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La reine des sortilèges, de david eddings (la belgariade 2)

La Reine des sortilèges, de David Eddings (tome 2 de la série La Belgariade, éditions Pocket)

Garion et ses amis poursuivent leur quête à la recherche de l’Orbe, essayant de la trouver avant qu’elle ne tombe entre de mauvaises mains et déclenche une nouvelle guerre.

Attention cette chronique comporte quelques spoilers.

Comme je l’ai dit dans ma chronique du Pion blanc des présages, le tome 1 de cette série, j’attendais de ce tome qu’il sorte des sentiers battus et prenne son envol, après avoir posé les bases de son univers et de ses personnages.
Or, je dois m’avouer plutôt déçue à la fin de ma lecture, car il n’en est rien.
Au contraire, je me suis même plutôt ennuyée.
En effet, dans la suite directe du premier, ce tome nous raconte le voyage d’un point A à un point B du groupe composé d’un duo de sorciers, d’un jeune garçon, et de plusieurs nobles désireux d’apporter leur aide à la cause.
Je me suis particulièrement ennuyée dans ce tome car son histoire est extrêmement linéaire. Les protagonistes suivent leur chemin en faisant parfois des étapes. Ils se font attaquer, ripostent, continuent leur chemin jusqu’à se faire attaquer, ripostent à nouveau, continuent… Parfois ils s’arrêtent dans un lieu un peu important, discutent, puis repartent.
En soit j’ai eu l’impression d’une sage progression sur un chemin tout tracé, comme sur un GPS qui ne vous propose que de faire de longues heures d’autoroute. A la longue, on s’ennuie. On avance, oui, mais il ne se passe pas grand chose.
En outre, la fin se précipite pour rattraper un peu ces écueils et il faut attendre les 100 dernières pages pour qu’il commence à se passer des choses intéressantes. Bien que l’introduction de Ce’Nedra ne soit pas des plus fines (on sent qu’elle a été introduite parce qu’il fallait un protagoniste féminin à lier à Garion), elle a le mérite d’apporter une dose de nouveauté à l’ensemble qui se trainait. La Princesse aurait pu arriver avec une pancarte clignotante sur laquelle seraient écrites ses intentions que cela n’aurait pas été aussi prévisible, mais il se passe enfin des choses. De plus, le moment où Garion se fait enlever marque un tournant dans le livre. Ça y est ! Il se passe de l’action ! La partie qui suit ce retournement de situation est clairement ma préférée du roman.
Toutefois, à nouveau, les éléments introduits par David Eddings dans son oeuvre manquent cruellement de subtilité. Voilà que tout à coup Garion découvre un pouvoir immense qu’il n’avait jamais senti jusque-là, et qu’une mystérieuse voix se manifeste dans sa tête alors qu’elle est censée être présente depuis toujours.
En soit, tout ceci constitue une bonne histoire, mais les différents ingrédients semblent projetés subitement dans l’histoire, et ajoutés vers la fin du livre pour compenser le manque de dynamisme des deux premiers tiers.
La fin rattrape donc un peu les longueurs globales mais j’ai du mal à adhérer à ce tome.
Côté style, on reste dans un style fluide et accessible, facile à lire. Il faut entrer dans le texte pour ne pas se perdre dans tous les noms de personnages et les lieux, mais globalement cela reste un livre bien plus accessible que certaines références du genre type Le Seigneur des Anneaux, pour ne citer que lui.
Il m’en reste un pour finir cette première intégrale. J’espère donc que ce troisième tome sera enfin celui d’une explosion de l’univers, avec de l’action et des péripéties inattendues.

Pour qui : les lecteurs qui ont lu le premier tome.

Les + : des péripéties intéressantes, un style fluide.

Les – : Des longueurs dans les deux premiers tiers du roman, peu d’action et une histoire très linéaire.

Infos pratiques
Éditeur :
Pocket (6 mars 2007)
Langue : Français
Poche : 416 pages
ISBN-10 : 2266174398
ISBN-13 : 978-2266174398

L’élixir d’oubli – Le Paris des Merveilles 2, de Pierre Pevel

L’élixir d’oubli, de Pierre Pevel (tome 2 de la trilogie Le Paris des Merveilles, éditions Bragelonne)

