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Anne, Emily et Charlotte Brontë contre la momie, de Nelly Chadour

Anne, Emily et Charlotte Brontë contre la momie, de Nelly Chadour (one shot, Les Saisons de l’étrangeSaison La ligue des écrivaines extraordinaires).

Lorsque Branwell Brontë,  le frère des soeurs du même nom, se fait engloutir par une momie sous les yeux d’Émily, rien ne va plus !
Qui est ce montre, et que veut-il ? Et s’il n’en avait pas après la famille Brontë ?
Les trois soeurs vont devoir se serrer les coudes et relever leurs manches pour résoudre ce mystère.

Il s’agit donc de mon ultime lecture dans cette saison de La Ligue des Écrivaines Extraordinaires. Celui-ci présente donc la famille Brontë aux prises avec des créatures égyptiennes.
Les lectures se suivent et tendent à se ressembler avec cette petite série très bien orchestrée. En effet, j’ai une fois encore apprécié ce récit prenant et très dynamique.
J’aime l’Égypte antique et j’ai été servie. Le scénario de ce petit livre parle encore d’enlèvement mais son contexte est différents des autres, si bien que je n’ai pas eu l’impression d’avoir déjà-lu cette histoire.
Les scènes de combats sont dynamiques et très visuelles. J’ai lu ce livre comme on regarde un épisode de série à la télé.
La plume de Nelly Chadour est immersive sans en faire trop comme c’était le cas dans Mary Shelley contre Frankenstein, par exemple. La description ne donne pas l’impression de remplir, mais sert l’oeuvre et apporte les passages d’action.
Il m’a semblé que le dénouement était également plus original que dans les autres récits de la série, ce qui est un bon point pour clore ce voyage pulp au pays des femmes.
Avant de commencer ma lecture, je n’étais pas rassurée quant au fait de traiter 3 personnages principaux en même temps (bien que j’avais apprécié Ann Radcliffe, Jane Austen et Mary Shelley contre Carmilla) car la tentation est grande de laisser au moins un personnage en arrière plan. A fortiori quand ce sont des soeurs.
Mais non, ici les trois héroïnes sont traitées à parts égales et j’ai trouvé cela astucieux de les séparer en deux groupes vivants chacun une partie de l’aventure avant un final commun.
La seule chose que je reprocherais à ce titre, finalement, serait que le résumé ne correspond pas vraiment à l’histoire. Un peu comme si les résumés avaient été écrits avant et que les autrices avaient dû broder autour.
Même si le fond est correct, il s’en éloigne quand même pas mal.
Du reste, ce récit est un bon récit qui égale en qualité la plupart de ses semblables. Il peut se lire à n’importe quel moment dans la série et ne fait écho à aucun des autres titres de cette ligue.

Pour qui : les lecteurs qui apprécient les histoires d’égypte antique et de momie, les textes courts et faciles à lire, très dynamiques et immersifs.

Les + : une plume agréable et des idées originales, un récit visuel et dynamique, des héroïnes traitées à parts égales et un récit bien construit

Les – : le résumé n’a pas l’air de parler du même texte, ce qui est dommage car il ne le met pas forcément en valeur

Infos pratiques
ISBN : 978-2-490972-36-4
Type : Broché
Dimensions : 14 × 18.2 cm
Pages : 128
Parution : 13 février 2020

Jane Austen contre le Loup-Garou, de Marianne Ciaudo

Jane Austen contre le Loup-Garou, de Marianne Ciaudo (one shot, Les Saisons de l’étrangeSaison La ligue des écrivaines extraordinaires).

Année 1800, Hampshire. Des jeunes filles disparaissent subitement et personne ou presque ne s’en étonne. A force, des rumeurs commencent à naître : on parle d’un animal sauvage, d’un démon…
Autour de la famille Austen, le danger rôde. Jane, jeune femme bonne à marier, se voit de plus en plus courtisée par les notables du coin qui apprécient son caractère et son esprit.
Or, parmi tous ces hommes se cachent peut-être la terrible bête. Jane devra le découvrir pour sauver sa vie et celle de sa domestique muette, Alice, elle aussi promise à un destin funeste.

