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Le marchand de sable – saison 1, de Gaïa Alexia

Le marchand de sable – saison 1, de Gaïa Alexia (tome 1 de la série Le Marchand de Sable, éditions Hugo New Romance)

Nola Nott est insomniaque. Elle pourrait dormir, mais elle ne le veut pas. Chaque fois qu’elle s’endort, elle fait un cauchemar dans lequel un homme la suit pour la tuer. Un sommeil agité dont elle sort à chaque fois aussi épuisée qu’effrayée.
Mais s’il n’y avait que ça… Un jour, elle rencontre pour de vrai l’homme de ses cauchemars. A-t-elle rêvé ? Ou bien est-ce que l’inconnu hostile a décidé de la traquer jusque dans le monde réel. Nola pourra-t-elle lui échapper ?

Ce roman est présenté comme une romance fantastique tournant autour de la mythologie nordique. Ne connaissant rien à cet univers, cela me paraissait intéressant de découvrir à la fois cette autrice et à la fois cette mythologie.
Pour commencer, il est important pour moi de signaler que l’ouvrage ne comporte aucune faute d’orthographe ou de frappe, contrairement à Asylum, que j’ai lu juste avant et sorti chez le même éditeur. Il semble donc que ce problème malheureux ne soit qu’un accident et non pas quelque chose de récurrent chez l’éditeur. Ouf !
Passons ensuite au livre en lui-même. Il s’agit de la saison 1 de la série du Marchand de Sable. J’étais intéressée pour découvrir le côté feuilleton et la mythologie nordique autour d’une romance. Avec l’arrivée du soleil et de la canicule, ça me semblait parfait.
Or, je sors de cette lecture avec l’impression d’être passée un peu à côté de tout.
Les personnages : je suis restée dubitative devant le traitement des personnages. Nola passe son temps à pleurer (elle est peut-être à fleur de peau vu qu’elle ne dort quasiment pas), mais Mane… j’ai eu l’impression de visualiser le troll dans le premier film d’Harry Potter (mais si, rappelez-vous, dans les toilettes). Il se déplace comme une grosse brute, ne sait pas aligner plus de trois mots qui sonnent comme des ordres nigauds, on nous le dépeint comme tatoué de partout et musclé, peut-être s’est-il tout simplement échappé d’une téléréalité du coin ?
Ce couple étrange m’a laissé de marbre. On apprend que Mane recherche Nola parce que cette dernière l’a quitté et s’est enfuit. J’ai trouvé qu’il y avait quelque chose de dérangeant dans le fait d’apprendre que Mane casse tout ce qu’il croise dans le but de retrouver une fille qui ne veut pas de lui, pour la ramener dans son monde.
N’est-ce pas une forme de harcèlement ?
Ne faut-il pas laisser la jeune fille tranquille si elle a choisi d’arrêter la relation ?
Dans ce cas pourquoi la suivre et même la harceler dans ses rêves, jouer sur sa santé, si elle ne veut plus de vous ?
A mon avis, certaines ont déjà porté plainte pour moins que ça (et elles ont eu raison).
Donc bref, j’ai poursuivi ma lecture en me disant que nous aurions probablement une explication émouvante qui pardonnerait ce parti pris ambigüe mais… en fait non. Nola a vraiment quitté Mane parce qu’elle pensait leur amour impossible, et il a décidé de la suivre pour la retrouver et la ramener à tout prix.
Vraiment, je n’ai pas trouvé cet amour romantique, et je ne l’ai pas trouvé crédible non plus.
Nola, qui passe la majeure partie de son temps à avoir peur de Mane et à le fuir, tombe soudain amoureuse de lui au point de vouloir le sauver.
Mais tu n’en avais pas peur ? Je n’ai pas compris ce retournement de situation si peu subtil !
La mythologie nordique est là… pour trouver un argument commercial. Parce que si vous enlever ce fait, l’histoire tient toujours debout. On parle de l’amour de la nuit et de la Lune ? On ne le ressent pas du tout. Je m’attendais à quelque chose de fort, de profond, de subtile, mais il n’y a rien eu de tel. Les éléments mythologiques sont assez grossiers, attendus, servis par des personnages pas franchement attachants. L’autrice esquisse un début d’autre monde mais ce n’est pas très précis. Un manoir ? Mais ensuite ? C’est un peu maigre. Ce sont des dieux mais on ne le sent pas. Ils n’ont pas de charisme ni de puissance.
L’autrice a voulu jouer sur les noms des personnages pour renforcer leur identité mythologique mais cela m’a gêné, j’ai trouvé que cela enlevait du crédit plus que ça n’en apportait. Les noms sonnent étrangement à l’oreille.
Enfin, je me suis demandée pourquoi tous ces dieux nordiques sont venus se perdre dans une facultée française… pourquoi pas dans un pays du nord, puisqu’ils en sont issus ? Qu’est-ce qui justifiait ce choix ? Pourquoi Nola elle-même est-elle en france et pas plus au nord ?
On me répondra peut-être qu’il faut lire la suite pour avoir la réponse, mais j’aurais aimé le savoir dès le départ pour trouver le scénario bien pensé et crédible. Là… ça me paraît encore une fois peu crédible.
Je suis donc déçue par ce titre. Peut-être en attendais-je trop ? Il m’a semblé trop superficiel, trop simple. Il lui manque cette profondeur qui touche l’âme comme peuvent le faire les romances qui marquent. Il y a de bonnes idées mais clairement pas assez ou mal exploitées (le marchand de sable, les papillons, les tatouages… tout cela fait brouillon, confus, on ne voit pas bien les liens entre tous ces éléments). La psychologie des personnages est elle aussi superficielle. Et puis, sérieusement, qu’un homme inconnu s’adresse à moi en m’appelant très gravement « déesse », je crois que j’éclaterais de rire.
En bref, il m’a manqué de la profondeur dans le propos et dans le scénario.

