Archives des étiquettes : vampire

La morsure de la panthère, de Charlaine Harris – La communauté du Sud 5

La morsure de la panthère, de Charlaine Harris – (tome 5 de la série La communauté du Sud, éditions J’ai Lu)

Une étrange atmosphère règne à Bon Temps depuis que des métamorphes se font sauvagement attaquer. La police peine à identifier de suspects puisqu’en apparence rien ne relie les victimes entre elles.
Sookie s’inquiète de plus en plus pour les siens. Il faut remplacer Sam au Merlotte pendant sa convalescence.
C’est ainsi qu’un nouveau vampire, au look de pirate, fait son arrivée à Bon Temps.
Envoyé par Éric, il a pour mission de tenir le bar et de protéger Sookie.
Une bonne chance, quand on sait que cette dernière échappera de justesse à l’incendie de sa maison.
L’agresseur, qui qu’il soit, a décidé de s’en prendre à la jeune serveuse.
Pendant ce temps, les loups-garous tentent de se choisir un nouveau chef…

De manière générale, j’avais bien aimé le précédent tome, Les Sorcières de Shreveport, dans lequel Charlaine Harris nous offrait une histoire originale au concept surprenant.
Avec ce cinquième tome, nous repartons sur une histoire plus classique où il ne se passe pas beaucoup d’action. J’ai été assez surprise et même un brin déçue, dans la mesure où le titre de ce tome laisse penser qu’il va se passer des choses. On nous parle en effet de « morsure » et de « panthère », ça promet d’être rythmé !
Et pourtant non.
Cette lecture a été plaisante entre deux ouvrages plus sérieux, parce que comme dans les autres titres le style de Charlaine Harris est fluide, très terre à terre et ancré dans notre quotidien. Or, on passe plus de temps à suivre la vie sentimentale de Sookie qu’à faire avancer l’histoire. L’enquête esquissée dès le début n’en est pas vraiment une, il n’y a aucune investigation, et Sookie passe son temps à aller et venir d’un point A à un point B.
C’est à peu près tout.
J’ai apprécié lire ce titre sans doute parce que j’ai fait une pause après en avoir enchaîné 4 d’affilée. J’ai eu le temps d’oublier mon agacement et de me replonger avec légèreté dans la série.
De toute façon : c’est une série légère, il ne faut rien en attendre d’autre.
Les personnages sont plus nombreux que dans les autres tomes, si bien qu’aucun ne prend l’ascendant sur les autres. Ils font beaucoup de passages éclairs, notamment Bill et Éric (ce qui n’est pas plus mal).
Comme d’habitude Sookie se trouve au milieu d’un groupe d’hommes qui se battent pour elle, et elle finit blessée avec une balle dans l’épaule. Charlaine Harris doit trouver cela romantique d’être une jeune femme blessée sauvée par des hommes. A la longue, non seulement je ne suis plus surprise, mais je suis même un peu lassée.
En bref, un tome plat et vide, parfait pour se détendre après le boulot. Le tome suivant sera forcément meilleur !

Pour qui : les lecteurs qui aiment les histoires légères et sans prise de tête, qui veulent du divertissement et de la détente comme on regarderait un feuilleton.

Les + : une écriture toujours aussi légère et agréable quand on cherche à se vider la tête, une galerie de personnages étoffée.

Les – : un cruel manque d’action dans ce tome et un titre qui ne reflète absolument pas le contenu du roman.

Infos pratiques
Poche: 376 pages
Editeur : J’ai lu (28 octobre 2009)
Collection : SEMI-POCHE
Langue : Français
ISBN-10: 2290019534
ISBN-13: 978-2290019535

Publicités

Redemption, de Jean Vigne – Le dernier vampire tome 3

Rédemption, de Jean Vigne (tome 3 de la trilogie Le Dernier Vampire, éditions du Petit Caveau)

Le monde va mal et les vampires sont de plus en plus nombreux, de plus en plus assoiffés de sang et de pouvoir. Mais les humains n’entendent pas se laisser faire et préparent déjà la riposte.
Le dénouement est proche. Il n’y a qu’une planète et plusieurs races en convoitent la domination. La guerre va éclater, c’est une certitude, mais qui en sortira vainqueur ? Et d’abord, y aura-t-il au moins un vainqueur ?

