Archives des étiquettes : métamorphe

Coeurs hybrides, d’Anna Combelles

Coeurs hybrides, d’Anna Combelles (one shot, éditions L’ivre Book)

Jade et Ethan sont issus de peuples que tout oppose. Malgré cela, l’amour qui brûle entre eux est infini, et inébranlable. La vie a beau vouloir les séparer, leurs coeurs les pousses constamment l’un vers l’autre. Jusqu’au jour où, sur une plage canadienne, les deux amants choisissent de laisser libre cours à leur passion.

Quelle déception que ce livre ! Une de mes dernières lectures de 2018 me laisse un tel sentiment de déception qu’il me faudra vite enchaîner pour ne pas terminer l’année sur une aussi mauvaise note.
Je vous explique.
J’ai acheté ce livre l’année dernière en festival, où j’ai rencontré pour la première fois l’autrice Anna Combelles, que je ne connaissais jusque là que de nom via l’ordinateur.
Ce titre, une romance en one shot, promet sur sa couverture de se dérouler dans un Paris XIXème steampunk, avec des vampires et des loups-garous. Romance, one-shot, Paris XIXème, steampunk, vampires et garous… a priori ce titre avait tout pour me plaire.
Et pourtant ça a été tout l’inverse.
Souhaitant me plonger dans une ambiance steampunk à Paris (puisque je viens d’acheter la superbe intégrale du Paris des Merveilles de Pierre Pevel mais que je ne peux pas emporter le grand livre dans ma petite valise), et a fortiori une romance légère pour les vacances, c’est tout naturellement que j’ai sorti ce titre de ma pile à lire.
Première déception et non des moindres : je cherche encore l’aspect steampunk. C’est vrai, c’est écrit blanc sur noir au dos du livre  » les dirigeables ont conquis le ciel et les robes à dentelles frémissent dans tout Paris. […] Une subtile ambiance steampunk ». Mais qui a choisi d’écrire cela ? Parce que c’est exactement ce qu’on ne trouve pas dans ce livre. Steampunk, cela suppose d’avoir du cuivre, des rouages, des automates, une ambiance victorienne… il n’y a rien de tout cela, ici. L’autrice nous décrit dans le détail l’aspect des meubles de la pièce mais c’est tout. Parfois, on nous cite une marque d’époque pour ancrer le récit dans un fond de vérité, mais dans la mesure où les choses ne sont pas plus décrites on ne sait pas ce que cela signifie. Les vieilles marques de voiture ne me parlent pas, alors ajouter dans le récit qu’il s’agit d’une authentique « Nom de la marque ancienne » ne provoque rien, chez moi. Il n’y a rien de steampunk là-dedans. Peut-être que l’autrice voulait écrire un titre steampunk et s’est fait plaisir à l’écrire au dos de son ouvrage, mais force est de constater que ce n’est pas la vérité. En tant que lectrice qui a acheté ce titre en partie sur cet argument, je suis très déçue. Si vous souhaitez lire du vrai steampunk, lisez la série de Gail Carriger Alexia Tarabotti, L’étrange cas de l’homme mécanique de  Mark Hodder, ou encore Léviathan, de Scott Westerfeld. Mais pas ce livre.
Sur l’histoire d’amour, je suppose qu’on a voulu dépeindre un amour à la Roméo et Juliette mais cela ne fonctionne pas non plus. Quel intérêt que les protagonistes soient de races différentes ? Qu’apporte la magie ? Tout semble survolé dans le texte. L’autrice parle d’une bataille qui a eu lieu on ne sait pas très bien quand auparavant et c’est très confus, je n’ai pas bien cerné les enjeux. Qui sont les gens dont on parle ? Pourquoi ont-il de l’importance ?
L’autrice développe un système d’hybrides et de purs, autour de ce qui s’appelle des Charismas. Ok, il y a du potentiel, mais là encore c’est largement sous-exploité, ce qui rend les « particularités » des protagonistes inutiles. Vous pourriez tout à fait enlever le fait que les héros soient des surnaturels que cela n’enlèverait rien à l’histoire. Là encore je soupçnne l’autrice d’avoir voulu se faire plaisir en incluant des créatures à la mode dans son texte.
Et puis, parlons-en, des héros. Là encore quelle déception ! La préface nous promet une grande histoire d’amour… elle doit être au même endroit que l’ambiance steampunk car je la cherche encore. Tout est classique, rapide, survolé, et donc pas crédible. L’amour au premier regard alors qu’ils s’aiment depuis toujours sans se l’avouer. Ils sont réunis trop facilement, se font accepter tout aussi facilement. A la lecture, je n’ai absolument pas ressenti les difficultés soit-disant éprouvées pour les réunir. Ethan et Jade sont on ne peut plus fades. Aussi, je me suis interrogée sur les moeurs de l’époque. Une jeune fille jolie qui vit sa vie sans chaperon, sans famille qui la tient à l’oeil… je n’y ai pas cru. Je ne suis pas sûre que Jade et Ethan soient des prénoms en vogue dans le Paris du 19ème siècle.
Et la narration rend l’ensemble on ne peut plus confus, ce qui n’aide pas à s’attacher aux personnages.
En effet, je ne sais pas s’il s’agit d’un défaut de mise en page ou si l’autrice l’a voulu ainsi mais la narration mélange les points de vues des deux personnages, si bien que d’une ligne à l’autre tout s’inverse et on ne sait plus dans la peau de qui on est. C’est un vrai problème, d’autant plus que durant une partie de l’ouvrage, les protagonistes utilisent une fausse identité. J’ai eu plusieurs fois l’impression d’une mauvaise utilisation des prénoms mais impossible de savoir puisque je ne savais pas qui parlait. C’était confus, difficile à suivre, et finalement assez peu intéressant.
Vous l’aurez compris, j’ai été extrêmement déçue par ce titre. Peut-être en attendais-je trop ? Toujours est-il que cela n’a pas fonctionné pour moi. J’ai eu l’impression de lire un titre très différent de ce qui est annonce en couverture et par l’autrice elle-même. Dommage.
Par chance, il se lit vite, et sera oublié tout aussi rapidement.

Pour qui : les lecteurs qui cherchent une romance classique et peu profonde.

Les + : De bonnes idées sur le background général, avec les charismas et les races hybrides et pures.

Les – : Il n’y a pas de steampunk dans ce livre, l’histoire d’amour est lisse, prévisible et peu crédible, la narration souvent confuse rend l’ensemble un peu fouillis, et on ne croit pas vraiment à l’ensemble. Avoir inséré des créatures surnaturelles est inutile et n’apporte rien à l’histoire.

Infos pratiques
Broché: 280 pages
Editeur : Sudarènes éditions (10 novembre 2014) – L’ivre-Book 1er semestre 2017
Langue : Français
ISBN-10: 2918413534
ISBN-13: 978-2918413530

Publicités