Archives des étiquettes : avis

Armada, d’Ernest Cline

Armada, d’Ernest Cline (one shot, éditions Pocket)

Zack Lightman est un ado de 17 ans plutôt ordinaire, qui vit dans une petite ville des États-Unis plutôt ordinaire… jusqu’au jour où il croit voir dans le ciel un vaisseau spatial issu du jeu vidéo auquel il joue énormément : Armada.
Mais si le jeune garçon, qui a grandit sans père, croit rêver, il sera forcé d’admettre la vérité lorsqu’un autre vaisseau issu du jeu viendra le chercher pour lui annoncer que la planète Terre va subir une invasion alien, et que son jeu vidéo préféré n’était en fait qu’une manière subtile de l’entraîner à ce qui va suivre.
Une des raisons qui poussent l’adolescent à se lancer dans l’aventure est qu’en plus de potentiellement sauver l’humanité, il se pourrait que son défunt père soit lié depuis toujours à cette histoire. Qu’en est-il vraiment ? Est-il trop tard pour sauver la Terre et ses habitants ? L’heure du combat a sonné.

Ce roman m’a été présenté comme un second livre d’Ernest Cline, l’auteur de Player One (adapté au cinéma sous le titre Ready Player One). Je n’ai pas lu le roman et pas vu le film par manque d’opportunité, car je me souviens avoir été intéressée autant par l’un que par l’autre. Alors quand l’occasion s’est présentée de pouvoir lire ce nouveau titre de cet auteur, présenté comme étant dans la veine de Player One, et dont l’adaptation au cinéma est déjà prévue, je n’ai pas hésité.
J’aurais peut-être dû, ou du moins me méfier.
Car je n’ai pas trouvé ce à quoi je m’attendais.
N’ayant pas lu Player One, c’est difficile de comparer les deux romans, néanmoins j’ai la nette impression que ce roman a été écrit en sachant à l’avance qu’il serait adapté au cinéma. Ainsi, on retrouve dans ce livre absolument tout d’un block-buster américain. Du moins, selon ma définition personnelle.
A savoir un scénario quasi inexistant, l’introduction d’une bande son rock rétro, de longs passages de batailles pour en mettre plein la vue mais qui ne fonctionnent pas vraiment à l’écrit etc…
J’avais bien aimé l’idée de départ, toute simple, d’un ado qui voit dans le ciel un vaisseau de son jeu vidéo préféré. Pourquoi ? Comment ? Ce point de départ peut rapidement emballer l’imagination et déboucher sur de nombreux scénarii. Or, ici, le parti pris de l’auteur est décevant. Pour faire court : je n’y ai pas cru une seconde. Tout au long du livre, je me disais qu’on allait nous annoncer qu’il s’agit d’une blague, une erreur, une expérience. Tout est trop invraisemblable. On nous parle de complot mondial de la part des gouvernements, de connaissance de vie extra-terrestre cachée à la population, que les jeux vidéos ne sont que des simulateurs de combat destinés à entraîner la population, qu’une base existe sur la face cachée de la Lune… Une suite de fantasmes complotistes et geek éculés, saupoudrée d’une bande son vieux rock qui feront sans doute le bonheur d’une partie des spectateurs à l’écran et des nostalgiques (c’est à la mode dans les films actuels, cette bande son rétro et punchy), mais qui ne fonctionne pas dans un livre. Tout est trop tiré par les cheveux.
