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Le Chrysanthème Noir, de Feldrik Rivat (La 25ème heure T2)

Le Chrysanthème Noir, de Feldrik Rivat (tome 2 du diptyque de la 25ème heure, éditions de L’Homme Sans Nom)

Paris, 1889. Alors que l’exposition universelle durant laquelle le tout Paris s’apprête à inaugurer la Tour Eiffel se prépare, la CCN, achève de mettre au point son expérience paranormale. En effet, la Compagnie du Chrysanthème Noir a réussi à élaborer un procédé permettant aux morts d’occuper le corps d’un vivant, permettant ainsi aux grands de ce monde de prolonger leur génie et de faire avancer l’Humanité.
Mais Bertillon et Lacassagne ne sont pas en reste et continuent d’enquêter sur cette mystérieuse organisation qui sème des cadavres derrière elle.
La réalité pourrait bien être très différente de ce qu’il paraît. Rien n’est réellement comme le voient les yeux des mortels.

J’avais apprécié la premier tome de La 25ème heure mais sa lecture m’avait semblé parfois laborieuse.
C’est pourquoi, même si c’est rare, j’ai trouvé que cette suite était bien meilleure que le premier tome.
En effet, ce texte se place directement à la suite du premier tome, au point que je me demande si l’histoire n’était pas à l’origine un seul roman scindé ensuite en deux pour cause de volume.
Toutefois, les choses sont en place dans ce second volume et je n’ai pas ressenti cette impression brouillonne que m’a laissé le premier tome. La lecture a donc été plus fluide et j’ai pris beaucoup de plaisir à lire cette plume ciselée et pleine de gouaille. L’histoire se déroule en 1889 et on a beaucoup de vocabulaire d’époque. On sent que l’auteur maîtrise son sujet et propose un roman d’ambiance fantastique très riche, où les descriptions nous plongent au coeur de cet ancien Paris.
On croise de nombreux noms qui vous diront forcément quelque chose. Ainsi ai-je pu découvrir que j’habite dans une ville où beaucoup de rues portent des noms de médecins ou de scientifiques issus de cette époque. Bref, j’ai apprécié lire et apprendre des choses, même si, comme le précise l’auteur au début, tous les faits ne sont pas rigoureusement exacts et qu’il a dû imaginer des péripéties pour son histoire. Il ne s’agit pas d’une biographie (du moins pas pour les illustres personnages que l’on croise).
Les personnages forts du premier tome sont ici de retour. Si j’ai apprécié revoir Lacassagne, il est néanmoins plus secondaire dans ce tome, la part belle étant faite au chef de la Sûreté Goron.
Le seul personnage dont j’ai trouvé le traitement plutôt farfelu est la jeune Clémence Prud’hon. L’auteur a opéré ici un retournement de situation plutôt inattendu dont je n’ai pas le souvenir qu’on pouvait le prévoir dans le premier tome. J’ai ainsi eu l’impression d’avoir affaire à une toute autre personne, ce qui m’a un peu perturbée. Je n’ai pas adhéré à sa nouvelle condition.
Nous avons dans ce titre des personnages féminins plutôt forts aux motivations chaque fois superficielles. Les femmes de cette époque ne pensent qu’à leur propre intérêt et j’ai regretté le manque de sentiments de chacune d’elles. La froideur asociale du grand Khan était contrebalancée par son acolyte Bertillon dans le premier tome, mais pas ici. Cette suite a moins d’humanité et de chaleur que le premier, il faut le savoir.
Toutefois, j’ai beaucoup plus ris grâce au vocabulaire qui donne à plusieurs scènes des allures de comédie française. C’est très recherché et efficace. Les mots surannés prêtent à rire et le style visuel nous emporte dans ce qu’il raconte. De vrais bons points.
En définitive, outre quelques scènes longues dans lesquelles l’auteur se fait plaisir à décrire un passé ou un décors facultatifs à l’histoire, la seule chose que je n’ai vraiment pas aimé est la fin.
Elle m’a déçue.
Le volume des deux romans méritait autre chose que cette fin presque expéditive et surtout tirée par les cheveux. J’ai manqué d’à peu près tout dans cette fin rapide : de sentiments, de crédibilité, de chaleur, de positif… je n’y ai vu qu’une scène insatisfaisante. Un peu comme si après avoir fait 10heures de randonnée vous arriviez en haut de la montagne pour constater que tout est nuageux et que vous ne voyez rien. Décevant.
Si pendant longtemps je me suis demandée si la série pouvait comporter un tome supplémentaire (je savais que non mais on ne sait jamais si l’auteur n’aura pas envie un jour de se laisser tenter) la fin raisonne comme définitive.
Dommage, il faudra m’en contenter.

Pour qui : les lecteurs qui ont lu le premier tome. Je doute que vous puissiez comprendre l’histoire sans avoir lu le premier tome.

