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Lignes de vie, de Graham Joyce

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Lignes de vie, de Graham Joyce (one shot, éditions Bragelonne)

ROMAN COUP DE COEUR

La petite ville de Coventry, en Angleterre, a été durement frappée par un bombardement dans la nuit du 14 au 15 novembre 1940. Ses habitants essaient de reconstruire autant la commune que leurs vies, certains y parviennent mieux que d’autres.
Nous sommes à quelques années de la guerre. C’est l’époque où les gens recommencent à se projeter, à inventer, à espérer.
Sur les marches d’une église, une jeune femme de 22 ans s’apprête à abandonner son enfant.
Pour la seconde fois.

Cette première lecture de Graham Joyce n’est pas prête de s’effacer de ma mémoire. Ce roman est l’un de ceux auxquels vous ne vous attendez pas, et qui vous emporte avec lui.
Au départ, on ne voit pas très bien ce que vient faire un tel texte chez Bragelonne. Et puis, au fil des pages, on se dit que, quand même, c’est Bragelonne, il faut bien qu’il y ait du… mais… attendez ?
Hé oui, le fantastique vient prendre place dans un récit ancré fermement dans la réalité.
Ici l’histoire se déroule peu après la seconde guerre mondiale, à Coventry.
J’ai beau être intéressée par cette période, je ne connaissais pas l’épisode du bombardement de cette petite ville anglaise. Graham Joyce parvient à nous apprendre des choses, le tout dans une ambiance émouvante et prenante. On est dans la vie de ces personnages atypiques sans tomber dans le cliché des fermiers de campagne. Chacune des situation est émouvante, et on a même une pointe de comique introduite par un personnage qui ne finit jamais ses phrases.
Le style est immersif, juste, sans fioritures. Graham Joyce n’ensevelit pas son texte sous des tonnes de descriptions inutiles : il va droit au but et fait mouche à chaque fois. Si bien qu’on ne se perd ni ne s’ennuie jamais. Le roman passe vite, et la lecture oblige le lecteur à se poser des questions pendant le cheminement de l’intrigue.
Ce sont des Lignes de vie singulières que nous présente l’auteur, et qui auraient pu exister.
J’ai personnellement beaucoup aimé le personnage de Cassie. Émouvante, torturée, est-elle folle ou victime de choses qui la dépassent ?
Le récit oscille entre le fantastique et la folie. Quel crédit accorder aux personnages ?
Le personnage de Frank est aussi très attachant. Tout comme sa mère, il est une sorte de marionnette incapable de prendre sa vie en main du fait de sa jeunesse. Cela nous le rend particulièrement attachant.
Pour résumer, j’ai tout aimé dans ce livre. Et en plus, ce qui ne gâche rien, cette histoire continue d’occuper mon esprit. C’est le signe d’une histoire qui marque, d’une histoire que je n’oublierai pas. D’un coup de coeur.

Pour qui : Les lecteurs qui cherchent une histoire originale, poignante, émouvante, et historique.

Les – : C’est un coup de coeur, je n’en ai pas trouvé.

Infos pratiques
Broché: 354 pages
Editeur : Bragelonne (25 août 2005)
Collection : Fantasy
Langue : Français
ISBN-10: 2915549362
ISBN-13: 978-2915549362

Anno Dracula, de Kim Newman

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Anno Dracula, de Kim Newman (tome 1 de la série Anno Draculaéditions Bragelonne)

Des prostituées sauvagement assassinées dans le lugubre quartier de Whitechapel, une célèbre reine britannique mariée à un vampire, et des créatures de plus en plus nombreuses… plongez au coeur du Londres de Kim Newman : celui de Jack l’Eventreur.

