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Jasper Fforde, L’Affaire Jane Eyre

Jasper Fforde, L’Affaire Jane Eyre (one shot, éditions 10/18)

Dans un monde où la police possède une équipe spécialisée dans les affaires littéraires, un manuscrit précieux est volé. Thuerday Next, agent chez les LittéraTech est mise sur l’affaire. En effet, la jeune femme pense connaître le criminel et pour cause : elle aurait eu l’homme comme professeur durant ces études.
L’enquête est risquée car le crime très grave. Thursday va devoir se plonger au coeur même de manuscrits originaux pour sauver les chefs-d’œuvre de la littérature anglaise.

J’ai lu ce roman sur le conseil d’une amie qui me l’a chaudement recommandé. Portée par son enthousiasme, j’ai sauté sur le texte dès qu’il fut téléchargé dans ma liseuse. Malheureusement, ce fut une douche froide, pour moi et je pense savoir pourquoi.
En effet, si la forme n’est pas mauvaise puisque le style est fluide et que l’on entre rapidement dans l’histoire, c’est vraiment le fond qui ne va pas pour me plaire.
Pour commencer, je n’ai pas réussi à saisir quand se passe l’action, exactement. Dans les années 80 ? Dans le futur ? Une réalité alternative ? Un monde parallèle ?
Un certain nombre d’éléments me font penser que l’action se déroule dans les années 80 dans un monde parallèle. Pourtant, on retrouve énormément de signes que l’histoire se déroule dans l’angleterre réelle. La technologie est à peu de choses près la même que celle des années 80, et autant dire que cela ne fait pas beaucoup rêver lorsqu’on veut raconter quelque chose se déroulant dans un univers différent. Bref, pour moi, c’était confus.
Aussi, je n’ai pas adhéré à la thèse principale du livre : celle de pouvoir entrer dans les livres et en changer le cours. Là aussi, c’était confus. J’aime beaucoup l’idée de base, qui a un potentiel énorme, mais le livre nous explique des choses de manière hyper confuses. Si j’ai saisi, on peut modifier le cours d’un seul livre si on entre dedans, et de tous les livres si on entre dans le manuscrit original. Les lecteurs voient le livre se réécrire sous leurs yeux. Je ne sais pas si j’ai bon.
Dans l’histoire, lorsque les personnages sont confrontés à ce type de péripéties, on a l’impression que le monde entier se soulève parce qu’il est en train de lire un manuscrit en cours de réécriture. Ce n’est pas crédible, je n’ai pas adhéré. Sincèrement, qui lit Jane Eyre actuellement ? A mon avis peu de lecteurs (il y en a sans doute, mais combien ? par rapport à des titres d’actualité ?).
Enfin, l’auteur nous noie sous des tas de références à la littérature anglaise. C’est un parti pris risqué puisqu’il ne pourra convenir qu’à un public de lecteurs experts sur la question, ce qui n’est pas du tout mon cas.
De fait, je suis passée à côté de plein d’éléments, me suis ennuyée à de nombreuses reprises, et ai trouvé le temps long. On y aborde aussi la question de la guerre de Crimée, d’une organisation gouvernementale dont les objectifs sont troubles… bref, un grand bazar dans lequel je me suis perdue.
Entre un principe de base auquel je n’ai pas adhéré et les références que je n’ai pas comprises, la lecture a été parfois pénible. D’autant plus que je ne comprenais pas s’il s’agissait d’un one shot ou d’un tome inséré dans une série ! Il est plusieurs fois fait référence à des éléments importants s’étant déroulés dans le passé, sans que l’on ne l’ai lu. Alors était-ce dans un tome précédent ou non ?
Hé bien non. Ce tome est bien un one shot, et le début d’une série.
Du côté des éléments que j’ai appréciés, de manière un peu classique, j’ai aimé les relations entre les personnages. Thuesrday m’a semblé sympa et j’ai aimé suivre sa romance. Tout simplement.
C’est d’ailleurs à peu près la seule chose que je retiendrai de ce livre, avec la confusion désagréable qu’a provoqué sa lecture. C’est dommage parce qu’il y avait de bonnes idées, comme la brigade de protection de la littérature, malheureusement très mal exploitées.
Un titre résolument pas fait pour moi.

Pour qui : les lecteurs qui connaissent la littérature anglaise, ceux qui sont à la recherche d’une lecture loufoque et totalement décalée, originale

Les + : une petite romance sympathique à défaut d’être originale, le seul élément de suspense selon moi.

Les – : une confusion totale dans l’histoire, le genre, les faits énoncés… lire ce livre, c’est comme passer des heures dans le tambour d’une machine à laver.

