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L’étrange cas de l’homme mécanique, de Mark Hodder

L’étrange cas de l’homme mécanique, de Mark Hodder (tome 2 de la série Burton & Swinburne, éditions Bragelonne)

Quand un drôle d’automate est retrouvé seul en plein coeur de Londres, et que son propriétaire est aux abonnés absents, Burton et Swinburne, les deux acolytes, y voient plus qu’un oubli. Pire, il se trouve que des diamants ont été volés dans le secteur de cet automate. Et si tout était lié ?

J’ai sorti ce livre de ma pile à lire profitant des vacances d’hiver pour m’attaquer à cet épais volume aux pages dorées. En effet, je l’ai acheté en 2015 (il y a plus de 2 ans) à l’occasion du mois du cuivre Bragelonne, qui propose chaque année quelques ouvrages de très belle facture pour un prix un peu élevé mais qui se laisse acheter pour peu que l’on aime les beaux objets.
Celui-ci en est un, incontestablement, avec ses coins arrondis, ses pages bordées d’or et son graphisme intérieur. Je ne peux que vous conseiller de vous pencher sur les ouvrages steampunk du mois du cuivre si vous aimez posséder de tels merveilles.
Mais si la forme vaut le détour, qu’en est-il du fond ? Comme souvent le lecteur un peu faible comme moi se laisse séduire par un emballage sans savoir ce qu’il trouvera au fond du paquet, ce qui, bien souvent, est décevant.
Mais pas ici.
Je ne connaissais ni la plume ni les personnages de Mark Hodder, et j’ai énormément apprécié ma lecture. Bien qu’il s’agisse d’une suite (ce que j’ignorais lors de mon achat) j’ai à peu près tout compris et on n’est pas passé loin du coup de coeur.
L’ambiance steampunk est omniprésente à travers un Londres post-victorien des plus mécaniques, où l’opposition entre les pro mécanismes et les naturalistes est bien présente. Cela donne à « voir » des créations intéressantes et des moyens de locomotion loufoques qui auraient toutes leurs places dans un film. L’ambiance n’était pas sans rappeler les livres de Gayle Carriger et sa série Alexia Tarabotti. A la différence qu’ici nous avons un duo d’enquêteurs.
Ce que j’ai apprécié, c’est aussi de savoir que les personnages présentés dans le romans sont pour la plupart réels. Ils ont existé. On a ainsi une sorte de fan fiction ayant pour protagonistes des figures historiques. Ou une uchronie steampunk, c’est selon. Quoi qu’il en soit l’auteur a mis à la fin de son livre quelques pages pour nous présenter tous ces protagonistes et leur vie réelle par rapport à ce que l’on en voit dans le livre.
Burton, l’explorateur, a un côté aventureux et bourru tout à fait intéressant et qui rend certaines actions crédibles. L’auteur a pu l’étoffer grâce à un background d’aventurier qui influence son présent et permet de créer des liens avec épaisseur.
Swinburne est plus en retrait, ce qui est dommage car j’ai encore plus accroché avec ce personnage aux moeurs légères. Peut-être est-il plus développé dans le premier tome, mais j’aurais aimé entrer d’avantage dans son univers à lui, peuplé de scandaleuses relations et de penchants déviants. Ce n’est pas si courant en littérature de ce genre et je trouvais le parti pris suffisamment rare pour être développé.
Les autres personnages sont nombreux mais pas trop, ce qui fait que l’on ne se perd pas dans cette galerie fournie. Les péripéties des uns et des autres sont faciles à suivre et à comprendre, y compris quand on ne fait que découvrir la série, comme moi.
On notera toutefois le peu de présence de personnages féminins dans cet univers hyper masculin. Il y aurait peut-être des choses à développer de ce côté-là dans les suites.
Quoi qu’il en soit j’ai passé un très bon moment en compagnie de ces personnages hauts en couleurs, dans une ambiance immersive.
Une bonne découverte dont je vais surveiller la publication éventuelle de suites lors des prochains mois du cuivre chez Bragelonne.

Pour qui : Les lecteurs qui aiment l’univers steampunk, les uchroniques, et les fictions mettant en scène des personnages ayant réellement existé.

Les + : Un splendide objet livre contenant une histoire prenante et immersive, dans un style très anglais.

Les – : La galerie de personnages manque un peu de personnages féminins.

Infos pratiques
Broché: 504 pages
Editeur : Bragelonne (18 février 2015)
Collection : Steampunk
Langue : Français
ISBN-10: 2352948231
ISBN-13: 978-2352948230

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Anno Dracula, de Kim Newman

anno dracula

Anno Dracula, de Kim Newman (tome 1 de la série Anno Draculaéditions Bragelonne)

Des prostituées sauvagement assassinées dans le lugubre quartier de Whitechapel, une célèbre reine britannique mariée à un vampire, et des créatures de plus en plus nombreuses… plongez au coeur du Londres de Kim Newman : celui de Jack l’Eventreur.