Après mon coup de coeur pour Désolation, le premier tome, et mon enthousiasme sincère pour Résurrection, le second, c’est une très grosse déception pour ce dernier tome.
Attention, âmes sensibles s’abstenir, la chronique va être mordante et risque de faire perler un peu d’hémoglobine.
En effet, après avoir fermé ce livre, je suis fâchée. Oui, oui : fâchée. Toute rouge. Avec de la fumée qui sort de mes oreilles. Je suis fâchée après l’auteur, l’éditeur, et même après moi.
Je vous explique.
J’ai lu ce dernier tome longtemps après avoir lu les deux premiers (la chronique de Désolation date de 2012, celle de Résurrection 2013, je viens de lire Rédemption et nous sommes en 2018, j’ai donc mis un temps fou à lire ce dernier titre, pas par manque de volonté mais parce que j’avais beaucoup d’autres choses à lire et écrire entre temps). Mais on peut me pardonner puisque je suis une lectrice qui lit un texte figé sur papier.
En revanche, j’ai eu la sensation que l’auteur avait écrit son texte longtemps après les deux premiers. Ou bien est-ce moi qui ait la mémoire courte ? Quoi qu’il en soit, je n’ai absolument rien retrouvé dans ce tome de ce que j’appréciais dans les deux premiers.
C’est bien simple : tout est d’un foutoir sans nom. C’est l’impression que j’ai eu à la lecture et en fermant l’ouvrage.
Tout d’abord, je n’ai pas compris quels étaient les objectifs des différents protagonistes. Quel est le but du livre ? De quel point partons nous et vers quel point allons nous ? Si bien que j’ai eu du mal à écrire quelques lignes de résumé. Tout le long du livre, j’ai eu l’impression que les différents personnages vivaient leur vie et qu’il leur arrive des tuiles. D’accord, mais quel est le but ? Pourquoi font-ils ce qu’ils font ? Je n’ai pas compris. Le fil rouge ? Je ne l’ai pas vu.
Les personnages partent dans tous les sens, arrivent sans cesse dans l’histoire pour repartir aussitôt ou ne rien apporter de concret. Le tout sans compter le fait que j’ai eu l’impression de retrouver dans ce livre beaucoup d’éléments ou de personnages lus dans d’autres titres de l’auteur (comment ne pas penser, notamment, à Néa ? Ou à la plus récente Solana, d’Holomorphose ? Comme si l’auteur prenait les mêmes ingrédients qu’il ne mélangeait pas dans le même ordre).
On a Aurore qui au bout d’un (long) moment se met en quête de retrouver sa mère, et est accompagnée en cela d’Océane, dont on nous dit sans cesse qu’elle est agaçante. D’accord, mais à quoi sert ce personnage ? Je n’ai pas vu son utilité. Il lui pousse un caractère ou des capacités uniquement quand cela arrange le scénario. Ce n’est pas cohérent.
Aurore, quant à elle, a tout d’une Néa sans nuances.
Virginie… je n’ai pas non plus compris son objectif, son but, ses motivations ? Il lui arrive beaucoup de malheurs, une fois encore l’auteur ne ménage pas ses personnages, mais ensuite ?
Quant à Jean, dire qu’il est carrément dans les choux n’est pas de trop. Encore que c’est à peu près le seul dont on finit par comprendre l’objectif.
Je ne vous parle ici que des personnages principaux, car il y en a des dizaines dans tout le livre, que rien ne distingue réellement. Où sont passées les bonnes idées du premier tome ?
Côté style, c’est un peu comme si vous passiez 3 heures à chanter une chanson en hurlant d’un bout à l’autre : pas de nuance et ça finit par être très très long et même un peu pénible.
