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Le royaume assassiné, d’Alexandra Christo

Le royaume assassiné, d’Alexandra Christo (one shot, éditions De Saxus)

Du haut de ses dix-sept ans, Lira est une sirène très célèbre. En effet, elle est celle que l’on surnomme « la dévoreuse de Princes », parce qu’elle ne s’attaque qu’à eux. Son but : prendre leurs coeurs. Chaque année, à l’occasion de son anniversaire, la sirène choisi une proie et lui arrache le coeur.
Elian est le Prince de Midas, le territoire d’or. On dit que son sang n’est que de l’or en fusion. A dix-neufs ans, il n’a pas l’intention de monter un jour sur le trône de son royaume. Ce qu’il veut, c’est parcourir les mers et détruire le peuple des sirènes. Particulièrement la légendaire dévoreuse de Prince.
Quand ces deux-là vont se trouver réunis par la force du destin, ils devront prendre conscience de leur vraie nature, et de la puissance de leur humanité.

Une histoire de sirènes, ce n’est pas courant. Voilà pourquoi je me suis dirigée vers ce titre lorsque j’en avais lu le résumé en ligne.
Il faut dire aussi que la très belle couverture m’avait attirée?
Je me suis procuré le livre en version collector, avec la couverture rigide, et ne suis pas en mesure de dire si les superbes dessins intérieurs sont aussi présents dans la version classique, mais je pense que oui.
Comme vous l’avez compris, sur la forme, le livre est un bel objet.
Côté fond, j’ai découvert la plume de l’autrice, que je ne connaissais pas. L’ensemble n’était pas mal bien que souffrant de défauts que j’ai probablement relevés parce que mes propres vingts ans commencent à s’éloigner.
Alors qu’on me promettait « un monde de beauté et de monstruosité qui emportera les lecteurs », « une réinterprétation hallucinante de La Petite Sirène », j’ai surtout eu affaire à un roman très adolescent et fleur bleue cousu de fil blanc.
La plume d’Alexandra Christo paraît elle-même adolescente, tant elle est naïve. Le vocabulaire est plutôt plat et je tiens à souligner qu’à de nombreuses reprises il manque des mots dans les phrases. C’est dommage, pour un livre de cette qualité. Une relecture supplimantaire aurait pu permettre de corriger ces erreurs.
Au-delà de cela, l’ensemble reste très naïf. Il se passe des choses, oui, et l’histoire ne manque pas de rebondissements. On a affaire à une bande de pirate et une sirène qui découvre qu’elle peut marcher.
Mais le tout manque, contrairement à l’océan, de profondeur.
Je n’ai pas ressenti la découverte du corps humain par Lira, qui se met à marcher sans s’offusquer en quelques minutes et ne s’en plain pas. Je n’ai pas non plus ressenti l’âge des personnages, qui se comportent comme des gens très mâtures alors que pour l’une elle n’est même pas majeure. En fait, le livre en fait à la fois trop et pas assez.
Trop dans sa grandiloquence, parce qu’on nous présente une héroïne qui se sacrifie pour celui qu’elle voulait tuer hier et qu’elle ne connaissait pas, dans le côté théâtral et peu crédible de bien des actions et répliques, dans la force des émotions surgies de nulle part… et pas assez justement dans ce qui lie les personnages, leur passé, leurs motivations. De fait, beaucoup de leurs actions semblent disproportionnées et donc peu crédibles. Les relations entre plusieurs personnages ne sont pas assez développées. J’aurais aimé en voir/apprendre plus sur Madrid et Torik, dont le duo m’intéressait plus que celui de Lira et Elian.
Cela aurait sans doute mieux rendu à l’écran, dans un film américain d’une heure et demie, mais dans un livre où on a tout l’espace pour s’exprimer, l’ensemble est un peu rapide à mon goût. Les personnages sont clichés, leurs actions aussi… Pourtant Alexandra Christo a trouvé une mission commune avec assez d’enjeu pour me donner envie de lire jusqu’au bout, me demandant comment tout cela allait pouvoir se terminer. On trouve quelques intrigues politiques que j’aurais aimé voir se développer d’avantage, et une stratégie finale intéressante.
Il y a de bonnes idées dans ce livre.
Malheureusement, je l’ai acheté pensant trouver un livre sombre et sanglant pour les adultes, et j’ai surtout trouvé une romance guimauve pour un public plus jeune.
Alors certes, je n’ai pas trouvé dans ce livre ce que j’étais venue chercher, mais il plaira sans doute à son public. La lecture n’en reste pas moins agréable et j’ai passé un bon moment. Moi qui ne lisais plus beaucoup ces derniers mois, j’ai repris goût à cette activité grâce à ce bel objet facile à lire.

Pour qui : Les lecteurs qui aiment les romances mignonnes, faciles et adolescentes.

Les + : de bonnes idées et un bel objet. Il y a dans ce livre un début de quelque chose, avec des intrigues politiques, une certaine mythologie et une quête aux multiples issues possibles. L’ensemble se lit bien.

Les – : je regrette le nombre de mots manquants dans ce texte, une relecture aurait fait du bien. L’histoire est trop facile, rapide, grandiloquente, et manque de profondeur.

