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Les compagnons de Roland – une aventure de Gabriel Dacié, de François Peneaud

Les compagnons de Roland – une aventure de Gabriel Dacié, de François Peneaud (tome 1 Des aventures de Gabriel Dacié, les saisons de l’étrange 1, éditions des Moutons Électriques)

Paris, 1932. Joyeuse, la célèbre épée de Charlemagne, a été dérobée dans le laboratoire où elle était étudiée. Aussitôt, le professeur en charge de l’étude confie l’affaire à l’aventurier le plus réputé de son époque : Gabriel Dacié. Un pilote célèbre pour ses inventions et pour sa victoire sur la Baleine de Rascon en 1922.
Aidé par une équipe d’amis aux compétences variées, les protagonistes vont découvrir que derrière ce vol se cache des ambitions bien plus étendues et dangereuse. Il en va de l’avenir de la France.

Quatrième et dernier ouvrage que je lis dans cette première saison des Saisons de l’étrange (après 115° vers l’épouvante, de Lazare Guillemot, Le nombril du monde, de Roland C. Wagner et Ann Radcliffe contre les vampires, de Paul Féval, je n’avais en effet contribué que pour ces titres-là et pas la saison entière), je découvre la plume de François Peneaud et son aventurier steampunk.
Bien que j’ai lu tous les ouvrages de manière extrêmement étalée dans le temps, je peux affirmer que ce petit livre est celui que j’ai préféré de mes lectures.
En effet, il est dynamique, actif, et surtout j’ai trouvé le groupe de personnages très attachants.
L’histoire prend place dans un Paris des années 30 aux allures steampunk, comme le laisse entendre la couverture signée Melchior Ascaride, graphiste officiel de cette collection d’ouvrages.
L’influence steampunk et ésotérique est présente tout au long de l’ouvrage et m’a fait pensé, dans son ambiance, à la série du Protectorat de l’Ombrelle, de Gail Carriger, bien que cela soit plus prononcé chez cette dernière.
Si j’ai apprécié cette ambiance « révolution industrielle », il m’a en revanche manqué des pages pour être totalement sous le charme de ce titre qui a pourtant tout le potentiel pour me faire fondre.
En effet, les évènement s’enchaînent si vite que j’ai parfois eu un peu de mal à suivre. Plusieurs arcs narratifs se croisent, on trouve de l’ésotérisme, des références médiévales, des pyramides en 4 dimensions, un vol, deux disparitions, un coup d’état et des histoires d’amour.
Cela fait beaucoup en si peu de pages, à peine 175.
Pour moi le récit, en dépit de ses qualités, aurait gagné à être plus développé. Il aurait gagné en lisibilité et en profondeur. En tant que lectrice, j’ai eu parfois du mal à accepter certains faits (l’énergie mentalique, la notion de Tesseract, qui est restée floue…) que j’ai pourtant trouvé intéressants et qui manquaient de développement.
D’ailleurs la fin est à l’image du livre tout entier : une impression d’inachevé, une frustration face au manque de développement. Cela laisse clairement entrevoir une suite (que j’ai effectivement loupé puisque je n’ai pas participé à la campagne pour la saison 2 dans laquelle une suite a été éditée).
Bref, ce petit livre se lit très vite, voire trop. Sa qualité est donc son principal défaut et il m’a manqué de la matière pour véritablement le garder en mémoire, contrairement à d’autres titres bien plus volumineux tels que L’étrange cas de l’homme mécanique, de Mark Hodder, par exemple. Certes, le principe de cette série de romans n’est pas d’avoir des briques, mais dans ce cas l’intrigue principale était peut-être un peu trop ambitieuse pour le volume final escompté.
Mis a part ce problème de dosage, j’ai beaucoup aimé le groupe de personnages principaux. Chacun a son caractère, et j’ai noté une volonté de sortir des sentiers battus en proposant à la fois une femme scientifique et intelligente et un couple homosexuel (dont le héros lui-même). C’est inhabituel et bienvenu. Toutefois, j’ai trouvé l’aisance avec laquelle tous ces faits sont dépeint plutôt anachroniques. Si je n’en suis pas choquée en tant que lectrice des années 2019, je doute que cela fût aussi simple à imposer dans la société d’il y a 100 ans, fût-elle fantasmée et steampunk. Là encore un développement plus approfondi aurait sans doute aidé à faire passer cet état d’esprit moderne.
Quoi qu’il en soit, Les Compagnons de Roland reste une petite lecture sympathique pour cette saison de l’étrange. Malheureusement, le manque de volume de l’ouvrage risque de le faire oublier aussi vite qu’il aura été lu.

Pour qui : les lecteurs qui aiment les histoires courtes et rythmées, les personnages attachants et originaux.

Les + : de bonnes idées et du potentiel. J’ai apprécié trouver des références médiévales car cela n’est pas fréquent en littérature de l’imagine et c’est dommage.

Les – : beaucoup trop de choses en peu de pages. Le roman souffre d’un manque évident de matière pour en faire un ouvrage marquant.