J’ai lu ce roman en 3/5 dans l’ordre de la série, et finalement je n’ai pas été spoilée de le lire après celui dans lequel Jane Austen apparaît déjà. Ouf.
Ce roman est un peu différent des deux précédents, dans la mesure où il laisse à voir une galerie de personnages beaucoup plus fournie, et surtout parce que Jane n’est pas vraiment le personnage principal de l’intrigue.
Cela m’a un peu déroutée au début puisqu’on dirait que l’Autrice a voulu faire son propre récit sans tenir compte de la consigne « [Autrice célèbre] contre [Monstre] ». L’histoire se passe dans une bourgade du Hampshire et on passe plus de la moitié du livre à nous parler de beaucoup de protagonistes sauf de Jane.
Marianne Ciaudo fait quand même intervenir l’héroïne éponyme à la fin du livre pour l’affrontement final et le dénouement, mais ceux qui s’attendaient à voir une Jane Austen dominer le récit risquent d’être déçus. Car finalement, Jane ou une autre, quelle différence ?
On dirait que Marianne Ciaudo n’a pas vraiment respecté le deal.
Néanmoins, cela a le mérite de nous proposer une histoire qui sort du schéma des deux précédentes. Ici on évolue en vase clos dans le décor d’un petit village et de la forêt qui l’entoure. L’histoire n’est pas sans rappeler la triste bête du Gévaudan, et on sent page après page se rapprocher la bête. La tension qui parcourt le récit et bien menée. Plusieurs fois je me suis demandée où on essayait de m’amener mais tout est bien construit. Malgré une galerie de personnages plus étendue, j’ai terminé ce récit sans questions et sans frustration. Tout est correctement travaillé. J’ai apprécié l’ambiance et la tournure des choses. Le style est plus dense que ceux des précédentes autrices mais il permet de construire une impression de tension et d’étouffement tout à fait appropriée. Il y a de la maîtrise !
Cela confirme mon enthousiasme pour cette saison de l’étrange spéciale Ligue des écrivaines extraordinaires. Pour l’heure tous les récits que j’ai lu m’ont convaincus et sont très bons.
Toutefois, je regrette comme d’habitude le manque de relecture. J’ai l’impression que plus j’avance dans ma lecture et pire sont les livres. Celui-ci a encore gagné en coquilles/mots oubliés/supprimés par rapport aux précédents, d’autant plus qu’il y a aussi dans ce roman-là des problèmes de mise en page. En effet, certains paragraphes semblent porter des titres (ou sont-ce des chapitres ?) qui se retrouvent simplement à la ligne dans un paragraphe ou en bout de phrase lorsqu’un personnage parle, ce qui rend confus le changement de point de vue ou de narrateur. Si la couverture est comme toujours splendide et très travaillé, le texte a semble-t-il bénéficié d’un peu moins d’attention. Des fautes assez grossières qu’une relecture attentive du BAT aurait permis d’éviter. Je dois avouer que même si j’apprécie les histories, ce gros défaut me freine vraiment quant à dépenser 70€ pour acquérir la saison suivante. J’ai l’impression de payer très cher des textes bons mais inaboutis sur le plan éditorial.
Ce sera là mon seul reproche.

Pour qui : les lecteurs qui aiment les histoires avec des héroïnes fortes et qui sortent de l’ordinaire, ceux qui veulent lire un petit texte dépaysant et original.

Les + : une histoire originale dont le schéma diffère de ceux des précédentes histoires, un style qui se lit bien et crée de la tension

Les – : Beaucoup de problèmes éditoriaux dans un si petit texte

Infos pratiques
ISBN : 978-2-490972-32-6
Version : Broché
Dimensions : 14 × 18.2 cm
Pages : 124
Parution : 13 février 2020

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