Londres, l’époque victorienne, Jack l’Eventreur… je ne compte plus le nombre d’histoires déjà lues et qui revisitent ce mythe. A commencer par Le Manoir des Immortels, d’Ambre Dubois, ouvrage mêlant lui aussi des vampires.
Dracula, Stoker, Holmes… autant de figures réelles ou fictives que la littérature a maintes et maintes fois reprises au point d’en user leur intérêt jusqu’à la corde.
J’ai eu du mal à entrer dans cet Anno Dracula, premièrement parce que je n’étais que moyennement emballée à l’idée de lire une nouvelle version d’un mythe vu et revu, mais aussi parce que la multitude de personnages portent tous des noms, des surnoms et des titres qu’il faut mémoriser sans faillir pour suivre l’intrigue.
Je me suis procuré l’ouvrage car j’avais été intriguée par l’engouement qu’il a suscité lors de sa sortie et j’avais le sentiment d’avoir dans les mains un incontournable du genre.
Pourtant, comme je viens de le dire, j’ai eu du mal à entrer dedans. Mais je me suis accrochée.
En fait, cela va probablement vous faire sourire, mais mon salut est venu alors que je désespérais à remettre des visages sur des noms, lorsque je suis allée voir sur internet la couverture du livre (je lisais en numérique).
Ce fut la révélation.
Tout simplement parce que les designers ont eu l’excellente idée de faire de cette couverture une sorte d’affiche victorienne sur laquelle les personnages principaux sont cités avec noms et profession, telle l’annonce d’une pièce de théâtre ou d’un film.
Dès lors, j’ai pu mémoriser les principaux protagonistes et je me suis pleinement glissée dans l’histoire.
Je n’ai pas la suite pas été déçue et je me suis même félicitée d’avoir persévéré.
L’histoire est très fouillée, trop peut-être, mais l’ambiance victorienne est parfaitement dépeinte de la première à la dernière page. Les vampires sont crédibles et s’intègrent bien à l’histoire. Leurs motivations, toutes très complexes, se tiennent, et on suit l’enquête avec une certaine avidité.
Kim Newman a su donner à son roman une ambiance d’époque, y compris dans l’enquête. On trouve des sociétés secrètes, des monstres sanguinaires, des traîtres et des comploteurs. Dans le plus pur style anglais. Dracula se fait discret, c’est une figure citée qui n’est presque jamais présente et dont l’ombre plane tout au ling de l’ouvrage. Un choix judicieux, une manière d’ajouter en finesse une pierre au mythe. La reine Victoria subit le même traitement, ce qui permet d’idéaliser un couple avant de le voir sous son vrai jour et créer un effet de surprise intéressant.
Et franchement, sitôt les difficultés d’appellations surmontées, ce roman est un plaisir à lire. L’auteur a glissé dans ses pages une foule de clin d’oeils empruntés ça et là aux plus grandes oeuvres de la littérature anglaise et vampirique.
Oui, c’est clair, Anno Dracula est un monument de la littérature vampirique, à lire absolument quand on aime la littérature de l’imaginaire.
Et ce que j’ai encore plus apprécié, ce sont les annotations finales. Là où cela m’avait semblé indigeste dans Echopraxie, là l’auteur nous présente chacun de ses emprunt et clin d’oeils, et j’ai à nouveau ressenti l’impression d’avoir eu affaire à des acteurs qui ont joué d’autres rôles dans d’autres oeuvres et/ou d’autres époques.
J’ai donc beaucoup aimé cet univers que je ne regrette pas d’avoir approfondi.

Pour qui : Les lecteurs qui aiment les vampires, les histoires qui revisitent des faits divers réels, et ceux qui ont envie de lire une histoire de vampires qui sort de l’ordinaire. Ceux aussi qui aiment le vieux Londres victorien et les ambiances bien posées.

Les + : Une ambiance bien posée et prenante, un mythe revisité avec beaucoup de réussite puisque tout se tient, un univers travaillé, une galerie de personnages fournies et variés, et une plume délicate qui nous plonge immédiatement au cœur du Londres victorien.

Les – : Beaucoup de personnages et d’informations à ingurgiter en peu de temps au début du roman ce qui peut le rendre difficile d’accès aux lecteurs qui n’ont pas envie de se casser la tête.

Infos pratiques
Poche:
648 pages
Editeur : Le Livre de Poche (16 avril 2014)
Collection : Fantastique
Langue : Français
ISBN-10: 2253177245
ISBN-13: 978-2253177241

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