Londres, l’époque victorienne, Jack l’Eventreur… je ne compte plus le nombre d’histoires déjà lues et qui revisitent ce mythe. A commencer par Le Manoir des Immortels, d’Ambre Dubois, ouvrage mêlant lui aussi des vampires.
Dracula, Stoker, Holmes… autant de figures réelles ou fictives que la littérature a maintes et maintes fois reprises au point d’en user leur intérêt jusqu’à la corde.
J’ai eu du mal à entrer dans cet Anno Dracula, premièrement parce que je n’étais que moyennement emballée à l’idée de lire une nouvelle version d’un mythe vu et revu, mais aussi parce que la multitude de personnages portent tous des noms, des surnoms et des titres qu’il faut mémoriser sans faillir pour suivre l’intrigue.
Je me suis procuré l’ouvrage car j’avais été intriguée par l’engouement qu’il a suscité lors de sa sortie et j’avais le sentiment d’avoir dans les mains un incontournable du genre.
Pourtant, comme je viens de le dire, j’ai eu du mal à entrer dedans. Mais je me suis accrochée.
En fait, cela va probablement vous faire sourire, mais mon salut est venu alors que je désespérais à remettre des visages sur des noms, lorsque je suis allée voir sur internet la couverture du livre (je lisais en numérique).
Ce fut la révélation.
Tout simplement parce que les designers ont eu l’excellente idée de faire de cette couverture une sorte d’affiche victorienne sur laquelle les personnages principaux sont cités avec noms et profession, telle l’annonce d’une pièce de théâtre ou d’un film.
Dès lors, j’ai pu mémoriser les principaux protagonistes et je me suis pleinement glissée dans l’histoire.
Je n’ai pas la suite pas été déçue et je me suis même félicitée d’avoir persévéré.
L’histoire est très fouillée, trop peut-être, mais l’ambiance victorienne est parfaitement dépeinte de la première à la dernière page. Les vampires sont crédibles et s’intègrent bien à l’histoire. Leurs motivations, toutes très complexes, se tiennent, et on suit l’enquête avec une certaine avidité.
Kim Newman a su donner à son roman une ambiance d’époque, y compris dans l’enquête. On trouve des sociétés secrètes, des monstres sanguinaires, des traîtres et des comploteurs. Dans le plus pur style anglais. Dracula se fait discret, c’est une figure citée qui n’est presque jamais présente et dont l’ombre plane tout au ling de l’ouvrage. Un choix judicieux, une manière d’ajouter en finesse une pierre au mythe. La reine Victoria subit le même traitement, ce qui permet d’idéaliser un couple avant de le voir sous son vrai jour et créer un effet de surprise intéressant.
Et franchement, sitôt les difficultés d’appellations surmontées, ce roman est un plaisir à lire. L’auteur a glissé dans ses pages une foule de clin d’oeils empruntés ça et là aux plus grandes oeuvres de la littérature anglaise et vampirique.
Oui, c’est clair, Anno Dracula est un monument de la littérature vampirique, à lire absolument quand on aime la littérature de l’imaginaire.
Et ce que j’ai encore plus apprécié, ce sont les annotations finales. Là où cela m’avait semblé indigeste dans Echopraxie, là l’auteur nous présente chacun de ses emprunt et clin d’oeils, et j’ai à nouveau ressenti l’impression d’avoir eu affaire à des acteurs qui ont joué d’autres rôles dans d’autres oeuvres et/ou d’autres époques.
J’ai donc beaucoup aimé cet univers que je ne regrette pas d’avoir approfondi.

Pour qui : Les lecteurs qui aiment les vampires, les histoires qui revisitent des faits divers réels, et ceux qui ont envie de lire une histoire de vampires qui sort de l’ordinaire. Ceux aussi qui aiment le vieux Londres victorien et les ambiances bien posées.

Les + : Une ambiance bien posée et prenante, un mythe revisité avec beaucoup de réussite puisque tout se tient, un univers travaillé, une galerie de personnages fournies et variés, et une plume délicate qui nous plonge immédiatement au cœur du Londres victorien.

Les – : Beaucoup de personnages et d’informations à ingurgiter en peu de temps au début du roman ce qui peut le rendre difficile d’accès aux lecteurs qui n’ont pas envie de se casser la tête.

Infos pratiques
Poche:
648 pages
Editeur : Le Livre de Poche (16 avril 2014)
Collection : Fantastique
Langue : Français
ISBN-10: 2253177245
ISBN-13: 978-2253177241

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