Archives des étiquettes : lyon

Zombitions, d’Aurélie Mendonça

Zombitions, d’Aurélie Mendonça (tome 1 du diptyque Zombitions, éditions Rebelles)

Eve est ce que l’on appelle une Nécrocide. Sa raison de vivre est d’exterminer les zombies qui apparaîssent ça et là sur la planète. Pour cela, elle est aidée de la magie, des générations de femmes de sa famille, et d’une chance incroyable.
Il faut dire qu’Evangeline s’en sortait plutôt bien jusqu’à présent. Ou plutôt, elle s’en sortait sans trop faire de vagues.
Mais il y a eu un problème. Un grain de sable est venu perturber le quotidien et la mission d’Eve. Et pas un petit. Un de ces grains de sable inattendu dont on se serait bien passé.
En effet, Evangeline est enceinte.

Second roman que je lis d’Aurélie Mendonça après le très bon Pandemonium, paru aux éditions du Chat Noir, ce roman a été écrit bien avant et j’ai envie de dire que cela se sent.
J’ai passé un bon moment à lire les aventures d’Evangeline, mais plusieurs points m’ont un peu ennuyé.
Cela vient probablement du fait que le livre est court, sans doute trop, pour permettre de développer pleinement l’univers que l’autrice nous propose.
J’ai bien aimé que l’histoire se déroule à Lyon. En effet, je suis toujours très contente quand les auteurs français choisissent de placer leur intrigue dans l’hexagone au lieu de la délocaliser dans un pays US/UK qui sonne plus exotique aux yeux des lecteurs.
Nous avons nous aussi des villes sympathiques et des paysages prometteurs, en France ! Donc même si la ville de Lyon n’est qu’un décor très secondaire tout au long de l’histoire, j’ai apprécié cette mise en scène.
Aussi, j’ai aimé le fait que l’héroïne soit enceinte. C’est tellement peu courant que je pense qu’il s’agit du premier roman que je lis avec cet état de fait. Ici, l’héroïne est enceinte absolument tout le long du livre, et au lieu d’être un éléments secondaire qu’on va vite évacuer du scénario, il s’agit au contraire de l’élément principal. D’ailleurs l’héroïne est attachante car très maladroite et à l’opposé des clichés du genre. Elle réussit beaucoup par hasard et non pas talent ou courage. Elle subit sa condition et en a pleinement conscience, ce qui la rend plus humaine et crédible.
De bons points, donc, qui permettent de lire une aventure qui sort des sentiers battus.
Ce qui m’a en revanche moins convaincu, c’est le manque de développement de l’univers. On nous parle d’énormément de choses et l’histoire part un peu dans tous les sens : on nous parle de zombies, de mages, de magie, des nécrocides et leur organisation, mais aussi pourquoi et comment les zombies apparaissent, comment ils sont gérés, la vie parallèle d’autrice de l’héroïne etc… Cela fait beaucoup d’éléments pour un si petit ouvrage, et il m’a manqué de la matière pour être totalement convaincue. En fait, j’avais même plus de questions que de réponses dans ces pages, notamment au sujet de l’organisation des nécrocides : Elles ne sont pas nombreuses pour tout le territoire, alors comment font-elles ? On dirait que les maîtres attendent gentiment qu’une épidémie soit terminée avant d’en lancer une autre ? N’ont-elles pas peur d’être débordées ? Faire reposer le destin de l’humanité seulement sur des femmes issues de même lignées n’est-il pas dangereux ? Ne peut-on pas choisir de devenir une nécrocide d’une manière ou d’une autre histoire de créer une armée ou de pallier la mort des nécrocides « de sang » qui mourraient sans descendance ?
Il y avait selon moi matière à approfondir pour rendre cet ouvrage plus impactant et le faire passer du statut de « petite histoire sympa » à « univers prenant et inoubliable ». De même que pour ce qui tourne autour du bébé est rapidement expédié et je me suis dit qu’on passait tout un livre à nous parler de ce bébé pour « ça ». C’est dommage, peut-être qu’un travail éditorial aurait permis d’apporter la dimension qui manquait à ce petit livre pourtant plaisant et bien écrit.
A souligner également que ce premier tome se lit comme un one-shot. A la fin de la lecture, on ne ressent pas la nécessité de lire la suite si on n’en a pas envie. L’histoire se termine et il ne reste rien en suspend. Livre au lecteur de poursuivre sa découverte de l’univers de l’autrice ou de passer à autre chose.

Pour qui : les lecteurs qui aiment les histoires de zombies originales, fluides, bien écrites et rythmées.

Les + : Une héroïne originale, une intrigue qui se déroule à Lyon, un style dynamique et fluide, de bonnes idées.

Les – : Beaucoup d’idées et peu de développement, cela manque d’approfondissement pour créer un univers solide et absolument convainquant.

Infos pratiques
Broché : 248 pages
Editeur : Rebelle; Édition : 1e (30 décembre 2014)
Langue : Français
ISBN-10 : 2365382940
ISBN-13 : 978-2365382946

Chimère Captive, de Mathieu Rivero

arpenteurs-reves-1-chimere-captive-mathieu-riveroChimère Captive, de Mathieu Rivero (tome 1 de la trilogie Les Arpenteurs de Rêves, éditions les Moutons Électriques)

Céleste vient d’arriver à Lyon après avoir quitté son île et la petite ville de Port-Au-Riche. Tout est différents ici, et la jeune fille peine à s’intégrer.
Après avoir retrouvé un ami d’enfance, elle loge dans une colocation avec deux garçons aux personnalités différentes et uniques : ils sont tous les deux des arpenteurs de rêves. Céleste apprendra à leur contact qu’elle aussi peut s’introduire dans les rêves d’autrui et les modifier, ainsi que parcourir le Grand Songe.

