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L’embrasement, de Suzanne Collins – Hunger games 2

L’embrasement, de Suzanne Collins (tome 2 de la trilogie Hunger Games, éditions PKJ)

Le dernier acte de Katniss dans l’arène a certes sauvé sa vie et celle de Peeta, mais il a surtout allumé la colère du Capitole. L’acte de bravoure (ou d’inconscience) de la jeune fille a donné de l’espoir au peuple des districts qui commencent à se soulever. Le président Snow l’oblige à essayer d’étouffer cette rebellion en devenir, mais Katniss peine à y parvenir, et chacun de ses actes conforte la population dans ses désirs.
Pour se venger, le Capitole choisi d’envoyer dans les jeux de l’Expiation d’anciens vainqueurs des Hunger Games. Katniss et Peeta n’auront guère le choix que d’y retourner et d’essayer de survivre, à nouveau.

Après ce qui ressemblait pour moi à un one-shot, Hunger Games propose donc une suite, cette fois-ci sous-titrée « l’embrasement ». J’ai lu cette suite juste après le premier, si bien que tout était encore frais dans ma tête.
Je ne sais pas si c’était une bonne idée car ce que j’en ai surtout retenu, c’est le caractère répétitif de ce tome par rapport au premier.
Nous avons ici une nouvelle édition des jeux, cette fois-ci les jeux de l’Expiation (organisés tous les 25 ans) dans lesquels Peeta et Katniss repartent pour un tour. Et c’est le cas de le dire.
Si l’idée globale pour ce qui est de l’agence de l’arène est bonne, ce tome n’est qu’une nouvelle suite de scénario complaisant, d’héroïne qui n’en est pas vraiment une, d’univers faible et surtout d’une autrice qui essaie de se raccrocher aux branches de son univers pour justifier cette suite.
Car c’est vrai, on retrouve l’emblème du geais moqueur et quelques lignes esquissées dans le premier tome sont un peu développées, mais j’ai personnellement trouvé cette suite un peu faible.
Le tome porte le nom de « L’embrasement ». Or, je n’ai pas du tout ressenti cet embrasement. Je m’attendais à sentir une tension, à la sentir monter en puissance, voire sentir un étau se refermer autour des héros… Mais non. Le fait que le scénario soit si complaisant avec l’héroïne n’aide pas à avoir peur pour elle.
Côté univers, je n’ai donc pas ressenti cet embrasement dans les districts, pas plus que je n’ai trouvé l’intérêt de faire tous les 25 ans des jeux « de l’expiation ». Comme dans le premier, l’univers mis en place par Suzanne Collins me paraît faible, construit sur des bases floues et peu crédibles, auxquelles j’ai eu du mal à adhérer.
Clairement, Suzanne Collins est douée pour les scènes d’actions et les péripéties des héros, mais pas pour construire un univers. Beaucoup de pistes sont trop faibles et donnent l’impression de sortir du chapeau. Parfois l’importance est donnée à des éléments de manière disproportionnée, ou alors j’ai loupé des épisodes.
Pour ce qui est des personnages, je ne me suis pas vraiment attachée à Katniss dans le premier, et cela n’est pas plus arrivé dans ce second opus. Elle est assez froide, ne sait pas sur quel pied danser dans ses sentiments, et agit souvent de manière irréfléchie. Le fait qu’elle soit à la fois avec Peeta et Gale, mais pas vraiment avec non plus, forme un trio des plus lassant. Je ne comprends pas pourquoi tout le monde voue tant d’importance à la sauver alors qu’il est évident que tous les autres personnages sont plus talentueux.
Le style reste simple et efficace. Le côté « scénario de programmes télé » (la biographie de présentation de l’autrice mentionne qu’elle travaille à créer cela) se ressent dans le rythme soutenu du titre et dans les cliffhanger qui arrivent à chaque fin de chapitre. Un bon point qui donne toujours envie de lire un peu plus.
Finalement, pour en revenir à mon sentiment général, je me demande si je ne suis pas restée insensible, ou hermétique. Cet embrasement n’aura pas provoqué chez moi l’étincelle et je sors déçue par ce titre.
Quoi qu’il en soit, cet opus central amorce un tournant dans l’histoire et sa fin plus ou moins attendue confirme que le dénouement se fera dans le dernier roman. J’espère qu’il sera à la hauteur.

Pour qui : les lecteurs qui ont lu le premier, ceux qui aiment les romans Young-Adult rythmés, les triangles amoureux

Les + : un style dynamique avec de nombreux cliffhanger qui donne envie de lire toujours plus de pages, de bonnes idées dans l’arène.

Les – : le personnage de Katniss est insupportable d’indécision et d’immaturité, elle a toujours beaucoup trop de chance pour qu’on s’y attache, et le triangle amoureux finit par agacer. La construction de l’univers est trop faible pour être crédible et de nombreux éléments paraissent créés sur des bases faibles.

