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Monsters, collectif

monsters

Monsters, de Collectif (anthologie, Éditions Walrus)

Les auteurs du Walrus Institute reviennent pour une deuxième fournée de textes tous plus déjantés les uns que les autres autour du thème du monstre.

Avant toute chose il est important de préciser que cette anthologie est disponible en téléchargement gratuit sur différentes plateformes de ventes numériques.
Habituellement je traite chaque nouvelle séparément mais je vais faire une exception ici puisque j’ai lu l’anthologie sur liseuse et qu’il m’est difficile de noter mon ressenti au fur et à mesure de ma lecture.
Ce qui n’est pas plus mal parce que le contenu de cette anthologie se prête merveilleusement bien à un commentaire d’ensemble.
C’est vrai, je ne sais pas si c’est fait exprès, mais je n’ai pu m’empêcher de faire le parallèle entre ce recueil et un clip de Lady Gaga, la « Mother Monster ».
En effet, lire les textes qui le compose, c’est un peu comme regarder un clip de Lady Gaga. Ça part dans tous les sens, et de toutes les façons, produisant un résultat coloré, tantôt magnifique, tantôt gênant, mais globalement intéressant.
La spécialité de la maison est le pulp, ce qui signifie qu’un texte en apparence ordinaire peut vite basculer dans un festival d’éléments déjantés. Les auteurs qui composent le recueil s’en sont donné à coeur joie et le résultat est à la hauteur des attentes.
Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est la grande cohérence entre tous les textes. C’était déjà le cas dans la première saison de l’anthologie, mais on sent qu’il y a un background global et les auteurs le respectent très bien. Chaque texte mentionne les mêmes personnages, équipe spéciale du W.I, et toujours de la même manière. Ce qui est très plaisant car, finalement, ce sont ces personnages récurrents les héros. En ce qui me concerne, c’est leur histoire qui m’intéressent le plus. Chaque histoire constitue donc la pièce d’un puzzle global, parfaitement agencé pour former lorsqu’on se recule un peu, une mythologie originale.
Dans cette anthologie, vous croiserez des poules mutantes, des monstres gluants, des dédoublements de personnalités, une fistule, et tout un tas d’autres choses répugnantes que seuls les auteurs fêlés du Walrus Institute peuvent imaginer.
Et histoire de mener le lecteur par le bout du nez, l’anthologie se termine par une intervention inattendue qui laisse présager une suite à ce recueil.
L’avantage d’un tel ouvrage est qu’il permet de faire connaissance avec une multitude de plumes de la maison, un peu comme une séance de dégustation. Si le genre et l’auteur vous plaisent, vous pouvez approfondir l’expérience en vous attaquant à un roman.
Mais surtout, ce que j’ai aimé dans ce recueil, c’est le vif esprit de camaraderie qui se détache des textes. S’ils ne se font pas échos entre eux, il n’est pas rare de croiser dans plusieurs nouvelles des clins d’oeil à d’autres auteurs. C’est un peu comme faire signe à un copain resté en dehors de la cour pendant la récréation.
Alors franchement, pour le prix, cela ne vaut pas le coup de se priver d’une aussi appétissante mise en bouche.

Pour qui : les lecteurs qui aiment les histoires déjantées et les recueils de nouvelle

Les + : Une ambiance générale de camaraderie très appréciable, un background commun respecté et des histoires toutes très originales. Le prix !

Les – : Certains textes sont un peu en-dessous des autres, mais comme dans tout recueil.

Infos pratiques
Epub Gratuit sur la plupart des plateformes de vente d’eBook.

