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L’Héritier de Kushiel, de Jacqueline Carey

imriel tome 1 l heritier de kushielL’Héritier de Kushiel, de Jacqueline Carey (tome 1 de la trilogie Imriel, éditions Milady)

Plus de 7 ans se sont écoulés depuis que Phèdre a adopté Imriel à la fin de ses aventures. Le garçon sera bientôt un homme, et l’heure est venue pour lui de découvrir la vérité sur ce qu’il est.
Une fabuleuse quête s’ouvre alors à lui : la quête de soi.

J’ai retrouvé avec bonheur dans ce pavé de 955 pages tout ce que j’aimais dans la trilogie Kushiel : l’écriture immersive de Jacqueline Carey imprégnée de fantasy médiévale, les références à des lieux existants (il suffit de regarder la carte en début d’ouvrage pour comprendre), les intrigues, les personnages que l’on a connu dans la première trilogie…
Cela a été un excellent moment de lecture que j’ai lu comme on sirote sa boisson préférée pendant les vacances. Je me suis plongée avec délice dans le premier tome de cette nouvelle trilogie centrée, comme vous l’aurez compris, autour du personnage d’Imriel, que l’on a découvert dans Kushiel.
Si le début est un peu poussif et que l’histoire met du temps à se mettre en place, on s’attache vraiment au héros et à ses acolytes.
Jacqueline Carey nous raconte ici la croissance d’un garçon qui va devoir apprendre à devenir un homme, avec tout ce que cela comporte de responsabilités et de dangers. Car Imriel est issu d’une lignée qui ne laisse pas indifférent. Il est victime malgré lui de sa mère, la traîtresse Mélisande Sharizhai. Cette destinée qu’il doit subir sera le fil conducteur du roman. Comment s’épanouir, se construire, faire ses propres choix lorsqu’on porte sur ses épaules un fardeau que votre famille vous a transmis ?
Je pense qu’il serait compliqué d’aborder cette trilogie sans avoir lu la première, car beaucoup d’éléments font échos à des faits de la première. Cela rend l’oeuvre encore plus riche, plus épaisse, mais risque de perdre les néophytes qui ne comprendraient pas toutes les subtilités ou les relations inter-personnages. L’émotion est toujours au coeur du roman et il serait compliqué de s’attacher aussi fortement aux personnages sans être au préalable entré dans leur vie et découvert leurs plus grands fardeau.
Ce que je reprocherais peut-être à ce premier tome, c’est l’omniprésence de Phèdre dans une trilogie qui ne lui est pas consacrée. Comme une actrice qui ne voudrait pas tirer sa révérence, elle est sur chaque plan, comme une ombre, ou donne la réplique dès qu’elle le peut. On sent que l’auteure est attachée à son héroïne mais j’espère qu’Imriel pourra prendre véritablement son envol dans la suite de la série et se détacher de ses liens pour enfin devenir celui qu’il souhaite être.

Pour qui : Pour les lecteurs qui ont déjà lu la trilogie Kushiel et veulent rester dans cet univers si émouvant et passionnant.

Les + : On retrouve toutes les forces de la première trilogie. L’ouvrage est extrêmement bien écrit, émouvant, les personnages sont attachants.

Les – : L’histoire est un peu poussive sur le départ, et peine à se détacher des grandes figures de la série précécente. De plus, les intrigues tissées dans ce premier tome sont un peu en-dessous de celles de Kushiel.

Infos pratiques
Illustrateur : Anne-Claire PAYET
Traducteur : Frédéric LE BERRE
Date de parution : 10/07/2015
ISBN : 9782811215118
Nombre de pages : 960

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Elia, la passeuse d’Ames, de Marie Vareille

elia-la-passeuse-d-amesElia, la passeuse d’Ames, de Marie Vareille (tome 1 de la série Passeuse d’Ames, éditions Pocket Jeunesse)

La jeune Elia, issue de la plus noble caste de Tasma, a un problème : elle est rousse. Elle a très tôt appris à dissimuler cette particularité aux yeux des autres. En effet, cette couleur de cheveux est très rare et synonyme de malheur.
Aussi Elia passe-t-elle beaucoup de temps seule. Quand elle n’est pas à l’école où elle apprend la médecine, c’est une Passeuse d’Ame qui aide les nobles devenus inutiles à la société à mourir.
Un jour, on amène dans sa salle un jeune homme condamné à mort. Sans trop savoir pourquoi, Elia va l’épargner.
Ce sera le début de la chute, sa descente aux enfers.
Pour survivre à cette bonne action, Elia va devoir abandonner sa vie, sa famille, sa caste… et tout ce qu’elle croyait être. Elle découvrira alors un monde totalement différent et une étrange prophétie qui pourrait bien bouleverser le cours du monde tout entier.