Infos pratiques
Poche : 432 pages
Editeur : Pocket Jeunesse (4 juin 2015)
Collection : Hors collection sériel
Langue : Français
ISBN-10 : 2266260782
ISBN-13 : 978-2266260787

Le Chrysanthème Noir, de Feldrik Rivat (La 25ème heure T2)

Le Chrysanthème Noir, de Feldrik Rivat (tome 2 du diptyque de la 25ème heure, éditions de L’Homme Sans Nom)

Paris, 1889. Alors que l’exposition universelle durant laquelle le tout Paris s’apprête à inaugurer la Tour Eiffel se prépare, la CCN, achève de mettre au point son expérience paranormale. En effet, la Compagnie du Chrysanthème Noir a réussi à élaborer un procédé permettant aux morts d’occuper le corps d’un vivant, permettant ainsi aux grands de ce monde de prolonger leur génie et de faire avancer l’Humanité.
Mais Bertillon et Lacassagne ne sont pas en reste et continuent d’enquêter sur cette mystérieuse organisation qui sème des cadavres derrière elle.
La réalité pourrait bien être très différente de ce qu’il paraît. Rien n’est réellement comme le voient les yeux des mortels.

J’avais apprécié la premier tome de La 25ème heure mais sa lecture m’avait semblé parfois laborieuse.
C’est pourquoi, même si c’est rare, j’ai trouvé que cette suite était bien meilleure que le premier tome.
En effet, ce texte se place directement à la suite du premier tome, au point que je me demande si l’histoire n’était pas à l’origine un seul roman scindé ensuite en deux pour cause de volume.
Toutefois, les choses sont en place dans ce second volume et je n’ai pas ressenti cette impression brouillonne que m’a laissé le premier tome. La lecture a donc été plus fluide et j’ai pris beaucoup de plaisir à lire cette plume ciselée et pleine de gouaille. L’histoire se déroule en 1889 et on a beaucoup de vocabulaire d’époque. On sent que l’auteur maîtrise son sujet et propose un roman d’ambiance fantastique très riche, où les descriptions nous plongent au coeur de cet ancien Paris.
On croise de nombreux noms qui vous diront forcément quelque chose. Ainsi ai-je pu découvrir que j’habite dans une ville où beaucoup de rues portent des noms de médecins ou de scientifiques issus de cette époque. Bref, j’ai apprécié lire et apprendre des choses, même si, comme le précise l’auteur au début, tous les faits ne sont pas rigoureusement exacts et qu’il a dû imaginer des péripéties pour son histoire. Il ne s’agit pas d’une biographie (du moins pas pour les illustres personnages que l’on croise).
Les personnages forts du premier tome sont ici de retour. Si j’ai apprécié revoir Lacassagne, il est néanmoins plus secondaire dans ce tome, la part belle étant faite au chef de la Sûreté Goron.
Le seul personnage dont j’ai trouvé le traitement plutôt farfelu est la jeune Clémence Prud’hon. L’auteur a opéré ici un retournement de situation plutôt inattendu dont je n’ai pas le souvenir qu’on pouvait le prévoir dans le premier tome. J’ai ainsi eu l’impression d’avoir affaire à une toute autre personne, ce qui m’a un peu perturbée. Je n’ai pas adhéré à sa nouvelle condition.
Nous avons dans ce titre des personnages féminins plutôt forts aux motivations chaque fois superficielles. Les femmes de cette époque ne pensent qu’à leur propre intérêt et j’ai regretté le manque de sentiments de chacune d’elles. La froideur asociale du grand Khan était contrebalancée par son acolyte Bertillon dans le premier tome, mais pas ici. Cette suite a moins d’humanité et de chaleur que le premier, il faut le savoir.
Toutefois, j’ai beaucoup plus ris grâce au vocabulaire qui donne à plusieurs scènes des allures de comédie française. C’est très recherché et efficace. Les mots surannés prêtent à rire et le style visuel nous emporte dans ce qu’il raconte. De vrais bons points.
En définitive, outre quelques scènes longues dans lesquelles l’auteur se fait plaisir à décrire un passé ou un décors facultatifs à l’histoire, la seule chose que je n’ai vraiment pas aimé est la fin.
Elle m’a déçue.
Le volume des deux romans méritait autre chose que cette fin presque expéditive et surtout tirée par les cheveux. J’ai manqué d’à peu près tout dans cette fin rapide : de sentiments, de crédibilité, de chaleur, de positif… je n’y ai vu qu’une scène insatisfaisante. Un peu comme si après avoir fait 10heures de randonnée vous arriviez en haut de la montagne pour constater que tout est nuageux et que vous ne voyez rien. Décevant.
Si pendant longtemps je me suis demandée si la série pouvait comporter un tome supplémentaire (je savais que non mais on ne sait jamais si l’auteur n’aura pas envie un jour de se laisser tenter) la fin raisonne comme définitive.
Dommage, il faudra m’en contenter.

Pour qui : les lecteurs qui ont lu le premier tome. Je doute que vous puissiez comprendre l’histoire sans avoir lu le premier tome.

Les + : un style travaillé et vraiment savoureux, immersif. Des personnages qu’on prend plaisir à retrouver.

Les – : certaines scènes traînent en longueurs, l’ensemble manque de chaleur et d’humanité, la fin n’est pas satisfaisante.

Infos pratiques
Broché : 443 pages
Editeur : Homme sans nom (22 septembre 2016)
Langue : Français
ISBN-10 : 2918541273
ISBN-13 : 978-2918541271

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