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La part des ombres 1, de Gabriel Katz

La part des ombres 1, de Gabriel Katz (tome 1 du diptyque La part des ombres, éditions Pocket)

Depuis que le royaume de Goranie a été envahit par les Traceurs, les coutumes se perdent. Ces barbares sans foi ni loi ont fait disparaître la culture et la religion pour imposer les leurs, cruelles et sanglantes.
Or, désireux de calmer un peuple de plus en plus agité, le Gouverneur autorise la tenue d’une procession lors d’un mariage. Mais son fils, adolescent rebelle et fou, assassine sauvagement la mariée. Pris de panique et pour s’éviter bien des problèmes, il décide d’éliminer tous les témoins de la scène et de brûler le village.
Mais ce qu’il n’avait pas prévu, c’est que le mari éploré survive. Contre toute attente, celui-ci parviendra à rester en vie et n’aura alors plus qu’une idée en tête : se venger, renverser le pouvoir en place et reconquérir le territoire du peuple.
C’est ainsi que naissent les ombres.

Premier titre que je lis de Gabriel Katz, auteur français de fantasy, et j’ai passé un bon moment.
Le livre n’est pas très épais et nous plonge dans un univers mélangeant fantasy classique et éléments d’antiquité romaine. On y parle en effet de gladiateurs et d’autres termes propres à l’histoire de la Rome antique.
En soit, l’histoire globale n’est pas très originale car elle nous parle d’un homme qui pour se venger du pouvoir recrute des mercenaires pour former une armée.
Mais c’est bien écrit. L’univers est sympathique. Cela m’a rappelé la fantasy de Michel Robert et sa série L’Agent des ombres, en moins profond, moins violent, et plus accessible.
Les personnages ont tous leur personnalité et on s’attachera plus ou moins à certains. Quelques personnalités manquent peut-être de finesse, comme Inoran par exemple, qui a l’air d’un décérébré pure souche. Kaelyn et Desmeon ont eu ma préférence. J’ai eu mal au coeur pour Ivanka, j’en ai voulu à Olen, et j’ai détesté la princesse… Le point récurrent est que Gabriel Katz nous donne à voir des femmes fortes. Les héroïnes sont plus fortes que les hommes, plus subtiles et plus intelligentes que les hommes. Ces derniers, souvent des guerriers musclés, se contentent de se battre de manière primaire et ne sont pas très forts pour élaborer des stratégies. Nous avons donc dans ce premier tome des femmes à retenir et des sentiments variés pour les différents protagonistes !
Le style est fluide, agréable. J’ai été plongée dans ma lecture dès les premières pages car les descriptions sont très visuelles.
L’auteur met en place des intrigues et plante le décor dans cette première partie. On sent que chacun a encore des choses à dire. Le passé des uns et des autres est brièvement abordé mais il y aurait sans doute de quoi faire des spin-off sur quelques personnages. Aussi, plusieurs rebondissements viennent relancer l’intérêt au fil de la lecture et le livre se termine par un cliffhanger terrible ! A ce moment, j’étais bien contente d’avoir la suite sous la main pour m’y plonger directement.
Le seul reproche que je pourrais faire à ce titre est la chance insolente qu’ont les personnages. A plusieurs reprises je me suis dit que le destin était décidément bien sympathique envers eux. Très forts (trop ?), ils semblent avoir compris que le scénario est de leur côté tant ils n’ont peur de rien et se sortent de situations compliquées. Ce qu’ils parviennent à faire (installer un camp et s’entraînent durant un moment sans se faire repérer) est presque un miracle. Ils trouvent rapidement les gens qu’ils cherchent, ils éliminent sans se faire repérer… bref, c’est l’élite de l’élite, soutenue par l’auteur aux manettes !
A part cela, j’ai apprécié le voyage. Un bon petit diptyque de fantasy qui se laisse lire entre deux pavés plus lourds et une bonne occasion de lire et soutenir la littérature francophone. Pas sûre que je retienne l’histoire de cette oeuvre, mais je retiendrai l’intérêt qu’elle a éveillé pour l’auteur. Un auteur à suivre, donc ! Et ça tombe bien puisqu’il a sorti bien d’autres romans.

Pour qui : les lecteurs qui aiment la fantasy et les plumes françaises.

Les + : un style visuel mélangeant fantasy classique et antiquité romaine, une histoire bien construite avec des rebondissements et un cliffhanger terrible, des personnages féminins forts.

Les – : le scénario semble clairement du côté des héros qui ont une chance insolente.

Infos pratiques
Poche : 352 pages
Editeur : Pocket (12 avril 2018)
Collection : Fantasy
Langue : Français
ISBN-10 : 2266285130
ISBN-13 : 978-2266285131

Hunger Games, de Suzanne Collins

Hunger Games, de Suzanne Collins (tome 1 de la trilogie Hunger Games, éditions PKJ)

Dans un monde divisé en douze districts où le pouvoir règne par la terreur, sont organisés chaque années les Hunger Games (jeux de la faim). A cette occasion, chaque district tire au sort pour envoyer un jeune homme et une jeune femme se battre dans une arène où il n’y aura qu’un seule vainqueur. Lorsque le prénom de sa petite soeur est annoncé, Katniss n’hésite pas à prendre sa place pour sauver sa vie.
Mais en prenant part à ces jeux, l’adolescente est loin d’imaginer ce qu’elle va déclencher malgré elle.
Le Capitole règne d’une main de fer sur la population et n’aime pas que l’on vienne modifier les plans qu’il a établi, notamment pour ces 74ème jeux de la faim.
Une chose est sûre : à la fin, il n’en restera qu’un.

