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Post Mortem, Néachronical 2, de Jean Vigne

Post Mortem, de Jean Vigne (tome 2 de la trilogie Neachronical, éditions du Chat Noir)

Les péripéties de Néa ne sont pas prêtes de s’arrêter. Alors que la jeune femme découvre peu à peu l’étendue de ses étranges pouvoirs, des forces obscures la pourchassent. Et il ne s’agit pas que de la police !
En effet, il semblerait que d’anciennes légendes se révèlent être plus vraies que nature, et qu’un combat séculaire fasse toujours rage sur terre.
Malheureusement, Néa va en faire les frais et ce, bien malgré elle.
Elle ne sera d’ailleurs pas la seule…

Après l’excellent Memento Mori (coup de coeur), Jean Vigne revient avec la suite des aventures de sa jeune héroïne rousse.
Cette suite est à la fois dans le prolongement du premier tome, et marque pourtant un tournant radical dans l’histoire de la série.
Le récit y prend en effet une tournure totalement inattendue dont je ne vais pas vous parler pour ne pas spoiler. Toutefois, il est probable que certains lecteurs s’en trouvent déroutés, comme je l’ai été à la première lecture de ce texte il y a longtemps. Ce que nous offre le récit est impensable à la lecture du premier tome et demande au lecteur une adhésion qui ne va pas de soi, tant les nouveautés étaient imprévisibles à la base. Personne ne pouvait le voir venir, au point de se demander si Jean Vigne lui-même y avait pensé dans l’élaboration du premier tome.
Mais supposons que, comme moi, vous adhériez à l’histoire.
Il faut dire que Néa a tous les arguments pour vous convaincre. C’est une héroïne au caractère bien trempé mais crédible, qui n’en fait pas trop pour se donner l’air cool. Elle est vraiment cool. Elle fait partie de ces héroïnes que l’on n’oublie pas.
Comme toujours on retrouve dans ce roman la plume de Jean Vigne et toutes ses caractéristiques. Les phrases rythmées par des « dont », qui donnent une musique particulière au texte et qui est propre à cet auteur, les femmes de caractère, les hommes plus naïf.
Vous allez remarquer tout de suite que le roman n’est pas construit comme le premier, car il se décompose en deux parties temporelles : « Maintenant », et « An 1114 »). Les deux parties sont longues à se mettre en place, j’ai regretté que beaucoup d’éléments médiévaux ne sont pas très utiles, comme pour retarder le moment des révélations.
De ce fait, j’ai préféré les passages « maintenant » qui racontent avec modernité et efficacité le destin de Néa (jeu de mot!).
L’ensemble forme toutefois un roman bien ficelé et haletant qui se lit agréablement du début à la fin. Même si on sent que ce second tome augure une suite dans la même veine, et qu’il place ainsi le premier tome dans une position un peu en retrait de la véritable histoire, si vous avez aimé Néa dans le premier tome, vous ne l’aimerez que plus dans ce second.
Il me tarde de lire la suite et fin de cette série, je quitterai Néa à regret, c’est certain.

Les + : Une histoire originale et bien ficelée, écrite avec fluidité et dynamisme.

Les – : Les révélations peuvent dérouter certains lecteurs car le premier tome de la trilogie ne prenait absolument pas ce chemin, la partie médiévale est un peu en-dessous de la partie actuelle et tarde à apporter les révélations et le croisement des liens entre les époques.

Infos pratiques
Broché:
 371 pages
Editeur : Editions du Chat Noir (3 novembre 2014)
Collection : GRIFFE SOMBRE
Langue : Français
ISBN-13: 979-1090627604

 

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Un chasseur à Paris, Collectif

un-chasseur-a-paris-bigUn Chasseur à Paris, Amandine Forgali, Danielle Guisiano et Jean Vigne (one shot, Rebelle éditions)

Un Chasseur à Paris est le premier titre de la collection « mini-romans » de Rebelle éditions. Il s’agit de 3 histoires courtes autour du thème éponyme.

Cet ouvrage n’est pas un recueil de nouvelles, c’est un recueil d’histoires courtes, de novellas.

