Archives de Catégorie: Fantasy

Vapeur Girl, de Igor Quézel-Perron

Vapeur Girl, de Igor Quézel-Perron (one shot, éditions Envolume)

Dans un monde gouverné par les médias et les réseaux, deux jeunes gens vont voir leur destin bouleversé malgré eux. Lui va devenir roi, elle prostituée dans une maison close. Leur amour pourra-t-il survivre à la pression de la société ? Parviendront-ils à entrer dans le moule dans lequel on veut les enfermer ?

Petit ovni découvert par hasard au dernier salon du livre de Paris, je ne savais pas à quoi m’attendre à la lecture de ce texte.
C’est un avis plutôt partagé qui m’habite à la fin de ma lecture. Voilà pourquoi.
La couverture intrigue. Colorée, on sait immédiatement qu’on va entrer dans un univers singulier. Singulier, il l’est. C’est un mélange de notre monde et d’un univers différent. Je n’ai pas su situer véritablement l’intrigue dans le temps, et ai eu l’impression d’un futur pas si lointain dans un pays exotique d’Afrique du Nord ou oriental. Toutefois j’ai eu l’impression que l’auteur voulait créer un environnement profond sans toutefois s’y plonger. En effet, le livre fourmille de termes et de noms inconnus pour désigner des choses que l’on ne connaît pas et qu’on peine à se représenter à cause du manque d’explication. Ce n’est pas parce que tous les mots sont modifiés que l’univers va gagner en épaisseur, au contraire. Je me suis un peu perdue dans un pays qui ne ressemble à rien de ce que je connais, avec des us et coutumes qui me sont inconnues, et une culture que je ne maîtrise pas. Or sous couvert d’une poésie annoncée, l’ auteur n’entre jamais dans le détail. C’est comme si vous essayiez d’apprendre le chinois simplement en écoutant des Chinois parler. Il manque des choses pour s’y retrouver, pour accrocher et comprendre.
Si je suis partagée, c’est parce que quand l’auteur se donne la peine de nous expliquer ce qui se passe et pourquoi les choses se déroulent ainsi, cela fonctionne et est appréciable.
L’auteur ne manque pas d’idées pour son petit royaume, et il y a beaucoup de bonnes idées dans ce livre. Malheureusement, une fois encore, on manque d’éléments pour donner de la profondeur.
La Malfermée, par exemple, semble être un élément important, à la fois dans l’univers des personnages mais aussi dans leurs vies. Pourtant je n’en ai pas retenu grand chose. Une émission de télé qui vous broie sans que vous n’ayez votre mot à dire ? Je ne l’ai pas ressenti. Au contraire, le seul personnage que l’on suit y est plutôt bien traité. On ne sens pas le côté inhabituel de la chose. Alors que c’est hyper intéressant !
Et presque toutes les idées sont traitées de cette manière. De fait, on ne voit pas grand chose et on doit uniquement se fier à une phrase d’un personnage pour avoir un avis complet sur une chose ou l’un des protagonistes. Insuffisant.
Cela dit, il y a aussi de bonnes choses dans ce titre. Et sa plus grande force est incontestablement son idée principale. L’auteur nous dépeint un monde guidé par les réseaux sociaux et leurs dangers. Une société où les habitants ont déjà vendu leur âme au diable dans la course à la notoriété. On sent une vraie volonté de parler d’un sujet actuel et dangereux, insidieux, qui pourrait faire plonger notre société dans le chaos si l’on n’y prend pas garde. Le titre fait réfléchir, repenser ses habitudes et son rapport aux réseaux sociaux. A la manière de certains titres classiques, telles les Lettres Persanes de Montesquieu, on délocalise l’intrigue pour mieux mettre le doigt sur sa proximité. On la fait se dérouler pour des gens qui n’ont rien à voir avec nous pour mieux nous cibler. On exagère les situations pour mieux nous faire prendre conscience qu’elles existent déjà et sont bien réelles.
En résumé, Vapeur Girl est un titre assez fin qui aurait sans conteste mérité un approfondissement pour véritablement apparaître comme un coup de poing dans une littérature parfois frileuse sur les sujets d’actualité.

A paraître le 12 juin 2018

Pour qui : les lecteurs qui aiment les livres qui font réfléchir mais ne sont pas trop gros, ceux qui aiment la poésie et les métaphores.

Les + : beaucoup de bonnes idées et des sujets traités avec finesse

Les – : L’univers créé est clairement trop peu développé pour que l’on s’y plonge vraiment. Difficile de développer quelque chose en si peu de pages.

