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Mort de peur, de Charlaine Harris – La communauté du sud 11

Mort de peur, de Charlaine Harris (tome 11 de la série La communauté du sud, éditions J’ai Lu)

Lorsqu’une mystérieuse ombre met le feu au Merlotte, Sookie sait que les choses vont empirer. Oui, c’est possible. Quelqu’un semble en vouloir non seulement au bar de Sam, mais surtout à sa serveuse la plus étrange.
Sans parler du fait que la famille Pelt fait son retour, Sookie aura de bonnes raisons de ne pas être tranquille.
Autrement dit : d’avoir peur.

J’ai déjà évoqué le fait que certain tomes sont statiques et font office de remplissage. Ce n’est pas le cas de celui-ci, dans lequel il y a de l’action et avance l’histoire principale.
Certes, il n’y a rien de transcendant et je me demande toujours où veut en venir Charlaine Harris, puisque la série est bientôt terminée. Quelles résolutions vont faire avancer l’ordre du monde après la fin de la série par rapport à son début ? Pourquoi arrêter la série dans 2 tomes et pas plus ? Cette curiosité me pousse à lire chaque numéro avec un peu plus d’intérêt.
Pour ce qui est de ce tome 11, on ne sent pas que la fin est proche. Il s’agit d’un tome riche en rebondissements dans lequel on retrouve à peu près tous les héros habituels et à qui il arrive des aventures.
Sookie va subir un changement assez radical et très important pour la suite. Bien qu’elle soit toujours aussi naïve, j’ai comme toujours pris plaisir à la retrouver et la voir se débattre avec son humanité dans un environnement qui l’est de moins en moins.
Pour une fois j’ai trouvé que le livre portait bien son titre. La peur est présente tout au long de l’histoire et pour des raisons variées. Néanmoins, c’est une notion importante qui reste en toile de fond durant toute l’intrigue. On dirait presque que la peur a été traitée comme le thème de ce nouveau tome.
Cela apporte des scènes intéressantes de tension entre les personnages, ou même avec l’environnement.
Comme toujours le côté « enquête » n’est pas très développé et il ne faut pas s’attendre à un roman d’investigation ou d’enquête policière comme on peut notamment en lire dans les premiers tomes d’Anita Blake. Les héroïnes et leurs histoires n’ont rien à voir.
Néanmoins, les lecteurs qui ont tenus jusque là et ont dont traversé des tomes plats et insipides ne pourront que retrouver du souffle et un élan d’intérêt avec ce tome. J’ai pris plaisir à me plonger dans cet univers américain, un peu naïf et suranné de Bon Temps (les romans ont été écrit au début des années 2000 et je suis toujours étonnée de voir un texte qui ne parle quasiment pas d’internet et de nouvelles technologies même si Charlaine Harris essaie d’intégrer à son intrigue des événements de la vie réelle, comme l’ouragan Katrina de 2005. Cela semble si improbable aujourd’hui, avec le bond technologique opéré depuis 2006…)
Quoi qu’il en soit l’envie de découvrir le suivant est là à la fin et je me demande ce que nous réserve l’autrice pour la suite et quasi fin de sa série.

Pour qui : les lecteurs qui aiment la série et attendent un tome plus dynamique où l’intrigue avance vraiment.

Les + : on retrouve les personnages habituels, l’intrigue avance car des éléments importants viennent changer le cours des choses, Sookie connaît des changements.

Les – : même si j’ai apprécié le livre, je dois avouer qu’il ne m’en reste pas grand chose après quelques jours. J’ai déjà presque tout oublié. Les tomes se suivent et se ressemblent malgré tout.

Infos pratiques
Poche : 348 pages
Editeur : J’ai lu (8 janvier 2012)
Collection : SEMI-POCHE
Langue : Français
ISBN-10 : 2290037141
ISBN-13 : 978-2290037140

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Des fleurs pour Algernon, de Daniel Keyes

Des fleurs pour Algernon, de Daniel Keyes (one shot, éditions J’ai Lu)

Charlie Gordon est un adulte « retardé » qui possède une particularité : il a envie d’apprendre. Le rêve de Charlie est de de devenir intelligent, c’est pourquoi il est choisi par une équipe médicale dont l’objectif est de rendre les humains beaucoup plus intelligents grâce à l’implantation d’une puce dans leur cerveau.
L’expérience a déjà fonctionné sur une souris : Algernon. Les résultats se confirment sur un humain et Charlie progresse rapidement. Bientôt, ce dernier commence à comprendre le monde qui l’entoure et à se poser de nouvelles questions.
Mais à trop approcher du soleil, ne finit-on pas par se brûler les ailes ?
Quand les incroyables facultés d’Algernon commencent à décliner, tout le monde s’inquiète : et si Charlie connaissait le même destin ?
Il n’est pas évident de retourner dans l’ombre quand on a connu la lumière de la connaissance.

