Archives des étiquettes : avis

Ann Radcliffe, Jane Austen & Mary Shelley contre Carmilla, d’Élisabeth Ebory

Ann Radcliffe, Jane Austen & Mary Shelley contre Carmilla, d’Élisabeth Ebory (one shot, Les Saisons de l’étrangeSaison La ligue des écrivaines extraordinaires).

Mme Leprince de Beaumont a envoyé Ann Radcliffe chercher Mary Shelley en compagnie de Jane Austen pour venir à bout de Carmilla, un démon vampire qui a mis Venise sous son joug. Les trois femmes devront apprendre à s’entendre si elles veulent réussir leur mission. Car Carmilla, amoureuse, est prête à tout pour obtenir la chose la plus précieuse qui soit : le coeur embaumé d’un poète.

Second titre que je lis de cette série après Ann Radcliffe contre Dracula, je me suis fait la réflexion que j’aurais pu le lire en 4ème position et non seconde. On y fait en effet référence aux oeuvres mettant en scènes les trois héroïnes, et pour laquelle je n’ai déjà lu que Ann Radcliffe contre Dracula. Sans me spoiler les autres aventures, cela m’en dévoile un peu la teneur. Attention, donc, je vous conseille de lire ce titre en 4ème ou 5ème.
Pour en revenir à celui-ci, il est vraiment dans la veine du premier de la série. J’ai beaucoup plus accroché à ces deux ouvrages qu’à ceux de la première saison. Peut-être que le style ici est plus moderne que les premiers, les idées développées plus imbriquées les unes dans les autres… En tout cas nous avons ici une histoire de femmes punchy, se déroulant dans le romantique décors de Venise, avec des personnages tous très différents et pourtant portés par des émotions très humaines telles que l’amour.
Là encore, la couleur verte est associée aux vampires, qui prennent le sang de leurs victimes grâce à un dard placé sur le bout de leur langue. On a donc ici un vampirisme traité pré-Dracula, loin des clichés que l’on connaît actuellement.
J’ai passé un bon moment en compagnie de toutes ces femmes. Globalement, le récit change de ce que l’on peut trouver habituellement, en cela qu’il est 100% féminin. C’est très moderne et frais. Ici les femmes sont fortes et le font savoir (au cas où vous ne l’auriez pas compris dès la superbe couverture, comme toujours signée Melchior Ascaride).
Il est encore question d’un voyage durant lequel se passent quelques péripéties, d’un enlèvement, d’un choix à faire et d’un combat final. Cela semble être la même recette que pour le premier livre et pourtant cela fonctionne sans donner une impression de déjà lu.
J’ai apprécié le personnage de Carmilla. C’est une « méchante » ambigüe et finalement très humaine. Les protagonistes de cet ouvrages ont tous des motivations compréhensibles et j’ai apprécié suivre leurs aventures.
Le livre est court mais rythmé, on le termine avec le sentiment d’avoir regardé un épisode de série télé. A la fin, plus aucune question ne subsiste, plus aucun doute ne persiste : le lecteur en a pour son temps d’intérêt.
Le tout dans une ambiance anglaise très 19ème siècle bien retranscrite.
La plume d’Élisabeth Ebory, que je découvre là encore, est fluide, agréable à lire, et très immersive. J’ai lu ce roman d’un trait.
Je regretterai simplement les quelques coquilles et mots oubliés/en trop que j’ai trouvé dans le texte. Ils étaient un peu plus nombreux que dans Ann Radcliffe contre Dracula.

Pour qui : les lecteurs qui veulent une petite histoire dépaysante et dynamique, qui aiment les histoires de vampires, qui aiment avoir Venise comme décor et qui veulent suivre les aventures d’héroïnes fortes et déterminées.

Les + : un style fluide, efficace, immersif, des héroïnes motivées et courageuses, une histoire très complète.

Les – : Quelques coquilles et mots en trop/oubliés sont à déplorer lors de la lecture.

