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Dragon Déchu, de Peter F. Hamilton

Dragon Déchu, de Peter F. Hamilton (one shot, éditions Bragelonne)

Lawrence rêvait de devenir pilote de vaisseau et participer à la conquête spatiale. Malheureusement dans la vie, rien ne se passe jamais comme prévu. Trahi au plus profond de son âme, le jeune homme va s’engager dans la dernière Grande Compagnie, et deviendra rapidement un bon agent chargé d’aller procéder à des « retours sur investissements » sur les différentes planètes colonisées par l’espace. Développer de nouveaux mondes n’est plus rentable et les entreprises qui ont le monopole utilisent des méthodes peu orthodoxes pour s’enrichir. Cela au détriment des populations locales.
Lawrence, qui préparait sa vengeance personnelle depuis longtemps, ne se doutait pas que lors d’une de ses missions, il allait rencontrer une résistance particulièrement efficace.

Ce livre était dans ma PAL depuis longtemps et je l’en ai sorti avec l’envie de me plonger dans une grande histoire de SF. Peter F. Hamilton est sans doute l’un de mes auteurs de SF favoris depuis que j’ai lu, il y a longtemps, son inoubliable tétralogie de L’étoile de Pandore. Je savais donc qu’en ouvrant ce texte, je partais dans une aventure longue et complexe, fascinante autant que passionnante, et je n’ai pas été déçue.
Comme souvent avec cet auteur, le livre est épais. Je ne le voyais d’ailleurs pas aussi vaste lorsque je l’ai entamé (661 pages écrites en tout petit dans cette belle édition anniversaire sortie chez Bragelonne en 2016). Au moins le voyage a-t-il été long et j’ai pu en profiter pleinement.
Ce que j’aime avec cet auteur, c’est qu’il prend le temps d’installer ses univers, ses personnages, ses réflexions. Ici encore, on découvre et on s’attache aux vies des uns et des autres. Il devient compliqué de trouver un héros principal et des antagonistes, tant chaque personnage possède ses forces et ses faiblesses. Ils sont tous très humains.
L’autre point fort de Peter F. Hamilton est l’accessibilité de son propos. Certes, on joue, comme dans L’étoile de Pandore sur une réflexion personnelle (c’est à vous d’arriver à vos propres conclusions) mais l’histoire est accessible. Elle ne fourmille pas de termes ultra-scientifiques, de descriptions incompréhensibles ou d’images irréalistes. On a presque l’impression de lire un thriller lorsqu’on plonge dans un texte de Peter F. Hamilton (c’était encore plus vrai dans son diptyque La Grande Route du Nord, que j’avais également beaucoup aimé).
Dans ce roman, l’auteur nous parle de la colonisation de planètes par l’espèce humaine, et de leurs développements propres. A qui appartiennent les planètes colonisées ? Aux entreprises qui ont permis le phénomène ou aux êtres qui les habitent ? A quoi sert la connaissance ? Où se situent les limites de la morale ? Doit-on toujours se battre pour la cause que l’on croit juste ?
Beaucoup de questions philosophiques sont soulevées par ce livre et j’ai passé un très bon moment à lire le cheminement de l’histoire.
Sans surprise, le rythme est intense. Mis a part quelques scènes un peu longues et sans grand intérêt, tout a son importance dans le texte. Rien n’est laissé au hasard, et j’ai même refermé le livre avec la gorge serrée par l’émotion.
J’ai lu plusieurs chroniques expliquant que ce titre est le meilleur de l’auteur mais je ne suis pas d’accord. Il est unique en son genre, et unique tout court (c’est le premier one-shot que je lis de l’auteur), mais j’ai un peu moins adhéré à la fin que dans les deux séries que j’ai lues précédemment. C’est un avis tout personnel, parce que j’ai estimé la révélation finale un peu trop décalée à mon goût.
Toutefois, le titre, comme toujours, colle bien à l’ambiance et à l’histoire, toute en subtilité. J’ai beaucoup aimé le personnage de Lawrence et ses motivations.
Encore une belle oeuvre signée par l’un des maîtres du genre.

Pour qui : les lecteurs qui aiment les belles et longues histoires de SF, qui ont envie de s’attacher à des personnages, d’entrer en profondeur dans la vie d’un univers.

Les + : un texte rythmé et au style accessible, à la portée même des moins habitués du genre. On a comme toujours chez cet auteur de belles idées développées finement et avec intelligence. C’est fluide et bien mené, les technologies développées sont réalistes… j’ai voyagé de la première à la dernière ligne.

Les – : J’ai un peu moins adhéré à la résolution finale que dans les autres ouvrages de l’auteur, et j’ai relevé un ou deux passages un peu longs et pas forcément utiles.