Pour qui : les lectrices qui cherchent une lecture simple sur la plage, une lecture d’été sans prise de tête.

Les + : il y a de bonnes idées, le style d’écriture n’est pas mauvais et se lit bien.

Les – : mais l’ensemble n’est clairement pas crédible. Le livre manque de profondeur, beaucoup d’éléments ne sont pas développés, ou pas assez, si bien qu’on reste en surface dans une impression brouillonne. La psychologie des personnages est faible et le duo amoureux donne l’impression d’une brute et d’une pleureuse. Je ne m’y suis pas attachée.

Infos pratiques
Broché: 314 pages
Editeur : Hugo Roman (23 mai 2019)
Collection : New romance
Langue : Français
ISBN-10: 2755641584
ISBN-13: 978-2755641585

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Asylum, d’Émilie Autumn

Asylum, d’Émilie Autumn (one shot, éditions Hugo et Cie)

Après une tentative de suicide, Emilie se retrouve enfermée dans un hôpital psychiatrique où personne ne viendra la chercher pour l’en sortir. La jeune femme est persuadée de ne pas être folle, jusqu’à ce qu’elle commence à trouver dans son carnet d’étranges lettres écrites un siècle avant par une certaine Emily…

Comme beaucoup, je ne connaissais Émilie Autumn que de nom. Cela n’était pour moi qu’un poster au mur de la chambre de ma sœur. Une violoniste connue au look d’Harley Quinn dont je n’ai pourtant jamais écouté vraiment la musique.
Alors, quand on m’a proposé de lire son livre, j’ai été intriguée : l’artiste est aussi autrice ? En plus son récit se déroule dans l’environnement confiné d’un asile ? Il n’en fallait pas plus pour que j’accepte cette nouvelle expérience, pleine de curiosité. Et puis, il faut bien le dire, la couverture travaillée et intrigante a tout pour plaire.
Je suis vite redescendue sur terre, malheureusement.
Tout commence par une façon assez mégalomane de se mettre en scène : l’autrice est son propre personnage et ne s’en cache pas, écrivant parfois des réflexions assez condescendantes ou prétentieuses.
Cela fait suite à son histoire personnelle, dont la réalité s’entremêle étroitement avec la fiction et l’on bascule petit à petit dans le récit fictif à mesure que les pages se tournent.
Si le début est intéressant et a su me tenir en haleine, l’ouvrage prend un tournant quand entrent en scène les lettres d’Emily « avec un Y ». Il s’agit là d’une sorte d’alter égo victorien ancienne violoniste également et retenue ensuite prisonnière dans un asile. J’ai cru assister aux fantasmes hystériques d’une fille en mal d’attention et de brutalité. Je me suis plusieurs fois cru dans une parodie d’histoire, au beau milieu d’un rêve de pur délire. Dans ce titre, toutes les filles sont appelées à se faire violer par des hommes lubriques et brutaux. On ne sait pas vraiment pourquoi on inflige gratuitement ce traitement aux jeunes filles (on nous parle de La Peste et d’une domination sur le monde mais comme le reste l’explication est faible et peu crédible). Le fait qu’Emily joue du violon n’a absolument aucun intérêt, le récit est plus centré sur les lettres que sur le récit « dans la vraie vie » au point que l’équilibre entre les deux blocs est hasardeux, de nombreux passages ne servent à rien et puis… c’est assez mal écrit, pour être franche.