ROMAN COUP DE COEUR

Avant de commencer la chronique je précise que j’ai acheté l’ouvrage dans sa sortie augmentée en édition limitée cet hiver. La jolie couverture m’a tentée alors que je voulais lire le livre depuis longtemps.
L’édition augmentée contient le roman, suivi par une autobiographie de Daniel Keyes, puis par la nouvelle originale. Le texte était en effet une nouvelle primée avant de devenir le roman que nous connaissons.
Je ne vais parler ici que du roman, les autres parties étant intéressantes pour enrichir le propos du texte ou le contextualiser.
Dire que Des fleurs pour Algernon est un roman bouleversant est encore en-dessous de la réalité. Lorsque j’ai dit que j’allais le lire, les réactions ont été nombreuses et unanimes : ce livre remue. J’ai pu constater son incroyable popularité rien qu’en abordant le sujet sur les réseaux.
Si habituellement je suis sceptiques quant aux phénomènes populaires (qui ne sont pas un gage de qualité, n’en déplaise aux fans de E.L James), je reconnaît avoir été totalement séduite sur ce coup-là.
Des fleurs pour Algernon n’a pas volé son succès. C’est un livre à la fois poétique, philosophique, et incroyablement humain. Raconté sous la forme d’un journal (ou une succession de « compte-rendus » pour être exacte), nous faisons la connaissance de l’attachant Charlie et nous lions rapidement à lui. En tant qu’adulte « normale » j’ai compris pourquoi Charlie voulait s’élever au-dessus de sa condition. Pourquoi il lui était si important de se sentir lui aussi dans la moyenne.
Et l’ouverture de son regard sur le monde est un émerveillement partagé par le lecteur. On le voit prendre conscience du monde qui l’entoure, du fait que tout n’est pas toujours juste, ou beau, et on se pose les mêmes questions que lui.
Être intelligent n’est pas sans conséquence. On comprend la laideur, elle nous explose en plein visage et on n’a pas toujours de prise dessus. Charlie, parti de si loin, arrive si haut qu’il ne peut qu’assister impuissant à l’horreur du monde qui veut faire de lui (à tort ou à raison) l’exemple d’un nouvel humain. Il ressent l’amour et les émotions, ouvre les yeux sur ce qu’il a été et ce qu’il est devenu, avant d’avoir pleinement conscience de sa chute.
Et si cette opération existait vraiment ? Est-ce qu’on refuserait à des gens de la pratiquer ? De la porter en eux ? Pourquoi tout le monde ne devrait-il pas être intelligent et connaître cet état propre à l’Homme ? Et si tout le monde était des génies, les gens « normaux » seraient-ils bêtes ? Est-il plus difficile de rester dans le noir sans le savoir ou bien d’y retourner lorsqu’on a connu la lumière ?
Des fleurs pour Algernon est un récit puissant, bien écrit, et surtout très intelligent. C’est l’intelligence au service du propos sur l’intelligence. Daniel Keyes a réussi à écrire une oeuvre majeure (non sans mal comme on peut l’apprendre dans son autobiographie) dans la littérature contemporaine.
J’ai particulièrement apprécié le travail sur le style. L’auteur parvient à nous faire assister à l’éveil de Charlie grâce au fond mais aussi à la forme. Les mots choisis, d’abord simples puis plus élaborés, les constructions de phrases, l’utilisation de la ponctuation… la forme au service du fond. Cet exercice complexe es pourtant parfaitement maîtrisé dans l’oeuvre, ce qui en fait un de ses principaux points forts.
Ce livre fait réfléchir. J’ai été prise d’une grande empathie pour Charlie et sa vie, pour Algernon, aussi. Il n’est jamais agréable de voir décliner les gens auxquels on est attaché. Apprêtez-vous à vivre cette expérience avec ce titre.
Un roman inoubliable qui devrait être lu par tout le monde.

Pour qui : tout le monde ! Les jeunes et les moins jeunes.

Les + : un roman intelligent qui fait s’interroger sur les choses de la vie, l’intelligence, l’amour des uns pour les autres… un style intéressant et travaillé, qui se lit vite et bien, une galerie de personnages attachants, une histoire inoubliable.

Les – : je n’en ai pas trouvé, c’est un coup de coeur.

Infos pratiques
Poche: 542 pages
Editeur : J’ai lu (26 septembre 2018)
Collection : SCIENCE-FICTION
Langue : Français
ISBN-10: 2290155357
ISBN-13: 978-2290155356

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