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Les vestiges de l’aube, de David Khara

Les vestiges de l’aube, de David Khara (tome 1 de la série Les vestiges de l’aube, éditions 10/18)

New York, de nos jours. Le policier Barry Donovan tente péniblement de se remettre des attentats du 11 septembre, dans lesquels il a perdu sa femme et sa fille, les deux amours de sa vie.
Alors qu’il enquête sur une série de meurtre, Barry commencera à correspondre avec un homme sur internet. Un moyen pour lui de trouver du réconfort et une amitié dans son quotidien solitaire.
Il fait ainsi la connaissance de Werner, un aristocrate cultivé et attachant.
Mais Barry est loin de se douter de ce qui se cache réellement de l’autre côté de l’écran. Une amitié singulière qui pourrait se révéler d’une grande aide, à moins que ce ne soit au contraire une menace.

Les vestiges de l’aube est le tome qui précède Une Nuit Eternelle, roman que j’ai lu et chroniqué en 2014 sans savoir qu’il s’agissait d’une suite. J’ai donc enfin pu lire le premier tome et je n’ai pas été déçue.
Les deux histoires peuvent se lire indépendamment l’une de l’autre, mais avec ce premier tome, on revient à l’origine du lien entre l’homme et le vampire.
Un vampire peu ordinaire, tant David Khara s’est attaché à aller à l’encontre des clichés que l’on nous sert habituellement dans la littérature de ce genre.
Ici Werner est vieux de corps et d’esprit. On a affaire à une créature qui ne fait fantasmer personne, et qui a roulé sa bosse depuis quelques années.
La force de ce titre, ce n’est pas tant l’enquête policière, qui se résout finalement d’une manière extrêmement simple, pour ne pas dire simpliste, mais bien le lien d’amitié qui unit les deux protagonistes.
J’ai aimé ressentir la force des échanges entre Werner et Barry. On assiste aux débuts timides, aux échanges puis aux révélations. On tremble en se demandant comment les choses vont évoluer, si la vérité ne va pas faire voler en éclat les belles paroles et les considérations fondées sur de fausses impressions.
Les vestiges de l’aube est avant tout une histoire d’amitié avant d’être un polar. J’ai beaucoup aimé le parti pris de l’auteur. D’une certaine façon, c’est même une histoire d’amour qu’il nous raconte, car le lien entre Werner et Barry est si fort que les passages où Werner racontent peuvent parfois laisser planer le doute.
Je crois sincèrement que Werner éprouve pour Barry des sentiments au-delà de l’amitié, et j’ai apprécié que l’auteur ne nous le dise jamais, comme s’il laissait au lecteur le soin de trancher sur ce qu’il en déduit, par rapport à son propre vécu de l’amitié.
L’ouvrage se lit vite, il n’est pas très épais, mais c’est assez pour entrer dans l’histoire et s’attacher aux personnages. Je ne saurais dire si j’ai le plus apprécié Barry ou Werner. D’ailleurs, comme vous le voyez, je ne parle que d’eux alors qu’il y a d’autres personnages. Toutefois ils prennent tant de place qu’ils en viennent à éclipser les autres.
Pour vous faire une confidence, Werner mis à part, je me suis imaginé les personnages de la série Gotham, série que j’ai commencé à regarder il y a peu. Le duo Barry/Sanderson m’a beaucoup rappelé le duo Gordon/Bullock. Ce qui se confirme dans les agissements.
En bref, j’ai passé un très bon moment de lecture en compagnie des personnages de David Khara. Je n’aurais pas dis non à un peu plus de polar car la résolution de l’affaire se fait de manière un peu trop simple à mon goût et je sais que l’auteur peut faire mieux dans ce genre. Néanmoins, l’histoire est compensée sous d’autres aspects.
Un roman à lire comme une preuve que l’on peut écrire sur les vampires sans tomber dans le cliché, le mièvre et le déjà-lu.

Pour qui : les lecteurs qui aiment les histoires originales, les vampires, et les enquêtes policières.

Les + : l’amitié entre Werner et Barry est un fil conducteur puissant et extrêmement bien écrit, c’est crédible et plein d’émotions. J’ai beaucoup aimé ces deux personnages et leur histoire émouvante.

