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Days, de James Lovegrove

Days, de James Lovegrove (one shot, éditions Bragelonne)

En Angleterre, Days est une institution. Premier giga-store du monde (et sans aucun doute le plus beau), il promet à ses clients de vendre tout ce qu’il est possible d’acheter sur la planète.
Réservé aux acheteurs pouvant s’offrir un droit d’entrée, on se bouscule pour en parcourir les allées. C’est même pour certain le rêve de toute une vie.
Pour d’autres, le rêve est de le quitter définitivement.
C’est ainsi que nous suivons une journée dans le quotidien de Days. Une journée durant laquelle Linda va voir sa vie changer, et Frank prendre une grande décision.
Mais peut-on réellement échapper à la diabolique mécanique de Days ?

Ce livre était dans ma PAL depuis près de 4 ans. Sorti en 2014 à l’occasion de l’opération « 10 ans de Bragelonne », je l’avais acheté car le concept me plaisait énormément. Société de consommation dénoncée à travers un roman où l’absurdité des grands magasins est poussé à son paroxysme, il me semblait que cela pouvait être intéressant.
Néanmoins, je ne m’y suis mise que tardivement, occupée par d’autres livres.
Je ne regrette pas d’avoir attendu car j’avoue que le livre n’est pas tout à fait à la hauteur de ce que j’espérais.
En effet, si le concept est bien présent, la mise en scène est extrêmement poussive. Il m’a fallut lire un bon tiers du livre pour commencer à entrer dedans tant la narration est extrêmement lente.
James Lovegrove a choisi de ne raconter qu’une journée dans la vie de son magasin, et étire à l’infini cette journée pour la faire tenir sur un volume raisonnable.
Ainsi, les chapitres sont le minutage de ce jour. Et l’auteur nous décrit absolument tout dans les moindres détails, y compris quelle face de la tartine l’un des personnages aime beurrer le matin.
C’est ainsi qu’on se retrouve avec une foule de détails sans intérêt qui n’ont pour objectif que de remplir et meubler, à la manière d’un Zola payé à la page, et de nous assommer sous une foule d’information.
Je me suis donc accrochée. Je trouvais plus d’intérêt dans le personnage de Linda que dans le personnage de Frank. Puis sont arrivés les 7 frères et leur obsession des chiffres.
D’ailleurs le chiffre 7 est omniprésent dans l’ouvrage, et pourrait à lui seul faire l’objet d’une chronique entière, même s’il est finalement moins bien traité que ce que je pensais.
Une fois passé les 100 premières pages (et peut-être même toute la première moitié), le livre devient intéressant. James Lovegrove commence à ajouter des actions et une intrigue à son roman qui n’était jusque là qu’une looongue description comme vous l’avez compris.
C’est pas mal. J’ai bien aimé, même si l’auteur fait passer les amoureux des livres papier pour des excentriques complètement barrés. Il y a des choses intéressantes à dire dessus.
La fin part en cacahuètes. La réaction finale des frères m’a choqué et je ne l’ai pas trouvé très crédibles, bien qu’on tente de la justifier. La fin justifie-t-elle les moyens ? Il semble que dans cette société consumériste, oui. Mais dans la mienne, pas vraiment.
En revanche j’ai beaucoup aimé la scène de bagarre dans le rayon des instruments de musique du tiers-monde, ou les explications sur la manière dont le magasin fonctionne. On y croit car bien qu’absurde, cela pourrait arriver.
C’est pour ce manque de finesse que ce roman, qui partait pourtant très bien grâce à son concept, me laisse un goût extrêmement mitigé en bouche. Les idées sont bonnes, le message est intéressant, mais la manière de le mettre en musique ne m’a pas convaincu. J’ai été assez étonnée de ce choix de la part de Bragelonne, tant j’avais adhéré à l’ouvrage Lignes de Vie, lui aussi acheté lors de l’opération des 10 ans.
Je garderai donc de ce titre un souvenir déçu, celui d’un rendez-vous manqué avec une oeuvre grandiose.

Pour qui : les lecteurs qui aiment les ouvrages qui font réfléchir sur la société et le monde qui nous entoure.

Les + : de bonnes idées, un concept intéressant, une écriture soignée.

Les – : trop de descriptions inutiles qui ne font que remplir l’espace, il ne se passe pas grand chose et quand arrive enfin un peu d’action, elle n’est pas toujours très crédible.