En effet, on est dans le vulgaire du début à la fin, tous les personnages ont les mêmes tics de langages pas forcément modernes, en plus, alors que nous sommes en 2130 (« ma belle », « chienne », « gamine », « catin »….) y compris quand les individus viennent d’époques différentes. On a de l’insulte et de la grossièreté de toutes parts et à toutes les lignes, si bien qu’à la longue, on n’y prête même plus attention et on se lasse. Le seul souci, c’est qu’on en vient à ne plus trop savoir qui parle ni quel est son passif (j’imagine qu’un vampire qui a vécu à Versailles ne devrait pas s’exprimer de la même manière qu’un vampire né en 2100, si ?). Cela ne m’aurait pas dérangé si c’était justifié, mais ça ne l’est pas vraiment. L’auteur s’est perdu dans un texte dans lequel il a trop voulu pousser les côtés « vices » et « luxure ». Au point que tous les personnages s’expriment avec la même voix et la même tonalité.
L’impression dominante est qu’il n’y a aucune finesse, tous les personnages sans exception ne sont que des brutes épaisses qui ne pensent qu’au sexe. C’est triste, mais j’étais contente d’en finir avec eux, et je me suis même souvent dit qu’ils n’avaient que ce qu’ils méritaient.
Côté narration, là encore c’est le bazar. Si j’en crois le résumé, l’accent est mis sur le personnage de Virginie. Alors pourquoi la première personne est-elle utilisée pour Aurore et Jean et pas pour elle ? Pourquoi pas pour tous le monde ou personne ? Car cette narration donne surtout l’impression que tout le monde est important sauf Virginie. Il faut dire aussi que son histoire, son absence de motivation, nous la rend complètement transparente. De même, le titre nous parle de « Le Dernier Vampire ». A l’origine il s’agissait de Jean, mais on en est arrivé à un point où Jean est un personnage plus que secondaire, qui finit par quitter l’intrigue, et surtout on est très loin d’un unique vampire puisque la planète est de plus en plus peuplée de ces créatures. Là encore il y a quelque chose qui ne va pas. Si message il y a, il est tellement brouillé par tous les éléments que je ne l’ai pas vu.
Voici globalement ce que j’ai pensé du fond, mais malheureusement la forme ne rattrape pas ce constat de cacophonie brouillonne. En effet, c’est rare que je le remarque (et généralement quand je le remarque ce n’est pas bon signe), mais on manque ici singulièrement de relecture. J’ai arrêté de compter les fautes d’orthographe au bout de quelques dizaines, et les erreurs de langage également. « Le temps suspend son envol »…. Non. « Respirer la flagrance »… Non. Le temps suspend son VOL et un parfum est une FRAGRANCE. Je ne vous ai mis que les deux erreurs que j’ai retenu mais il y en a d’autres. Je me suis demandée si ce texte avait été relu et corrigé. Il semble avoir été écrit d’un trait, presque à main levée, et publié tel quel.
Le Petit Caveau m’a habitué à mieux, vraiment, et je suis déçue par cet ouvrage qui mériterait un gros travail éditorial, à mon sens. Jean Vigne m’a habitué à tellement mieux également.
Pour finir, je suis en colère après moi parce que je m’étais fait une joie de lire ce dernier titre après tout le bien que j’avais pensé des deux premiers, et j’ai l’impression de m’être trompée. J’ai horreur de cela.
Voilà en bref les raisons de ma colère.

Pour qui : les lecteurs qui ont lu les deux premiers et désirent ardemment connaître la conclusion de la trilogie.

Les + : On retrouve les personnages des précédents épisodes et une Terre post-apocalyptique.

Les – : Le livre part dans tous les sens, sans nuance ni cohérence. Je n’ai pas retrouvé les bonnes idées des premiers tomes, et il manque cruellement de relectures éditoriales sur le fond et la forme. Les personnages finissent par ressembler à d’autres personnages d’autres séries du même auteur.

Infos pratiques
Broché: 350 pages
Editeur : Editions du Petit Caveau (6 avril 2015)
Collection : Miroir de sang
Langue : Français
ISBN-10: 2919550896
ISBN-13: 978-2919550890

« Entrées précédentes