En 1909, enquêtant sur le meurtre d’un antiquaire apparemment sans histoire, le mage Louis Denizart Hippolyte Griffont découvre que ce dernier pourrait bien avoir été la victime d’un ambitieux sorcier, Giacomo Nero. Ses investigations le ramènent à l’époque de la Régence jeune mage et gentilhomme libertin, il s’apprêtait alors à combattre une puissante société secrète, l’Éridan, en compagnie d’une nouvelle venue appelée à devenir son amie de cœur et complice, la déjà très mystérieuse et fantasque baronne Isabel de Saint-Gil. Les intrigues de l’Éridan et les menées de Nero seraient-elles liées, malgré le temps passé ? Griffont et Isabel, en s’opposant aux plans du sorcier en 1909, parachèveront une affaire qu’ils croyaient résolue depuis un siècle. Mais ce faisant, ils pourraient bien lever le voile sur un secret d’État susceptible de déclencher une nouvelle guerre, sur Terre comme dans l’Outre-Monde…

Ayant enchaîné ce tome 2 juste après le tome 1 Les enchantement d’Ambremer, j’ai aussitôt retrouvé l’ambiance si particulière qui m’a tant plu dans le premier tome. Cette ambiance Paris début 1900 avec une pointe de magie.
J’ai également retrouvé les personnages que j’ai apprécié dans le premier tome, le tout dans une nouvelle aventure.
Certes ce roman se passe après le premier, mais il s’agit à nouveau d’une aventure singulière. On ne peut pas dire qu’il y a vértiablement un fil rouge entre ces romans (et je parie qu’il n’y en aura pas non plus avec le dernier). En soit, ce n’est une trilogie que parce qu’il y a trois livres. Il n’y a pas d’histoire globale pour lier les romans et l’auteur aurait sans doute pu continuer indéfiniment sa série.
Pour en revenir à l’histoire, Pierre Pevel a innové dans ce roman par rapport au premier, en mêlant dans son intrigue des flashback ramenant le lecteur deux siècles en arrières, aux fondements de ce que nous connaissons déjà.
Si de prime abord on peut se demander comment il va réussir à lier l’ensemble, tout s’explique parfaitement à la fin. Ainsi, ce tome nous propose d’assister à la naissance des Cercles magiques, à la naissance du duo Louis/Isabel, ainsi qu’à la fin du règne de Titania. Cela permet de développer à la fois l’univers de la série mais aussi le passé des personnages.
J’ai beaucoup aimé, la encore.
La trame globale s’articule encore autour d’une série de meurtres dont les protagonistes vont suivre la piste à rebours, à la manière d’un fil que l’on tire d’une pelote. Chaque péripétie amène à la suivante, et ainsi de suite jusqu’à la résolution complète de l’intrigue. C’est peut-être le seul reproche que je ferai à ce titre : il répète si bien la formule du précédent que j’ai eu l’impression de lire la recette de l’élaboration du roman à travers les lignes.
Aussi, même si l’histoire globale est intéressante, j’ai eu l’impression qu’on partait de très loin pour arriver à destination, après avoir emprunté moult chemins dispensables. L’histoire m’a semblé plus tortueuse que la précédente, je me suis dit « tout ça pour ça », tant la débauche de moyens mis en oeuvre m’a paru disproportionnée par rapport au but recherché. Il y était sans doute possible de faire plus simple. J’ai failli me perdre plusieurs fois dans l’intrigue.
Aussi, plusieurs personnages m’ont donné l’impression d’être introduits uniquement pour servir le scénario. C’est le cas des minimets, sortes de liliputiens qui vivent dans les maisons. L’auteur passe beaucoup de temps à nous les présenter, pour finalement ne pas être très utiles. Seulement à boire un mauvais verre qui lancera l’enquête.
Beaucoup de bruit pour rien, en somme…
On notera l’apparition d’un nouveau personnage, un « grand méchant » qui occupe une bonne partie du récit au point de devenir une des grandes figures de la série : Giacomo Nero.
En bref, l’intrigue est un peu plus brouillonne que pour le premier opus mais elle permet quand même de nous en apprendre plus sur les personnages et leur passé. Cela reste donc très intéressant quand on aime à la fois l’univers et les personnages. J’ai apprécié cette lecture presque autant que la première et j’ai hâte d’entamer le troisième et dernier tome de cette trilogie pour voir ce qu’il réserve.

Pour qui : les lecteurs qui n’ont pas lu le premier tome pourront comprendre celui-ci, mais il est tout de même préférable d’avoir lu le premier. Les lecteurs qui ont apprécié le premier tome et qui aiment l’ambiance parisienne au début du XXème siècle, ainsi que les personnages magiques.

Les + : l’ambiance toujours aussi travaillée, l’épaisseur des personnage et leur psychologie, les bonnes idées et le style toujours aussi agréable.

Les – : l’intrigue est plus brouillonne, elle semble disproportionnée pour l’objectif final.

Infos pratiques (pour la version poche)
Broché : 432 pages
Editeur : Folio (6 avril 2017)
Collection : Folio. Science-fiction
Langue : Français
ISBN-10 : 2070793265
ISBN-13 : 978-2070793266

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