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A Belles Dents, d’Anne Bardelli

A Belles Dents, d’Anne Bardelli (tome 2 de la série Agent spécial Léa Bacal, éditions du Petit Caveau)

D’horribles meurtres sont perpetrés un peu partout en ville, et même au-delà. Si l’on pourrait croire les affaires différentes, la sauvagerie avec laquelle les jeunes femmes sont assassinées tend à prouver qu’il n’y a qu’un seul agresseur, et qu’il serait lycanthrope.
Le pire, ces lettres dessinées sur leurs fronts semblent vouloir dire quelque chose, mais quoi ? S’agit-il d’un code, d’un mot… ou d’une menace ?
L’agent spécial Léa Bacal, du GIAR, est appelée en renfort pour résoudre cette nouvelle affaire.

J’avais bien aimé La Marque, le premier tome de cette série, titre de Bit-lit classique à l’atmosphère intéressante et agréable.
Si j’avais été ennuyée par les ellipses dans le premier tome, j’ai été contente de constater que l’auteure a résolu ce problème dans cette suite. En revanche, ce que je regrette dans ce tome et qui est moins présent dans le premier, c’est le manque d’originalité et de suspense.
En effet, on assiste ici à un ouvrage de Bit-lit ultra classique. C’était déjà le cas dans le premier tome mais l’auteure avait réussi à y ajouter des éléments personnels propres à son univers. Ici, les événements se déroulent comme les morceaux de films déjà vus ici ou là et je n’ai guère eu de surprise à la lecture de ce titre. Tout ce qui se produit est attendu pour peu que l’on se pose la question de ce qui va suivre.
En plus, et c’est là une impression toute personnelle, mais je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages, surtout pas à l’héroïne. Tous m’ont semblé être les clichés du genre : l’héroïne forte, inébranlable, le garçon manqué qui jure et castagne à tout va ; le chasseur beau ténébreux solitaire follement épris de l’héroïne ; le vampire haut placé et sensuel qui forme un triangle amoureux avec l’héroïne… une bonne dose de Charmed et de Buffy contre les vampires.
L’ensemble a donc un côté déjà lu.
Bien que le style soit fluide et agréable à lire, la narration se fait rapidement, ce que j’ai là aussi regretté. Au point que ce qui arrive à la toute fin est si rapide que l’on ne s’en émeut pas. Je ne me suis ni émue ni attachée aux personnages, et cela m’a peiné de ne pas avoir de peine (oui, oui). Ce qui est dommage, mais vient du fait que la narration est trop rapide et que l’on n’entre jamais vraiment dans les vies des personnages.
C’est un goût personnel car j’aime plus volontiers les pavés descriptifs qui me permette de me plonger totalement dans l’univers. Il aurait pu y avoir quelques pages en plus ici, au moins pour ne pas qu’un événement très important arrive et qu’on l’apprenne, comme l’héroïne, plusieurs mois après.
La gestion narrative de cet événement est plutôt étonnante. En plaçant l’événement si loin dans le temps de narration, il ne nous touche pas non plus, comme si le lecteur lui-même était détaché de ce fait, qu’il était déjà terminé et classé. L’auteure y consacre pourtant un long moment à la fin du livre. Dommage.
A Belles Dents souffre donc de plusieurs défauts à la fois propres au genre et propres à l’écriture en elle-même.

Pour qui : Les lecteurs fans de Bit-Lit.

Les + : les ellipses du premier tome ont disparues pour laisser place à une narration quasiment linéaire. Un roman servi par une jolie couverture signée Eric Petit.

Les – : un manque d’originalité, on voit les faits arriver bien avant qu’ils ne se produisent, l’univers n’est pas assez approfondi ce qui laisse le lecteur en surface et m’a fait ne pas m’attacher aux personnages et à leur sort. De même, les personnages ont des personnalités clichées du genre.

