Archives des étiquettes : avis

Mortel corps à corps, de Charlaine Harris – La Communauté du Sud 3

Mortel corps à corps, de Charlaine Harris (tome 3 de la série La Communauté du Sud, éditions J’ai Lu)

Voilà que Bill, qui a passé plus de temps sur son ordinateur à créer une base de donnée, que dans le lit de Sookie à passer du bon temps, est enlevé par une mystérieuse maîtresse dont la jeune femme n’avait jamais entendu parler. Son beau vampire étant sérieusement en danger de mort, la petite serveuse de Bon Temps n’aura pas le choix que d’intervenir.
Elle fera la connaissance d’un garou plutôt sexy alors qu’Éric continue de la poursuivre de ses assiduités. Comme si Sookie n’avait pas déjà assez de problèmes comme ça !

C’est reparti pour un tour avec ce nouvel opus de La Communauté du Sud.
Dans ce tome, Charlaine Harris incorpore encore de nouvelles créatures, ce qui amène un peu de fraicheur à une recette que j’avais peur de voir réchauffée.
Cette fois, l’autrice innove et ne nous propose pas une enquête à base de meurtre avec résolution finale par un personnage qui avoue tout subitement.
Toutefois, ma lassitude commence déjà à se faire sentir, après 3 lectures d’affilée de cette série.
En effet, comme je le disais dans ma chronique d’un tome précédent : tout le monde plait à Sookie, et Sookie plait à tout le monde. Cette libido en perpétuelle ébullition est fatigante. Les scènes de sexe inutile s’enchaînent et c’est à se demander si Sookie n’est pas de cette espèce que l’on qualifie de « nymphomane ». Comme je l’expliquais dans ma chronique du premier tome, ce livre était initialement publié dans une collection de romans d’amour. Et c’est bien le cas. Il ne se passe tellement rien autour de la romance que s’en est plat. L’action est presque aussi absente que Bill (pas un mauvais point tant ce personnage est agaçant, presque autant que Sookie) et je me suis surprise à faire un parrallèle avec le tome 2 de la série Fifty Shade, où le titre n’est qu’une succession de scènes de sexe.
On a compris que Sookie est désespérée et qu’elle est accro au sexe. Pouvons nous passer aux vraies péripéties ?
Dans ce titre, on apprend que Bill passe beaucoup trop de temps sur son ordinateur pour créer une base de données répertoriant tous les vampires du monde, et que cette base est extrêmement convoitée.
J’ai pouffé.
Mais pas à cause du livre. En fait, ce qui m’a fait rire, c’est parce qu’à l’époque, c’était peut-être incroyablement novateur et moderne de créer une base de données (on est en 2003, avant la naissance de facebook, youtube, de la géolocalisation et du big data), mais avec le recul, c’est à peu près aussi moderne que si Bill venait d’acquérir un poste de télévision en couleur !
C’est donc un peu ma faute d’avoir lu ce roman 15 ans après et non pas sur le moment, et pas la faute de l’autrice. Mais bon… s’il n’y avait que ça.
Je ne peux m’empêcher de comparer avec la saga Anita Blake, qui est du même acabit. On y retrouve le beau vampire sexy, charismatique et puissant, qui ne rêve que de mettre une héroïne pas décidée dans son lit (c’est dommage parce qu’elle ne dit pas facilement « non »). La tension sexuelle est présente tout au long du roman et semble être la seule motivation de l’autrice.
Comme dans les tomes précédents, on finit par retrouver tous les disparus, et Sookie se retrouve encore à l’hôpital avec un corps dans un état humainement impossible à supporter. Cela devient récurrent. Au point que je me suis imaginée à sa place et, franchement, je la trouve bien sympa. Une petite crise de temps en temps et une partie de jambe en l’air plus tard, et ça repart.
Trop facile !
Sans dire que je me suis ennuyée avec ce livre, car je l’ai lu pendant mes vacances et c’était à mon avis le moment idéal pour ce genre de lecture, cela n’en fait pas moins un titre de piètre qualité, qui ne tient pas ses promesses et vous fera lever les yeux au ciel un grand nombre de fois.
Mais que voulez-vous, j’ai acheté les 11 premiers, il faudra bien que je vois.
Ce que j’apprécie, c’est que l’autrice a l’air de chercher à se renouveler, et là où j’avais peur d’une même recette reproduite à l’infinie, il semble que les différents titres réservent des surprises.
Une série légère à prendre comme tel. Pas plus.

Pour qui : les lecteurs qui aiment les romans légers et ont lu les premiers tomes.

Les + : l’autrice propose une histoire qui ne reprend pas la formule des deux premiers titres, cela renouvelle un peu.

Les – : la plupart des personnages ont des têtes à claque, surtout Sookie qui est insupportable. Les scènes de sexe sont inutiles, trop présentes, et font du remplissage.