Infos pratiques
Traducteur : Nenad SAVIC
Date de parution : 27/01/2005
Nombre de pages : 334
Format : Grand format
Edition : Brochée
EAN : 9782915549089
ISBN : 2915549087

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Bagne, de Cécile Duquenne (Les Foulards Rouges T1)

Bagne, de Cécile Duquenne (Les Foulards Rouges T1, éditions Bragelonne)

Sur Bagne, la planète prison, une jeune femme solitaire est perçue comme la plus grande tueuse qui soit : Lara. Fille du leader de la prison, elle mène son monde à la baguette, avec ses deux pistolets, surtout.
Alors qu’elle n’y croyait plus, on lui propose un jour une mission périlleuse mais pleine de promesses : s’évader.
C’est que Lara a laissé beaucoup de choses sur Terre. Son passé, mais pas que.

J’ai eu l’occasion de prendre l’intégrale de la saison 1 de ce feuilleton numérique (composé originellement de 6 épisodes, l’intégrale de la saison 1 est également disponible au format papier) lors d’une grosse opération de Bragelonne. A l’époque, j’avais été attirée par l’ambiance steampunk promise, ainsi que par la plume de l’auteure, que j’avais déjà croisée ça et là dans diverses anthologies.
Cette première saison est une bonne découverte.
J’ai apprécié me plonger dans la lecture de ces six épisodes bien menés, où chaque fin vous laisse sur un ckliffanger de folie qui vous donne envie de lire la suite.
Nous suivons les aventures de Lara, un personnage qui sort des sentiers battus. J’ai pu lire sur internet de nombreuses critiques disant qu’elle n’est pas aussi forte dans le livre que ce qu’on nous la présente, et c’est plutôt vrai. Cela dit, ce trait de caractère est gommé par bien d’autres aspects. Finalement il n’était pas utile d’en faire une héroïne à ce point indestructible alors qu’elle nous apparait dans toute son humanité dans le livre. Pour ma part, c’est cette humanité qui m’a touché, et son caractère. Car oui, elle en a quand même.
Le duo qu’elle forme avec Renaud est enthousiasmant, plein de promesses. J’ai adoré suivre leurs aventures !
Le style est toujours aussi fluide, on s’y croirait. A plusieurs reprises je me suis sentie étouffée par la chaleur et la poussière, inquiète pour les personnages, triste, et crispée à l’idée de ne pas savoir ce qui allait leur arriver.
J’ai accroché à l’univers créé par l’auteure, bien que le marketing soit beaucoup plus steampunk que le produit. Ne vous attendez pas à une littérature telle que Gail Carriger a pu en écrire avec ses séries du Protectorat de l’Ombrelle ou Étiquette & espionnage . Les éléments steampunk sont anecdotiques et je classe plutôt l’ouvrage du côté de la Science-Fiction que du steampunk. Heureusement qu’une foule d’éléments rattrapent ce marketing un peu à côté, sinon j’aurais eu l’impression de me faire avoir.
Côté feuilleton, on est servi ! Outre les cliffhanger intenables, les épisodes sont rythmés et, gros point fort pour moi, les révélations sont distillées tout au long de la saison. Si bien qu’il y a intérêt à tout lire. Aucun épisode est inutile, et on ne nous balance pas tout d’un coup.
Aussi, les rebondissements et retournements de situation ne sont pas rares, et j’ai été surprises plusieurs fois par des événements ou révélations auxquels je ne m’attendais pas (dans le lot il y en a bien un ou deux que l’on voit venir, mais pas tous).
Une lecture loin d’être ennuyeuse, donc, et de laquelle je suis sortie avec l’envie d’en savoir plus et de découvrir la suite.

Pour qui : les lecteurs qui aiment les romans vifs, rythmés, avec des univers bien construits et de nombreux rebondissements.

Les + : Un style fluide et agréable, un univers bien construit, une histoire dynamique avec des cliffhanger diaboliques.

Les – : la série a été markettée d’une façon à la rendre originale et accrocheuse sur certains points qui ne sont pas la réalité. Ne vous laissez pas tenter par le côté « badass » de l’héroïne ou le steampunk de l’univers, au risque d’être déçu.

Infos pratiques
Date de parution : 21/01/2015
ISBN : 9782820520289
Nombre de pages : 685

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