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La révolte des omégas, de Francesca Haig

La révolte des omégas, de Francesca Haig (tome 2 de la série Le Serment Incandescent, Le livre de Poche)

Après les terribles épreuves de la forêt et de l’île, Cass s’est enrôlée dans la Résistence. Elle est de plus en plus convaincue qu’un autre futur est possible : celui où Alpha et Oméga vivront en paix et en harmonie. Mieux : il n’y aura plus d’alpha et d’oméga, juste des individus libres et égaux. Utopiste ?
C’est pourtant avec des idées de ce genre que le monde avance.
Entourée des jumeaux Zoe et Piper, Cass devra panser ses blessures, oublier Kip, et aller de l’avant. Sauf que pour avancer, elle n’aura pas d’autre choix que de se plonger dans le passé.

J’avais beaucoup aimé le premier tome Le Serment Incandescent , et espérais lire rapidement la suite. Je vous le dis tout de suite : cette suite m’a autant plus que le premier tome.
On y retrouve en effet les protagonistes du premier opus et l’auteur parvient à nous recontextualiser assez rapidement le fil des événements. Ainsi, même si le temps a passé et que j’ai lu bien d’autres livres depuis le premier, j’ai pu me replonger en quelques pages dans ce qui s’était passé avant.
Francesca Haig poursuit le développement de son univers post-apocalyptique et on en apprend plus sur la vie des humains après le grand feu (on comprend qu’il s’agit d’un feu nucléaire). Les révélations faites dans ce tome sont crédibles et inattendues. C’est un plaisir que de suivre les aventures de Cass, un personnage que j’aime particulièrement. Je l’ai déjà dit dans ma chronique du premier tome mais je vais le redire car c’est encore vrai ici : elle me fait beaucoup penser à l’héroïne de Feed, de Mira Grant. Son caractère indépendant, sa capacité à prendre les choses sur elle, une sorte d’innocence perdue qu’elle doit supporter malgré elle sans faillir. Une héroïne forte et marquante. Le poids des épreuves qu’elle endure se fait sentir de pages et pages et la gravité du roman va crescendo. Les scènes s’enchaînent avec fluidité. L’ensemble est très visuel et fait penser à un jeu vidéo où les méchants apparaissent par séquences avant de disparaître sans que l’on n’ait rien pu faire, pour revenir plus tard.
Les idées développées dans ce tome sont prenantes, à tel point que j’ai lu ce roman d’un trait. Impossible de le lâcher une fois dedans, tant ce concept de jumeaux liés à la vie à la mort me plait.
Ce que je déplore, en revanche, c’est la facilité du destin par moment. Les personnages semblent avec la chance de leur côté, quitte à ce que cela gâche un peu le suspense (je pense notamment à une scène de bataille). Aussi, je me suis posée la question de la langue et de sa compréhension lorsque les personnages trouvent des documents anciens. Mis a part un vocabulaire inconnu (et pour cause : les choses dont il est fait mention n’existent plus), les personnages n’ont pas l’air d’avoir de problème pour comprendre ce qui est écrit. Or, je me suis dit qu’en 400 ans, non seulement une langue évolue (pourriez-vous lire du français manuscrit des années 1600 et tout comprendre, vous ?), mais en plus rien ne prouve que les nouveaux humains, les Surfaciens, aient parlé la même langue que leurs ancêtres. J’aurais trouvé intéressant que cette question du déchiffrage se pose. Certes cela aurait considérablement rallongé l’ouvrage (on ne peut pas traduire une langue inconnue du jour au lendemain), mais aurait été à mon avis très intéressant. Car en l’état, cela m’a donné l’impression évoquée ci-dessus à savoir que le hasard est généreux avec nos héros.
Mis a part ce fait, je me suis attachée aux personnages et me suis surprise à éprouver à peu près tous les sentiments possibles pour eux. On frissonne, on a peur, on est triste… leur sort ne peut pas laisser le lecteur indifférent.
Et la fin de l’ouvrage non plus, prometteuse d’une suite toute aussi passionnante. J’ai déjà hâte.

Pour qui : Les lecteurs qui aiment les histoires de jumeaux et qui ont lu le premier tome. Ceux qui cherchent une histoire originale et jamais lue, les personnages forts.

Les + : Un style immersif, des personnages attachants, une suite à la hauteur du premier tome et une fin qui donne envie de lire le tome suivant.

Les – : le hasard est un peu trop généreux avec les héros et je me suis posée des questions au sujet des différents langages utilisés.

Infos pratiques
Pages : 416 pages
Date de parution: 12/04/2017
EAN / ISBN: 9782253183716

Le serment incandescent, tome 1 de Francesca Haig

le serment incandescentLe Serment Incandescent, de Francesca Haig (tome 1 de la série Le Serment Incandescent, éditions du Livre de Poche)

400 ans après notre ère, l’humanité a été réduite en cendres par un gigantesque incendie. Les rares survivants ont repeuplé une partie de la planète, mais une chose étrange s’est produite : désormais les femmes enfantent de jumeaux systématiquement. Un garçon et une fille. L’un est un alpha, l’autre un oméga, individu destiné à être rejeté par les siens et à vivre en paria du fait de son apparence souvent amoindrie. Pourtant, quand l’un des jumeaux souffre, l’autre souffre de la même manière. Les deux êtres sont intimement liés à la vie à la mort. Cela n’empêche pas les alpha d’écraser sans vergogne les omégas.
Pourtant, Cass ne pense pas que le monde doit être perçu comme deux clans destinés à s’affronter sans fin. La jeune oméga devra se battre pour faire entendre sa voix contre celle de son jumeau. Les ennemis seront nombreux, particulièrement au sommet de la pyramide.