Et c’est aussi là mon plus gros problème avec ce livre.
Je suis incapable de dire si la qualité de style est à mettre sur le compte de la traduction ou de l’autrice, mais que c’est mal écrit ! Entre les répétitions (nombreuses), les mots inappropriés (nombreux eux aussi), les tournures de phrases naïves voire enfantines, les fautes dans les noms mêmes des personnages… rien ne donne corps à l’œuvre. Rien ne nous fait basculer dans l’horreur. Je ne me suis attachée à aucun personnage (pas même au seul docteur un peu gentil qui semble vivre une grande histoire d’amour avec l’héroïne mais à laquelle on ne croit pas non plus une minute). Tout est trop… tiré par les cheveux. Le livre manque d’épaisseur, de profondeur et même de cœur. Tout est brouillon, comme si on avait publié le premier jet.
Et en parlant de premier jet, le texte a-t-il été relu avant l’impression ? J’ai trouvé un nombre incroyable de fautes d’orthographe et de frappes. Jamais je n’en au trouvé autant dans un livre, a fortiori édité chez un éditeur national et vendu à ce prix (21€). Cela m’a vraiment mise en colère et pour la première fois de ma vie j’ai eu envie d’abandonner ma lecture. Des fautes aussi incroyables que « des femmes nues comme des verres », « il ria » ou encore des oiseaux qui descendent « en piquet »… j’en passe et des meilleures !
Quel traitement a-t-on réservé à cet ouvrage : le même que celui des personnages ? Est-ce qu’on a volontairement malmené le texte pour lui donner une allure brouillonne ?
Si c’est le cas, c’est réussi.
Mais j’en doute. En tout cas je ne serais pas contente d’avoir acheté cet ouvrage. C’est la première fois de ma vie que je vais faire un signalement directement à l’éditeur (photos à l’appui, et je vous prie de croire qu’il y en a un paquet).
En fait, le seul soin accordé au texte est sur la partie graphique. Outre la couverture, on trouve entre les pages des extraits de documents et des visuels travaillés intéressants. Cela n’apporte rien si ce n’est une ambiance qui contribue à étoffer un peu ce maigre environnement.
A chacun de se faire son propre avis, mais personnellement c’est une découverte qui n’aura pas de suite, quand bien même Émilie Autumn publierait autre chose.
Je tiens à souligner que la piètre qualité du texte est étonnante car ce n’est pas le premier livre que je lis de chez Hugo et c’est bien la première fois que je rencontre ce problème. Il n’est certes pas excusable, mais il reste exceptionnel.

Pour qui : les lecteurs qui veulent découvrir l’univers artistique de l’autrice. En effet, Asylum reprend l’univers graphique et artistique d’Émilie Autumn, que l’on peut voir dans ses spectacles.

Les + : Le livre fait découvrir l’univers de l’artiste, que je ne connaissais pas.

Les – : un ensemble brouillon et peu crédible, une succession de fantasmes puérils et superficiels, un style pauvre et une qualité littéraire qui laisse franchement à désirer. Les trop nombreuses fautes d’orthographe et de conjugaisons gênent la lecture et sont inexcusables.

Infos pratiques
Broché: 421 pages
Editeur : Hugo Roman (6 juin 2019)
Collection : Nouveaux Mondes
Langue : Français
ISBN-10: 2755640820
ISBN-13: 978-2755640823

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