Après avoir publié deux comédies romantiques, Marie Vareille s’attaque au champ de la littérature jeunesse avec ce premier tome de La Passeuse d’Ames.
Il s’agit pour ma part de ma première lecture de cette auteure. Pour avoir lu une de ses interviews, j’ai appris que cette série est souvent comparée à de grands noms tels que Hunger Games de Suzanne Collins, ou Divergeante de Veronica Roth. Deux grandes séries que je n’ai pas encore eu l’occasion de lire, même si c’est en projet, mais dont je connais les grandes lignes grâce aux médias et à la sortie des films éponymes.
A la lecture, j’ai très bien compris pourquoi ces titres revenaient pour parler de La Passeuse d’Ames. Car Elia, La Passeuse d’Ames reprend beaucoup des codes créés par ces deux figures de proue de la dystrophie Young Adulte.
En effet, nous avons affaire à un monde organisé selon des castes d’humains : une caste de nobles, une caste de marchands, et une caste d’esclaves dont on pense qu’ils peuvent être contagieux. Comme on s’en doute, ce monde organisé et géré par des personnages qui ont une haute estime d’eux-mêmes va être totalement bouleversé par le bas. C’est en effet par la caste des esclaves que va venir « la révolte ».
L’héroïne a la particularité d’être rousse, ce qui est un défaut physique discriminant. C’est intéressant car assez peu lu ailleurs. Cela l’oblige à porter en permanence un foulard sur ses cheveux.
A ce propos je tiens à noter que j’ai été déçue que cette donnée n’apparaisse pas sur la couverture où on nous montre une rousse flamboyante et guerrière aux cheveux lâchés : cela ne se produit jamais dans le livre. Cette scène n’existe pas. Mais l’éditeur a dû estimer qu’une jeune fille rousse avec un foulard sur la tête serait moins vendeur qu’une chevelure imposante volant au vent (dans l’ouvrage Elia passe le plus clair de son temps les cheveux rasés ou très courts du fait d’une jeune repousse). J’avais noté un décalage similaire sur la couverture du livre Alice au pays des morts-vivants et cela me désole toujours.
Du reste, les personnes qui gravitent autour d’Elia sont plutôt classiques : un jeune garçon secrètement amoureux, un guerrier fort et sans peur, une espionne agile et manipulatrice, un tyran, des parents absents…
Le livre est bien écrit. Le style est soigné et plaisant à lire. On tourne les pages agréablement de chapitre en chapitre. Ces derniers sont courts, entrecoupés parfois de morceaux de documents qui apportent de l’information supplémentaire sur le monde de Tasma. On y apprend la fin de l’humanité et la manière dont le monde s’est reconstruit.
Ce qui ressort de la lecture est le manque d’originalité dans le titre. Certes bien écrit, il reprend néanmoins tout ce qui a bien fonctionné dans les grandes sagas du genre. Un peu comme il y a eu une vague directement inspirée de Tolkien après l’explosion de la fantasy, on retrouve dans ce livre tout ce qui a fait le succès des premières grandes sagas. Sans avoir lu ces deux séries, tous les ingrédients que je connais sont présents dans Elia, La Passeuse d’Ames.
A ce propos, le côté « Passeuse d’Ames » aurait mérité d’être plus développé et d’avoir plus d’impact. Cela sera peut-être étoffé dans la série, de manière à donner à ce pouvoir une vraie utilité. Pour l’heure, cela n’en avait pas beaucoup, ce qui est dommage puisque le titre insiste précisément sur ce point.
Dernier point que j’ai trouvé un peu évident, c’est la prophétie. Là encore nous avons un ingrédient très classique, ultra-utilisé dans les grandes sagas jeunesse. J’aurais aimé avoir plus de surprise et d’originalité dans cet ouvrage.
A défaut de m’emporter, Elia, La Passeuse d’Ames aura toutefois réussi à éveiller ma curiosité au sujet de Marie Vareille, et me donner envie de découvrir ses autres titres. Peut-être ces derniers seront-ils plus frappés de sa marque personnelle que ce texte Young Adult.

Pour qui : Les lecteurs qui aiment les mondes dystociques et les histoires dans la droite ligne des grandes sagas du genre.

Les + : Un style fluide, agréable à lire et rapide.

Les – : Une histoire qui manque d’originalité par rapport aux grandes séries du genre. La représentation de l’héroïne sur la couverture qui ne correspond pas à la réalité du roman.

Infos pratiques
Broché: 320 pages
Editeur : Pocket Jeunesse (4 mai 2016)
Langue : Français
ISBN-10: 2266264443
ISBN-13: 978-2266264440

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