Infos pratiques
Poche: 375 pages
Editeur : J’ai lu (16 septembre 2009)
Collection : Semi-Poche Romanesque
Langue : Français
ISBN-10: 2290018074
ISBN-13: 978-2290018071

Publicités

Manipulation, de Anne Bardelli. Léa Bacal T3

Léa traine sa tristesse depuis la mort de son compagnon Hunter. Heureusement, le travail ne va pas tarder à lui donner l’occasion de penser à autre chose. Premièrement parce qu’elle se fait attaquer chez elle par une bande de guerrilleros semblant chercher quelque chose d’important, ensuite parce qu’on retrouve le cadavre d’un humain apparemment tué par un vampire qui se serait ensuite suicidé. Trop étrange pour être vrai. Le GIAR, en la personne de Léa, va mener l’enquête.

Bien que mitigée par mes lectures du tome 1 La Marque et du tome 2 A belles dents, je me suis laissée séduire par ce troisième tome car il m’a été vendu avec l’argument « sorcellerie ».
A la fin de ma lecture, devinez quoi ? Je suis encore mitigée. Impossible de dire si j’ai aimé ou non. Cela vient peut-être du format du roman, qui est vraiment très court. Trop peu de temps pour entrer dans l’univers et m’attacher aux personnages.
Ce manque de matière explique sans doute les impressions tenaces que je ressens depuis ma fin de lecture. Premièrement, celle que j’ai vraiment manqué de sorcellerie et d’ésotérisme. Je m’attendais à une lecture du genre des Soeurs de la Lune, bien que l’on soit sur quelque chose de très sorcier, ce qui n’est pas le cas ici. Mais il manquait tout de même une ambiance, des rites, des éléments immersifs (pierres, cartes, baguette ou boule de cristal, tout ce que j’aime). Finalement la magie est assez superficielle dans ce roman, alors qu’il y a de bons éléments, comme la poudre d’os et la plume noire. A mon avis, on n’entre pas assez dans le détail. D’ailleurs il me semble qu’on ne connait pas l’origine de cette poudre, ni comment elle arrive sur les cibles.
On a perdu un personnage important dans le tome précédent, et son absence hante les pages de ce livre-ci. Ou du moins il devrait. J’ai été surprise et déçue de voir Léa se consoler aussi rapidement dans les bras d’un Charles qui n’est pas sans me rappeler le personnage de Eric Northman dans la série La Communauté du Sud. Il lui ressemble tellement que je me demande si c’est volontaire ou inconscient. Quoi qu’il en soit, ce personnage, véritable poncif du genre de la bit-lit, manque de surprise et je ne l’ai trouvé ni intéressant ni attachant. On pourrait théoriser sur le fait que tous ces rôles sont tenus par le même vampire au fil des séries et des auteurs et qu’il changerait juste d’identité, tellement sa personnalité est identique d’un roman à l’autre. Dommage que ce ne soit pas plus subtil.
Aussi, comme je l’avais déjà souligné (il me semble) dans les chroniques précédentes, ce qui est ennuyeux avec Léa, c’est qu’elle parvient toujours à se sortir de tout avec une insolente chance. Quoi qu’elle fasse, il y a toujours quelque chose qui arrive au bon moment pour la tirer d’affaire. Au point qu’il est inutile de s’inquiéter pour elle. S’il y a bien un personnage pour lequel je suis tout à fait zen dans ma lecture, c’est bien elle. Le scénario est incroyablement indulgent avec elle alors que j’aimerais la voir dans des situations bien plus dangereuses et périlleuses. Peut-être dans la suite ?
Le cliffhanger du roman est amené de manière si peu subtile et si évidente qu’il n’a pas créé chez moi de vague d’excitation. D’autant plus que si l’on prête attention à la couverture, on ne peut que se douter de la fin quant à 3 pages de la révélation finale on ne la comprend toujours pas. Je vous laisserai lire, j’espère n’avoir rien dévoilé.
Car il faut tout de même souligner le fait que la plume de l’auteur a gagné en maturité avec ce titre. Bien que je persiste à trouver son one-shot (La main immaculée) plus intéressant que sa série, Anne Bardelli a corrigé au fil du temps certains tics qui desservaient sont récit, comme les ellipses floues. Sa plume est plus fluide et plus agréable à lire.
Maintenant qu’elle semble avoir trouvé son fond, je souhaite qu’elle puisse approfondir la forme pour nous offrir une suite plus épaisse, plus terrifiante et plus originale.

Pour qui : les lecteurs qui aiment la bit-lit, les histoires érotiques et les ambiances sombres.

Les + : un style agréable à lire, plutôt fluide.

Les – : une histoire trop courte et trop facile, qui manque d’éléments ésotériques.

Infos pratiques
Date de parution : 28 mai 2018
ISBN : 978-2-37342-055-5
Nombre de pages : 218
Illustration de couverture : Erica Petit

« Entrées précédentes