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Les Dames Baroques Collectif

Les Dames Baroques, collectif (one shot, éditions du Riez)

Les Dames Baroques est un recueil de nouvelles constitué de vingts textes. Les auteurs présents sont : Carole Grangier, Armand Cabasson, Charlotte Bousquet, Karim Berroula, Justine Niogret, Daniel Alhadeff, Cyril Carau, Tephtida Hay, Sophie Dabat, Morgane Guingouain, Sire Cédric, Elie Darco, Léonor Lara, Lucie Chenu, Sophie Goasguen, Jean Lorrain, Joris Karl Huysmans, Pétrus Borel, Madame d’Aulnoy, Jules Barbey d’Aurevilly.

Il convient de rappeler que le terme « baroque » est à prendre dans sa définition d’origine, qui ne détermine donc pas un style artistique mais signifie simplement « original, décalé, un peu fou ». La couverture de l’ouvrage peu justement faire penser au temps où le style baroque était roi mais il n’en est rien. Les héroïnes de ces pages sont toutes baroques à la leur façon.
Et c’est ce que nous avons particulièrement apprécié dans cet ouvrage. Il y en a pour tout les goûts. A travers les pages, vous allez croiser de tout. Du petit texte, du grand texte, de l’époque moderne, de l’inconnue ou de la plus ancienne, du style fluide au plus travaillé, des héroïnes belles ou laides… Bref, chacune des vingt nouvelles est un voyage très différent. Le seul point commun entre toutes est sans doute leur qualité. Tous les textes étant soignés, il est intéressant de voir comment chaque auteur a abordé le même sujet.
La lecture est fluide, nous avons beaucoup apprécié l’ouvrage qui se lit facilement. Les textes sont globalement assez courts et se lisent bien. Il est facile de se dire « encore un » et d’entamer la lecture de l’histoire suivante. On arrive ainsi rapidement à la fin du livre avec une réelle impression de légèreté et de dynamisme. On ne s’ennuie pas une seconde et les vingt plumes nous entraînent avec elles dans autant de bons moments.
Nous avons choisi cette lecture pour alterner entre plusieurs romans volumineux et nous voulions une lecture plus légère, dynamique, plonger dans des histoires courtes et captivantes. Mission pleinement réussie pour ces dames baroques qui nous ont complètement séduites. On ne placera pas l’ouvrage en coup de coeur car nous avons été un peu déçu par la nouvelle qui clos l’ouvrage et ne l’avons pas trouvé bien placée là (puisque de ce fait on ferme le livre sur une moins bonne expérience).

Nous avons particulièrement aimé les nouvelles suivantes :
– Le Bol d’Argent, de Lucie Chenu, pour son originalité et son style.
– Lapidaire, de Karim Berrouka, pour sa beauté émouvante.
 Le jour de la Belladone, de Justine Niogret, pour son héroïne touchante et rusée.
– Les Crocs de la Basilicate, d’Elie Darco, pour son héroïne singulière et la chute de l’histoire.

D’autres textes nous ont un peu moins convaincus :
– Serments, éternels serments d’amour, de Léonor Lara, pour son héroïne pas toujours très honnête.
– La Princesse aux Lys Rouge, de Jean Lorrain, pour l’immense impression de gâchis provoqué par le scénario de son texte.
– La Reine Margot, de Joris Karl Huysmann, pour sa trop grande rapidité.
– Le Cachet d’Onys, de Jules Barbey d’Aurevilly, pour son style un peu trop chargé à notre goût.

Pour qui : Les lecteurs qui aiment les recueils de nouvelles, les textes de tous types et de tous styles, ceux qui veulent s’évader et vivre des aventures originales.

Les + : La grande diversité des thèmes, la richesse des idées autour du même sujet. Tous les textes sont agréables à lire, originaux et fluides. Le livre se lit de façon dynamique et rapide, on passe d’une histoire à une autre avec plaisir même si parfois certaines nous emportent un peu plus que d’autres. Nous avons vécu toute une palette d’émotions diverses grâce à cet ouvrage. De plus et comme toujours, les Editions du Riez proposent ici un très bel écrin pour ces petits bijoux. Le talent romantique et mélancolique de Natalia Pierandrei correspond tout à fait à l’atmosphère du livre qui en devient ainsi aussi agréable à regarder qu’à consulter.

Les – : L’ordre des nouvelles, le texte final nous a un peu embêté car comme nous avons moins aimé nous avons terminé sur un texte mitigé. Mais ce n’est qu’un avis personnel.