Les – : Plutôt sur la forme que sur le fond, les longs passages en italique m’ont un peu géné. Vu que cela ne trouve pas de vraie justification (on ne sait pas s’il s’agit d’une écriture dans un carnet, d’un enregistrement audio ou simplement des pensées du personnages) je pense qu’on aurait pu s’en passer. En effet, lire de longs passages en écriture italique me gène, à la longue.

Infos pratiques
Poche: 264 pages
Editeur : 10 X 18 (6 novembre 2014)
Collection : DOMAINE POLICIE
Langue : Français
ISBN-10: 226405641X
ISBN-13: 978-2264056412

Une Nuit Éternelle, David Khara

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Une Nuit Éternelle, de David Khara (tome 2 de la trilogie Les Vestiges de l’AubeFleuve Editions)

Le Révérend Deshawn Willard, ex star de la boxe, et son fils, sont retrouvés un soir sauvagement assassiné à leur domicile. L’enquête est confiée à Barry Donovan, policier New-Yorkais fraîchement revenu de blessure, et accompagné dans l’ombre d’un ami pour le moins surnaturel. Ensemble, ils vont tenter de déjouer les pièges tendus par des ennemis séculaires, en essayant bien sûr de rester en vie. En vie, oui, pour celui d’entre eux qui l’est encore…

Comme indiqué en tête de cette chronique il s’agit pour ce titre du second volet d’une trilogie. Pourtant j’ai découvert cette trilogie par ce livre et je peux vous assurer qu’il se lit de manière totalement indépendante.
Ce premier livre a également été pour moi l’occasion de découvrir la plume de l’auteur français David Khara. Une plume agréable à lire et dont je retiendrai avant tout la foule de bonnes idées qui peuplent le livre.
Car en effet, c’est la première fois que je lis une histoire où se mêlent une trame policière classique et des éléments fantastiques tels que les vampires. Un cocktail intéressant et bien travaillé qui offre un roman d’une incroyable qualité. Ajoutez à cela une couche de fantasmes et légendes sur les templiers et vous obtiendrez Une Nuit Éternelle.
J’ai beaucoup aimé les personnages du roman, et surtout le duo Barry/Werner. Il fonctionne bien sans trop entrer dans les clichés des genres policiers et vampiriques. Ces deux personnages, que tout semble opposer, se retrouvent dans les épreuves qu’ils traversent et les sentiments qui les lient sont crédibles.
D’autres personnages hauts en couleurs, comme Raven, apportent du piment et évitent que l’histoire ne tombe dans un scénario lisse et plat. Leur apparition bienvenue apporte de la fraîcheur et relève et une intrigue qui pourrait parfois se reposer sur ses acquis.
La plume de l’auteur, quant à elle, possède un vrai style. Si j’ai dû attendre quelques pages pour pleinement y entrer, je me suis vite sentie à l’aise avec cette narration lente et fluide, ponctuée d’expressions désuètes et plus modernes (les personnages veulent cela).
On sent que l’auteur a travaillé son sujet, aussi bien dans les faits historiques qu’il raconte que sur les lieux qu’il dépeint. Sans aller jusqu’à dire que je me suis vue à New York (n’est pas Peter James qui veut), l’ambiance du roman est crédible, elle aussi, et plaisante.
L’histoire racontée est originale, je doute que beaucoup de lecteurs pourront sentir une impression de déjà lu, et le dosage des différents éléments plutôt bien maîtrisé.
Une vraie bonne découverte qui vaut bien au Fleuve que l’on salue cette prise de risque dans leur collection de romans policiers.

Pour qui : Les lecteurs qui aiment les histoires à suspense. Inutile d’être un fan de vampire pour apprécier cette histoire, le traitement réservé à la créature n’est pas l’essentiel du roman.

Les + : Le titre se lit indépendamment du premier tome et les lecteurs qui n’ont pas lu Les Vestiges de l’Aube pourront très bien lire celui-ci, beaucoup de bonnes idées dans ce texte original et qui mêle plusieurs trames classiques pour en faire quelque chose de peu commun.

Les – : Quelques éléments un peu moins crédibles (par exemple reconnaître Le Confutatis Maledictis de Mozart fredonné), les révélations faites par tirades du méchant…

Infos pratiques
Broché :
 311 pages
Editeur : FLEUVE EDITIONS (13 novembre 2014)
Langue : Français
ISBN-10 : 2265097772
ISBN-13 : 978-2265097773