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Poison, de Sarah Pinborough

Poison, de Sarah Pinborough (tome 1 de la trilogie Contes des Royaumes, éditions Milady)

Lorsque le roi repart sur le champ de bataille, Lilith, désormais seule à la tête du royaume, va mener la vie dure à celle qu’elle hait plus que tout : Blanche-Neige. Cette princesse si belle et généreuse qu’elle en est aimée de tous est une menace. Très vite, Lilith en est sûre : Blanche-Neige doit mourir.
Poison revisite le conte de Blanche-Neige.

A première vue ce petit texte a tout pour plaire. Présenté comme une réécriture moderne du conte des frères Grimm, l’accent est mis sur la méchante reine. Il y avait de quoi faire !
Malheureusement, ce qui devait être un fruit acidulé et doux n’est qu’une pomme empoisonnée.
C’est peu de dire que j’ai été déçue à cette lecture. Heureusement elle fut rapide.
C’est simple : tout est cliché dans ce roman. Du prénom de la méchante reine (Lilith) à la personnalité de Blanche-Neige, il n’y a, à mon sens, rien à sauver.
Le texte dégouline de niaiserie et ne revisite rien. La méchante reine est méchante, point. Et tant pis si son acharnement et ses motivations semblent disproportionnées et digne d’une hystérique. La reine est décrite comme jeune et belle, tout comme Blanche-Neige. La seule différence est qu’on nous explique que Blanche-Neige est aimée de tous et pas la reine. En conséquence, la reine décide de semer la terreur pour se faire aimer… sérieusement ? Cela est si peu crédible que rien de ce que fait la reine ne paraît logique. Elle n’est dans le royaume que depuis 4 ans mais avant que l’auteur insiste sur le fait qu’elle est méchante, le lecteur ne s’en rend pas compte. Je l’ai même plutôt appréciée, au début. Alors pourquoi subitement essayer de tuer Blanche-Neige et devenir odieuse avec le peuple ? Elle ne l’était manifestement pas avant. Ce revirement de situation au début du livre est si faible qu’il n’y a aucune crédibilité. Si la reine avait été âgée j’aurais pu comprendre qu’elle en veuille à Blanche-Neige d’être encore jeune et fraîche. Mais là on nous explique qu’elle est tout comme Blanche-Neige, sauf qu’elle est moins aimée… Peut-être parce qu’elle est encore « nouvelle ». Bref, je n’y ai pas cru une seconde.
Le personnage de Blanche-Neige est elle non plus peu crédible. D’abord dépeinte d’une candeur et d’une bonté à vous donner la nausée tant c’est mièvre, elle bascule complètement dans le dernier tiers du roman pour devenir une sorte de succube assoiffée de sexe. Mais… pourquoi ? Rien ne laissait présager cette personnalité. A aucun moment l’auteur n’a introduit des éléments pouvant laisser penser que derrière cette oie blanche se cachait un loup. Le baiser au chasseur ? Bof, et en plus cela arrive tard. Et c’est tout. J’ai l’impression d’avoir compris que Blanche-Neige offre sa virginité au chasseur mais je n’en suis même pas sûre, d’autant plus qu’à la fin du roman elle est présentée comme très expérimentée donc ce n’est pas une fois qui fera la différence.
Le prince est décevant de niaiserie également.
Je m’attendais à une réécriture vraiment moderne, avec des personnages aux préoccupations solides, actuelles. Pourquoi pas une intrigue placée à notre époque ? Ou au moins à l’époque originale mais avec des personnages aux préoccupations de l’époque, mais crédible.
Grosse déception pour ce premier tome. Etant donné le fait que j’ai achet la trilogie d’un coup lors d’une opération numérique, je vais lise la suite. Cela me permettra de voir s’il s’agit d’un accident de parcours ou d’un désintérêt réel pour la plume de cette auteure.

Pour qui : les lecteurs qui aiment les contes et n’ont pas peur de relire une histoire mainte fois exploitée.

Les + : de bonnes idées et une jolie couverture.

Les – : les personnages ne sont pas crédibles, leurs motivations non plus. Le texte est assez insipide et on s’ennuie. La construction du texte semble assez hasardeuse et l’histoire n’a finalement que peu d’intérêt.

