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La 25ème heure, de Feldrik Rivat

La 25ème heure, de Feldrik Rivat (tome 1 du diptyque Les enquêtes de la 25ème heure, éditions de L’Homme Sans Nom)

Paris, décembre 1888. Alors que la dame de fer s’érige, des cadavres disparaissent mystérieusement. Une sombre affaire, à laquelle pourraient être mêlées des forces obscures, secoue la police.
C’est pour cela qu’en hauts lieux, on confie cette troublante histoire au meilleur enquêteur de la capitale, un certain Eude Lacassagne, dit Le Khan, ou encore « La Castagne », pour vous donner un aperçu du bonhomme. Celui-ci est froid, parle peu, et est toujours accompagné d’un moineau.
Aidé d’un nouvel assistant, Le Khan va arpenter Paris en long, en large et en travers, pour tenter de comprendre pourquoi les morts parlent, et surtout ce qu’ils peuvent avoir à dire.

J’ai sorti ce livre de ma PAL où il patientait depuis le dernier salon du livre de Paris, parce que j’avais envie de me plonger dans une ambiance un peu steampunk et parisienne. Vous voyez le genre ?
Pour le steampunk, on n’y est pas vraiment car le style se veut clairement réaliste pour l’époque. En revanche, pour le Paris du 19ème, on est en plein dedans ! Je n’ai donc pas du tout été déçue par ce beau pavé qui, non content de m’avoir ravie, possède une suite (que j’ai également puisqu’achetée en coffret à Livre Paris 2018).
Ce livre est un pavé. En grand format, il fait plus de 400 pages écrites en minuscule. Autant dire quasiment le double sur un livre plus classique. C’est ça qui me plait !
Car en effet, l’auteur a très bien écrit son livre. L’univers est ultra immersif, les personnages drôles, attachants, plein de secrets et de mystères. Ils ont de l’épaisseur, une vraie psychologie… bref, on sent qu’il y a du travail, derrière.
J’ai beaucoup aimé cette première partie au coeur de ce Paris sombre et occulte.
Je dis bien « première partie » parce qu’à mon avis, l’histoire n’est qu’un tout coupé en deux pour cause de volume. On sent dans cette première partie que les éléments de l’intrigue se mettent en place, mais on n’a pas vraiment de réponse. On pose beaucoup de questions sans savoir comment cela va se terminer. Pour résumer : on ne boucle rien, ici. On ouvre juste des portes, on fait la connaissance des personnages, de l’ambiance et de leur vécu. Les dénouements seront pour la suite.
Ce que j’ai aimé, c’est que l’auteur intègre à son univers des éléments surnaturels mais avec parcimonie. On n’est pas perdu au milieu des éléments comme c’est parfois le cas dans les ouvrages où les auteurs s’éparpillent un peu. Feldrik Rivat prend le temps d’installer ses éléments, de les développer, de nous les montrer et de tresser les fils de son intrigue.
La 25ème heure est une enquête, on a donc un duo de policiers comme couple principal. Le duo fonctionne bien, même s’il est assez classique (un chef torturé et avec un passé sombre, et un second plus léger, comique, qui équilibre la balance).
J’ai beaucoup aimé le personnage du Khan. Il m’a ému, tout comme son histoire, et ses histoires. Voilà un personnage épais, sombre, tragique, comme on n’en voit assez peu. Il est du genre à marquer les esprits et s’intègre parfaitement bien dans l’univers du roman.
L’ensemble est rythmé, jamais inutile. Les scènes s’enchaînent et apportent toutes quelque chose à l’ensemble du livre. Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde !
La seule raison pour laquelle ce roman n’est pas un coup de coeur est pour toutes les portes qu’il ouvre sans les refermer. Ainsi, si l’on entrevoit un début d’explication avec les chrysanthèmes noirs (qui donneront leur titre au second tome), je suis restée plus perplexe sur l’explication de « La 25ème heure ». Peut-être un peu perdue dans l’ensemble, pas assez forte. On s’attend à beaucoup de choses et on ne s’y retrouve pas.
Le style de l’auteur est très travaillé, ce qui est d’ailleurs renforcé par un graphisme « art déco » dans le roman. Les éditions de L’Homme Sans Nom ont fait un super travail pour que ce roman devienne un très bel objet, le pari est très réussi, bravo !
J’ai déjà hâte de me plonger avec délice dans le second tome, Le chrysanthème noir, et de retrouver tous les personnages charismatiques et émouvants du premier.

Pour qui : les lecteurs qui aiment les grandes histoires, les histoires au décor et à l’ambiance réaliste avec une pointe de surnaturel, les histoires policières, le paris de la belle époque et les personnages forts.

