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L’éveil (Chronicles T1), de Dario Alcide

L’éveil, de Dario Alcide (tome 1 de la série Chronicles, éditions Farence Corp)

Vénus est une jeune femme adoptée au caractère bien trempée. Soldat d’élite, elle aime la violence et la bagarre. Un jour, alors qu’elle se réveille au milieu des cadavres de son unité, elle comprend qu’elle aussi est morte dans la mission. Sauf qu’à la différence des autres, elle vient de se relever.
Si elle ne comprend pas ce qui se passe au départ, sa mère adoptive va très vite lui révéler sa vraie nature et les raisons de son retour sur Terre.

Nouveau titre de l’auteur Dario Alcide (après Farence, Pentacle ou encore l’original Kereban), il s’attaque cette fois à une nouvelle forme de récit avec ce premier texte mettant en scène des vampires.
Nous faisons très rapidement la connaissance du duo principal mère/fille en Vénus et Rose, deux femmes aux vies tumultueuses.
Si l’ouvrage est plutôt bien écrit, j’ai trouvé qu’à l’image de ses principaux protagonistes, il manquait de chaleur et d’humanité.
En effet, l’auteur insiste beaucoup sur le fait que Vénus effectue ses actions avec froideur, sans émotion, ou encore avec violence. On nous dit dès le départ que Rose parle de manière uniquement factuelle et se fiche de sa fille.
Vénus (dont le prénom ne correspond donc pas du tout à sa personnalité) est même plutôt vulgaire quand elle s’exprime. J’imagine que l’effet recherché était de rendre ces femmes « fortes » ou « badass », mais ce que ça a provoqué chez moi est un rejet plutôt rapide. Au point que leurs aventures ne m’ont fait ni chaud ni froid, contrairement par exemple à une Néa dans la saga Néachronical de Jean Vigne. Le personnage de Vénus m’a d’ailleurs beaucoup fait penser à Néa mais en plus froid et beaucoup moins attachant. Les deux auteurs doivent avoir visé le même objectif mais avec un résultat différent et je vous invite à me donner votre avis sur le sujet dans les commentaires si vous avez lu les ouvrages.
Ici l’histoire se déroule en 2001 et très vite je me suis demandée si le 11 septembre allait être évoqué. Il l’est, et le livre présente une explication pour cette tragédie, mais sans s’attarder dessus.
Ce que je regrette, ce sont les facilités scénaristiques. La LOTUS (dont on ne sait jamais ce que signifie ce sigle) a l’air tellement toute puissante que cela annule de fait les autres forces en présence.
J’avoue ne pas avoir totalement compris leur objectif, ni l’intérêt de la prophétie évoquée. Plusieurs arcs narratifs m’ont ainsi parus un peu faciles, ou flous. Probablement parce qu’il s’agit d’un tome 1 mais globalement l’ensemble m’a laissé sur ma faim.
J’aurais aimé en apprendre d’avantage sur le personnage de Joseph ou les autres membres vampires mais le titre pose des bases sans trop approfondir pour l’instant. Je n’ai pas ressenti d’amitié ou d’attirance particulière entre Vénus et Joseph (Vénus est imbuvable avec tout le monde, en fait).
L’auteur s’est démené pour construire une intrigue où les rebondissements et l’action sont présents. Cela fonctionne bien de ce côté là car nous passons rapidement d’un lieu à l’autre et d’une date à l’autre. Un grand nombre de personnages parsèment le récit et il ne fait aucun doute que l’auteur a prévu d’étoffer son intrigue dans les tomes suivants. On trouve un cocktail aux multiples ingrédients de séries télés tels que le FBI, une organisation secrète, un labo, des tueurs à gages sanguinaires, une prophétie, des vampires…
Pour autant, tout comme les personnages, je n’ai pas ressenti beaucoup d’émotions non plus à la lecture de ce titre et c’est ça été un regret lorsque j’ai fermé le livre.

Pour qui : les lecteurs qui aiment les histoires de vampires et les histoires policières.

Les + : Une histoire vampirique qui mêle faits réels et fiction.

Les – : Le manque de chaleur et d’humanité des personnages peut laisser le lecteur en dehors de l’intrigue.

