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Immortel, d’Annabelle Blangier

Immortel, d’Annabelle Blangier (one shot, éditions du Petit Caveau)

Un meurtre sanglant dans la petite ville sans histoires de Rochereau. Le capitaine Deville est chargé de l’enquête.
La victime a été retrouvée pendue par les pieds et vidée de son sang.
Très vite, des rumeurs circulent, les journaux et la population parlent d’un vampire. Mais est-ce crédible ? Tout le monde sait que ces monstres n’existent pas.
Pendant ce temps, la jeune Adeline s’ennuie chez elle. Alors qu’elle tombe sur une vieille photo de guerre, elle trouve que le soldat ressemble étrangement à son voisin. Elle décide donc d’aller lui rendre une petite visite.

Immortel est un titre assez épais récemment sorti aux éditions du Petit Caveau.
Il raconte, comme bon nombre d’ouvrages avant lui, les péripéties d’un enquêteur à la recherche de la vérité suite à un meurtre.
Le scénario est construit de sorte que nous avons deux histoires en parallèles : celle de l’adulte Deville, très cartésien et rationnel, et celle d’Adeline, sa fille, rêveuse et créative.
Le problème, c’est que j’ai détesté Adeline dès les premières lignes, et que le scénario de Deville, qui avait de loin ma préférence, s’est terminé en une suite de péripéties brouillonnes qui m’ont perdues.
Malheureusement je n’ai pas du tout adhéré à ce roman.
Je m’explique.
Pour commencer, la figure d’Adeline. Je l’ai trouvé à la fois extrêmement clichée, et proprement insupportable. La probabilité qu’elle trouve dans un manuel d’histoire une photo datant de la guerre de 1914 et qu’elle reconnaisse son voisin m’a laissé sceptique. En effet la qualité d’image de l’époque était plus que moyenne, alors si vous y ajoutez une mêlée de soldat, l’action et tout ce qui s’en suit, il faut non seulement un très bon oeil mais aussi une chance insolente.
Adeline a beaucoup de chance dans tout ce qu’elle fait, et je l’ai trouvée pénible, indiscrète, acharnée de manière irrationnelle. Morgane Crane a eu bien de la patience.
Pour ma part je l’aurais flanquée à la porte plus d’une fois. D’ailleurs j’ai trouvé son attitude assez peu crédible et naturelle. Cette détermination à agir seule et à se jeter dans la gueule du loup sans avoir peur une seule seconde est un peu trop extrême pour que j’y adhère. Le personnage manque de nuance.
Quant à Deville, j’ai beaucoup plus apprécié. Il est plus réfléchi et cherche les vraies explications. Il a les pieds sur terre et cherche des éléments rationnels avec sang froid.
Enfin, le personnage de Morgane Crane est l’une des plus grandes faiblesses du roman. Ce ne sera pas spoiler le roman que de dire que dès son premier échange avec Adeline, il lui révèle qu’il est un vampire.
Oui.
Mais non.
Ce n’est pas possible. Je n’y crois pas. S’il suffisait de demander à un vampire s’il en est un pour qu’il vous dise naturellement « bien sûr », ça se saurait. Comment les vampires auraient-ils pu rester caché depuis si longtemps, alors ?
Toutefois le roman explore quelques pistes intéressantes. Il essaie de nous surprendre (de manière plus ou moins réussie) avec une chute inattendue, et de nous expliquer la dualité entre la part humaine et la part de monstre que nous avons en chacun de nous.
La figure de l’homme au masque sur le visage ne m’a pas convaincue non plus. Elle n’est à mon sens pas assez développée pour qu’elle nous fasse frémir. Il fallait peut-être ajouter une part de frisson au roman, qui malheureusement n’arrive jamais.
Je regrette simplement qu’à nouveau cela n’ait pas fonctionné sur moi. Il n’y a aucun indice qui pouvait laisser supposer de la fin, si bien qu’elle m’a fait l’effet d’un cheveux sur la soupe. Les explications fournies ne tenaient pas vraiment debout. Cette histoire de secte, de lettres… on manque d’éléments pour leur donner toute leur crédibilité. L’autrice s’est sans doute embarquée dans une idée un peu trop grande pour elle et a été un peu dépassée.
Je ne peux pas trop entrer dans le détail pour ne pas spoiler les lecteurs. Sachez simplement que le roman n’a pas pris pour moi.
L’univers fouillé permet d’entrer dans une intrigue construite mais sans doute pas assez fine et profonde pour me séduire. Je le regrette.

Pour qui : les lecteurs qui aiment les histoires surprenantes et les enquêtes.

Les +  : de bonnes idées de scénario, suivre deux histoires parallèles est intéressant, le style de l’autrice est fluide et permet de bien suivre.

Les – : les personnages agissent souvent de façon peu crédible, les explications fournies ne sont pas convaincantes.

