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Le vieil homme et la guerre, de John Scalzi

Le vieil homme et la guerre, de John Scalzi (tome 1 de la série Le Vieil homme et la guerre, audiolib)

A 75 ans, John Perry, veuf, décide de s’engager dans les Forces de Défenses Coloniales (les FDC). Cette branche particulière de l’armée n’est accessible qu’à cet âge-là et propose de vous rajeunir, et d’augmenter vos capacités physiques afin de vous envoyer combattre les puissances aliens à l’autre bout de la galaxie, et vous offre l’opportunité de vivre sur une nouvelle planète à l’issue du contrat.
John agit un peu par désespoir, et parce qu’ils s’étaient promis, avec Kathy, de s’engager le jour de leurs 75 ans. Il ne se doutait pas qu’il serait seul. Ils rêvaient d’une vie meilleure, un peu plus longue.
Ce sera comme une deuxième naissance. John fera la connaissance non seulement d’un nouveau corps, mais d’un nouveau lui. De nouveaux camarades et de nouvelles perspectives, qui viendront remettre en question tout ce qu’il avait vécu jusqu’alors. Mais quel sera le prix de cet engagement ? Quels en sont les buts, les valeurs ? Peut-il espérer voir la terre promise un jour ?

C’est une première pour moi, je n’ai pas lu le livre mais je l’ai écouté après l’avoir reçu en audiobook (merci encore Audiolib).
Je voulais tenter cette expérience depuis longtemps et c’est donc avec ce volumineux ouvrage de John Scalzi que j’ai commencé.
Tout d’abord, concernant mon expérience d’écoute. Il me paraît important de revenir dessus parce que vous êtes peut-être plusieurs à vous poser la question de ce nouveau média pour consommer du livre.
J’ai téléchargé l’application Audible (gratuite) et j’ai lancé le titre. En elle-même, l’application est bien faite, facile à comprendre et utiliser, et propose plein de petites fonctionnalités sympathiques comme avancer/reculer de 30 secondes, mettre des marques pages (ce qui n’est pas très utile dans la mesure où le fichier reprend exactement là où vous avez quitté l’application), ou permet au texte de recommencer la phrase qui a été interrompue par l’arrivée d’une notification. C’est facile et pratique d’utilisation puisque je lançais le fichier dès lors que je sortais de chez moi dans la rue ou les transports, ou quand j’étais chez moi à tricoter et n’avait besoin que d’occuper mes oreilles.
En revanche, contrairement à ce qu’on pourrait penser, il s’agit d’une activité active, et non passive comme le fait d’écouter simplement de la musique. Il faut rester concentré à chaque phrase pour ne pas décrocher du récit et comprendre toute l’histoire. En cela, il m’arrivait parfois d’écouter plutôt de la musique quand je me sentais trop fatiguée pour me concentrer. Il faut dire que possédant une bonne mémoire visuelle, il m’est plus facile de lire en toutes circonstances, que d’écouter un texte. Ici, j’ai eu un peu plus de mal à rentrer dans l’histoire car mon cerveau glissait sur les mots au lieu de s’y accrocher comme il le fait à travers les yeux.
Mais j’ai réussi, et avec une lecture de plus de 9h, j’ai fini par entrer complètement dans le sujet.
D’ailleurs, la voix de Louis Spiteri est agréable à écouter et plutôt bien choisie pour interpréter un personnage de la trempe de John Perry. Si le rythme a pu me sembler lent au départ (plus lent que si vous lisiez), je m’y suis habituée et ai apprécié l’expérience.