Les + : un style travaillé et vraiment savoureux, immersif. Des personnages qu’on prend plaisir à retrouver.

Les – : certaines scènes traînent en longueurs, l’ensemble manque de chaleur et d’humanité, la fin n’est pas satisfaisante.

Infos pratiques
Broché : 443 pages
Editeur : Homme sans nom (22 septembre 2016)
Langue : Français
ISBN-10 : 2918541273
ISBN-13 : 978-2918541271

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The Revolution Of Ivy, Amy Engel

The Revolution Of Ivy, de Amy Engel (tome 2 du diptyque The Book Of Ivy, éditions PKJ)

Ivy est à présent de l’autre côté du mur, condamnée à se battre pour survivre. Passé le choc, elle va devoir décider ce qu’elle veut faire de sa vie… si elle veut survivre.
La route est longue jusqu’à l’acceptation du sacrifice et de la trahison.

Cette suite est dans la ligne directe du premier, The Book of Ivy. On aurait d’ailleurs très bien pu réunir les deux ouvrages en un seul, et séparer simplement en une première partie et une seconde, tant l’histoire est exactement dans la même veine. Je ne comprends pas pourquoi le choix s’est porté sur deux ouvrages au lieu d’un car pour moi qui les ai lus à la suite, j’ai eu l’impression de regarder un film avec une coupure publicitaire au milieu. C’est tout. On a le même ton, les mêmes partis pris, la même atmosphère et le même rythme.
Certes, ici, nous sommes de l’autre côté du mur. C’est la seule différence puisque tout le reste est déjà familier.
Nous allons retrouver Ivy et les autres protagonistes, accompagnés pour l’occasion de quelques nouveaux parce qu’il faut bien.
Cette suite est un peu moins prévisible que la première partie mais reste globalement dans le même esprit. Les personnages n’évoluent pas et on suit leurs péripéties avec un sourire.
Je resterai vague car je ne veux pas spoiler mais certains passages m’ont semblé un peu tirés par les cheveux, voir carrément pas crédibles.
Une fois encore, les personnages manquent de nuance : s’ils portent l’étiquette « gentil », alors ils le seront. Idem si leur étiquette est « méchant » ou « traître ». On peut le voir à l’avance et en cela l’histoire n’a rien de surprenant.
En revanche, ces personnages sont attachants et, peut-être parce que je lisais pendant la période des fêtes de Noël et que mon coeur aspirait à la légèreté et à l’amour, je les ai bien aimé.
Beaucoup moins Ivy que les autres, mais globalement ils sont sympathiques.
Ivy est un peu a part car j’ai eu l’impression tout au long des deux tomes qu’elle aurait pu empêcher toute cette histoire d’un simple mot. Je n’ai pas compris pourquoi elle persistait à vouloir mentir et cacher des choses, y compris quand il était évident qu’elle pouvait parler librement. Cela n’a eu pour effet qu’alourdir l’ambiance du roman, la rendre pesante et la ralentir. J’ai eu l’impression qu’elle se retenait uniquement pour faire durer l’intrigue en créant de nouveaux problèmes. C’est le plus gros point noir du roman, à mon sens : souvent je n’y ai pas cru. N’importe quelle fille aurait crié à son amour les raisons de son attitude au lieu de ne rien dire et se le mettre à dos. N’importe quelle fille aurait dit la vérité au lieu d’un mensonge pour sauver les siens, n’importe qui aurait avoué ses sentiments à ses proches au lieu de les garder enfouis sans rien dire. Dans les circonstances du roman, une personne normale aurait cherché à mettre fin à ses problèmes par la parole, pour que la souffrance cesse rapidement.
Pas Ivy, qui persiste à mentir, envenimer, et faire trainer.
Pour le style, il est classique mais se lit bien. J’ai apprécié la petite communauté, les péripéties et l’angoisse du village fermé. Le dénouement ne crée pas beaucoup de surprise mais suffisamment pour que l’on ressente un petit quelque chose. C’était une agréable lecture de vacances.
Pas de celles qui marqueront votre vie, et je n’en aurais pas fait un best seller, mais c’était divertissant.

Pour qui : les lecteurs qui ont lu le premier tome.

Les + : des personnages attachants dans l’ensemble, un style immersif et un univers intéressant.

Les – : l’attitude d’Ivy n’est pas crédible, elle fait trainer l’intrigue par ses mensonges et sa dissimulation, je n’ai pas compris pourquoi le livre avait été coupé en deux au lieu de ne faire qu’un seul ouvrage en deux parties.

Infos pratiques
Poche: 288 pages
Editeur : Pocket Jeunesse (6 avril 2017)
Collection : HORS COL SERIEL
Langue : Français
ISBN-10: 2266270222
ISBN-13: 978-2266270229

 

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