Infos pratiques
Broché: 590 pages
Editeur : Bragelonne (24 mai 2006)
Collection : Science-fiction
Langue : Français
ISBN-10: 2915549818
ISBN-13: 978-2915549812

Days, de James Lovegrove

Days, de James Lovegrove (one shot, éditions Bragelonne)

En Angleterre, Days est une institution. Premier giga-store du monde (et sans aucun doute le plus beau), il promet à ses clients de vendre tout ce qu’il est possible d’acheter sur la planète.
Réservé aux acheteurs pouvant s’offrir un droit d’entrée, on se bouscule pour en parcourir les allées. C’est même pour certain le rêve de toute une vie.
Pour d’autres, le rêve est de le quitter définitivement.
C’est ainsi que nous suivons une journée dans le quotidien de Days. Une journée durant laquelle Linda va voir sa vie changer, et Frank prendre une grande décision.
Mais peut-on réellement échapper à la diabolique mécanique de Days ?

Ce livre était dans ma PAL depuis près de 4 ans. Sorti en 2014 à l’occasion de l’opération « 10 ans de Bragelonne », je l’avais acheté car le concept me plaisait énormément. Société de consommation dénoncée à travers un roman où l’absurdité des grands magasins est poussé à son paroxysme, il me semblait que cela pouvait être intéressant.
Néanmoins, je ne m’y suis mise que tardivement, occupée par d’autres livres.
Je ne regrette pas d’avoir attendu car j’avoue que le livre n’est pas tout à fait à la hauteur de ce que j’espérais.
En effet, si le concept est bien présent, la mise en scène est extrêmement poussive. Il m’a fallut lire un bon tiers du livre pour commencer à entrer dedans tant la narration est extrêmement lente.
James Lovegrove a choisi de ne raconter qu’une journée dans la vie de son magasin, et étire à l’infini cette journée pour la faire tenir sur un volume raisonnable.
Ainsi, les chapitres sont le minutage de ce jour. Et l’auteur nous décrit absolument tout dans les moindres détails, y compris quelle face de la tartine l’un des personnages aime beurrer le matin.
C’est ainsi qu’on se retrouve avec une foule de détails sans intérêt qui n’ont pour objectif que de remplir et meubler, à la manière d’un Zola payé à la page, et de nous assommer sous une foule d’information.
Je me suis donc accrochée. Je trouvais plus d’intérêt dans le personnage de Linda que dans le personnage de Frank. Puis sont arrivés les 7 frères et leur obsession des chiffres.
D’ailleurs le chiffre 7 est omniprésent dans l’ouvrage, et pourrait à lui seul faire l’objet d’une chronique entière, même s’il est finalement moins bien traité que ce que je pensais.
Une fois passé les 100 premières pages (et peut-être même toute la première moitié), le livre devient intéressant. James Lovegrove commence à ajouter des actions et une intrigue à son roman qui n’était jusque là qu’une looongue description comme vous l’avez compris.
C’est pas mal. J’ai bien aimé, même si l’auteur fait passer les amoureux des livres papier pour des excentriques complètement barrés. Il y a des choses intéressantes à dire dessus.
La fin part en cacahuètes. La réaction finale des frères m’a choqué et je ne l’ai pas trouvé très crédibles, bien qu’on tente de la justifier. La fin justifie-t-elle les moyens ? Il semble que dans cette société consumériste, oui. Mais dans la mienne, pas vraiment.
En revanche j’ai beaucoup aimé la scène de bagarre dans le rayon des instruments de musique du tiers-monde, ou les explications sur la manière dont le magasin fonctionne. On y croit car bien qu’absurde, cela pourrait arriver.
C’est pour ce manque de finesse que ce roman, qui partait pourtant très bien grâce à son concept, me laisse un goût extrêmement mitigé en bouche. Les idées sont bonnes, le message est intéressant, mais la manière de le mettre en musique ne m’a pas convaincu. J’ai été assez étonnée de ce choix de la part de Bragelonne, tant j’avais adhéré à l’ouvrage Lignes de Vie, lui aussi acheté lors de l’opération des 10 ans.
Je garderai donc de ce titre un souvenir déçu, celui d’un rendez-vous manqué avec une oeuvre grandiose.

Pour qui : les lecteurs qui aiment les ouvrages qui font réfléchir sur la société et le monde qui nous entoure.

Les + : de bonnes idées, un concept intéressant, une écriture soignée.

Les – : trop de descriptions inutiles qui ne font que remplir l’espace, il ne se passe pas grand chose et quand arrive enfin un peu d’action, elle n’est pas toujours très crédible.

Infos pratiques
Traducteur : Nenad SAVIC
Date de parution : 27/01/2005
Nombre de pages : 334
Format : Grand format
Edition : Brochée
EAN : 9782915549089
ISBN : 2915549087

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