Huitième Proie, d’Amandine Forgali : Ce récit ouvre le recueil et propose de suivre les aventures d’un chasseur de succubes dans la capitale.
Je suis assez partagée sur ce texte, premier que j’ai pu lire de cette auteure.
En effet j’ai globalement apprécié l’histoire, même si je me pose une question de taille à la lecture de ce texte : pourquoi les succubes s’en prennent-ils à la famille de David et Marco ? Car il semble que les créatures aient choisi de s’en prendre à cette famille avant que le grand père ne décide de devenir un chasseur de succube. Cela signifie qu’il a bien fallu que quelque chose attire les démons ? Il semble que les membres masculins de la famille puissent avoir des visions mais sans que l’on ne sache vraiment si cela a toujours existé ou non. En bref, j’ai dès le départ une question existentielle qui ne trouve pas de réponse dans le texte alors même qu’elle en est la base.
Ensuite, le style de l’auteure, plutôt bon, m’a quelque peu déconcerté. En effet, outre les quelques fautes de mots à la place d’autres ou de phrases pas corrigées, Amandine Forgali semble avoir quelques soucis pour écrire des scènes où se trouvent plusieurs personnages de même sexe. Ainsi, lorsqu’elle narre les aventures des deux frères, on se retrouve avec des sujets tels que « L’homme » (pour désigner l’un ou l’autre), « l’aîné », « le cadet », « l’adolescent » (pour un jeune de 12 ans, pas vraiment), mais le plus surprenant…. « le jouvenceau » (!). N’y avait-il pas possibilité de décrire autrement ? J’avoue m’être perdue plusieurs fois dans certaines scènes car je ne savais plus de qui on parlait à cause de l’utilisation de termes vagues et communs aux deux protagonistes.
A part cela, le déroulement de l’histoire est sympathique, on alterne les points de vues et les époques avec une aisance assez claire. Je reste un peu sur ma faim concernant le personnage de Léana, mais le texte contient de bonnes idées. Pourquoi ne pas les développer plus tard dans un format plus long ?

Les larmes de Thétys, de Danielle Guisiano : Ce que j’ai aimé dans ce texte, c’est l’originalité des choix de base. En effet, on nous parle ici d’une créature que l’on voit finalement assez peu dans la littérature contemporaine : les naïades. Ces créatures de l’eau dont les larmes contiennent des propriétés extraordinaires font beaucoup moins parler d’elles que d’autres et c’est dommage, car ce texte sympathique nous permet de nous intéresser à ce peuple.
La plume de Danielle Guisiano est agréable, fluide, et l’histoire assez rythmée se lit rapidement. Je regrette simplement que Paris ne soit pas d’avantage mis en valeur. En effet on nous parle assez peu des lieux, ce qui donne l’impression que l’intrigue pourrait se passer un peu n’importe où et pas spécifiquement à Paris. Certes la dernière partie se passe au château de Versailles mais justement : Versailles n’est pas Paris.

Kill Them All, de Jean Vigne : Ce texte est le plus long du recueil et est réédité aux éditions du Petit Caveau en tant qu’oeuvre à part entière. Cliquez ici pour lire la chronique de ce texte devenu le premier du nouveau feuilleton numérique des éditions du Petit Caveau.

Globalement j’ai passé un bon moment avec ce titre. J’apprécie de lire des histoires différentes de la part d’auteurs qui ont eu à traiter le même sujet. Ici chacun d’eux a un univers propre et propose un texte bien différents. Je ne me suis pas ennuyée, ce fût une bonne expérience. A renouveler.

Pour qui : Les lecteurs qui aiment les histoires originales et pas trop longues, qui veulent lire un recueil d’histoires se déroulant en France et avec des créatures que l’on croise peu en littérature.

Les + : 3 auteurs aux styles différents qui proposent une version originale d’une même consigne. Le niveau est bon et on passe une agréable lecture.

Les – : J’ai relevé pas mal d’erreurs de correction qui auraient pu être évitées avec au moins une relecture supplémentaire. Le travail éditorial est peut-être un peu faible sur ce titre (j’ignore si c’est la même chose pour les autres ouvrages de la maison).

Infos pratiques
Illustré par Mieisis
Collection Mini Romans
Format : 15 x 21 cm
ISBN : 978-2-36538-204-5
302 pages
Décembre 2013

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