Infos pratiques
Éditeur ‏ :
‎ De Saxus (26 novembre 2020)
Langue ‏ : ‎ Français
Relié ‏ : ‎ 499 pages
ISBN-10 ‏ : ‎ 2378760671
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2378760670

Ainsi coule le sang de Venise, de Floralie Resa

Clio est une fiancée de la mer, autrement dit : une Sirène. Elle vit à Venise, la ville d’eau, à laquelle elle aurait dû se marier lors d’une cérémonie magique.
Mais celui qui aurait pu le faire a été assassiné, la laissant maudite pour l’éternité.
Sans mariage, Clio est condamnée à boire du sang.
Un jour, alors qu’elle se trouve en salon, elle fait la connaissance d’un curieux personnage qui a l’air d’en savoir beaucoup sur les créatures surnaturelles. Venise bruisse de tensions venues de peuples différents.
Alors Clio retrouve espoir : et si, en dépit des dangers, elle pouvait faire renaître la cérémonie du mariage et échapper enfin à la malédiction ?

J’étais impatience de découvrir ce roman car il traite d’un sujet que l’on voit peu en littérature (bien qu’il semble revenir à la mode en ce moment) : les sirènes. Des sirènes à la sauce vampire, même ! Je voulais découvrir.
De plus, l’histoire se passe à Venise, décors que j’aime tout particulièrement lorsqu’il s’agit de littérature. J’avais envie de voyager dans la Sérénissime et de plonger dans la lagune.
Or, une fois ma lecture terminée, me reste en tête cette impression de fouillis propre à un roman qui a voulu trop en dire et en a dit trop peu.
En effet, si l’ouvrage est bien écrit, avec un vocabulaire riche et soigné, n’en reste pas moins une histoire confuse dans laquelle j’ai eu l’impression que l’autrice voulait un peu tout dire.
Résultat, j’ai été perdue.
Pour commencer, je n’ai pas bien compris le lien entre le fait d’être une sirène pas mariée/maudite et de devoir boire du sang… En gros être un vampire sirène. J’ai eu du mal à adhérer à ces deux choses si peu cohérentes l’une avec l’autre. Pourtant j’aime bien le mélange des genres et je suis toujours curieuse d’en lire, mais là, il m’a manqué quelque chose pour que les deux parties se mélangent en un ensemble cohérent, d’autant plus que les vampires sont aussi présents comme une espèce à part entière. Cela a renforcé mon esprit de confusion : les vampires peuvent donc se « mélanger » à d’autres espèces surnaturelles ? Si, non, pourquoi ?
Est-ce que se marier est la quête principale de l’héroïne ? Je n’ai pas compris l’objectif premier de Clio.
Aussi, on nous parle des Francs saliens (français ?) comme d’un peuple qui est arrivé en ville et cherche plus ou moins à en prendre possession. De fait, on a là un combat inter-espèces ou inter-peuples ? Les problématiques ne sont pas les mêmes, j’ai eu l’impression que l’histoire jouait sur plusieurs niveaux sans jamais choisir vers lequel elle penche. Parce que les francs saliens sont-ils tous des vampires ? Ou non ? Y a-t-il des vampires Vénitiens ?
Si cette information est donnée dans le livre, elle m’a échappé.
On croise aussi des personnages historiques, comme Hans Christian Andersen (romancier, dramaturge, conteur et poète danois connu notamment pour être l’auteur de La petite Sirène) et Madame de Staël (romancière, épistolière et philosophe genevoise et française) dont l’héroïne elle-même semblait avoir compris qu’elle était morte, mais en fait non.
La situation semble confuse pour les personnages également.
J’ai eu l’impression que le but de l’histoire était de nous montrer l’origine du conte de La Petite Sirène, mais ce n’est pas bien amené et j’en doute encore.
L’autrice a voulu placer trop d’éléments trop différents dans son oeuvre. Je suis de celles qui pensent qu’on peut toujours tout dire et mettre dans un roman pourvu qu’on prenne le temps d’intégrer les éléments. En d’autres termes : beaucoup d’éléments différents demande beaucoup de place et du temps pour l’installer. Ce qu’on n’a pas du tout ici.
Pour être honnête, j’ai même mis un certain temps avant de comprendre quel était le prénom de l’héroïne.
Le fait que j’ai lu ce roman en pointillés sans pouvoir m’y plonger une bonne fois pour toute de manière durable a peut-être joué sur mon ressenti, mais je n’ai pas réussi à entrer dans l’univers. Je m’y suis noyée.
J’ai donc été plutôt déçue par cette lecture que j’aurais aimé apprécier mais qui n’a pas su m’emporter avec elle.

Pour qui : les lecteurs qui cherchent une histoire originale et qui auront le temps de dévorer ce titre d’un trait pour tout comprendre.

Les + : un style travaillé et un vocabulaire riche. De bonnes idées et la mise à l’honneur d’une créature que l’on ne voit pas assez souvent en littérature.

Les – : trop d’éléments trop différents qui ne se sont pas mariés. L’histoire, les personnages, leurs motivations et leurs objectifs sont restés trop confus pour moi.

Infos pratiques
ISBN-10 :
2373420848
ISBN-13 : 978-2373420845
Éditeur : Petit Caveau Editions (23 novembre 2020)