Les + : Un bel objet, un beau pavé, un style immersif et travaillé, des personnages forts et émouvants, très travaillés et avec une psychologie et un passé fouillé, une histoire originale, une atmosphère peu commune.

Les – : beaucoup de questions et peu de réponses dans ce tome, un titre qui ne trouve pas vraiment de justification, ou alors trop faible.

Infos pratiques
Broché: 400 pages
Editeur : De L’Homme Sans Nom; Édition : 1re (13 novembre 2015)
Langue : Français
ISBN-10: 2918541206
ISBN-13: 978-2918541202

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Depuis l’au-delà, de Bernard Werber

Depuis l’au-delà, de Bernard Werber (one shot, éditions Albin Michel)

ROMAN COUP DE COEUR

Gabriel se réveille un matin avec une excellente idée pour son prochain roman : commencer le récit par cet incipit de choc : « Qui m’a tué ? » .
Il ne pouvait pas se douter qu’à cet instant, cette question allait devenir bien réelle, et pour cause : Gabriel va vite s’apercevoir qu’il a été assassiné.
Aidé par une des meilleure médium au monde, la torturée Lucy Filipini, Gabriel va tout faire pour répondre à cette question et ainsi élucider le mystère de sa propre mort. Une enquête menée en duo à la fois dans la vraie vie, mais aussi depuis l’au-delà.

Il y a très très longtemps, j’ai lu le premier tome de la trilogie des Fourmis. Et puis c’est tout.
Autant dire que j’avais tout oublié ou presque de la plume de Bernard Werber, et de la portée philosophique de ses romans.
On m’a prêté ce titre après me l’avoir chaudement recommandé, et je dois dire que je l’ai dévoré très rapidement.
En effet, Bernard Werber nous parle d’esprit, de mort, de questionnement sur soi et sur sa vie.
Le tout à travers une enquête menée par un duo, chacun d’un côté de la vie, et qui ont tous les deux des réponses à s’apporter.
Ce que j’ai aimé aussi, c’est que l’auteur intercale entre ses chapitres des extraits de son « encyclopédie du savoir relatif et absolu » (que l’on découvre dans ses premiers romans). Il faut savoir que toutes les histoires racontées sont vraies. Cela donne encore plus d’épaisseur au roman et à ce qui nous est présenté.
L’ensemble est crédible, poétique, beau, il tient la route et nous embarque avec lui.
J’ai aimé me divertir et apprendre beaucoup de choses. J’ai aimé me questionner, à la fois sur moi-même mais aussi sur les personnages.
Ce double niveau de lecture est enthousiasmant, d’autant plus qu’il est apporté de façon légère et fluide. Ce n’est pas un roman lourd à lire et qu’il vaut mieux se garder pour un moment où on se sent prêt. Non. Là, j’attendais avec impatience la fin de la journée pour rentrer me plonger dans l’histoire, retourner dans le cabinet de Lucy, découvrir les péripéties des personnages, voler avec Gabriel.
Je me suis dit que cela devait être vraiment bien d’être médium, ou même d’être un esprit. Il y a une forme de dédramatisation de la mort qui soulage et fait du bien dans ce roman.
Les histoires sont belles, la fin aussi. J’ai eu un peu peur que la chute soit décevante, et après quelques explications, elle ne l’est pas. La conclusion vient relever l’ensemble d’une manière maîtrisée et tout à fait poétique. J’ai été conquise. Il y a tellement de métaphores et de sous-entendu dans ce livre qu’on ne peut pas se contenter de simplement le lire. Il faut aussi y réfléchir, y repenser. Le laisser vous imprégner pour se révéler, à la manière d’un vin que vous garderiez en bouche un moment pour lui faire révéler ses arômes. Le titre se décante, s’analyse, se décortique. J’ai aimé me poser tout un tas de questions.
La plume de l’auteur est très addictive, et en même temps très simple. Les évènement s’enchaînent simplement, le tout n’est pas tiré par les cheveux et on prend plaisir à suivre le déroulé de l’intrigue.
Vous l’aurez compris, c’est un grand oui pour moi.
Finalement, la question la plus difficile à laquelle répondre une fois ce roman terminé est la suivante : quel sera ma prochaine lecture de Bernard Werber ?

Pour qui : les lecteurs qui cherchent à voir la vie autrement, ceux qui aiment les histoires de fantômes, et les histoires qui les surprennent.

Les + : Une jolie histoire, un pouvoir poétique et philosophique fort, un style facile à lire et très fluide, léger, des personnages attachants, une conclusion éblouissante.

Les – : Je n’en ai pas trouvé, c’est un coup de coeur.

Infos pratiques
Broché : 448 pages
Editeur : Albin Michel (4 octobre 2017)
Collection : A.M. ROM.FRANC
Langue : Français
ISBN-10 : 2226400303
ISBN-13 : 978-2226400307

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