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Pire que la mort, de Charlaine Harris – La Communauté du Sud 8

Pire que la mort, de Charlaine Harris (tome 8 de la série La Communauté du Sud, éditions J’ai Lu)

Le monde des humains ordinaires est décidément bien plus calme que celui des surnaturels. Sookie en fera encore l’expérience.
Sans nouvelles de Quinn, le coeur de la jeune serveuse est en miette, un peu comme la région après le passage de l’ouragan Katrina. Mais les derniers évènements ont fait plus que détruire des bâtiments et des villes : l’ouragan a également laissé des places vacantes dans la hiérarchies des créatures surnaturelles. Royaumes affaiblis, territoires à la dérives, les créatures surnaturelles essaient tant bien que mal de se reconstruire.
Et devinez qui va se retrouver au carrefour de toutes les volontés bien malgré elle ?

Je dois avouer que j’ai eu un peu de mal à rédiger un résumé pour ce tome 8. En effet, si j’ai pris plaisir à le lire, je suis obligée de reconnaître qu’il ne s’y passe pas grand chose. En fait, il s’y passe plein de petites choses, le tout dans un seul ouvrage sans grand arc narratif.
Contrairement à certaines tomes (comme le 6ème, La Reine des Vampires), Charlaine Harris ne fait pas du remplissage. Elle nous parle du quotidien toujours très chaotique de son héroïne, et va donc de mariage en bataille sanglante, de disparition en retrouvailles, d’amours perdus en amour retrouvé.
Plein de petites pièces de puzzles dont on pressent qu’elles préparent le tome suivant, un peu comme si l’auteur écrivait son roman les yeux rivés sur l’horizon. Elle est là, mais déjà plus vraiment. Elle est déjà dans le coup d’après.
Certains lecteurs pourront penser à raison que cet ouvrage est « un tome pour rien ». Oui et non, car comme souvent il vaut la peine d’être lu pour au moins une ou deux petites choses qui font réellement avancer l’histoire.
Ici, il s’agit de l’introduction de deux personnages complètement inattendus dans la vie de Sookie. Certains sortent de sa vie quand d’autres y entrent, tels des pieds sur un échiquier.
Cela laisse présager une suite intéressante dans laquelle j’ai déjà hâte de me plonger.
Car oui, au fil du temps, j’ai appris à apprécier Sookie. Ses aventures rocambolesques me la rendent enfin un peu plus supportable. Au moins a-t-elle arrêté de subir à tout bout de champ et de se retrouver blessée à chaque fin de livre. J’ai l’impression, même minime, que l’auteur a enfin rendu son héroïne un peu plus maîtresse de son destin et je ne peux qu’apprécier.
L’histoire progresse, même si, s’agissant d’une série, j’ai l’impression qu’elle pourrait encore durer une éternité tant il n’y a pas vraiment d’arc narratif.
Finalement, la seule question qui m’a tenue est : Sookie va-t-elle enfin se remettre avec Bill ?
J’ai l’impression que c’est le seul enjeu de la série, le reste n’est qu’aléatoire.
Aussi, je me suis interrogée sur le choix du titre, qui ne signifie rien et n’a pas de lien avec l’histoire. Il fallait caser le mot « mort » dans tous les titres à partir de celui-ci, apparemment, donc on va le retrouver dans les titres suivants mais cela ne fait pas du tout sens avec le récit. Un peu comme l’illustration de couverture, ce que je trouve dommage.
Un tome que j’ai lu rapidement pour m’être plongé dans ce style toujours léger.

Pour qui : les lecteurs qui ont lu les tomes précédents car il y a beaucoup de personnages et aucun rappel en début ou en fin d’ouvrage, les lecteurs qui cherchent un roman divertissant et léger, sentimental.

Les + : une écriture légère et fluide, une héroïne qui prend davantage son destin en main, des petites avancées intéressantes qui laissent imaginer un prochain tome tout aussi intéressant

Les – : il n’y a pas vraiment d’arc narratif et on enchaîne les micro-péripéties, j’ai du mal à comprendre les choix de titres et couvertures car ils n’illustrent ni n’apportent rien du tout au récit.

