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Que passe l’hiver, de David Bry

Que passe l’hiver, de David Bry (one shot, éditions Pocket)

Stieg est le petit dernier de la famille du Seigneur des Feyren. Infirme à cause de son pied bot, il n’a jamais été le préféré de son père. Aussi, il sait qu’il ne lui succèdera jamais, puisque le vieil homme a choisi son grand frère plus noble, plus fort, et surtout en meilleure santé.
Mais Stieg et son frère Ewald sont impatients de participer à la fête du Solstice d’hiver, l’occasion pour les quatre clans de se réunir fêter le Seigneur de l’hiver. Un passage à l’âge adulte pour Stieg, l’occasion d’une incroyable chasse au trésor. Le jeune homme se voit déjà aider son frère à rapporter le précieux trophée et peut-être parvenir à améliorer son avenir.
A moins que ce rêve ne se transforme en cauchemar.
Si les fils du destins sont déjà tissés, qui sait lesquels seront choisi par le dieu du destin ?

Ce livre est arrivé dans ma boîte-aux-lettres sans que je ne m’y attende. Il faut croire que le destin voulait le placer sur ma route (et je remercie au passage les éditions Pocket pour le coup de pouce du destin). Je ne suis habituellement pas la première à me jeter sur les ouvrages « hivernaux » mais celui-ci, présenté comme le « Coup de coeur des imaginales 2019 » m’a attiré immédiatement. Une couverture aussi jolie (signée Simon Goinard), pleine de poésie, et un résumé intrigant m’ont aussitôt donné envie de l’ouvrir. Et ça tombait bien puisque je commençais une semaine de vacances.
J’ai lu ce livre très vite. Il faut dire qu’une fois dedans, j’étais plongée au coeur d’un monde glacé, froid, très mélancolique et surtout poétique.
L’intrigue est assez statique puisqu’elle se déroule essentiellement au même endroit, dans une Clairière où la fête du Solstice sera célébrée. On suit les protagonistes dans les bâtiments tout proches, lors de fêtes, de banquets, d’une chasse dans les bois alentours… mais on est très loin des épopées épiques qui font traverser le monde à des héros comme ceux de Sarah Ash, de Jacqueline Carey ou de Tolkien.
C’est ouvrage possède pourtant tous les codes de fantasy classique : une atmosphère médiévale, des magiciens, des châteaux, des batailles, une quête…
Mais son originalité, et qui explique sans doute son succès, est sa grande poésie. Tout dans cet ouvrage est symbolique, métaphorique, poétique. En témoignent les strophes qui ouvrent les chapitres, au nombre de trente, et qui forment à la fin une seule et même « chanson ».
Stieg est un héros pas comme les autres, et qui ne voit en lui que ce que ses yeux lui permettent de voir. Or, les épreuves qu’il va traverser vont l’amener à se remettre en question et à remettre en question sa façon d’appréhender le monde : si le futur est déjà écrit, sommes-nous libres de nos choix ? Pourquoi le destin est-il aussi cruel ?
La réponse à ces questions, formulées dans le livre, est une invitation à la réflexion. Ainsi, à la lecture du livre, je me suis moi-même posée les questions du destin, de la vie et de ce qu’on choisi d’en faire. Le roi a un moment une réflexion très intéressante avec le héros sur ce que nous choisissons de faire des fils qui sont tissés pour nous.
Ce livre est à la fois fantasy et philosophique. Il est la parfaite illustration que la littérature d’imaginaire peut nous faire réfléchir sur des sujets concrets. L’ouvrage est une quête de soi aussi bien pour le héros que pour le lecteur qui suit ses aventures.
Je me suis beaucoup attachée aux personnages. Particulièrement à Stieg, mais aussi à Ewald et à Gaid. Un trio de personnages à fort potentiel que j’aurais aimé voir dans d’autres aventures. Mais le livre est un one-shot.
L’ambiance est décrite avec force détails qui nous plongent au coeur d’un hiver sans pitié et glacial.
Il y a quelques facilités scénaristiques, ou des éléments pas forcément très utiles selon moi, mais l’ensemble est globalement bien ficelé et se lit bien.
Un roman émouvant que vous n’oublierez pas facilement.