Infos pratiques :

Broché: 300 pages
Editeur : Editions du Riez;  (30 novembre 2010)
Collection : Brumes Etranges
Langue : Français
ISBN-10: 2918719080
ISBN-13: 978-2918719083

L’Enfant des Cimetières de Sire Cédric

L’Enfant des Cimetières, de Sire Cédric (one shot, éditions du Pré aux Clercs)

David, jeune photographe pour un journal local, va se retrouver plongé au cœur d’une étrange affaire mêlant légende urbaine, meurtre et ésotérisme.
Des crimes sordides parfois maquillés en suicide, des ombres qui rampent et gémissent en attendant de plonger leurs crocs acérés dans votre chair, une équipe de police totalement désabusée… que se passe t–il donc dans cette ville pourtant si paisible avant que quelqu’un n’évoque, pour la première fois depuis des années, la terrible histoire de « l’enfant des cimetières » ?

 

Je me dois d’être honnête avec vous, chères lecteurs. Lorsque j’ai ouvert ce livre pour la première fois, je suis partie avec une idée préconçue. Je ne connaissais de Sire Cédric que son livre « Angemort », que j’avais lu avec un peu de mal (certains passages étant vraiment difficiles à lire, selon moi, car beaucoup trop sexuels (voir pornographiques à certains moments)). De plus, pour l’avoir rencontré ou aperçu à plusieurs reprises, il me semblait que Sire Cédric devait être avant tout un personnage plutôt qu’un auteur.

Lorsque j’ai commencé ma lecture, je n’espérais que deux choses : que ce livre ne soit pas à l’image d’Angemort, et que Sire Cédric arrive à me transporter suffisamment pour me faire oublier son personnage.
Deux jours ont suffit pour que je parvienne à la fin de ce livre, et je dois dire, de façon très très enthousiaste, que le paris est largement gagné et mes craintes loin derrière moi.

Pourtant, l’ombre d’Angemort planait sur le prologue, qui nous raconte l’enfantement et la naissance d’un démon, ou comment une démone se fait mettre enceinte par des morts. Réjouissant.

Cependant, j’étais loin d’imaginer ce qui allait suivre. Dès le premier chapitre, le lecteur est plongé dans un univers on ne peut plus … « normal ». Le décor est rapidement planté. Le journaliste, David Ormeval arrive sur une scène de crime effroyable pour prendre des photos, en compagnie de son amie et collègue Aurore, tout deux travaillant pour un journal local. Deux, trois clichés photographiques plus tard, le mal était fait : les deux amis seront inévitablement mêlés, et bien malgré eux, à cette affaire.

S’en suit alors des découvertes macabres, des coïncidences trop grosses pour être vraies, une enquête de police qui avance trop lentement, et ce mystérieux personnage adolescent albinos qui semble être le lien entre toutes ses histoires peu ordinaires.
De son côté, David mène l’enquête, et il a une bonne raison pour ça (à vous de lire et de découvrir laquelle). Et ses découvertes vont le mener au-delà de la réalité. (Un des passages les plus jubilatoires pour moi est celui durant lequel David cherche des réponses dans le Necronomicon, d’H.P Lovecraft, dont la description n’est pas sans nous rappeler l’édition parue aux éditions du Pré aux Clercs (on imagine donc ici un clin d’œil à peine voilé à la maison d’édition de l’auteur), ainsi que la mention des deux livres d’Allan Kardec, le Livre des Esprits et le Livre des Médiums. Deux références en matière d’ésotérisme.

Le récit est rythmé et le déroulement énergique. Pas une minute de répit ne sera accordée aux protagonistes. Vers la fin du roman, on se demande même comment fait David pour se tenir encore débout (l’auteur lui a vraiment fait subir tout ce qu’il pouvait subir). L’histoire n’a rien de prévue à l’avance, pas une seule fois vous ne pourrez vous dire « je m’en doutais ». Le tout étant placé dans un environnement et une époque très actuelle pour accentuer l’idée que tout ceci pourrait être tiré d’un fait réel.
Le style d’écriture est plutôt fluide et agréable. Cependant, il faut avoir le cœur bien accroché car ce livre contient  » de nombreuses scènes de violence et de sang », comme disent les jeux vidéos… Mais une fois que vous aurez commencé la lecture, comme moi, vous ne saurez plus vous arrêter.

En clair, ce roman est une belle réussite, mais également une très bonne surprise pour moi. Merci à l’auteur d’avoir réussi à me captiver autant.
Ainsi, il est maintenant certain que derrière le personnage charismatique de Sire Cédric se cache un artiste très talentueux.

Pour qui : Ce livre s’adresse principalement à ceux qui aiment les histoires avec beaucoup d’action, d’ésotérisme, les histoires sombres.
Ce livre n’est quand même pas à mettre dans les mains de trop jeune personne.

Les + : un récit rythmé, une histoire peu banale, de l’ésotérisme maitrisé et pas cliché.

Les – : les litres de sang présent dans ce livre peuvent heurter les plus sensibles

Infos pratiques :

Broché: 427 pages
Editeur : Le Pré aux Clercs (5 mars 2009)
Collection : Thriller gothique
Langue : Français
ISBN-10: 2842283570
ISBN-13: 978-2842283575

Par Rowena