Infos pratiques
Poche: 442 pages
Editeur : J’ai lu (25 novembre 2009)
Collection : SEMI-POCHE
Langue : Français
ISBN-10: 2290015059
ISBN-13: 978-2290015056

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L’ours et le rossignol, de Katherine Arden

L’ours et le rossignol, de Katherine Arden (one shot, éditions Denoël)

Dans un village russe, loin de Moscou, une mère accouche d’une fille. Son ultime cadeau au monde avant de s’éteindre.
Marina, la femme de Piotr, promet à son mari avant de mourir que leur fille sera unique.
Ainsi naît la petite Vassia. Plus elle grandit et plus la petite fille développe des dons uniques. On la dit sorcière, on la prétend tentatrice.
En effet, Vassia peut voir les démons et les ombres qui entourent le village, prêtes à se refermer sur lui et à engloutir tous ses habitants.
Il faudra à beaucoup de courage à Vassia pour prendre son destin en main contre les cages dans lesquelles on essaiera de l’enfermer, et sauver les siens.

Je ne lis pas souvent d’ouvrages ayant pour décor le vaste pays-continent qu’est la Russie. Cet ouvrage est une exception particulièrement immersive dans un monde immense et rude, froid, lointain aussi bien géographiquement que temporellement.
Katherine Arden a placé son texte dans une époque lointaine, médiévale, celle où les femmes étaient mariées par intérêt et où les paysans qui avaient des terres régnaient sur leur village.
On est très vite plongé dans l’ambiance de ce pays grâce à l’utilisation de termes tout à fait typiques, mais aussi des descriptions pointues, précises, fines et ciselées qui nous plonge dans cet univers glacé dès les premières pages. J’ai plusieurs fois retrouvé un peu de l’ambiance russe présente dans la série de James Rollins et Rebecca Cantrell des Sanguinistes.
Katherine Arden mêle à son texte des contes et légendes du floklore russe. Je dois avouer ne pas suffisamment les connaître pour avoir un avis sur leur exploitation ici. Tout ce que j’en sais, c’est que cela a rendu le texte très dense.
Voir trop dense.
En effet, il y a énormément d’informations et d’éléments dans le livre. Entre les gens, les démons, les chevaux qui parlent, les pouvoir de Vassia… l’ensemble m’a parut un peu trop confus.
Ce qui m’a manqué, c’est l’absence d’un fil conducteur. Sur la forme, le livre est très bien écrit, immersif etc… mais je ne savais pas où on voulait m’amener. Où vont les personnages ? A quoi sont-ils promis ? Je ne comprenais pas à quoi servait l’histoire. J’ai lu un peu par obligation, pour voir où tout cela allait mener. je pensais que les éléments finiraient par s’assembler à la fin, comme un puzzle, ce qui a été plus ou moins le cas, mais pas vraiment.
De fait, plusieurs scènes, assez longues, n’ont pas tellement d’utilité dans le roman. Celui-ci n’est pas très épais (350 pages) et se déroule pourtant sur une quinzaine d’années. On passe ainsi d’année en année, de personnage en personnage, assez rapidement, sans prendre le temps, et c’est ce qui m’a manqué.
Le personnage de Konstantin reste sous-exploité. J’en attendais plus, mais il se fait éclipser à la fin par les deux frères-démons. Pourquoi insiste-t-on autant sur le fait qu’un des frères de Vassia veut devenir prêtre et se retirer du monde ? J’ai longtemps pensé que l’on allait nous faire surgir une figure à la Raspoutine (on parle bien d’ours), mais non.
Néanmoins, L’ours et le rossignol, comme le laisse penser son titre, est tout en poésie et en allégories. Une poésie froide, cruelle, et éprise de liberté.
Le personnage de Vassia est incontestablement moderne. C’est une femme qui, à cause de son désir de vivre par elle-même, sera menacée, mise au ban d’une société qui la regardera comme une sorcière, un démon. Parce qu’elle n’entre dans aucune case, on voudra l’éloigner, s’en débarrasser, voir la tuer.
Je n’ai pu m’empêcher de trouver dans ce récit médiéval un écho moderne. Les démons sont toujours là, prêts à dévorer les êtres différents, ceux qui n’auraient pas la force de se battre pour les idéaux.
En bref, L’ours et le rossignol est une lecture qui fait se poser des questions, tout en découvrant un territoire encore trop inexploré pour nous autres européens de l’ouest.

Pour qui : les lecteurs qui aiment les contes, les lectures hivernales, la russie et son ambiance si particulière.

Les + : la figure de Vassia, femme libre et qui prend son destin en main, un style impeccable, immersif, des descriptions parfaites et des personnages émouvants.

Les – : beaucoup trop d’éléments dans l’ouvrage, et il manque un fil conducteur pour donner l’intérêt de tourner les pages.

Infos pratiques
Broché: 368 pages
Editeur : Denoël (17 janvier 2019)
Collection : Lunes d’encre
Langue : Français
ISBN-10: 2207143937
ISBN-13: 978-2207143933

 

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