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Kereban, de Dario Alcide

Kereban, de Dario Alcide (one shot, éditions 404)

Kereban est une petite ville sans histoire sur une lointaine colonie, jusqu’au jour où une importante mine d’Akos, un minerai très utile et précieux, est découverte.
Attirant toutes les convoitises, cette découverte attirera des milliers de personnes et déclenchera la guerre.

 » Une narration complètement inédite, comme vous n’en avez jamais lue« . Voilà comment est présenté ce nouveau roman de Dario Alcide (auteur, entres autres, de Farence : la Légende, et de Pentacle).
Habituellement je ne suis pas sensible à ce type de phrase marketing, mais je suis obligée de reconnaître que pour le livre qui nous intéresse, c’est tout à fait le cas.
En effet, il ne s’agit pas d’un roman comme on a l’habitude d’en lire, mais plutôt d’une compilation de documents divers racontant une histoire. Très graphique, l’ouvrage se lit autant qu’il se regarde, ce qui propose une expérience de lecture vraiment originale. On y trouve notamment des pages de journaux, des articles de blogs, des affiches, des captures d’écran de tchat…
J’ai trouvé le titre très joli et globalement bien fait. Mis a part quelques soucis dans le calibrage de certains paragraphes (ils mordent un peu trop dans la tranche du livre, si bien que certains mots ne sont pas lisibles si on ne fait pas faire un grand écart au livre), certains passages assez peu contrastés qui freinent la lecture (des extraits de conversations très sombres), et quelques passages compliqués à lire à cause d’une impression du texte en points (c’est un peu technique, il faut s’y connaître un peu en imprimerie), l’ensemble est très convainquant. C’est le premier ouvrage que je lis des éditions 404 et c’est un bel objet qui me donne envie de m’intéresser aux autres parutions.
Il est étonnant de voir que l’auteur a réussi à créer quelques personnages et à leur donner une psychologie et une épaisseur alors que nous n’avons jamais véritablement de narration. Nous sommes passifs, jamais dans l’action mais plutôt dans l’après puisque nous lisons des extraits de documents déjà édités. Nous avons principalement des soldats et une infirmière. Ils sont jeunes et ne savent pas toujours quoi dire alors parfois les journaux parlent pour eux. Ils sont comme les témoins de leur société, et nous le devenons à travers leurs yeux. Une mise en abime intéressante que j’aurais aimé voir s’étoffer encore un peu plus, car après tout les possibilités dans ce type de concept sont infinies et il n’y a pas de limite d’épaisseur (a part peut-être celle imposée par l ‘éditeur et/ou l’imprimeur)
Ce qui pourrait sembler enfantin de prime abord (la mise en page graphique) traite en fait de sujets graves tels que la guerre, la mort, la notion de héros… j’ai trouvé le parti pris intéressant.
Ce titre est bien construit. Il fallait oser se lancer dans ce genre d’œuvre mais le paris est réussi. L’ouvrage se décompose en plusieurs parties dans lesquelles le lecteur progresse rapidement et avec cohérence.
Le tout dans un univers de SF assez classique mais qui reste efficace.
Il y a longtemps, lorsque j’avais lu Farence , je n’avais pas été très emballée. Puis je l’avais été avec Pentacle. Ce que je pensais alors se confirme : l’auteur est meilleur de publication en publication. Je ne peux que me réjouir et espérer que d’autres ouvrages de ce type puissent paraître, car bien que je ne pourrais pas lire que ça, Kereban m’a offert une parenthèse haletante dans un univers sombre et inédit particulièrement plaisante. Un bon petit livre à découvrir !

Pour qui : les lecteurs qui n’aiment pas lire beaucoup. J’ai pu constater que ce livre a attiré autour de moi des personnes qui habituellement ne lisent pas, justement grâce à son côté dynamique et graphique. Cela dit, les lecteurs ordinaires y trouveront aussi leur compte puisque l’ouvrage contient des passages écrits comme on a l’habitude d’en lire.

Les + : une expérience originale et intéressante. Un rendu global très convainquant bien que perfectible, et l’ensemble forme un tout agréable et haletant. Les thèmes traités sont graves et le sont d’une jolie manière.

Les – : Les personnages auraient pu être encore plus approfondis, et la mise en page présente quelques écueils dans sa réalisation (contrastes, bordures…).

