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Les loups de Kharkov, de Alexis Lorens

Les loups de Kharkov, de Alexis Lorens (one shot, éditions du Petit Caveau)

Une danseuse étoile est retrouvée assassinée sur une voie ferrée. Suivra bientôt une autre.
Que se passe-t-il ? Pourquoi un monstre s’en prend-t-il à ses jeunes filles ?
A Paris, la police est sur l’affaire. Les inspecteurs Xavier Kerlann et François Fernandez auront bientôt la charge de résoudre cette sanglante enquête.
De Paris à New-York, et avant que le chronomètre ne soit écoulé ; ils vont devoir suivre la piste des Loups de Kharkov.

Ce roman avait tout pour me plaire : une chouette couverture, un résumé alléchant, une histoire qui promettait d’être haletante et intrigante, sombre et avec des vampires…
Malheureusement, elle n’a pas été à la hauteur de mes espérances. Les soucis que j’ai rencontré avec ce livre sont multiples. Je m’explique.
Publié en 2010, je l’ai acheté il y a deux ou trois ans lors d’une opération « 1 mois 1 maison 1 achat ». Je collectionne les ouvrages des éditions du Petit Caveau et j’apprécie de me procurer les titres que je n’ai pas encore en papier de temps à autre.
J’avais réussi à ne pas trop regarder celui-ci jusque là, puis je suis revenue sur mon avis et l’ai acheté. Une intrigue policière au pays des ballets et avec un fond de vampire, ça ne pouvait que me plaire.
Or, une fois l’histoire refermée, je n’ai pas retrouvé toutes les promesses que m’a faites ce titre.
Premièrement, il se passe en 1936/1937. C’est intéressant, sauf que je n’ai pas vraiment vu l’intérêt. L’ambiance n’est pas suffisamment dépeinte pour que l’on se sente réellement plongé dans l’entre-deux guerres. L’auteur place ça et là des éléments de décors, tels des noms de rues ou des personnages illustres, mais j’ai surtout eu l’impression qu’il s’était renseigné sur internet pour les placer au lieu de les insérer subtilement dans son ambiance. De fait, l’énumération reste froide et m’a laissé à l’extérieur de l’époque.
Ensuite, les ballets russes. Que ce soit la couverture ou le résumé, on nous annonce que les victimes sont « de jeunes et jolies danseuses de ballet ». Cela semble avoir son importante. Pourtant, je ne l’ai pas ressenti. Je n’ai pas compris pourquoi les meurtriers s’attaquaient principalement aux ballerines. Elles auraient tout aussi bien pu être vendeuses en épicerie ou secrétaires, le résultat aurait été le même.
Le groupe de meurtriers, qui se font appeler « Les Loups de Kharkov » et donnent en même temps leur nom au livre : je n’ai pas non plus compris leurs motivations. Pourquoi se surnomment-ils ainsi ? Quel est le but ? Pourquoi laisser des cadavres en plein milieu du chemin au lieu de dissimuler leurs actes ?
Parce qu’à agir comme ça, c’est le meilleur moyen d’attirer l’attention de la police, ce qui n’a pas manqué d’arriver.
La figure vampirique n’est pas assez creusée également. On joue sur l’ambiguïté, certes, mais cette ambiguïté n’arrive qu’en toute fin et n’a que peu d’impact sur le livre. Ils auraient pu être des humains ordinaires, cela n’aurait pas changé l’histoire.
Histoire qui se déroule de manière très filaire, comme si l’auteur suivait un plan étape par étape. J’ai regretté le manque de « tiroirs » dans l’intrigue, un élément pourtant récurrent dans la littérature polar/thriller d’aujourd’hui.
Bref, j’ai manqué de clés, d’explications. L’ensemble du roman passe très vite sur beaucoup d’éléments d’intrigues et de background. La romance entre Xavier est Émilie tombe comme un cheveux sur la soupe et n’apporte rien.
J’ai singulièrement manqué de matière.
Le livre n’est pas très épais, moins de 200 pages. Il ne fallait donc pas que l’intrigue soit trop complexe, au risque de manquer de détails. Ce qui a été le cas ici. J’ai manqué d’à peu près tout.
Finalement, en refermant le livre, il ne me reste pas grand chose. J’ai lu ce livre rapidement et je l’ai déjà oublié. Dommage pour un auteur tel qu’Alexis Lorens. C’est le premier livre que je lisais de lui bien que je le connaissais de nom. Une erreur de parcours ?

Pour qui : les lecteurs qui aiment les histoires rapides et qui vont à l’essentiel.

Les + : un style fluide et agréable, qui se lit bien. Une plume maîtrisée.

Les – : trop peu d’informations sur les personnages, leurs singularités, leurs motivations, et les relations entre eux. On a l’impression de suivre simplement les étapes d’un plan, sans forcément tout comprendre des motivations profondes.

