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Apostasie, de Vincent Tassy

apostasieApostasie, de Vincent Tassy (one shot, éditions du Chat Noir)

Anthelme est fatigué du monde. C’est pourquoi il se réfugie dans une forêt, loin de tout, et vit de peu de choses. Son quotidien est rythmé par les livres, qu’il dévore sans modération. Il est bien connu à la bibliothèque du village voisin.
Jusqu’au jour où, à l’occasion d’une nouvelle visite dans ce lieu d’évasion, Anthelme fait la connaissance d’un mystérieux homme qui lui annonce qu’il le cherchait… depuis trois ans !
Quelqu’un souhaite le rencontrer pour lui raconter l’histoire la plus fabuleuse de sa vie.
Qui sera justement une histoire de mort.
Hanté par l’image d’une jeune princesse nommée Apostasie, Anthelme ne connaîtra plus la paix avant de l’avoir retrouvée.

Ce premier roman de Vincent Tassy arrive comme une bombe dans le milieu des publications imaginaires. Cela fait bien longtemps que je n’avais pas lu de roman de ce genre, depuis la regrettée maison Nuit D’Avril, pour tout vous dire.
En effet, Apostasie est un conte gothique, mélancolique et macabre, au doux parfum de spleen et servi sur un plateau en os.
Apostasie est une princesse perdue dont l’ombre plane au-dessus du roman tout le long. Le roman, une fois terminé, fait l’effet d’un parfum capiteux qui flotterait dans l’air longtemps après que son porteur soit parti.
C’est un titre qui vous prend, vous entraîne, avec son style chargé et suranné, dans les méandres d’un monde à la fois merveilleux et terrifiant.
Ce qui est déroutant, c’est que l’intrigue nous entraîne dans un univers totalement hors du temps. Cependant, vers la fin du livre, Vincent Tassy place son intrigue en France.
Ainsi, le livre oscille constamment entre l’onirisme et la réalité. Les personnages de Vincent Tassy vont et viennent comme des esprits torturés. Car torturés, ils le sont. Au point de faire vivre au lecteur une large palette d’émotion, allant du malaise à la tristesse, car on s’attache à ses âmes maudites.
Anthelme est une victime malgré lui. Victime de créatures aux desseins qui le dépassent. La plume de Vincent Tassy l’anime comme une marionnette et le rend terriblement émouvant. Quant à Apostasie, c’est un peu la Godot de Beckett. On l’attend tout le long du texte. Car Apostasie n’est pas vraiment une présence physique. Pour moi, c’est une présence qui hante le récit jusque dans son coeur. Lorsque l’on s’arrête sur la définition du mot dans la langue française, on voit qu’il signifie globalement le fait d’abandonner aux choses que l’on croit, de renoncer.
N’est-ce pas le coeur de l’ouvrage ? N’est-ce pas l’histoire d’un renoncement ? Le titre du roman, qui de prime abord peut sembler étrange quand on voit la place concrète du personnage éponyme dans le récit, est en fait totalement justifié. C’est même un titre extrêmement bien choisi car il est à l’image du roman : subtil.
Finalement, on découvre un récit d’une incroyable poésie, emplit de métaphores, d’images oniriques, d’âmes torturées et de mélancolie.
Rien de très joyeux ne sort d’Apostasie. Le récit est sombre, gothique, ténébreux. En cela il rappelle les débuts de Sire Cédric et notamment sont Angemort. Une telle plume manquait dans mon paysage.
Une belle découverte. Je me demande ce que pourra écrire Vincent Tassy après cette entrée fracassante dans le paysage français. Une chose est sûre : la barre est placée très très haute, pour le plus grand plaisir des lecteurs conquis, dont je fais déjà partie.

Pour qui : les lecteurs en quête de récit sombre, d’une plume poétique, de personnages mélancolique et gothique.

Les + : Une plume envoûtante, mélancolique, poétique, au service d’un conte gothique sombre et tragique.

Les – : Les qualité de ce livre sont également ses défauts. Le livre ne pourra pas plaire au plus grand nombre.

