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Rouille, de Floriane Soulas

Rouille, de Floriane Soulas (one shot, éditions Pocket)

Violante n’a aucun souvenir de sa vie ou de son identité. Prostituée la plus en vue de la capitale, tous les hommes sont à ses pieds et certains sont prêts à dépenser des fortunes pour le plaisir de passer un moment avec elle.
Mais toute cette vie n’est pas la sienne, elle le sait. Violante n’a plus qu’un étrange médaillon comme témoignage de sa vie d’avant. Qui est-elle ?
Lorsque sa meilleure amie est retrouvée atrocement assassinée alors que la période est trouble, Violante décide de mener l’enquête. Elle pourrait bien découvrir la vérité sur l’affaire, sur la nature de la Rouille, cette nouvelle drogue à succès à Paris, et sur elle-même.

J’ai découvert ce roman en poche alors que j’en avais beaucoup entendu parler à sa sortie. Il a en effet reçu de nombreux prix qui lui ont offert une jolie tribune et une belle visibilité.
Or, j’ai tendance à me méfier des oeuvres qui raflent des prix. Rarement convaincue, j’ai tendance à m’interroger sur la réelle raison (et la façon) de distribuer des prix aux oeuvres et je suis rarement de l’avis des juges.
Pourtant, ici, le résumé du titre me plaisait et j’avais envie de passer un moment à découvrir la plume de Floriane Soulas.
Je n’ai pas été déçue !
L’histoire a le mérite de sortir des sentiers battus à plus d’un titre : il nous plonge dans une époque steampunk qui n’est pas légion dans les rayons des librairies, et cela se passe à Paris (ce qui n’est pas sans me rappeler l’excellente trilogie de Pierre Pevel et son Paris des Merveilles), il y a une enquête, et l’héroïne est une prostituée amnésique.
Beaucoup d’éléments qui font dès le départ se démarquer le roman.
J’ai aussi été rapidement aspirée dans le livre. La plume est immersive, descriptive mais pas trop et alterne dialogues, actions et descriptions avec succès. L’univers original ne nous perd jamais car l’actrice arrive à bien doser les apports d’imaginaires à notre réalité. Je ne me suis jamais ennuyée car l’enquête progresse et l’histoire plonge dans le mystère à mesure que l’on tourne les pages.
Mais surtout je me suis attachée aux personnages.
C’est rare pour être souligné mais je crois que je les ai tous aimé, ou j’ai aimé les détester, pour de bonnes raisons. J’ai beaucoup aimé Violante et je n’avais pas envie de la quitter. Hugo m’a émue, et les compagnons de Violante m’ont touchés pour leur côté ambivalent. Rien ni personne ou presque n’est gentil ou méchant. Chaque personnage a ses objectifs et sa personnalité. Ils font en sorte d’y parvenir. On comprend les intérêts économiques du réseau dans lequel Violante est intégrée etc…
Alors pourquoi ce livre n’est-il pas un coup de coeur ?
Il n’est pas passé loin, c’est vrai. A vrai dire, cela repose sur un seul choix scénaristique que je ne peux pas révéler sans vous gâcher la surprise. Sachez juste que l’explication derrière tout le roman, le « pourquoi tout ça », ne m’a pas convaincue. J’ai trouvé la raison déjà vue, banale, sans originalité, là où tout le roman est justement dans l’innovation et l’originalité. Ce qui m’a un peu déçue et ne fait pas de ce roman un coup de coeur.
Toutefois, je comprends très bien, pour une fois, les prix qu’il a reçu. Il est original, bien écrit, émouvant, tout ce que les lecteurs peuvent chercher lorsqu’ils ouvrent un livre.
Et puis c’est un succès issu d’une plume féminine, ce qu’il faut également soutenir !
Je découvrirai d’autres titres de cette jeune actrice avec le même plaisir que j’ai lu cette singulière Rouille.

Pour qui : les lecteurs qui aiment les histoires steampunk, les histoires originales, les histoires émouvantes aux personnages attachants.

Les + : un livre bien écrit, le mystère s’épaissit de page en page, l’univers est bien dosé entre les ajouts propres à ce monde et notre réalité, les personnages sont attachants, l’héroïne originale.

Les – : La grande explication derrière toute l’intrigue n’est pas à la hauteur du reste du livre.

Infos pratiques
Poche :
432 pages
Editeur :
Pocket (12 mars 2020)
Collection :
Science-fiction
Langue :
Français
ISBN-10 :
2266306634
ISBN-13 :
978-2266306638

Les compagnons de Roland – une aventure de Gabriel Dacié, de François Peneaud

Les compagnons de Roland – une aventure de Gabriel Dacié, de François Peneaud (tome 1 Des aventures de Gabriel Dacié, les saisons de l’étrange 1, éditions des Moutons Électriques)

Paris, 1932. Joyeuse, la célèbre épée de Charlemagne, a été dérobée dans le laboratoire où elle était étudiée. Aussitôt, le professeur en charge de l’étude confie l’affaire à l’aventurier le plus réputé de son époque : Gabriel Dacié. Un pilote célèbre pour ses inventions et pour sa victoire sur la Baleine de Rascon en 1922.
Aidé par une équipe d’amis aux compétences variées, les protagonistes vont découvrir que derrière ce vol se cache des ambitions bien plus étendues et dangereuse. Il en va de l’avenir de la France.