Aussi, ce qui m’a beaucoup étonnée est la temporalité du livre. Autant j’imagine qu’elle fonctionnerait là encore à l’écran dans un format de 2h30, autant pour un livre… non. Déjà parce que l’auteur remplit ses pages de descriptions à rallonge qui alourdissent considérablement la lecture (plusieurs dizaines de pages pour nous parler d’un combat avec des détails hyper techniques, j’ai décroché plus d’une fois. Je suis un peu geek, mais pas à ce point), mais aussi parce que l’intrigue se déroule globalement sur moins d’une journée. Alors rencontrer une fille, tomber amoureux et se faire de grandes déclarations d’amour en moins d’une journée, c’est peut-être crédible quand on est pris dans un film et qu’on ne se rend pas compte, mais dans un roman, ça ne passe pas. je n’y ai pas cru.
De fait, comme je viens de le dire, le style du livre est particulièrement peu accessible. J’aurais aimé lire le précédent pour voir s’il était ainsi, mais là j’ai vraiment eu l’impression d’une écriture visuelle dans le but de porter le livre à l’écran. Si bien qu’on s’ennuie. J’ai plusieurs fois décroché. La multiplication des références pointues à l’univers geek (cinéma et jeux vidéos) m’a fatiguée. Je me suis sentie exclue de cette histoire trop technique pour moi. Je joue et j’ai toujours baigné dans cette culture, pourtant. Mais là, on nous parle à la fois de doubleur de voix, de séries télé, de jeux vidéos, de films, de scientifiques etc… c’est trop. J’ai trouvé cela dommage parce que cela n’enrichit pas le propos et sors de l’histoire les lecteurs comme moi qui ne pourrons pas saisir tous les clins d’œil de l’oeuvre.
Le scénario n’est donc pas aussi palpitant que je m’y attendais, d’autant plus que l’ensemble est cousu de fil blanc, et que la fin, plutôt vite expédiée par le blabla d’un personnage (dont on ne sait plus au final s’il est le grand méchant ou un gentil qui s’ignore), ne m’a pas convaincue non plus. Ce dénouement est une vraie déception parce que tout le long du livre, voyant la qualité moyenne de l’oeuvre, je misais tout sur la fin. Je m’attendais à du lourd, de l’imprévu, du sensationnel, je ne voyais que cela pour justifier l’ennui, les questionnements du personnage (qui lui-même ne semble pas croire à ce qu’il vit et ce qu’on lui dit), les choses rocambolesques… mais non. On nous expédie une explication farfelue et voilà. Merci et au revoir. Après un ultime sacrifice aussi attendu qu’incompréhensible, on baisse le rideau et rentrez chez vous.
Cette entrée en matière dans la SF de Enerst Cline aura donc été un voyage particulièrement décevant que je ne conseillerai qu’aux lecteurs qui ont lus et apprécié son premier ouvrage. D’ailleurs, si vous avez lu les deux, je veux bien savoir si tout ce que je soulève dans cette chronique se retrouve dans le premier (quand l’auteur ignorait qu’il serait porté à l’écran) ou non. Merci !

