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HX13, de Christine Brunet

HX13, de Christine Brunet (one shot, éditions Gascogne)

Marseille, de nos jours. Des restes humains sont retrouvés à bord d’un casino flottant. On confie l’enquête à la belle Axelle de Montfermy car on sait que rien ne lui résiste.
Rien, a part peut-être elle-même. C’est pourquoi elle sera amenée à tester l’implantation d’une puce révolutionnaire dans son organisme, le HX13, aux pouvoirs étonnants.

Un thriller de science-fiction étonnant où les codes de plusieurs genres très différents se mélangent.
Le titre offre tout d’abord une plongée du côté du polar. En effet, on retrouve la formule efficace qui fonctionne bien chez les plus grandes plumes du genre, à savoir la série. HX13 peut certes se lire tout seul, mais il s’inscrit à la suite des précédentes publications de Christine Brunet. Axelle, connue précédemment sous l’identité d’Aloys Seigner (voir Nid de Vipères pour tout savoir), vit ici une aventure à la suite des autres. On retrouve donc dans ce titre les personnages bien connus des adeptes de l’auteure et tout l’enjeu est de la voir évoluer au milieu de collègues qui ne connaissent pas son passé en se demandant si les choses vont finir par se savoir.
On retrouve le fils et l’ex petit ami d’Axelle dans une intrigue sur le fil du rasoir pleine de rebondissements. Le personnage de Nicolas est intéressant et l’arc sentimental tissé avec l’ex amoureux désireux de se racheter crée également du suspense.
Le côté science-fiction est tout d’abord introduit dans le réel à travers l’objet de la micro-puce HX13, puis développé dans une partie se déroulant dans un autre monde, sur une autre planète.
J’ai personnellement trouvé que la partie extra-terrestre n’était pas indispensable, et même qu’elle détonnait un peu dans le ton global du livre. Comme un morceau échappé d’une autre publication qui se serait retrouvée là. Axelle se porte volontaire pour une dangereuse expérience durant laquelle elle va utiliser le voyage temporel. Et cette expérience tourne mal, c’est pourquoi elle se retrouve à vivre des expériences dans un univers totalement étranger au sien.
Toutefois, quelques dizaines de pages pour développer un monde et vivre une aventure, c’est peu. Ce n’est pas pour rien que les ouvrages de SF sont souvent d’épais pavés. Il y a tant à introduire et expliquer pour installer une intrigue que cela ne se fait pas sans quelques centaines de pages, ou dizaines de chapitres.
De ce fait, cette partie hors de notre planète m’a déroutée, d’autant plus que l’implication de l’HX13 n’est pas prégnante. Je n’ai pas réussi à savoir si la micro-puce interagissait plutôt sur l’autre planète ou sur la Terre, s’il y avait un lien de cause à effet, s’il s’agissait réellement d’un organisme ou d’un programme. En quoi cette puce méritait-elle de prendre le titre du livre. Et la fin du roman est assez frustrante car à cette question elle nous fait presque dire « tout ça pour ça ».
La sensation de sortir de l’histoire pour une parenthèse cauchemardesque (ce qu’Axelle et Nicolas y vivent n’a rien de très agréable) s’estompe au moment où l’histoire se recentre sur Terre à Marseille.
Christine Brunet a un vrai talent d’écriture pour le polar et le thriller. Elle n’a pas son pareil pour inventer des intrigues originales mêlant la recherche scientifique et la recherche policière. Une fois de plus ce qu’elle arrive à tisser autour de son intrigue est prenant et aurait sans problème pu être développée doublement. On sent qu’elle prend du plaisir à développer Axelle, ou encore Gwen, la légiste, dont j’aurais aimé en apprendre plus.
En revanche, plusieurs éléments m’ont fait sortir de l’histoire.
Outre la partie extra-terrestre, qui reste intéressante lorsqu’on est un lecteur curieux, l’avalanche de notes de bas de page m’a déconcentré plus d’une fois. Il y en a tellement (98 au total) qu’à la longue je ne les lisais même plus. L’auteure est partie plusieurs fois dans des descriptions absconses qui ressemblaient plus à des copier/coller de pages wikipedia qu’à des notes informatives. Souvent les notes étaient même plus compliquées à comprendre que les mots qu’elles tentaient d’expliquer. De part mon travail quotidien, je n’aime pas les notes de bas de page. Surtout dans les romans. Mais là, c’était trop pour moi. Je pense sincèrement qu’en faisant beaucoup plus court (en s’arrêtant par exemple à la première phrase de chaque note), il était possible de les intégrer dans le récit de manière fluide et sans interrompre la lecture tous les trois mots.
La seconde chose qui a freiné ma lecture, c’est ce que j’appelle la tournure « anglo-saxonne » des personnages. A savoir que dans le même livre, ils sont tour à tour appelés par leur prénom, leur nom de famille ou leur surnom. J’ai lu Nid de Vipères il y a plus de trois ans et une grande quantité de livres depuis. De ce fait j’avoue ne plus connaître aussi bien les personnages que l’auteure. Par conséquent, il m’est arrivé de ne plus trop savoir à qui ou de qui on parlait, entraînant ma mise en retrait de la scène en tant que lecteur.
Voilà pour les points un peu frustrants du titre. Il n’en reste pas moins que HX13 a été une nouvelle fois une bonne lecture, issue d’une auteure de qualité à suivre pour les amateurs de polars issues de plumes françaises.