10 ans, c’est le temps qu’il m’aura fallu pour enfin lire cette série qui m’attirait pourtant depuis sa popularisation lors de la sortie des films. Par chance, j’ai réussi à ne pas me faire spoiler l’intrigue et c’est une totale découverte pour moi.
En 10 ans, mon cerveau a eu le temps d’intégrer le concept général du récit et de le laisser infuser pour se faire ses propres théories. Comment tout cela va-t-il finir ?
Tout d’abord, j’imaginais que les trois romans allaient traiter de la même éditions des jeux et que, dès lors, nous saurions à la fin de l’ultime volet ce qui allait se produire. Je savais que Katniss n’allait pas mourir tout de suite puisque je l’ai vue à l’affiche de tous les films. Alors allait-elle survivre seule ou avec les autres ? Là était ma question.
Je me suis bien trompée !
Si je devais commencer par mon avis final, je dirais que j’ai la très nette impression que ce titre a été écrit à l’origine comme un one shot. Un one shot auquel on aurait demandé de faire des suites.
En effet, ce premier tome, qui est le seul à ne pas porter de sous-titre, a bien un début, un milieu et une fin. Pour faire court, il nous raconte une édition complète des Hunger Games. Du tirage au sort à l’annonce du vainqueur. J’ai donc été un peu déçue de voir que je m’étais à ce point trompée, et je me suis demandée ce qui allait bien pouvoir être raconté dans les suites.
Aussi, après 10 ans d’infusion, j’ai bien compris l’univers global et son ambiance, après-tout cette série est souvent présentée comme à l’origine du genre de la dystopie (sorte de monde post-apocalyptique où règne la terreur et dans lequel les héros n’ont pas d’espoir, contrairement à l’utopie). Or, j’ai trouvé que le roman n’est pas à la hauteur de ce qu’on dit de lui. L’univers n’est pas aussi travaillé que ce à quoi je m’attendais. On ne sait pas vraiment où se situe l’intrigue, ce qui s’est passé pour que l’Humanité en arrive là. On nous ressasse que les gens ont faim mais je ne l’ai pas vraiment ressentie et cela m’a laissé de marbre. Je n’ai pas non plus ressentie une grande répression. Les Hunger Games, dont on dit qu’il s’agit d’une émission télé très suivie, ne m’a pas non plus donnée cette impression puisqu’on nous dit que les habitants sont obligés de regarder. Je m’attendais à trouver plus d’informations sur une foule avide de sang et de combats à mort, sur des sponsors prêts à tout pour faire gagner leurs poulains etc… Là non. Ces sujets d’importance capitale dans ce que j’avais entendu sont en vérité presque anecdotiques. On ne sent pas la pression des jeux, des téléspectateurs, de l’argent…
J’ai eu du mal à me représenter l’arène. Je n’ai pas bien compris comment elle se matérialise. Les juges ont aussi l’air d’avoir des pouvoirs surnaturel et j’ai été destabilisée par ce phénomène. Je ne savais plus très bien comment situer le roman. L’intrigue est-elle d’un réalisme pessimiste ? Ou fantastique ? Y a-t-il une sorte de magie ?
S’ils sont capables d’avoir autant de pouvoirs magiques, ou scientifiques, pourquoi le monde global n’est-il pas en meilleur état ? Pourquoi vouloir confiner tout le monde dans des enclos sales et sans nourriture ?
Ces choix ne sont jamais réellement expliqués et manquent de profondeur pour donner à l’univers l’importance que j’avais cru qu’il avait.
Aussi, je regrette le manque de suspense du roman. Les ficelles du récit sont en effet très grosses et le destin souvent très favorable à l’héroïne. De fait, je ne me suis jamais inquiétée pour elle. L’écriture très visuelle nous donne sans cesse cette impression qu’il se passe toujours une chose importante à la dernière seconde.
Cette écriture visuelle prend toute sa forme dans les très (trop) nombreux passages durant lesquels l’héroïne mange, ou est mise en beauté par l’équipe organisatrice des jeux.
On sent que l’autrice a essayé d’esquisser du mystère avec certains personnages (la muette rousse, le mentor, le médaillon du geai moqueur…) mais ne parvient pas vraiment à se détacher de ses interminables descriptions pour proposer une intrigue plus épaisse.
Malgré tout, j’ai passé un bon moment de lecture. En dépit de toutes ces faiblesses, le roman se lit bien et a le mérite de proposer une histoire originale. Il s’agit en réalité d’un récit de « battle royal » assez classique lorsqu’on connaît les jeux vidéo de ce genre.
Le style est fluide, très imagé donc, et surtout très rythmé. Chaque chapitre se termine par un cliffhanger qui vous incitera très fortement à continuer la lecture encore un peu. Si bien que j’ai dévoré ce premier tome sans m’en rendre compte.
Mon sentiment à la fin de ma lecture est qu’il s’agit d’un roman correct, mais pour être honnête je ne comprends pas que ce roman-là soit à ce point sorti du lot. Le succès qu’il a eu n’est, d’après mes goûts, pas à la hauteur de ce qu’il vaut vraiment. Pas mauvais, mais loin d’être exceptionnel.
Ce n’est que mon avis.

Pour qui : les lecteurs en quête d’originalité, de livres faciles à lire et de page-turner.

Les + : une histoire originale, écrite dans un style simple et rythmé

Les – : le manque de profondeur de l’environnement, le scénario bien trop complaisant avec l’héroïne

Infos pratiques
Poche : 432 pages
Editeur : Pocket Jeunesse (4 juin 2015)
Collection : Hors collection sériel
Langue : Français
ISBN-10 : 2266260774
ISBN-13 : 978-2266260770

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