L’Ordalie, de Jacques Fuentealba

l ordalie
L’Ordalie, de Jacques Fuentealba (tome 1 de la série Retour à Salem, éditions Asgard)
Un ange envoyé du ciel pour faire le mal, et sept familles de sorciers qui se battent depuis des siècles pour que la menace ne se propage pas. Salem, c’est avant tout un passé, des secrets que l’on préférerait garder… Mais les temps changent. Tout change. Et voici venue l’heure de l’Ordalie.
Petite déception pour moi concernant cet ouvrage. En effet j’ai été attirée par la mystérieuse couverture et par le fait que l’histoire se déroule à Salem, une ville que j’aime beaucoup. Car qui dit « Salem » dit bien entendu « sorciers ». Je m’attendais à y trouver de la magie pure, des sorciers qui s’affrontent, une ville de Salem omniprésente qui incarnerait un personnage à elle seule, le tout dans un univers loin du nôtre… et bien d’autres choses encore.
Certes, il y a des sorciers (7 familles au total), certes on assiste à quelques tours de magie et même une cérémonie vaudou et l’ordalie… Mais malgré tout je suis restée sur ma faim. 
L’écriture de l’auteur n’est pas mauvaise, et il y a de bonnes idées. Toutefois je regrette que l’histoire ne soit pas entrée plus en profondeur dans la psychologie des personnages, leurs descriptions, leur histoires, leurs pouvoirs et leur quotidien. Pas plus en profondeur non plus la ville de Salem qui ne présente rien de particulier si ce n’est qu’elle s’appelle Salem, ni même dans l’époque à laquelle appartient l’histoire. 
Peut-être en ais-je trop attendu ?
J’avoue que par le terme « retour », j’imaginais un retour dans le passé à l’époque des procès et de bien des manigances. Ce n’est pas le cas ici et ce n’est pas choquant. Toutefois comme je l’ai dis aussi la ville n’est à mon goût pas assez explorée, mise en avant, démarquée des autres.
Ce manque de détails et de profondeur m’a embrouillée. Premièrement parce que j’ai eu beaucoup de mal à situer l’histoire dans le temps. Comme je l’ai dis, avec un titre tel que « Retour à Salem« , je suis tout de suite partie dans l’idée que l’on allait faire un bond dans le temps. Or, aucun élément ou presque ne nous permet de le dire. J’ai cherché des traces de technologie mais cela reste si peu abordé que le voile de l’époque contemporaine ne s’est levé que tardivement avec l’allusion aux procès de Salem quelques centaines d’années plus tôt. Aussi les personnages sont très nombreux et comme l’histoire ne prend pas le temps de s’attarder beaucoup sur eux, ils s’enchaînent à une vitesse telle que j’ai souvent eu du mal à assimiler les informations, me perdant entre les personnages féminins que je ne parvenais pas à identifier suffisamment. Seule la prêtresse vaudou Kathleen m’est vraiment restée en mémoire du fait de son appartenance à la magie vaudou et à son serpent (et sa présence marquée sur la couverture dans le même temps). Les gentils et les méchants me sont parfois restés inaccessibles. Pourquoi être devenu si mauvais, pourquoi être resté du bon côté ? Autant de questions dont les  réponses sont très brièvement abordées, là encore au détriment de la compréhension. Je me suis plusieurs fois reportée au glossaire des familles à la fin du livre pour me rappeler dans quel camp se trouvait chacun des protagonistes.
Dans un autre domaine, j’ai trouvé plutôt surprenant que la magie vaudou soit considérée au même titre que la magie au sens large du terme. On voit dans l’histoire que tous les personnages sont très différents les uns des autres, certains ignorent même leur héritage. Mais le fil qui les relie est très mince au point de sembler parfois dérisoire (comme l’histoire d’amour entre Kathleen et Damian, installée beaucoup trop rapidement et qui reste du coup superficielle). Là encore il aurait peut-être fallu insister sur les choses qui les lient comme leurs ancêtres ou leur passé, ou même la magie, tout simplement. 
Un début d’explication est apporté aux alentours de la page 155 ce qui est tardif, mais n’oublions pas qu’il s’agit là d’un premier tome.
Premier tome qui, mes propres attentes mises à part, rempli parfaitement son rôle. Il pose le cadre et les personnages. L’intrigue autour de l’ange est installée d’une manière assez crédible et l’on s’attend à une suite mouvementée. J’ai noté avec plaisir le travail de recherches effectué par l’auteur pour distiller dans ses pages des informations réelles telles que certains noms d’accusés ou des lieux.
Pour en revenir à la magie en elle-même, l’auteur a su placer des éléments de vocabulaire et des pratiques magiques aussi bien fantastiques que plus terre à terre. La magie vaudou de Kathleen a besoin d’éléments réels pour se matérialiser tandis que les autres magiciens prononcent des sorts et font sortir des choses de leurs mains. On a affaire à plusieurs visions magiques, très souvent sombres, qui contrastent avec les livres de magie plus traditionnelle que l’on a pu lire dans Harry Potter ou encore la série de bit-lit des Soeurs de la Lune. Ici le public n’est pas le même, très clairement, et la magie bien plus torturée.
Un premier ouvrage en demi-teinte donc, dont le potentiel ne pourra être mis en exergue que grâce à un second tome à la hauteur. Affaire à suivre.
Pour qui : Les lecteurs qui aiment les histoires de magie sombres et originales.

Les + : Une histoire originale qui revisite le mythe des sorciers de Salem.

Les – : Le livre n’entre pas assez au fond des choses. Les protagonistes sont nombreux et trop peu détaillés pour que l’on s’y accroche. On s’emmêle dans les familles, les personnages, leurs liens et leur histoire.

Infos pratiques
Broché: 292 pages
Editeur : Editions Midgard (24 mars 2012)
Langue : Français
ISBN-10: 2365990010
ISBN-13: 978-2365990011
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