Quatrième et dernier ouvrage que je lis dans cette première saison des Saisons de l’étrange (après 115° vers l’épouvante, de Lazare Guillemot, Le nombril du monde, de Roland C. Wagner et Ann Radcliffe contre les vampires, de Paul Féval, je n’avais en effet contribué que pour ces titres-là et pas la saison entière), je découvre la plume de François Peneaud et son aventurier steampunk.
Bien que j’ai lu tous les ouvrages de manière extrêmement étalée dans le temps, je peux affirmer que ce petit livre est celui que j’ai préféré de mes lectures.
En effet, il est dynamique, actif, et surtout j’ai trouvé le groupe de personnages très attachants.
L’histoire prend place dans un Paris des années 30 aux allures steampunk, comme le laisse entendre la couverture signée Melchior Ascaride, graphiste officiel de cette collection d’ouvrages.
L’influence steampunk et ésotérique est présente tout au long de l’ouvrage et m’a fait pensé, dans son ambiance, à la série du Protectorat de l’Ombrelle, de Gail Carriger, bien que cela soit plus prononcé chez cette dernière.
Si j’ai apprécié cette ambiance « révolution industrielle », il m’a en revanche manqué des pages pour être totalement sous le charme de ce titre qui a pourtant tout le potentiel pour me faire fondre.
En effet, les évènement s’enchaînent si vite que j’ai parfois eu un peu de mal à suivre. Plusieurs arcs narratifs se croisent, on trouve de l’ésotérisme, des références médiévales, des pyramides en 4 dimensions, un vol, deux disparitions, un coup d’état et des histoires d’amour.
Cela fait beaucoup en si peu de pages, à peine 175.
Pour moi le récit, en dépit de ses qualités, aurait gagné à être plus développé. Il aurait gagné en lisibilité et en profondeur. En tant que lectrice, j’ai eu parfois du mal à accepter certains faits (l’énergie mentalique, la notion de Tesseract, qui est restée floue…) que j’ai pourtant trouvé intéressants et qui manquaient de développement.
D’ailleurs la fin est à l’image du livre tout entier : une impression d’inachevé, une frustration face au manque de développement. Cela laisse clairement entrevoir une suite (que j’ai effectivement loupé puisque je n’ai pas participé à la campagne pour la saison 2 dans laquelle une suite a été éditée).
Bref, ce petit livre se lit très vite, voire trop. Sa qualité est donc son principal défaut et il m’a manqué de la matière pour véritablement le garder en mémoire, contrairement à d’autres titres bien plus volumineux tels que L’étrange cas de l’homme mécanique, de Mark Hodder, par exemple. Certes, le principe de cette série de romans n’est pas d’avoir des briques, mais dans ce cas l’intrigue principale était peut-être un peu trop ambitieuse pour le volume final escompté.
Mis a part ce problème de dosage, j’ai beaucoup aimé le groupe de personnages principaux. Chacun a son caractère, et j’ai noté une volonté de sortir des sentiers battus en proposant à la fois une femme scientifique et intelligente et un couple homosexuel (dont le héros lui-même). C’est inhabituel et bienvenu. Toutefois, j’ai trouvé l’aisance avec laquelle tous ces faits sont dépeint plutôt anachroniques. Si je n’en suis pas choquée en tant que lectrice des années 2019, je doute que cela fût aussi simple à imposer dans la société d’il y a 100 ans, fût-elle fantasmée et steampunk. Là encore un développement plus approfondi aurait sans doute aidé à faire passer cet état d’esprit moderne.
Quoi qu’il en soit, Les Compagnons de Roland reste une petite lecture sympathique pour cette saison de l’étrange. Malheureusement, le manque de volume de l’ouvrage risque de le faire oublier aussi vite qu’il aura été lu.

Pour qui : les lecteurs qui aiment les histoires courtes et rythmées, les personnages attachants et originaux.

Les + : de bonnes idées et du potentiel. J’ai apprécié trouver des références médiévales car cela n’est pas fréquent en littérature de l’imagine et c’est dommage.

Les – : beaucoup trop de choses en peu de pages. Le roman souffre d’un manque évident de matière pour en faire un ouvrage marquant.

Infos pratiques
Poche : 176 pages
Editeur : Moutons électriques (5 avril 2018)
Collection : Les saisons de l’étrange
Langue : Français
ISBN-10 : 2361834561
ISBN-13 : 978-2361834562

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