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La Vie en Jeux, de Janna Réhault

la vie en jeux

La Vie en Jeux, de Janna Réhault (one shot, éditions Chloé des Lys)

Dans un monde entièrement virtualisé où la conscience est collective, Alexandra cherche des réponses à son besoin de changements. Devenir maître de sa vie, et donc de sa mort, passe-t-il forcément pas une révolution ?

L’histoire de passe à plus de cinquante ans de là, et je dois dire que le long résumé de ce roman m’avait énormément alléché. J’adorais ce roman avant même de l’avoir commencé car il me semblait poser des questions intéressantes, et offrir des perspectives de réflexion originales et d’actualité.
Ma déception est à la hauteur des mes attentes.
En effet, si les axes choisis comme questionnements le long du récit sont plutôt pertinents, leur mise en place et leur illustration ne m’ont pas convaincu.
Pour commencer, l’histoire se passe dans une cinquantaine d’années mais semble très ancrée dans le réel, il n’y a pas d’anticipation de ce que pourraient être les modes de l’époque. Certes on nous dépeint brièvement une mentalité différente, mais les outils sont identiques à ceux d’aujourd’hui, pour ne pas dire « d’hier ». Quand on sait que le concept du livre repose sur les technologies et la virtualisation il est dommage de voir régulièrement revenir les plateformes « Second Life » et « Habbo Hotel » alors que ces sites ont connu leur heure de gloire il y a longtemps et ont été délaissés au profit de Facebook, pour ne citer que lui, et dont le nom n’apparaît nulle part dans le texte. Ce roman a probablement été écrit il y a une dizaine d’années mais cet écueil lui donne déjà un air « périmé ». A mon avis l’auteur aurait gagné en cohérence si elle avait choisi d’inventer de toutes pièces des plateformes qui n’existent potentiellement pas encore aujourd’hui. Sachant que la technologie évolue rapidement, cet aspect « dépassé » pour un roman censé se passer dans quelques dizaines d’années gâche le plaisir.
Aussi, les personnages ne sont pas assez approfondis. Alexandra, l’héroïne, n’est jamais réellement présentée, tout comme le reste des protagonistes. Si on sait qu’elle n’a plus quinze ans « depuis longtemps », quel âge a-t-elle exactement ? On nous la présente comme une jeune fille qui découvre le monde mais dans le même temps une personnalité suffisamment mûre pour avoir au moins 25/30 ans.
En fait, ce roman m’a paru être la véritable voix de l’auteure. Sous les tirades philosophico-humanistes des personnages, j’ai cru déceler les propres opinions de l’auteure. Sorte de pamphlet de la technologie et du web, La Vie en Jeux laisse à lire des passages entiers où de fortes émotions sont en arrière plan. Est-ce que l’auteure a du vécu négatif par rapport à internet, à la société actuelle ? Car ça en a tout l’air.
Enveloppé dans des habits de roman, le texte se veut contestataire, dénonciateur dans l’an 2050 de ce que l’on pourrait reprocher en 2016. Au prétexte de pousser le vice à l’extrême de ce qu’on peut faire (cloner les gens pour ne plus qu’ils meurent, effacer les souvenirs douloureux…) l’auteur nous livre des opinions tranchées sur le droit de disposer de sa vie (et donc sa mort), le concept de clônage et d’âme, les relations humaines, l’amour, le sexe et la fidélité.
Comme je l’ai certainement déjà exprimé ici, je n’aime pas particulièrement avoir l’impression de lire les opinions d’un auteur lorsque je lis un roman. Cela ne me dérange pas si c’est subtil, bien amené, et que l’on en vient effectivement à se poser des questions et à réfléchir.
Or, ici, les choses sont plutôt brutes. L’univers dépeint dans le résumé au dos du livre ne se retrouve pas dans le texte. Qu’en est-il exactement du monde (le « tout virtuel » ne pose-t-il pas des problèmes démographiques ?) ? On ne le décrit jamais réellement, on ne nous présente pas les personnages… Des protagonistes et des éléments apparaissent dans le récit sans que l’on ne sache pourquoi. Je n’ai par exemple pas bien saisi pourquoi Alexandra et Theo/Fred se mettent à jouer à un jeu sur l’ADN (en tant que gameuse à mes heures, ce jeu n’avait en plus pas l’air passionnant), un jeu digne d’une dernière année en fac de biologie. Pourquoi passer autant de temps à nous décrire la constitution des acides nucléïques, la composition des cellules… alors que depuis le début on nous tient plutôt des discours philosophiques et lyriques ? Pourquoi Alexandra en vient à découvrir qu’on lui a caché des choses, si cela ne va pas plus loin et arrive comme un cheveux sur la soupe ? Que vient faire Samuel dans l’histoire ?
Bref, l’ensemble manque de développement pour ne laisser sur les pages qu’une succession de partis pris et d’opinions personnelles que je n’avais pas forcément envie de connaître. Ce que je voulais connaître, c’était les personnages, leur environnement, qu’est-ce qui aurait pu les pousser à vouloir réellement renverser le cours des choses et surtout, est-ce qu’ils allaient y parvenir ? Quel était leur passé, quel avenir voulaient-ils ? Qui étaient-ils ? A quoi ressemble une société toute virtuelle au quotidien ?
Même la fin ne nous dit rien.
J’ai donc refermé ce petit livre cruellement déçue car il y avait dans le résumé un indéniable potentiel.