Infos pratiques
Date de parution : 12/06/2018
Editeur : Envolume Editions
ISBN : 978-2-37114-060-8
Présentation : Broché
Pages : 200 pages

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L’étrange cas de l’homme mécanique, de Mark Hodder

L’étrange cas de l’homme mécanique, de Mark Hodder (tome 2 de la série Burton & Swinburne, éditions Bragelonne)

Quand un drôle d’automate est retrouvé seul en plein coeur de Londres, et que son propriétaire est aux abonnés absents, Burton et Swinburne, les deux acolytes, y voient plus qu’un oubli. Pire, il se trouve que des diamants ont été volés dans le secteur de cet automate. Et si tout était lié ?

J’ai sorti ce livre de ma pile à lire profitant des vacances d’hiver pour m’attaquer à cet épais volume aux pages dorées. En effet, je l’ai acheté en 2015 (il y a plus de 2 ans) à l’occasion du mois du cuivre Bragelonne, qui propose chaque année quelques ouvrages de très belle facture pour un prix un peu élevé mais qui se laisse acheter pour peu que l’on aime les beaux objets.
Celui-ci en est un, incontestablement, avec ses coins arrondis, ses pages bordées d’or et son graphisme intérieur. Je ne peux que vous conseiller de vous pencher sur les ouvrages steampunk du mois du cuivre si vous aimez posséder de tels merveilles.
Mais si la forme vaut le détour, qu’en est-il du fond ? Comme souvent le lecteur un peu faible comme moi se laisse séduire par un emballage sans savoir ce qu’il trouvera au fond du paquet, ce qui, bien souvent, est décevant.
Mais pas ici.
Je ne connaissais ni la plume ni les personnages de Mark Hodder, et j’ai énormément apprécié ma lecture. Bien qu’il s’agisse d’une suite (ce que j’ignorais lors de mon achat) j’ai à peu près tout compris et on n’est pas passé loin du coup de coeur.
L’ambiance steampunk est omniprésente à travers un Londres post-victorien des plus mécaniques, où l’opposition entre les pro mécanismes et les naturalistes est bien présente. Cela donne à « voir » des créations intéressantes et des moyens de locomotion loufoques qui auraient toutes leurs places dans un film. L’ambiance n’était pas sans rappeler les livres de Gayle Carriger et sa série Alexia Tarabotti. A la différence qu’ici nous avons un duo d’enquêteurs.
Ce que j’ai apprécié, c’est aussi de savoir que les personnages présentés dans le romans sont pour la plupart réels. Ils ont existé. On a ainsi une sorte de fan fiction ayant pour protagonistes des figures historiques. Ou une uchronie steampunk, c’est selon. Quoi qu’il en soit l’auteur a mis à la fin de son livre quelques pages pour nous présenter tous ces protagonistes et leur vie réelle par rapport à ce que l’on en voit dans le livre.
Burton, l’explorateur, a un côté aventureux et bourru tout à fait intéressant et qui rend certaines actions crédibles. L’auteur a pu l’étoffer grâce à un background d’aventurier qui influence son présent et permet de créer des liens avec épaisseur.
Swinburne est plus en retrait, ce qui est dommage car j’ai encore plus accroché avec ce personnage aux moeurs légères. Peut-être est-il plus développé dans le premier tome, mais j’aurais aimé entrer d’avantage dans son univers à lui, peuplé de scandaleuses relations et de penchants déviants. Ce n’est pas si courant en littérature de ce genre et je trouvais le parti pris suffisamment rare pour être développé.
Les autres personnages sont nombreux mais pas trop, ce qui fait que l’on ne se perd pas dans cette galerie fournie. Les péripéties des uns et des autres sont faciles à suivre et à comprendre, y compris quand on ne fait que découvrir la série, comme moi.
On notera toutefois le peu de présence de personnages féminins dans cet univers hyper masculin. Il y aurait peut-être des choses à développer de ce côté-là dans les suites.
Quoi qu’il en soit j’ai passé un très bon moment en compagnie de ces personnages hauts en couleurs, dans une ambiance immersive.
Une bonne découverte dont je vais surveiller la publication éventuelle de suites lors des prochains mois du cuivre chez Bragelonne.

Pour qui : Les lecteurs qui aiment l’univers steampunk, les uchroniques, et les fictions mettant en scène des personnages ayant réellement existé.

Les + : Un splendide objet livre contenant une histoire prenante et immersive, dans un style très anglais.

Les – : La galerie de personnages manque un peu de personnages féminins.

Infos pratiques
Broché: 504 pages
Editeur : Bragelonne (18 février 2015)
Collection : Steampunk
Langue : Français
ISBN-10: 2352948231
ISBN-13: 978-2352948230

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