Pour qui : les lecteurs qui connaissent déjà Enerst Cline et ont apprécié son oeuvre, ceux qui veulent retrouver dans un livre les sensations d’un block-buster américain.

Les + : un pitch intéressant avec du potentiel.

Les – : un univers rendu inaccessible à la plupart des lecteurs car fourmillants de clins d’oeil à des oeuvres trop pointues, une temporalité qui ne tient pas la route, des personnages clichés et un scénario sans épaisseur tiré par les cheveux.

Infos pratiques
Poche: 480 pages
Editeur : Pocket (14 mars 2019)
Collection : Fantasy
Langue : Français
ISBN-10: 2266270087
ISBN-13: 978-2266270083

Publicités

Ce qui ne te tue pas, de Georgia Caldera

Ce qui ne te tue pas, de Georgia Caldera (tome 1 du dyptique Ce qui ne te tue pas, éditions J’ai Lu)

Violette et Adam ont beaucoup de points communs : les deux adolescents rêvent de faire leurs études dans une prestigieuse école graphique, ils ont des secrets à cacher, une vie à fuir, et surtout ils se détestent.
Malheureusement, ils vont devoir cohabiter. Un rapprochement forcé qui pourrait avoir des conséquences imprévues.

Cela faisait longtemps que je voulais découvrir la plume de Georgia Caldera, que je connais depuis très longtemps sur internet. Pour dire, je la connais depuis l’époque de feu Myspace !
Or, difficile de trouver ses ouvrages. Alors quand ils se sont tous étalés devant moi au dernier salon du livre de Paris, je n’ai pas hésite et je me suis laissée tenter par celui-ci, qui est le tout dernier sorti. La couverture et le résumé m’ont attirés, je cherchais quelque chose de léger et avec des émotions. Et puis, on ne va pas se mentir, la photo en couverture est à elle seule un bon argument de vente.
J’attendais de me laisser séduire par le texte, et le début a tenu ses promesses. Je suis rapidement rentrée dans l’histoire de Violette et ses problèmes très actuels, puis dans le quotidien d’Adam.
Toutefois, le soufflé est vite retombé.
En effet, ce livre a très vite fini par me lasser. Peut-être parce que j’ai assez vite vu les grosses ficelles (que dis-je, les « cordes ») marketing derrière.
On a un roman chorale avec un couple de personnages aux vies parallèles qui vont se rejoindre. Mais tout le livre n’est qu’une succession de clichés et j’ai levé les yeux au ciel tant de fois que j’ai cru qu’ils allaient y rester. En clair, nous avons là le couple typique de « la plus belle fille que tout le monde veut » et du « geek asocial renfermé mal dans sa peau dont tout le monde se moque ». Et devinez qui vont tomber amoureux l’un de l’autre ?
Oui.
Sauf que non seulement ils vont très vite tomber amoureux l’un de l’autre, mais ils vont passer 300 pages à se tourner autour à coup de « non elle ne peut pas aimer un mec comme moi », « je ne vois pas pourquoi il s’intéresserait à une fille comme moi », alors que tout dans leurs actions prouve le contraire. De fait, les protagonistes ont des réactions incompréhensibles et peu crédibles, dont l’apogée arrive bien entendu à la fin où l’on crée une fausse brèche pour nous inciter à acheter la suite. Adam s’emporte subitement pour quelque chose sorti de nulle part au point de retourner faussement la situation de manière disproportionnée à laquelle je n’ai pas cru une seconde.
Cela me semblait si évident qu’on voulait m’obliger à acheter la suite, que je ne le ferai pas. Le livre manque cruellement d’action, à croire qu’il s’agit de remplissage pour nous amener à cette fin peu crédible. Je suis prête à parier que la deuxième partie sera plus rythmée.
En outre, la couverture ne reflète absolument pas le personnage masculin qui a plus des airs de Kylo Ren (Adam Driver… je me demande si le nom du personnage n’est pas carrément un clin d’oeil à l’acteur tant sa description m’y a fait penser) que du mannequin barbu et rock qu’on nous présente. A contrario, la couverture de la suite a l’air de parfaitement refléter Violette. Il faut croire qu’Adam Driver n’est pas assez vendeur…
Je suis sortie de cette lecture frustrée avec la sensation qu’il s’agit plus d’une commande éditeur que d’une réelle envie de l’autrice de nous raconter l’histoire. Tout y est trop attendu, trop marketé, pas assez fouillé… Alors que les personnages et leurs histoires ont un réel potentiel, qui aurait pu gagner en développement s’ils n’étaient pas aussi occupés à se tourner autour comme deux loups avant l’affrontement.
A l’origine, je ne comptais pas parler de ce titre sur le blog puisque je le lisais « en off ». Mais il rentre dans la partie Young-Adult et je voulais quand même en parler parce que c’est la première fois que j’ai à ce point l’impression d’une liste marketing que l’on a coché en suivant les ingrédients d’une recette, et non pas qu’on me racontait une histoire sincère. Je suis donc déçue de ce titre.

Pour qui : les lecteurs qui cherchent une histoire contemporaine.

Les + : un style fluide qui se lit vite et bien.

Les – : je n’y ai pas cru une seconde. Les personnages passent leur temps à se rapprocher/s’éloigner pour des raisons incompréhensibles, l’ensemble est clichés et on nous pousse beaucoup trop à l’achat du second par un ressort qui ne tient pas la route. Je n’ai pas non plus apprécié d’être attirée par un bel homme en couverture qui n’a rien à voir avec le personnage à qui il est censé faire référence.

Infos pratiques
Poche: 320 pages
Editeur : J’AI LU (20 mars 2019)
Collection : FANTASME
Langue : Français
ISBN-10: 2290200530
ISBN-13: 978-2290200537

« Entrées précédentes