Infos pratiques
Date de parution : 10 mars 2010
ISBN : 978-2-9533892-5-8
Nombre de pages : 204
Illustration de couverture : B.

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Days, de James Lovegrove

Days, de James Lovegrove (one shot, éditions Bragelonne)

En Angleterre, Days est une institution. Premier giga-store du monde (et sans aucun doute le plus beau), il promet à ses clients de vendre tout ce qu’il est possible d’acheter sur la planète.
Réservé aux acheteurs pouvant s’offrir un droit d’entrée, on se bouscule pour en parcourir les allées. C’est même pour certain le rêve de toute une vie.
Pour d’autres, le rêve est de le quitter définitivement.
C’est ainsi que nous suivons une journée dans le quotidien de Days. Une journée durant laquelle Linda va voir sa vie changer, et Frank prendre une grande décision.
Mais peut-on réellement échapper à la diabolique mécanique de Days ?

Ce livre était dans ma PAL depuis près de 4 ans. Sorti en 2014 à l’occasion de l’opération « 10 ans de Bragelonne », je l’avais acheté car le concept me plaisait énormément. Société de consommation dénoncée à travers un roman où l’absurdité des grands magasins est poussé à son paroxysme, il me semblait que cela pouvait être intéressant.
Néanmoins, je ne m’y suis mise que tardivement, occupée par d’autres livres.
Je ne regrette pas d’avoir attendu car j’avoue que le livre n’est pas tout à fait à la hauteur de ce que j’espérais.
En effet, si le concept est bien présent, la mise en scène est extrêmement poussive. Il m’a fallut lire un bon tiers du livre pour commencer à entrer dedans tant la narration est extrêmement lente.
James Lovegrove a choisi de ne raconter qu’une journée dans la vie de son magasin, et étire à l’infini cette journée pour la faire tenir sur un volume raisonnable.
Ainsi, les chapitres sont le minutage de ce jour. Et l’auteur nous décrit absolument tout dans les moindres détails, y compris quelle face de la tartine l’un des personnages aime beurrer le matin.
C’est ainsi qu’on se retrouve avec une foule de détails sans intérêt qui n’ont pour objectif que de remplir et meubler, à la manière d’un Zola payé à la page, et de nous assommer sous une foule d’information.
Je me suis donc accrochée. Je trouvais plus d’intérêt dans le personnage de Linda que dans le personnage de Frank. Puis sont arrivés les 7 frères et leur obsession des chiffres.
D’ailleurs le chiffre 7 est omniprésent dans l’ouvrage, et pourrait à lui seul faire l’objet d’une chronique entière, même s’il est finalement moins bien traité que ce que je pensais.
Une fois passé les 100 premières pages (et peut-être même toute la première moitié), le livre devient intéressant. James Lovegrove commence à ajouter des actions et une intrigue à son roman qui n’était jusque là qu’une looongue description comme vous l’avez compris.
C’est pas mal. J’ai bien aimé, même si l’auteur fait passer les amoureux des livres papier pour des excentriques complètement barrés. Il y a des choses intéressantes à dire dessus.
La fin part en cacahuètes. La réaction finale des frères m’a choqué et je ne l’ai pas trouvé très crédibles, bien qu’on tente de la justifier. La fin justifie-t-elle les moyens ? Il semble que dans cette société consumériste, oui. Mais dans la mienne, pas vraiment.
En revanche j’ai beaucoup aimé la scène de bagarre dans le rayon des instruments de musique du tiers-monde, ou les explications sur la manière dont le magasin fonctionne. On y croit car bien qu’absurde, cela pourrait arriver.
C’est pour ce manque de finesse que ce roman, qui partait pourtant très bien grâce à son concept, me laisse un goût extrêmement mitigé en bouche. Les idées sont bonnes, le message est intéressant, mais la manière de le mettre en musique ne m’a pas convaincu. J’ai été assez étonnée de ce choix de la part de Bragelonne, tant j’avais adhéré à l’ouvrage Lignes de Vie, lui aussi acheté lors de l’opération des 10 ans.
Je garderai donc de ce titre un souvenir déçu, celui d’un rendez-vous manqué avec une oeuvre grandiose.

Pour qui : les lecteurs qui aiment les ouvrages qui font réfléchir sur la société et le monde qui nous entoure.

Les + : de bonnes idées, un concept intéressant, une écriture soignée.

Les – : trop de descriptions inutiles qui ne font que remplir l’espace, il ne se passe pas grand chose et quand arrive enfin un peu d’action, elle n’est pas toujours très crédible.

Infos pratiques
Traducteur : Nenad SAVIC
Date de parution : 27/01/2005
Nombre de pages : 334
Format : Grand format
Edition : Brochée
EAN : 9782915549089
ISBN : 2915549087

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