Pour qui : les lecteurs qui aiment lire de la fantasy sans s’embarquer dans de grandes sagas en plusieurs tomes. Les lecteurs qui aiment réfléchir en lisant, et ceux qui ont envie de s’émouvoir.

Les + : Une lecture émouvante, philosophique, poétique, qui se lit bien et ne s’oublie pas facilement. Des personnages charismatiques et attachants, un roman d’ambiance.

Les – : Quelques facilités scénaristiques comme le pouvoir de se mouvoir dans les ombres, qui arrange plus le scénario qu’il n’est utile et qui aurait pu être un peu plus développé.

Infos pratiques
Poche: 496 pages
Editeur : Pocket (11 avril 2019)
Collection : Fantasy
Langue : Français
ISBN-10: 2266289063
ISBN-13: 978-2266289061

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Un Noël sans nom et autres contes… Collectif

Un Noël sans nom et autres contes… de Collectif (recueil de nouvelles, éditions L’Homme Sans Nom)

Recueil de nouvelles par les auteurs de la maison d’édition autour du thème de Noël et des créatures fantastiques.

Un Noël sans Nom, de Feldrik Rivat : L’histoire d’un vieil homme retrouvé sur une île déserte accompagné d’un tas de jouets et qui se prend pour le Père Noël. A moins que ce ne soit vraiment lui ?

Planète froide, de Romain Delplancq : Cette histoire raconte métaphoriquement l’histoire d’un mois, le mois de janvier. Elle est tellement symbolique qu’il ne faut pas perdre le fil du temps pour la comprendre.

Enfants perdus, de Nicolas Debandt : Un texte extrêmement court sur une bande d’enfants pauvres prêts à se venger du Père-Noël, ou de celui qui lui ressemble. Il ne s’y passe rien et l’ensemble est plutôt contemplatif.

Hell, le soleil br…br…br…, de John Ethan Py : Le premier texte dans lequel il se passe une histoire complète et pas seulement un morceau. L’idée globale est intéressante, développée bien que sur un temps très court, et efficace. Une première bonne surprise.

Le long sommeil, de David Bry : Une sympathique petite histoire au décor bien planté et au scénario intéressant.

Noël sur catalogue, de Roznarho : Comme pour le texte de John Ethan Py, nous avons ici un texte un peu plus long avec une histoire active et intéressante. J’aurais aimé en lire plus.

Vers l’An, de Adrien Mangold : L’histoire raconte une partie de la tournée du Père Noël.

Chapitre de Noël, de Oren Miller : Sans conteste le meilleur texte du recueil. Dommage qu’il le termine ! Une histoire originale et pleine d’humour qui nous fait nous poser des questions sur nos traditions : si certaines nous paraissent normales, qu’en penseraient d’autres peuples/cultures ?

Ce petit recueil de nouvelles présente un défaut majeur : beaucoup d’auteurs et trop peu de pages. J’ai bien compris l’idée d’offrir aux lecteurs une sorte d’échantillon des plumes de la maison, ce qui est une bonne idée, mais le format retenu est bien trop court pour se faire un réel avis. La preuve, je n’ai même pas su commenter le style des uns et des autres. Il y a parfois de bonnes idées, mais ce que je retiens de manière générale est la trop grande rapidité des textes et leur cruel manque de développement (surtout cruel pour le lecteur, car plus d’une fois mon intérêt a été piqué mais je suis restée sans réponse et donc sur ma faim).

Pour qui : les lecteurs qui veulent lire des histoires de Noël dans une ambiance moins guimauve que ce qu’on a l’habitude de lire.

Les + : quelques bonnes idées, l’idée globale du recueil

Les – : Bien trop court.

Infos pratiques
Pages : 69
Date de sortie : décembre 2016
ISBN : 978-2-918541-57-8