Infos pratiques
Broché: 334 pages
Editeur : Editions du Chat Noir (31 mars 2016)
Collection : Griffe sombre
Langue : Français
ISBN-10: 2375680022
ISBN-13: 978-2375680025

Le Sang de Robespierre, d’Alfred Boudry

le sang de robespierreLe Sang de Robespierre, d’Alfred Boudry (one shot, éditions Le Peuple de Mü)

Cinq vampires sont réveillés une nuit de 1843 par les vers d’un étrange poème. Passé la stupéfaction, les cinq compagnons se mettent en quête de résoudre cette énigme.
Leurs aventures vont les amener à réécrire un pan complet de notre histoire franco-germanique à l’aube de la révolution française.

Le Sang de Robespierre est un de ses livres de taille raisonnable qui contient pourtant une mine d’information.
Autant dire qu’il faut rester très concentré à la lecture pour ne rien laisser échapper.
Le roman, qui se déroule en 1843, est écrit avec un style immersif propre à l’époque dont il traite. Cela n’est pas sans rappeler La Vampire, de Paul Féval. Quelques longueurs sont à noter, mais n’entachent pas la lecture. On sait que le style de cette époque veut cela.
Mais là où La Vampire m’avait rapidement perdu, Le Sang de Robespierre a su me captiver jusqu’à la fin.
Pourtant, le titre est plutôt complexe.
En effet, l’auteur nous entraîne sur les traces d’une foule de personnages historiques ayant existé et qui seront sans nul doute bien connus des lecteurs. Outre Robespierre, on croire pratiquement toutes les grandes figures révolutionnaires (quel que fût leur camp), des poètes, des alchimistes, des femmes de., et il faut beaucoup de concentration pour ne pas s’y perdre.
Le livre, dont les chapitres portent tous le nom d’une arcane de tarot, conte plusieurs nuits durant lesquelles notre groupe d’attachants vampires mènent l’enquête.
Je confesse quelques errances, peinant à me rappeler de tous les détails justifiants que l’on en arrive au point de l’histoire, mais je pense avoir globalement tout compris.
Si le livre peut sembler chaotique dans son déroulement, il s’agit en fait d’un grand foutoir, dans lequel l’auteur aurait jeté pêle-mêle des noms célèbres, des événements connus et des lieux renommés, qui finissent par s’assembler et former une oeuvre d’une incroyable intelligence.
Vraiment.
J’ai été bluffée par ce livre.
Premièrement parce qu’il parvient à tirer une histoire cohérente et quasi crédible du désordre apparent, réécrivant l’histoire de la révolution à grands coups de société secrète, d’expériences occultes et de divination.
Ensuite parce que l’auteur se joue avec brio de son lecteur, au point de créer de la chute après la chute, quitte à retourner complètement l’angle de son histoire. J’ai trouvé cela tellement bien fait que j’ai eu envie de lire le livre une seconde fois.
Enfin parce que j’ai apprécié les explications finales, qui donnent corps au livre. L’auteur a tellement pensé et travaillé son oeuvre que chaque détail a une explication. J’ai apprécié me laisser surprendre, et trouver une réponse à tout (j’aime que tout s’explique).
Le Sang de Robespierre est un de ses livres que vous vous prenez dans la figure sans comprendre tout ce que cela implique, et qui décante ensuite dans votre esprit pendant plusieurs jours, révélant ainsi sa brillance.
Une très bonne découverte !

Pour qui : Les lecteurs qui aiment réécrire l’Histoire, ceux qui aiment les grands personnages, les styles immersifs et les histoires complexes.

Les + : Un style immersif qui nous plonge au coeur de l’époque, des idées intelligentes et marquantes, un jeu subtile avec le lecteur qui tourne et retourne la situation comme on a peu l’habitude de le voir.

Les – : Quelques longueurs, surtout vers la fin, et un grand nombre d’information qui peut facilement perdre les lecteurs les moins attentifs.

Infos pratiques
2ème édition
Nombre de pages (papier) : 404
Illustration (visage) : Cédric Poulat
Dépôt légal : mai 2015
ISBN papier : 979-10-92961-26-3
ISBN Numérique : 979-10-92961-45-4

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