Infos pratiques
Broché: 336 pages
Editeur : Farence Corp. (10 juin 2019)
Collection : Chronicles
Langue : Français
ISBN-10: 2956540556
ISBN-13: 978-2956540557

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Kereban, de Dario Alcide

Kereban, de Dario Alcide (one shot, éditions 404)

Kereban est une petite ville sans histoire sur une lointaine colonie, jusqu’au jour où une importante mine d’Akos, un minerai très utile et précieux, est découverte.
Attirant toutes les convoitises, cette découverte attirera des milliers de personnes et déclenchera la guerre.

 » Une narration complètement inédite, comme vous n’en avez jamais lue« . Voilà comment est présenté ce nouveau roman de Dario Alcide (auteur, entres autres, de Farence : la Légende, et de Pentacle).
Habituellement je ne suis pas sensible à ce type de phrase marketing, mais je suis obligée de reconnaître que pour le livre qui nous intéresse, c’est tout à fait le cas.
En effet, il ne s’agit pas d’un roman comme on a l’habitude d’en lire, mais plutôt d’une compilation de documents divers racontant une histoire. Très graphique, l’ouvrage se lit autant qu’il se regarde, ce qui propose une expérience de lecture vraiment originale. On y trouve notamment des pages de journaux, des articles de blogs, des affiches, des captures d’écran de tchat…
J’ai trouvé le titre très joli et globalement bien fait. Mis a part quelques soucis dans le calibrage de certains paragraphes (ils mordent un peu trop dans la tranche du livre, si bien que certains mots ne sont pas lisibles si on ne fait pas faire un grand écart au livre), certains passages assez peu contrastés qui freinent la lecture (des extraits de conversations très sombres), et quelques passages compliqués à lire à cause d’une impression du texte en points (c’est un peu technique, il faut s’y connaître un peu en imprimerie), l’ensemble est très convainquant. C’est le premier ouvrage que je lis des éditions 404 et c’est un bel objet qui me donne envie de m’intéresser aux autres parutions.
Il est étonnant de voir que l’auteur a réussi à créer quelques personnages et à leur donner une psychologie et une épaisseur alors que nous n’avons jamais véritablement de narration. Nous sommes passifs, jamais dans l’action mais plutôt dans l’après puisque nous lisons des extraits de documents déjà édités. Nous avons principalement des soldats et une infirmière. Ils sont jeunes et ne savent pas toujours quoi dire alors parfois les journaux parlent pour eux. Ils sont comme les témoins de leur société, et nous le devenons à travers leurs yeux. Une mise en abime intéressante que j’aurais aimé voir s’étoffer encore un peu plus, car après tout les possibilités dans ce type de concept sont infinies et il n’y a pas de limite d’épaisseur (a part peut-être celle imposée par l ‘éditeur et/ou l’imprimeur)
Ce qui pourrait sembler enfantin de prime abord (la mise en page graphique) traite en fait de sujets graves tels que la guerre, la mort, la notion de héros… j’ai trouvé le parti pris intéressant.
Ce titre est bien construit. Il fallait oser se lancer dans ce genre d’œuvre mais le paris est réussi. L’ouvrage se décompose en plusieurs parties dans lesquelles le lecteur progresse rapidement et avec cohérence.
Le tout dans un univers de SF assez classique mais qui reste efficace.
Il y a longtemps, lorsque j’avais lu Farence , je n’avais pas été très emballée. Puis je l’avais été avec Pentacle. Ce que je pensais alors se confirme : l’auteur est meilleur de publication en publication. Je ne peux que me réjouir et espérer que d’autres ouvrages de ce type puissent paraître, car bien que je ne pourrais pas lire que ça, Kereban m’a offert une parenthèse haletante dans un univers sombre et inédit particulièrement plaisante. Un bon petit livre à découvrir !

Pour qui : les lecteurs qui n’aiment pas lire beaucoup. J’ai pu constater que ce livre a attiré autour de moi des personnes qui habituellement ne lisent pas, justement grâce à son côté dynamique et graphique. Cela dit, les lecteurs ordinaires y trouveront aussi leur compte puisque l’ouvrage contient des passages écrits comme on a l’habitude d’en lire.

Les + : une expérience originale et intéressante. Un rendu global très convainquant bien que perfectible, et l’ensemble forme un tout agréable et haletant. Les thèmes traités sont graves et le sont d’une jolie manière.

Les – : Les personnages auraient pu être encore plus approfondis, et la mise en page présente quelques écueils dans sa réalisation (contrastes, bordures…).

Infos pratiques
Sortie : 24/05/2017
Pages : 240 pages
ISBN : 9791032401354

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