Infos pratiques
Poche: 408 pages
Editeur : 10 X 18 (19 mai 2005)
Collection : Domaine étranger
Langue : Français
ISBN-10: 2264042079
ISBN-13: 978-2264042071

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Les vestiges de l’aube, de David Khara

Les vestiges de l’aube, de David Khara (tome 1 de la série Les vestiges de l’aube, éditions 10/18)

New York, de nos jours. Le policier Barry Donovan tente péniblement de se remettre des attentats du 11 septembre, dans lesquels il a perdu sa femme et sa fille, les deux amours de sa vie.
Alors qu’il enquête sur une série de meurtre, Barry commencera à correspondre avec un homme sur internet. Un moyen pour lui de trouver du réconfort et une amitié dans son quotidien solitaire.
Il fait ainsi la connaissance de Werner, un aristocrate cultivé et attachant.
Mais Barry est loin de se douter de ce qui se cache réellement de l’autre côté de l’écran. Une amitié singulière qui pourrait se révéler d’une grande aide, à moins que ce ne soit au contraire une menace.

Les vestiges de l’aube est le tome qui précède Une Nuit Eternelle, roman que j’ai lu et chroniqué en 2014 sans savoir qu’il s’agissait d’une suite. J’ai donc enfin pu lire le premier tome et je n’ai pas été déçue.
Les deux histoires peuvent se lire indépendamment l’une de l’autre, mais avec ce premier tome, on revient à l’origine du lien entre l’homme et le vampire.
Un vampire peu ordinaire, tant David Khara s’est attaché à aller à l’encontre des clichés que l’on nous sert habituellement dans la littérature de ce genre.
Ici Werner est vieux de corps et d’esprit. On a affaire à une créature qui ne fait fantasmer personne, et qui a roulé sa bosse depuis quelques années.
La force de ce titre, ce n’est pas tant l’enquête policière, qui se résout finalement d’une manière extrêmement simple, pour ne pas dire simpliste, mais bien le lien d’amitié qui unit les deux protagonistes.
J’ai aimé ressentir la force des échanges entre Werner et Barry. On assiste aux débuts timides, aux échanges puis aux révélations. On tremble en se demandant comment les choses vont évoluer, si la vérité ne va pas faire voler en éclat les belles paroles et les considérations fondées sur de fausses impressions.
Les vestiges de l’aube est avant tout une histoire d’amitié avant d’être un polar. J’ai beaucoup aimé le parti pris de l’auteur. D’une certaine façon, c’est même une histoire d’amour qu’il nous raconte, car le lien entre Werner et Barry est si fort que les passages où Werner racontent peuvent parfois laisser planer le doute.
Je crois sincèrement que Werner éprouve pour Barry des sentiments au-delà de l’amitié, et j’ai apprécié que l’auteur ne nous le dise jamais, comme s’il laissait au lecteur le soin de trancher sur ce qu’il en déduit, par rapport à son propre vécu de l’amitié.
L’ouvrage se lit vite, il n’est pas très épais, mais c’est assez pour entrer dans l’histoire et s’attacher aux personnages. Je ne saurais dire si j’ai le plus apprécié Barry ou Werner. D’ailleurs, comme vous le voyez, je ne parle que d’eux alors qu’il y a d’autres personnages. Toutefois ils prennent tant de place qu’ils en viennent à éclipser les autres.
Pour vous faire une confidence, Werner mis à part, je me suis imaginé les personnages de la série Gotham, série que j’ai commencé à regarder il y a peu. Le duo Barry/Sanderson m’a beaucoup rappelé le duo Gordon/Bullock. Ce qui se confirme dans les agissements.
En bref, j’ai passé un très bon moment de lecture en compagnie des personnages de David Khara. Je n’aurais pas dis non à un peu plus de polar car la résolution de l’affaire se fait de manière un peu trop simple à mon goût et je sais que l’auteur peut faire mieux dans ce genre. Néanmoins, l’histoire est compensée sous d’autres aspects.
Un roman à lire comme une preuve que l’on peut écrire sur les vampires sans tomber dans le cliché, le mièvre et le déjà-lu.

Pour qui : les lecteurs qui aiment les histoires originales, les vampires, et les enquêtes policières.

Les + : l’amitié entre Werner et Barry est un fil conducteur puissant et extrêmement bien écrit, c’est crédible et plein d’émotions. J’ai beaucoup aimé ces deux personnages et leur histoire émouvante.

Les – : Plutôt sur la forme que sur le fond, les longs passages en italique m’ont un peu géné. Vu que cela ne trouve pas de vraie justification (on ne sait pas s’il s’agit d’une écriture dans un carnet, d’un enregistrement audio ou simplement des pensées du personnages) je pense qu’on aurait pu s’en passer. En effet, lire de longs passages en écriture italique me gène, à la longue.

Infos pratiques
Poche: 264 pages
Editeur : 10 X 18 (6 novembre 2014)
Collection : DOMAINE POLICIE
Langue : Français
ISBN-10: 226405641X
ISBN-13: 978-2264056412