Pour qui : les lecteurs qui aiment les histoires à suspenses et les polars, ceux qui apprécient quand les histoires se passent en France plutôt qu’aux état-unis, et qui n’ont pas peur de se frotter à un genre hybride et original.

Les + : On retrouve avec plaisir les personnages des romans précédents. Le filon sentimental qui tourne autour d’Axelle tient le lecteur en haleine et est un des piliers du roman. La partie enquête est elle aussi pleine de mystères et de rebondissements, certaines scènes d’actions sont très réalistes et immersives, notamment quand il s’agit de faire des dégâts. Plusieurs personnages secondaires piquent la curiosité, comme Gwen ou Nicolas. Pourvu que l’on en sache plus sur eux dans les suites. Enfin, certaines péripéties sont étonnantes et ne manqueront pas de surprendre le lecteur.

Les – : La partie extra-terrestre aurait mérité d’être plus approfondie, les notes de bas de page, et l’utilisation de beaucoup de noms pour le nombre de personnages m’ont parfois mise à l’écart de l’histoire.

Infos pratiques
Editeur : Gascogne
Date de parution : 24/08/2017
EAN : 978-2366661019
ISBN : 2366661010

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Alice au pays des merveilles, Lewis Carroll

Alice au pays des merveilles, Lewis Carroll (tome 1 du diptyque Alice au Pays des Merveilles, éditions Pocket)

Alors qu’Alice est dehors avec sa soeur, elle est distraite par la vision d’un étrange lapin blanc. Décidée à mettre un peu d’aventure dans son ennuyeuse journée, la petite fille va suivre l’animal jusque dans son terrier, où elle va basculer. Elle arrivera dans un monde extraordinaire peuplé de créatures fantastiques.

Il est difficile de réellement chroniquer Alice au Pays des Merveilles. Premièrement parce que cette immense oeuvre a un succès tel que tout le monde la connait déjà ou presque, mais ensuite parce que la quantité d’articles a son sujet suffit à ne plus avoir rien à ajouter.
Le plus simple est peut-être de dire à quoi je m’attendais, et ce que j’ai trouvé.
On a déjà vu tellement de choses au sujet d’Alice… les produits dérivés sont partout, depuis presque la nuit des temps, si bien que ma rencontre avec ce personnage date de mon enfance, avec le film d’animation de Disney (une des rares VHS que j’ai usé à force de regarder).
J’ai toujours bien aimé Alice et je connais tous ces personnages les plus emblématiques. Qu’il s’agisse du Chat du Cheshire, du Lapin Blanc, de la Reine de coeur ou de la chenille bleue… je les visualise très bien dans mon esprit.
Pourtant, à presque 30 ans, je n’avais jamais lu l’oeuvre originale, celle qui a inspirée toutes les autres : le roman de Lewiss Caroll.
Autant dire que je ne m’attendais pas à une grande découverte lorsque j’ai entamé ma lecture, d’autant plus que l’ouvrage fait à peine une centaine de page. Lorsque je l’ai eu en main, il m’a fait le même effet que lorsque j’ai vu La Joconde pour la première fois au musée du Louvre : « tout ça…. pour une si petite chose ? ».
Je pensais donc lire un roman vieillot au style suranné et un peu ennuyeux, que le cinéma et le grand Walt auraient sublimés jusqu’au fantasme pour lui donner ses lettres de noblesse.
Pourtant non.
En fait, il ne serait pas faux de dire que j’ai aimé ce livre plus encore que le dessin animé usé de ma VHS (dont l’histoire est scrupuleusement respectée). Il tient toutes ces promesses, est agréable à lire dans sa traduction et entraîne vraiment le lecteur dans un monde onirique et poétique.
Je regrette juste de ne pas être bilingue car de nombreuses blagues ou insinuations se tiennent en anglais, mais n’ont aucun effet en français. L’oeuvre est ancrée dans son époque et demande pour la saisir pleinement de la connaître.
Les descriptions sont nombreuses et nous plongent au coeur du Pays des Merveilles. Le personnage d’Alice est très mature pour son âge, bien qu’elle ait parfois certaines réactions impulsives qui nous prouvent que l’auteur s’est inspiré d’une petite fille réelle. Je pense qu’il faut beaucoup de talent pour écrire autant de dialogues absurdes, et suivre un arc narratif à ce point décousu et lié. On pourrait croire, si l’on n’y prend pas grade, qu’il s’agit d’une suite de scènes décrites les unes après les autres sans aucun liant. Mais ce n’est pas le cas. On retrouve de tableau en tableau certains personnages et leurs motivations. La petite Alice est elle-même le fil conducteur et ses découvertes ont pour seul but de retrouver sa taille, ou la sortie de ce monde extraordinaire.
Il ne s’agit pas d’une histoire ordinaire et nul doute qu’elle fera plaisir aux petits et aux grands enfants. J’ai terminé ma lecture avec regret car ce monde agréable me manquait. Lewis Carroll n’a pas volé son succès.

Pour qui : les lecteurs qui ont envie de découvrir cette oeuvre monumentale et de plonger au coeur d’un monde onirique.

Les + : les personnages hauts en couleurs, les descriptions prenantes, le personnage d’Alice et le style d’écriture travaillé.

Les – : certaines blagues ou clin d’oeil sont ancrés dans leur époque et n’ont pas d’effet en français.

Infos pratiques
Poche: 128 pages
Editeur : Pocket (18 mars 2010)
Collection : Classiques
Langue : Français
ISBN-10: 2266197460
ISBN-13: 978-2266197465

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