Infos pratiques
Sortie : 24/05/2017
Pages : 240 pages
ISBN : 9791032401354

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Pentacle de Dario Alcide

Pentacle, de Dario Alcide (one Shot, éditions Farence Corp)

Les dragons existent. Sur notre terre, 4 dragons représentent les 4 éléments. Mais il en existe un cinquième, qui les surpasse tous et qui aura le pouvoir de donner à celui qui les réunira dans un pentacle, des pouvoirs extraordinaires. On l’appelle le lien.
Bien sûr, un si grand pouvoir attire forcément les convoitises. Noa et ses compagnons, les chevaliers, élevés pour protéger les dragons et le lien, vont s’en rendre compte très vite.
A travers les cinq continents, les adolescents vont vivre de formidables aventures où amour et action seront au rendez-vous.

Pentacle est le second roman que nous avons chroniqué de Dario Alcide (le premier étant Farence – La Légende).
Avec celui-ci aucun doute : l’auteur a évolué. Beaucoup évolué. Il a désormais tout d’un grand, comme son ouvrage.
Tout d’abord la forme, plus travaillée et traditionnelle. L’ouvrage fait donc très professionnel dès la prise en main.
Ensuite, nous découvrons un roman au style maîtrisé et travaillé. Dario Alcide nous entraine à travers le monde sur les traces de ses cinq dragons extraordinaires.
Si l’histoire n’est pas la plus originale, elle a tout de même le mérite de nous transporter le temps de la lecture. L’univers est bien ancré dans le réel, et on sent que l’auteur a très clairement établi chacun des éléments. L’histoire se passe principalement aux Etat-Unis, terre qui fera rêver n’importe quel européen. On évoque les grosses villes et les états connus pour implanter ce scénario digne d’un film hollywoodien. De plus, la chute du roman promet de grands débats sur les forums de fans.
De leur côté, les personnages sont également très travaillés et ils ne pourront laisser personne indifférent. Premièrement parce que l’on a tout de suite envie de s’identifier à son propre élément, mais ensuite parce qu’ils ont tous une personnalité attachante avec leurs qualités et leurs défauts. Malgré les pouvoirs surnaturels dont ils disposent, on les voit très humains. Ce sont des adolescents avec leurs préoccupations d’adolescents, même si leur destin leur donne plus de soucis. Que voulez-vous, un grand pouvoir implique de grandes responsabilités comme on dit !
Dario Alcide a essayé de contenter tous les lecteurs en donnant de la place à chaque chevalier, même si on sent clairement sa préférence pour les chevaliers du feu et de la terre.
L’ensemble a un petit côté X-Men qui n’est pas déplaisant.
Mais le gros point fort de cet ouvrage, c’est bel et bien les splendides illustrations qui le ponctuent au fil des pages. Le style de Julien Pillet fait écho à celui de l’auteur : il est très travaillé et parfaitement maîtrisé. Chaque détail est retranscrit à la perfection, de façon à nous plonger totalement dans l’univers. On notera également la bonne qualité du papier qui donne l’impression que ces illustrations ont été réalisées à même le livre uniquement pour nous. Un pur bonheur terminé par un carnet d’illustrations qui présentent les principaux protagonistes. Rares sont les œuvres de littératures si belles et agréablement illustrées. L’auteur y a mis tout son potentiel et tout son cœur. On le ressent lors de la lecture.
On peut même aller jusqu’à dire que Pentacle et Farence – La Légende, n’ont rien à voir dans leur style ni dans leur forme. Pentacle est bien plus abouti techniquement.
L’ouvrage est d’une rare qualité pour une auto-publication et il faut saluer les efforts de l’auteur que l’on sent très impliqué dans ses œuvres.
Allez, n’hésitons pas à le dire, cette lecture de Pentacle nous a donné envie de comparer Dario Alcide à notre auteur de jeunesse préféré Scott Westerfeld. Et si Dario Alcide devenait le Scott Westerfeld français ?
La suite de ses parutions nous le dira, mais en attendant, nous avons envie d’y croire.

Pour qui : Pour les adolescents fans des supers-héros à la X-Men, des dragons, et des sagas de Scott Westerfeld.

Les + : Un ouvrage d’excellente qualité et au style parfaitement maîtrisé qui nous transporte dès les premières pages sur les terres des dragons. Les illustrations de Julien Pillet donnent l’impression d’avoir été réalisées à même le livre juste pour nous. Chaque personnage a son caractère, ses points forts et points faibles. Les dragons sont très travaillés et originaux.

Les – : Certains passages manquent peut-être de développement. L’auteur ne s’est pas attardé sur l’enfance des héros et leur entrainement, préférant passer tout de suite à l’action. Nous avons trouvé dommage que le personnage de David, le protecteur du lien, n’ai pas une place plus présente dans le roman. Il reste en arrière plan alors que son rôle est primordial.

Infos pratiques :

Broché
Editeur : Farence Corp (11 décembre 2010)
Langue : Français
ISBN-10: 295331783X
ISBN-13: 978-2953317831