Infos pratiques
ISBN : 978-2-490972-35-7
Format : Broché
Dimensions : 14 × 18.2 cm
Pages : 128 pages
Sortie : 13 février 2020

Ann Radcliffe contre Dracula, de Bénédicte Coudière

Ann Radcliffe contre Dracula, de Bénédicte Coudière (one shot, Les Saisons de l’étrangeSaison La ligue des écrivaines extraordinaires).

Après son retour de la ville-vampire, Ann fait un étrange rêve qui la glace. Elle rêve de ce vampire aux yeux verts qui voulait tant la dévorer.
Alors, quand elle reçoit une lettre verte l’invitant à un bal et signé de « D. », son coeur s’emballe.
Et si le cauchemar n’était pas terminé ?

Premier titre que je lis de cette saison des Écrivaines extraordinaires, je l’ai choisi pour deux raisons : pour rester dans l’univers de Dracula après ma lecture catastrophique de La croisade des carpates, et parce que j’aime bien le personnage d’Ann Radcliffe.
J’ai apprécié cette lecture. Premièrement parce qu’elle reprend les aventures et le personnage d’Ann Ward (épouse Radcliffe) après les péripéties d’Ann Radcliffe contre les vampires, de Paul Féval, titre publié dans la première saison des Saisons de l’étrange, ensuite parce que c’est bien écrit. Tout simplement.
L’histoire est très courte, ce qui est peut-être sa seule faiblesse.
Le pitch est très simple, et l’ensemble se passe rapidement mais pas superficiellement en moins de 110 pages.
C’est bien dosé, bien raconté. Comme dans le roman de Paul Féval, j’ai bien aimé le personnage d’Ann Radcliffe. Elle aime son mari, elle est courageuse, elle écrit et a une curiosité intellectuelle très intéressante. Bref, un personnage sympathique que j’ai pris plaisir à retrouver. J’aurais vraiment aimé rester avec elle plus longtemps, la voir dans d’avantage de péripéties, que son voyage dure plus longtemps… parce que je suis restée sur ma faim.
La galerie de personnages est plus restreintes que dans le livre de Paul Féval, ce qui donne plus de clarté à l’ensemble. Comme le livre est court, il ne se perd pas en intrigues esquissées et non développées. Le lecteur n’est pas perdu non plus.
Le personnage de Dracula est présent tout au long du récit et reste en arrière plan à la manière d’une ombre planante. J’ai aussi beaucoup aimé le personnage d’Agata. Je me suis attachée au personnage d’Agata que j’ai trouvé plein de potentiel. Une belle création.
On retrouve aussi l’horrible Monsieur Götzi, découvert dans le précédent opus.
Globalement, le scénario est bien construit avec un début simple, un milieu avec des rebondissements, et une fin satisfaisante.
J’ai découvert la plume de Bénédicte Coudière à cette occasion et elle a parfaitement réussi l’exercice.
En outre, j’ai apprécié me « faire avoir » par le terme de « Ligue des écrivaines extraordinaires ».
Je l’avoue, comme la plupart des lecteurs (je suppose), j’attribuais cette ligue aux autrices des histoires. Or, le terme se prête aussi aux héroïnes des livres.
Réaliser cela m’a fait sourire et encore plus aimer cette série. C’est très bien pensé !
Ce livre est donc une bonne petite découverte qui mérite d’être connue. A quand un roman volumineux et important dans la même veine ?

Pour qui : les lecteurs en quêtes d’une bonne petite histoire de vampires.

Les + : Une intrigue simple et efficace qui ne se perd pas en chemin, une galerie de personnages assez peu étendue ce qui permet de les développer, un dracula crédible et un petit roman bien écrit. Mention spéciale à la superbe couverture signée Melchior Ascaride.

Les – : C’était tellement agréable que je regrette que ce soit si court.

Infos pratiques
ISBN : 978-2-490972-33-3
Version : Broché
Dimensions : 14 × 18.2 cm
Pages : 108 pages
Sortie : 13 février 2020

« Entrées précédentes Derniers articles »