Chimère Captive est le dernier né de Mathieu Rivero aux éditions des Moutons Electriques. Après le très bon Or et Nuit, il me tardait de me replonger dans un univers poétique créé par le jeune auteur lyonnais.
Ce qui frappe en premier est la taille de l’ouvrage. Il est beaucoup plus fin que son prédécesseur, et se lit par conséquent beaucoup plus vite.
Comme on s’en doute de prime abord, Chimère Captive entrera donc moins dans les détails. Le contenu de l’ouvrage est fidèle à l’idée que l’on peut s’en faire à l’extérieur. On a une intrigue très vite posée, peu de personnages, et une histoire menée rapidement.
J’aime toujours autant l’écriture de Mathieu Rivero, toujours juste, et souvent poétique. Un petit plaisir à lire.
J’ai malheureusement été un peu moins convaincue par cette nouvelle histoire que par la précédente, et je pense que le format du roman y est pour beaucoup.
Car oui c’est bien écrit, oui les personnages ont chacun une personnalité propre, oui le monde créé par l’auteur est original…. mais il est court, il reste en surface. Comme s’il avait été bloqué par un nombre de mots à ne pas dépasser, l’auteur a fait quelques raccourcis qui auraient pourtant mérités d’être développés.
L’exemple le plus flagrant est cette facilité qu’à Céleste à reconnaître qu’elle possède des pouvoirs magiques. Il suffit de lui dire pour qu’elle se rende compte qu’elle, sa mère et sa soeur sont des sorcières. Cela sans poser de questions.
Bien que classique, il aurait été intéressant de voir le chemin d’acceptation de Céleste vers ce nouvel état de fait.
Le reste de l’ouvrage possède aussi quelques facilités, et durant toute la première moitié du livre on se demande où veut nous mener l’auteur, jusqu’au point de rupture où tout prend vraiment forme et tout s’imbrique.
Il faut dire que la capacité à manipuler les rêves des gens est un pouvoir très intéressant qui offre beaucoup de possibilités. Pendant que l’auteur faisait languir le lecteur à savoir ce qu’il allait faire de son histoire, beaucoup de choses me sont passées par la tête, mais pas le tour pris par l’intrigue. C’est une bonne chose. Les éléments s’accélèrent dans la seconde partie du roman comme on dévale des escaliers, allant de mal en pis. Une fois les éléments mis en place, l’auteur se fait plaisir. De ce fait, on voit se dessiner des liens entre les personnages, et des choses restent en suspend pour ce que l’on devine déjà dans la suite de la série.
J’ai apprécié la galerie de personnages et le fait qu’ils ne soient pas très nombreux à tenir un rôle dans ce premier tome. Certains se démarquent déjà (j’aime beaucoup Val, probablement parce que c’est un peintre) et d’autres conservent un fort potentiel que j’espère voir se développer dans les suites (comme la soeur de Céleste).
Ce premier tome est centré sur Céleste donc il est normal que l’on parle d’avantage d’elle. Cependant je vois mal comment l’histoire pourrait se focaliser autant sur un autre personnage. En quelques mots, Céleste semble être la Clé. Rien que son prénom laisse penser que dans ce monde onirique, elle tient une place centrale.
J’ai bien aimé cette jeune fille.
J’ai été contente que la seconde partie de Chimère Captive soit plus rythmée. Il aurait été dommage de m’endormir sur cette lecture et j’avoue avoir eu un peu peur à la lecture des 50 premières pages.
Mon seul regret vient du fait que l’intrigue se déroule à Lyon, une ville que j’aime profondément, et que j’aurais aimé voir plus en avant. Ici Lyon n’est qu’en second, voir troisième plan. Finalement l’histoire pourrait se dérouler n’importe où ailleurs sans que cela ne change quoi que ce soit au déroulement des faits. C’est un peu dommage. La suite viendra peut-être renforcer ce choix. J’espère !
Quoi qu’il en soit j’ai passé avec ce premier tome un bon petit moment. Je regrette encore l’univers oriental d’Or et Nuit et il me faudra sûrement lire la suite de cette trilogie pour la hisser au niveau du premier ouvrage de l’auteur.
Malgré tout, Mathieu Rivero confirme sa maîtrise de la langue française et c’est toujours un plaisir que de lire ses textes.

Pour qui : Si le livre est estampillé plutôt jeunesse, les lecteurs plus âgés pourront y trouver leur compte. Il n’y a pas d’âge pour s’évader dans les rêves.

Les + : Des personnages variés et attachants, une plume toujours aussi maîtrisée et poétique, beaucoup de potentiel dans l’histoire.

Les – : La ville de Lyon assez peu développée, des raccourcis scénaristiques, de manière générale le livre est un peu court alors qu’il aurait pu être d’avantage étoffé.

Infos pratiques
Broché: 176 pages
Editeur : Moutons électriques (18 août 2016)
Collection : Naos
Langue : Français
ISBN-10: 2361832801
ISBN-13: 978-2361832803