Infos pratiques
Broché
Editeur : Petit Caveau Editions (19 août 2018)
Langue : Français
ISBN-10 : 2373420570
ISBN-13: 978-2373420579

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Les loups de Kharkov, de Alexis Lorens

Les loups de Kharkov, de Alexis Lorens (one shot, éditions du Petit Caveau)

Une danseuse étoile est retrouvée assassinée sur une voie ferrée. Suivra bientôt une autre.
Que se passe-t-il ? Pourquoi un monstre s’en prend-t-il à ses jeunes filles ?
A Paris, la police est sur l’affaire. Les inspecteurs Xavier Kerlann et François Fernandez auront bientôt la charge de résoudre cette sanglante enquête.
De Paris à New-York, et avant que le chronomètre ne soit écoulé ; ils vont devoir suivre la piste des Loups de Kharkov.

Ce roman avait tout pour me plaire : une chouette couverture, un résumé alléchant, une histoire qui promettait d’être haletante et intrigante, sombre et avec des vampires…
Malheureusement, elle n’a pas été à la hauteur de mes espérances. Les soucis que j’ai rencontré avec ce livre sont multiples. Je m’explique.
Publié en 2010, je l’ai acheté il y a deux ou trois ans lors d’une opération « 1 mois 1 maison 1 achat ». Je collectionne les ouvrages des éditions du Petit Caveau et j’apprécie de me procurer les titres que je n’ai pas encore en papier de temps à autre.
J’avais réussi à ne pas trop regarder celui-ci jusque là, puis je suis revenue sur mon avis et l’ai acheté. Une intrigue policière au pays des ballets et avec un fond de vampire, ça ne pouvait que me plaire.
Or, une fois l’histoire refermée, je n’ai pas retrouvé toutes les promesses que m’a faites ce titre.
Premièrement, il se passe en 1936/1937. C’est intéressant, sauf que je n’ai pas vraiment vu l’intérêt. L’ambiance n’est pas suffisamment dépeinte pour que l’on se sente réellement plongé dans l’entre-deux guerres. L’auteur place ça et là des éléments de décors, tels des noms de rues ou des personnages illustres, mais j’ai surtout eu l’impression qu’il s’était renseigné sur internet pour les placer au lieu de les insérer subtilement dans son ambiance. De fait, l’énumération reste froide et m’a laissé à l’extérieur de l’époque.
Ensuite, les ballets russes. Que ce soit la couverture ou le résumé, on nous annonce que les victimes sont « de jeunes et jolies danseuses de ballet ». Cela semble avoir son importante. Pourtant, je ne l’ai pas ressenti. Je n’ai pas compris pourquoi les meurtriers s’attaquaient principalement aux ballerines. Elles auraient tout aussi bien pu être vendeuses en épicerie ou secrétaires, le résultat aurait été le même.
Le groupe de meurtriers, qui se font appeler « Les Loups de Kharkov » et donnent en même temps leur nom au livre : je n’ai pas non plus compris leurs motivations. Pourquoi se surnomment-ils ainsi ? Quel est le but ? Pourquoi laisser des cadavres en plein milieu du chemin au lieu de dissimuler leurs actes ?
Parce qu’à agir comme ça, c’est le meilleur moyen d’attirer l’attention de la police, ce qui n’a pas manqué d’arriver.
La figure vampirique n’est pas assez creusée également. On joue sur l’ambiguïté, certes, mais cette ambiguïté n’arrive qu’en toute fin et n’a que peu d’impact sur le livre. Ils auraient pu être des humains ordinaires, cela n’aurait pas changé l’histoire.
Histoire qui se déroule de manière très filaire, comme si l’auteur suivait un plan étape par étape. J’ai regretté le manque de « tiroirs » dans l’intrigue, un élément pourtant récurrent dans la littérature polar/thriller d’aujourd’hui.
Bref, j’ai manqué de clés, d’explications. L’ensemble du roman passe très vite sur beaucoup d’éléments d’intrigues et de background. La romance entre Xavier est Émilie tombe comme un cheveux sur la soupe et n’apporte rien.
J’ai singulièrement manqué de matière.
Le livre n’est pas très épais, moins de 200 pages. Il ne fallait donc pas que l’intrigue soit trop complexe, au risque de manquer de détails. Ce qui a été le cas ici. J’ai manqué d’à peu près tout.
Finalement, en refermant le livre, il ne me reste pas grand chose. J’ai lu ce livre rapidement et je l’ai déjà oublié. Dommage pour un auteur tel qu’Alexis Lorens. C’est le premier livre que je lisais de lui bien que je le connaissais de nom. Une erreur de parcours ?

Pour qui : les lecteurs qui aiment les histoires rapides et qui vont à l’essentiel.

Les + : un style fluide et agréable, qui se lit bien. Une plume maîtrisée.

Les – : trop peu d’informations sur les personnages, leurs singularités, leurs motivations, et les relations entre eux. On a l’impression de suivre simplement les étapes d’un plan, sans forcément tout comprendre des motivations profondes.

Infos pratiques
Date de parution : 10 mars 2010
ISBN : 978-2-9533892-5-8
Nombre de pages : 204
Illustration de couverture : B.

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