Infos pratiques
Date de parution : 27 février 2017
ISBN : 978-2-37342-037-1
Nombre de pages : 240
Illustration de couverture : Erica Petit

Vampires de sorcellerie, de Lia Vilorë

vampires-de-sorcellerieVampires de sorcellerie, de Lia Vilorë (T2 de la série Vampires d’Une Nuit de Printemps, éditions du Petit Caveau)

Une vague de meurtres frappe aux États-Unis. Lia Fail, vampire de son état, se lance dans la traque de celui que les médias surnomment « Le Vampire ». Son partenaire Amaël, fidèle protecteur, l’accompagnera dans cette tâche.
Il partira même à sa recherche lorsqu’elle disparaîtra.

Cette suite intervient longtemps après la parution du premier tome, puisque celui-ci est sorti aux Editions du Petit Caveau en 2012. A l’époque, je l’avais lu à sa sortie et j’avais beaucoup aimé ce Vampires d’une nuit de Printemps.
Ce qui fonctionnait bien dans la série était l’ambiance particulière, parsemée de références culturelles et pleine d’humour anglais/absurde. J’avais passé un bon moment à lire ce premier tome et c’est avec une certaine impatience que j’ai démarré cette suite.
Malheureusement pour moi, la magie n’a pas opéré une seconde fois. La raison est un trop grand décalage entre ce premier tome et le suivant.
A moins que le temps ait beaucoup fait son oeuvre (ce qui est possible, vu mon rythme de lecture) et que j’ai oublié beaucoup de choses, il ne me semblait pas que le premier tome était à ce point fouillis et emprunt de légendes arthuriennes.
Comme on l’a vu notamment dans une de ses dernières parutions, Le Lai de Bisclavret, Lia Vilorë aime la Bretagne et ses légendes. Et personnellement j’aime aussi beaucoup, mais pas là. Pas alors que le premier tome était dans une autre ambiance, assez loin de celle-ci.
Autant j’ai apprécié Le Lai de Bisclavret, autant je me suis perdue dans ces Vampires de Sorcellerie. Les histoires de Convent, de vengeance, de protection, de reine, de fondateurs et même d’école de magie… sur fond d’histoire familiales et personnelles, m’ont franchement assez vite perdues. Si en plus on se place majoritairement du point de vue du personnage masculin, beaucoup moins attachant et comique que l’héroïne, on perd tout le charme de la série.
Car en effet, concernant la narration de cette suite, le récit alterne entre le point de vue de Lia Fail et d’Amaël. Cependant on se rend vite compte, de par l’intrigue et l’absence de la jeune femme une partie de celle-ci, qu’Amaël est le héros principal de cet ouvrage. A mon sens un choix qui est préjudiciable. Ce personnage n’est pas des plus intéressants. Il est au centre d’un triangle amoureux des plus basiques, auquel j’ai eu d’autant plus de mal à adhérer qu’il est présenté de manière « courtoise » et donc très peu moderne. Il n’a pas le charisme de sa partenaire, et n’agit pas toujours de la meilleur manière.
On découvre également dans l’entourage proche de Lia Fail un clan de loup-garous affectés à la protection de Lia Fail en raison d’une ancienne guerre et d’une rédemption.
Tout cela a participé à mon sentiment de confusion. Beaucoup trop d’éléments très différents ne se mélangent pas très bien et ont peu à peu fini par détacher mon attention.
L’auteur ayant déjà proposé des univers bien plus cohérents et efficaces, je peux dire que ce titre n’est pas son meilleur.

Les + : Une écriture sympathique et un environnement original propre à l’auteur.

Les – : Beaucoup trop d’éléments différents qui ne forment un ensemble hétérogène. Un fossé semble séparer ce second tome du premier, et je n’ai malheureusement pas retrouvé ce qui m’avait séduit dans les Vampires d’une nuit de printemps.

Infos pratiques
Date de parution : 27 juin 2016
ISBN :  978-2-37342-026-5
Nombre de pages : 260
Illustration de couverture : Patricia Lo

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