Je vous avais permis de gagner ce roman à l’occasion d’un concours sur le blog en juin dernier.
J’avais eu très envie de vous le faire gagner en raison de son thème centré autour des jumeaux, qui est un thème qui me tient à coeur (étant moi-même jumelle).
L’idée d’être à ce point lié à son jumeau m’intéressait et j’ai eu très envie de voir ce que l’auteure allait en faire.
Ici les jumeaux grandissent en ennemis dans un monde dominé par une caste, représentant la moitié de la population, qui écrase l’autre moitié jugée plus faible et inutile. C’est l’opposition du bien et du mal, du beau et du laid, de l’utile et de l’inutile, de l’intelligent et du bête… L’ouvrage oscille sans cesse entre ce manichéisme écrasant, au point de laisser apparaître des faiblesses dans son raisonnement.
En effet, cette opression dont sont victimes les omégas fini par ne plus être crédible. Les omégas semblent vive comme au moyen-âge, tandis que les alpha vivent dans une certaine forme d’oppulence. C’est oublier un peu vite qu’un oméga malade entraîne avec lui son jumeau, y compris lorsqu’il meurt.
Dès lors, ne devrait-on pas plutôt prendre soin de ces êtres fragiles au lieu de les expulser dans la misère pour ne plus les voir ?
L’auteure trouve une parade pour essayer de contrer cette faiblesse en proposant un subterfuge de conservation (que je vous laisserait découvrir), mais l’idée me semble un peu simple, voire peu crédible.
De même, je suis sceptique quant au fait que, l’humanité éteinte, il ne reste pratiquement rien de leur civilisation. C’est comme si le monde était subitement revenu au niveau de vie du moyen-âge, sans plus aucun souvenir des connaissances acquises avant cela. On peut penser ce qu’on veut de l’humanité mais je doute qu’une extermination quasi totale ne laisse aucune trace de son savoir.
Tout le texte est parsemé de références aux heures sombres de notre histoire. La décrépitude des corps et la relation que les personnages entretiennent avec le leur, la déshumanisation, la frontière de l’identité. Les personnages traversent beaucoup d’épreuves délicates et encore une fois, pour des omégas, on ne peut que s’en étonner. Chercher à écraser une partie de la population n’est malheureusement pas une nouveauté dans l’histoire de l’humanité, mais ici c’est encore le cas alors que les deux parties sont liées jusqu’à la mort. Ce qui m’a surpris, c’est la violence des alpha à l’égard des omégas, qui n’hésitent plus à franchir les frontières interdites pour parvenir à leurs fins.
Néanmoins les motivations de ces derniers pour choisir leurs victimes et garder un oeil sur la population est astucieuse, et l’ouvrage possède de vraies bonnes idées.
Peut-être n’aurait-il pas fallu que le concept aille aussi loin que lier les jumeaux dans la mort pour le renforcer. Car si on enlève cela, tout le roman se tient.
Alors certes, les jumeaux font toujours beaucoup fantasmer les imaginations fertiles, mais le concept traité dans ce titre reste un peu en-dessous de ce à quoi je m’attendais.
D’autant plus que je me doutais de la révélation finale à peine passé la page 100, ce qui est dommage.
Toutefois, j’ai lu ce roman presque d’un trait, et l’ai refermé en ayant l’impression d’avoir vécu une grande aventure.
Ce livre raconte principalement un voyage, une quête. Il n’y a aucun temps mort et les personnages évoluent de péripétie en péripétie. Il y a beaucoup d’action, ce qui rend le tout très rythmé. Sincèrement, c’est une expérience de lecture haletante, prenante, et même émouvante.
Je n’ai pu m’empêcher, à la lecture du duo, de repenser au duo de héros de la saga Feed, de Mira Grant. Ils sont beaucoup de points commun et j’aime ce genre de duo.
Alors même si quelques éléments sont attendus et que le concept de départ est un peu faible aux entournures, cela ne m’a pas gêné. Le serment incandescent est une très belle découverte dont j’ai hâte de voir la suite. Il reste encore beaucoup de potentiel à exploiter.

Pour qui : les lecteurs qui aiment les histoires young-adults qui font réfléchir, et les histoires palpitantes.

Les + : De bonnes idées, un duo de personnages principaux attachant, beaucoup d’action et un style fluide et efficace.

Les – : quelques événements attendus et des fragilités dans le concept de base.

Infos pratiques
Pages : 576 pages
Date de parution: 11/05/2016
Langue: Français
EAN / ISBN: 9782253183709

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