Pour qui : Les lecteurs qui ont envie de lire un récit philosophique plutôt que de SF.

Les + : Les pistes esquissées dans le récit sont intéressantes, les questionnements que cela soulève aussi.

Les – : Manque d’approfondissement du contexte, des personnages, les questionnements ne vont pas assez loin car leur réponse soulève d’autres questions que l’on ne traite jamais, des éléments viennent comme des cheveux sur la soupe et ne sont pas cohérents, quelle est le véritable but de ce roman et de cette histoire ? J’ai eu l’impression de lire le propre avis de l’auteur sur la virtualisation/numérisation du monde et des relations sociales et cela m’a géné.

Infos pratiques
Pages : 203
ISBN : 978-2-87459-845-6

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Les Larmes de Titus, de Christian Eychloma

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Les Larmes de Titus, de Christian Eychloma (One shot, éditions Chloé des Lys)

Alors que Roland Lévêque pensait être retourné tranquillement vivre en l’an 80 de notre ère, il se voit confier une importante mission par de curieux individus venus du futur : changer le cours de l’Histoire depuis le passé pour sauver l’avenir.
Si jusque là ses prédictions l’ont menées jusqu’à côtoyer l’empereur, Roland Lévêque, alias Aulus, va devoir répondre à des questions bien plus délicates. Si possible avant que l’empire ne sombre dans le chaos.
Nombreux sont ceux qui, dans l’ombre, convoitent la place de l’Empereur, et aimeraient voir mourir cet encombrant astrologue. Les larmes de Titus sonneront-elles le glas de l’Histoire ?
Comme indiqué au dos de l’ouvrage, Les Larmes de Titus est la suite de Mon Amour à Pompéi. J’ai été très heureuse d’apprendre qu’une suite allait être écrite, et encore plus de la recevoir, tant Mon Amour à Pompéi a été un coup de coeur.
C’est donc avec un immense plaisir que je me suis plongée dans ce nouveau roman, se déroulant cette fois à Rome. Il m’a fallu quelques pages pour me remettre complètement dans le bain, mais une fois parfaitement acclimatée, j’ai à nouveau aimé ce texte.
Ce n’est plus un secret que je suis particulièrement adepte de la plume et des textes de Christian Eychloma. Chacun de ses ouvrages est une invitation à la réflexion et au voyage.
Ainsi, dans Les Larmes de Titus, nous pouvons voyager dans la Rome antique, approcher des personnages grandioses et découvrir des théories scientifiques très intéressantes.
Tout ce que j’aime !
Je me suis régalée du début à la fin de ce livre qui me semble être le véritable début d’une série. J’espère en tout cas qu’il y aura encore une suite, car la fin le laisse fortement présager.
Pour en revenir à l’histoire, elle nous plonge à Rome, après la catastrophe de Pompéi. On est très vite au coeur de la ville et l’auteur possède des connaissances historiques pointues et immersives. Un petit regret cependant, c’est que les locutions latines ne sont pas traduites, si bien que quelques passages me sont restés étrangers (mes cours de latin remontent à loin). Une note de bas de page pour la traduction ne m’aurait pas dérangé.
En outre, Christian Eychloma reprend dans cette suite le concept des multivers, si brillamment développé dans le premier opus. Cependant, ici, l’idée est amenée de manière un peu plus brouillonne. Constamment sur le fil, j’ai eu peur que l’auteur ne se perde dans sa propre théorie et rende l’ensemble du livre incohérent. Je dirais qu’il y est parvenu in extremis, mais j’ai été un peu moins convaincue par ce développement que le premier, peut-être parce qu’ici les choses sont à un degré de complexité supérieur, ce qui nous amène à nous poser des questions elles-mêmes plus complexes (notamment au sujet des allers/retours dans les différentes branches temporelles, et les répercussions des éléments dans celles-ci).
Mis a part ces quelques points, on est très vite à Rome et c’est ce dépaysement qui m’avait séduite dans Mon Amour à Pompéi, et qui me séduit de nouveau avec Les Larmes de Titus.
En tant que lectrice égoïste, j’espère pouvoir avoir encore et encore des suites, avec d’autres grands personnages et des moins grands, avec des situations cocasses ou embarrassantes. A mon avis il y a encore beaucoup de choses à exploiter dans l’histoire riche créée par cet auteur prolifique.
Je ne suis vraiment pas déçue de cette suite et n’ai qu’une chose à dire : vivement la prochaine !

Pour qui : Les lecteurs qui ont aimé le premier tome même s’il n’est pas obligatoire de l’avoir lu pour lire celui-ci, les lecteurs en quête de dépaysement, ceux qui aiment mêler la science et l’histoire, le plaisir de la découverte et apprendre des choses en lisant.

Les + : Une plume parfaite qui nous transporte dès les premières pages au coeur de la Rome des empereurs, du Colisée et des Gladiateurs, des personnages attachants, variés et intéressants, une intrigue complexe mais originale, une suite dans la veine du premier.

Les – : Un scénario plus complexe qui peut perdre le lecteur, des locutions latines non traduites.

Infos pratiques
Pages : 296
Editeur : Chloe des Lys (17 décembre 2015)
ISBN-10: 2874598968
ISBN-13: 978-2874598968
Dimensions du produit: 12 x 15 x 21 cm

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