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Kadath, quatre quêtes oniriques de la cité inconnue, collectif

Kadath, quatre quêtes oniriques de la cité inconnue, de David Camus, Mélanie Fazi, Raphaël Granier de Cassagnac et Laurent Poujois (one shot, éditions Mnémos)

Quatre auteurs proposent une plongée à travers l’histoire et les rues de Kadath, la cité onirique créée par H.P Lovecraft.

J’ai coutume, lorsque je chronique des recueils de nouvelles, de parler de chaque texte séparément. Cela me semble plus simple et chaque auteur peut ainsi avoir un retour sur son propre texte.
Or, ici, je n’ai pas réussi à le faire.
Le livre est en effet très homogène et se lit comme une seule oeuvre, finalement. En tout cas, c’est l’impression que j’ai ressenti à la lecture.
Ce livre était dans ma PAL depuis longtemps puisque je l’ai eu lorsque j’ai participé à la campagne Ulule sur Clark Ashton Smith, en 2016. Jusqu’à présent, j’avais plusieurs fois eu envie de m’en saisir pour découvrir l’univers d’HP Lovecraft, et aussi parce que j’aime les ouvrages en milieu urbain ou fermés, mais d’autres lectures m’en avaient tenues éloignées.
Finalement, après la fin de ma lecture, je reste mitigée et me demande si le livre n’aurait pas dû rester encore un peu dans ma pile à lire.
En effet, j’ai pris cet ouvrage comme une initiation à l’univers de Lovecraft, dont je ne connais qu’une nouvelle lue bien avant l’ouverture même de ce blog (il s’agit de la nouvelle Celui qui chuchotait dans les ténèbres) et qui m’avait laissé une bonne impression.
Or, la lecture de cet ouvrage a été plutôt pénible.
Pas parce qu’il est mal écrit, non.
Parce qu’il n’est pas à mettre entre les mains des non-initiés, justement. Les gens comme moi, donc.
Moi qui pensais trouver une entrée en matière, une façon d’aborder en douceur l’oeuvre de Lovecraft, ai plutôt eu à lire un recueil destiné justement aux connaisseurs, à ceux qui ont en tête les récits, les mythes, et comprendront les nombreux clins d’oeils faits de ci de là par les auteurs.
Ainsi, Kadath et ses textes m’ont fait penser à du Lewis Carroll dans son aspect onirique, parfois absurde. J’avais l’impression de me promener au Pays des Merveilles. On passe d’un lieu à l’autre, d’une chose à l’autre, sans la logique que l’on connaît sur notre planète.
Et je me suis perdue.
Ma lecture a été laborieuse parce qu’une fois compris l’aspect onirique, l’univers en lui-même m’est resté fermé. Je suis restée sur le pallier, sans entrer en profondeur.
Oh, sans doute les textes étaient-ils profonds, mais comme je l’ai dit, ils sont à mon sens écrits par des connaisseurs, pour des connaisseurs.
Alors j’ai passé beaucoup de temps à lire des scènes qui m’ont laissées de marbre, à ne pas saisir les références ni les clins d’oeils. Et à me sentir nulle.
Certes, l’ouvrage propose aussi des articles pour étoffer cet univers (on trouve notamment des informations sur les quêtes, les dieux, les rêves), mais il m’en fallait plus pour saisir les subtilités de l’ouvrage.
Les plumes sont oniriques, jolies, poétiques, mais ce qu’elles écrivent ne m’ont pas emportée tout simplement parce que le texte ne m’était pas destiné. Les auteurs se sont fait plaisir et doivent être des lecteurs assidus du maître, mais ce n’était pas mon cas.
Dommage pour moi.

Pour qui : incontestablement les initiés et habitués de l’univers et du style de Lovecraft.

Les + : de jolis textes bien écrits, oniriques, qui rappellent le pays des merveilles de Lewis Carroll, l’ouvrage est augmenté d’articles introductifs intéressants mais néanmoins insuffisants pour les profanes dans mon genre.

Les – : Des textes aux clins d’œils et références trop précises pour être saisis par les non initiés de l’oeuvre de Lovecraft.