Infos pratiques
Poche : 176 pages
Editeur : Moutons électriques (5 avril 2018)
Collection : Les saisons de l’étrange
Langue : Français
ISBN-10 : 2361834561
ISBN-13 : 978-2361834562

Le lit d’Aliénor 1, de Mireille Calmel

Le lit d’Aliénor 1, de Mireille Calmel (tome 1 du diptyque Le lit d’Aliénor, de Mireille Calmel, éditions Pocket)

Alors qu’elle n’a que douze ans, la jeune Loana de Grimwald, descendante de Merlin lui-même, est envoyée auprès de la jeune Aliénor d’Aquitaine, dans le but officiel de devenir son amie.
La vérité est que la puissante angleterre souhaite marier le jeune Henri à Aliénor, dans quelques années. L’arrangement est conclu mais les choses ne se dérouleront pas comme prévu et Aliénor va devenir Reine de France.
La mission de Loana est alors simple : empêcher Aliénor de donner un héritier au trône, au risque de ne jamais la voir gagner l’angleterre et accompli le destin que ses parents ont choisi pour elle.
Y parviendra-t-elle ?

Après avoir souvent entendu parler de Mireille Calmel, j’ai entamé la lecture de ce dyptique sans trop savoir à quoi m’attendre. J’ai été à la fois mitigée et agréablement surprise.
En effet, la plume est fluide, agréable à lire. On se laisse prendre dans l’histoire de cette « sorcière » à la cour de France. Les personnages ont un caractère propre qui les rend tantôt attachants, tantôt horripilants, et le travail sur leur personnalité est plutôt crédible. Pour ce que j’en sais (je ne suis pas experte), Aliénor est dépeinte comme une jeune fille fougueuse et autoritaire, colérique et jalouse, finalement très humaine. Vu son rang, on ne peut que comprendre ses caprices.
Mireille Calmel nous raconte l’histoire de cette reine qui a réellement existée. De fait, je suis allée faire quelques recherches sur internet pour voir si la véritable histoire d’Aliénor correspondait aux faits relatés dans le livre, et oui. En fait, comme cette période est lointaine, nous n’en connaissons que les grandes lignes. Mireille Calmel vient ajouter une histoire secrète dans la grande Histoire. Elle apporte ainsi une touche de fantastique à la réalité et j’ai beaucoup apprécié cette tentative. Le lexique employé, le phrasé, sonnent comme médiéval et on est plongé au coeur de cette époque.
En revanche, ce qui m’a moins convaincu, c’est la profondeur supposée du texte.
En effet, la narratrice nous explique à plusieurs reprises qu’elle intrigue à la cour… C’est elle qui le dit ! Personnellement, je n’ai pas vraiment ressenti ce fait. On est très loin de la profondeur d’une saga comme Kushiel ou Imriel, de Jacqueline Carey (que l’on peut comparer même si le style est différent, les inspirations sont les mêmes). Je n’ai pas ressenti l’aspect « complot », l’aspect « politique », et c’est à peine si on ressent les enjeux. Loana est présentée comme une sorcière magicienne mais a part une ou deux interventions sans éclat, on ne s’en rend même pas compte.
En bref, elle prétend accomplir un travail titanesque pour atteindre son objectif mais on ne le voit jamais. Le lecteur est obligé de se fier à ce que nous dit l’héroïne, et je n’ai pas été très convaincue.
A la lecture, j’ai l’impression d’avoir eu d’avantage affaire à une romance historique légèrement fantastique qu’à un titre d’intrigues et de complots.
Car oui, comme son nom l’indique (bien que je n’en ai pas eu conscience de prime abord), Le Lit d’Aliénor nous parle beaucoup de coucheries et d’amours contrariés. On a presque un côté « amour courtois » qui rappelle quelques chansons médiévales.
Mais pas un livre subtile ou politique.
Il ne faut pas voir plus qu’un simple divertissement dans ce texte, au risque d’être déçu. Je pense que si j’ai apprécié ma lecture, c’est avant tout parce que je n’en attendais rien. Ne pensez pas lire une histoire d’intrigues à la cour royale, vous serez rapidement déçus. Pas plus qu’une histoire fantastique à la Merlin l’enchanteur.

Pour qui : les lecteurs qui cherchent une lecture dépaysante, divertissante et superficielle.

Les + : une plume fluide et immersive qui nous plonge rapidement au coeur de l’époque médiévale. Les caractères des personnages sont crédibles et bien travaillés.

Les – : le livre reste superficiel, on n’assiste jamais vraiment aux complots et intrigues de cours. On ne peut se fier qu’à ce que prétend l’héroïne quand elle nous dit qu’elle passe ses journées à intriguer dans le dos d’Aliénor. J’aurais aimé que l’autrice pousse ses idées plus loin, à la manière d’une Jacqueline Carey. Or, cela ressemble presque à une solution de facilité que de parler d’intrigues sans jamais les montrer.

Infos pratiques
Poche: 416 pages
Editeur : Pocket (4 décembre 2003)
Collection : Litterature
Langue : Français
ISBN-10: 2266126873
ISBN-13: 978-2266126878

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