs propres objectifs que l’on ne connaît pas vraiment, qui ont des pouvoirs et des capacités qu’on ne comprends pas encore… bref cela m’a perdu plus d’une fois. C’est dans ces moments là que j’avais l’impression d’avoir un bandeau sur les yeux et que ma déception a été la plus grande. J’imagine que le voile se serait levé dans les tomes suivants mais vu qu’ils n’existeront pas…
Pour ce qui est du style, il est fidèle à celui de l’autrice. Moderne et fluide, il rend la lecture légère et agréable. Il nous plonge facilement dans le théâtre de Hallow, ville sombre et sale qui ne sera pas sans nous rappeler Gotham City.
Malgré tout, j’ai assez vite survolé cette histoire qui a d’autant moins d’intérêt qu’elle s’arrête peu de temps après avoir commencé.
J’ignore pourquoi la série n’a pas eu de suite et je penche plutôt pour des soucis personnels de l’autrice plus qu’une question de succès. C’est dommage et j’espère qu’un jour, peut-être, elle parviendra à la reprendre, quitte à ce que ce ne soit pas chez un éditeur.
En attendant je ne peux que vous inviter à passer votre chemin, vous n’auriez pas l’occasion d’y marcher longtemps pour admirer cet univers. Personne n’aime avancer dans le noir.

Pour qui : les lecteurs qui ne seront pas dérangé à l’idée d’entamer une série sans suite et qui aiment la plume de Marika Gallman.

Les + : Un style fluide qui se lit bien.

Les – : l’intrigue part dans tous les sens et perd le lecteur, beaucoup de portes sont ouvertes sur du vide car les réponses devraient se trouver dans les tomes suivants, le dosage mystères/révélations n’est pas assez subtilement dosé, si bien que l’on a surtout du mystère et quasiment pas de révélations pour nous faire avancer. La série n’a pas de suite.

Infos pratiques
Poche : 480 pages
ISBN-10 : 2811217843
ISBN-13 : 978-2811217846
Éditeur : Milady (8 juillet 2016)

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