Infos pratiques
Broché : 288 pages
Editeur : MNEMOS (4 mai 2016)
Collection : OUROBORES
Langue : Français
ISBN-10 : 2354083521
ISBN-13 : 978-2354083526

115°vers l’épouvante, de Lazare Guillemot

115°vers l’épouvante, de Lazare Guillemot (tome 1 de la saison 1 de la série Les Saisons de l’Étrange, éditions des Moutons Electriques)

Alors que le jeune Billy Babbridge, qui s’est improvisé guide touristique, se promène en compagnie du Père Brosn, ils se font attaquer par un mystérieux batracien venu du ciel. Mirage nuageux ou monstruosité céleste ? Les deux compères, épouvantés, ne devront leur salut qu’à l’apparition salutaire de trois aventuriers américains. Ensemble, ils vont s’embarquer à bord d’une conquête dont l’objectif n’est autre que la sauvegarde de notre monde, pour lui éviter de basculer dans l’horreur.

Lorsque j’ai participé à la campagne de financement participatif pour le lancement des Saisons de l’Etrange, j’avoue ne pas avoir bien saisi le concept.
En effet, la plupart des auteurs des textes réunis ici ne sont plus de ce monde, et je voyais mal comment ils allaient pouvoir former un corpus cohérent. Je ne me suis donc engagée que pour la moitié de la série, soit 3 ouvrages.
A la fin de cette première lecture, j’envisage mieux le concept de ces Saisons, et je regrette de ne pas avoir misé pour l’ensemble de cette première saison.
Ce premier épisode, 115° vers l’épouvante, a en effet été une lecture très sympathique.
Je me suis un peu méfiée du bandeau indiquant « Lovecraft à l’honneur » sur la couverture (Lovecraft est un argument toujours très lucratif, comme en témoigne l’actuelle campagne de financement de l’intégrale de son oeuvre, à laquelle j’ai également contribué). Toutefois il me semble avoir retrouvé un mélange de plusieurs univers oniriques dans ce petit roman qui se lit vite.
Du Lovecraft, peut-être. Je ne suis pas experte. En revanche on retrouve assurément du Lewis Carroll. On y retrouve d’ailleurs quelques allusions ici et là.
L’ambiance générale du livre est onirique, un peu comme le voyage d’Alice au pays des merveilles, on va de péripétie en péripétie, de scène en scène, dans un cheminement extraordinaire menant le lecteur tantôt sur terre et sur mer.
L’ensemble est très visuel, on retrouve un petit épisode très agréable dont l’ambiance n’est pas sans rappeler celle de L’Etrange Cas de L’Homme Mécanique, de par son décor anglais et ses personnages british. On voyage à travers ce texte dynamique où les péripéties ne manquent pas.
Les amateurs de piraterie devraient aussi y trouver leur compte.
Ce que j’ai particulièrement apprécié, en plus de l’ambiance, est la qualité des idées. Elles y sont riches et originales. Du jamais lu ! Cela devient pour moi de plus en plus difficile de lire des romans qui me font cette impression d’inédit. Quoi qu’il en soit c’est le cas ici, ce qui rend cette petite lecture très rafraichissante.
A la fin de l’épisode, j’entrevois la possibilité de fil rouge de cette saison et j’en trouve le concept d’autant plus intéressant.
Une bonne idée, un bon texte et une belle couverture, de quoi me faire passer un agréable moment de lecture.
Seul bémol à noter et qui me chagrine un peu : un nombre assez conséquent de fautes de frappe et d’orthographe. Il manquait des lettres dans certains mots, et parfois des mots étaient employés à la manière d’autres, comme si un correcteur orthographique c’était permis de remplacer un mot par un autre. Une relecture supplémentaire aurait sans doute permis d’enlever toutes ces petites coquilles.

Pour qui : les lecteurs qui aiment s’évader le temps d’une petite histoire rafraichissante et originale, dans un monde onirique et très visuel.

Les + : beaucoup de bonnes idées et un environnement inédit qui ne donne pas d’impression de « déjà lu », une écriture fluide et un concept global très intéressant.

Les – : Il manque une relecture pour avoir un texte parfait.

Infos pratiques
À paraître le 15 mars 2018
Pages : 208
Dimension : 14 × 18.2 cm
Format : Broché
ISBN : 978-2-36183-442-5