Infos pratiques
Broché: 240 pages
Editeur : Bragelonne (21 mars 2014)
Collection : FANTASY
Langue : Français
ISBN-10: 2811211624
ISBN-13: 978-2811211622

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Lilliputia, de Xavier Mauméjean

lilliputiaLilliputia, de Xavier Mauméjean (one shot, éditions du Livre de Poche)

États-Unis, début des années 1900, les parcs d’attractions ont le vent en poupe. Les visiteurs se pressent pour venir se divertir au milieu d’attractions extraordinaires et d’humains originaux ou monstrueux. Parmi les parcs se trouve Dreamland, et son village Lilliputia, où vivent des nains enrôlés pour leur perfection anatomique (comprendre « sans difformité »). Ce village aux proportions adaptées à la population propose tout ce que l’on peut trouver dans la vie des « Grands », y compris une caserne de pompiers destinée à éteindre les différents incendies programmés afin de mettre du piment dans la journée des visiteurs.
Parmi les « petits » recrutés de force pour servir d’attraction se trouve le jeune Elcana, au potentiel indéniable. Ce polonais s’imposera rapidement comme une personne à part dans ce monde de petits. Un « Grand » qui pourrait libérer l’ensemble des lilliputiens de leur destin de servitude.

Il s’agit du premier texte que je lis de cet auteur dont j’ai déjà entendu parler sans jamais me pencher vraiment sur ses textes.
Lilliputia m’a attiré pour l’ambiance qu’il semblait dégager, et finalement c’est probablement aussi pour cette raison que je suis restée.
Le roman nous plonge au début du XXème siècle, à Coney Island, entre réalité et fiction autour du thème des parcs d’attractions. Je suis assez fan de ces parcs (surtout pour leur ambiance) et n’ai pas été déçue par ce roman immersif à la plume juste et toujours bien placée.
Le personnage d’Elcana, qu’on nous présente grâce à plusieurs générations d’ascendants sans que je n’ai réellement vu l’intérêt, ressemble à un Hobbit doté d’une grande destinée mais qui l’ignore, et doit partir du jour au lendemain vivre une aventure.
En réalité ce roman mélange plusieurs mythes, dont celui de Prométhée. L’auteur fait de nombreux clins d’oeil à cette figure, notamment par le feu, le foie, la force « titanesque » d’Elcana et bien sûr dans la fin du roman, que l’on pourrait interpréter de plusieurs façons.
D’autres références parsèment subtilement l’ouvrage, si bien que je les aies senties sans les voir vraiment puisque je ne les possédais pas toutes.
Il faut dire que les éléments sont très nombreux dans ce récit riche. La galerie de personnages est extrêmement fournie et fait la part belle aussi bien aux vivants qu’aux morts, dont la figure de Sebastian s’érige en dieu suprême.
Globalement j’ai beaucoup aimé l’ambiance, comme j’ai dit. On se trouve assez vite plongé au coeur de ce début de siècle et de Deamland. En revanche, j’ai quelques fois été perdue dans des actions que je ne comprenais pas toujours, et ennuyée par certains passages un peu longs. Le titre est volumineux, et à mon avis on aurait pu y opérer quelques coupes sans que cela ne soit trop gênant. L’auteur remonte parfois très loin dans le temps pour en venir à parler d’un phénomène qui occupe l’instant présent. De même, j’ai regretté le manque d’un fil conducteur, une trame, telle une quête ou un objectif. Car le but final arrive tardivement dans l’histoire et on se demande avant où tout cela va nous mener. La lecture donne l’impression d’avancer au jour le jour sans trop savoir où l’on va et j’aurais aimé que les choses soient un peu plus claires, plus rapidement.
Mis a part cela, la plume de Xavier Mauméjean est agréable à lire, teintée du style de l’époque qu’elle décrit. Cette faculté aide à nous mettre dans l’ambiance. Les personnages sont attachants ou détestables, quoi qu’il en soit ils ne laissent pas indifférents. Loin d’être trop nombreux, ils illustrent le fourmillement des âmes qui peuplent ce gigantesque univers de petits.
La preuve s’il en fallait une, que dans la vie tout n’est pas qu’une question de taille !

Pour qui : les lecteurs qui aiment les livres à ambiance, les histoires de début de siècle et les parcs d’attraction.

Les + : Une ambiance immersive, véritable force du roman. Une galerie de personnage travaillée et fournie, une plume qui sert admirablement cette grande histoire de petits.

Les – : Des passages parfois très longs pour expliquer un événement présent, et des actions dont je n’ai pas toujours bien compris le cheminement. Je regrette également aussi le fait que les liliputiens n’aient pas plus « subis » leur environnement, c’est à dire que quand on est petit mais que tout est à l’échelle, cette particularité n’a plus de sens.

Infos pratiques
Pages :
672 pages
Date de parution:
18/05/2016
EAN / ISBN:
9782253083085