S’agissant de l’histoire en elle-même.
Comme je l’ai dit plus haut, j’ai eu un peu de mal à entrer dedans. Pas seulement parce qu’il s’agissait d’une lecture audio, mais aussi parce que John Scalzi passe presque les deux tiers de son livre à nous décrire l’univers qu’il a mis en place. Rien ne nous est épagné, y compris les petites lignes du contrat que signe John, ou les mentions légales des différents instruments implantés dans le personnage.
Si bien qu’au début, même si j’appréciais les personnages, je me sentais noyée sous la masse d’informations à retenir, ayant plutôt l’impression de feuilleter un livre de jeux de rôle qu’un roman de SF.
Pourtant, il me semble que si l’auteur prend le temps de nous expliquer avec autant de détails, c’est pour bien nous montrer à quel point ce monde proche du notre en est aussi très éloigné. Il pourrait s’agir d’un futur proche, mais lointain. Il permet de nous faire questionner sur notre finitude, qu’aimerions nous faire une fois vieux ? Voudrions nous tout sacrifier sur la promesse d’une nouvelle vie ailleurs, en mieux ? Que serions nous prêts à sacrifier pour défendre notre humanité et son expansion ?
Plus qu’un ouvrage de SF, Le vieil homme et la guerre porte un regard parfois cynique sur le monde et les gens. Tantôt comique, tantôt dramatique, nous assistons à l’arrivée dans un nouveau monde d’une personne âgée venue avec ses rêves, ses idéaux, et qui devra s’adapter à son nouvel univers.
Le monde dépeint par John Scalzi est vaste, et malgré les détails parfois assommants, l’auteur parvient à insuffler régulièrement une dose de curiosité grâce à des retournements de situation bienvenus.
Côté personnages, ils sont tous attachants et la lecture de Louis Spiteri donne un vrai ton martial à l’univers des forces spéciales. J’ai regretté la perte de certains ou leur passage au second plan, et j’ai apprécié l’arrivée d’autres. Le livre est un ballet qui nous rappelle sans cesse que les gens ne seront pas toujours là, qu’un destin peu basculer en quelques secondes. Mais quand on a déjà bien vécu, est-on encore capable de s’attacher ?
C’est aussi une réflexion sur l’âge, le temps qui passe, les valeurs que l’on veut défendre, que nous propose l’auteur à travers son livre.
Si j’étais mitigée dans un premier temps, j’ai fini emballée par l’ouvrage. Le début est long le temps de la mise en place, oui, mais quand il commence à se passer des choses, on est pris dedans. C’est brut, il y a de l’humour, et beaucoup de sentiments variés.
Chacun pourra se faire son opinion sur cette oeuvre.
En tout cas, j’ai beaucoup réfléchi à la suite de cette lecture.
Et vous, seriez vous prêt.e à vous engager à 75 ans, ou préfrèreriez-vous une fin de vie paisible et tranquille sur notre bonne vieille Terre ?

Pour qui : les lecteurs qui aiment les grandes sagas de SF, les livres qui font vous questionner, les personnages attachants, ceux qui aiment les audiobooks apprécieront cette version lue par Louis Spiteri.

Les + : une histoire riche qui vous fera vous questionner, un style qui nous plonge réellement au coeur de l’armée et des souvenirs profonds d’un homme qui a déjà bien vécu. Dans cette version audio, la voix de Louis Spiteri est un vrai plus car elle correspond très bien au personnage principal et à l’ambiance globale.

Les – : Beaucoup trop de détails inutiles dans les deux premiers tiers, au détriment de l’action véritable.

Infos pratiques
Pour la versio audio :
Date de parution :
24 Février 2021
Éditeur d’origine : L’Atalante
Durée : 9h41
Lu par : Philippe Spiteri

Le sang jamais n’oublie, de Lucie Pierrat-Pajot (Les mystères de Larispem 1)

Le sang jamais n’oublie, de Lucie Pierrat-Pajot (tome 1 de la trilogie Les mystères de Larispem, éditions Gallimard)

Carmine et Liberté sont deux jeunes filles vivant de débrouille dans les rues de Larispem. Autrefois appellée Paris, cette citée, née après la seconde révolution, voit se reconstruire une vie autonome et indépendante, dévouée au peuple et non aux aristocrates.
Mais ces derniers patientent, dans l’ombre, et imaginent déjà la révolution à venir. Ils comptent bien reprendre le pouvoir que les bouchers, ces louchébems, leur ont spolié. Pour cela, ils seront aidé d’un mystérieux pouvoir transmis par le sang, qui coule dans les veines de jeunes enfants encore ignorants.

Le sang jamais n’oublie est le livre gagnant de la deuxième éditions du concours du premier roman jeunesse, de Gallimard. Après Christelle Dabos et sa saga La Passe Miroir (que je lirai prochainement), force est de constater qu’on sait attirer et dénicher les belles plumes chez cet éditeur.
J’ai beaucoup aimé ce premier tome. Un voyage sympathique dans un « Paris » à vapeur, qui n’est pas sans rappeler l’ambiance du Paris des Merveilles, de Pierre Pevel, d’un Rouille, de Floriane Soulas, ou encore de la 25ème heure, de Feldrik Rivat.
Ici, le public est toutefois différent. Plus jeune, le livre nous raconte une histoire du point de vue de plusieurs jeunes adolescents âgés de 13 à 15 ans environ. J’ai été un peu surprise de voir l’ouvrage réédité dans une collection pour adultes, car ce n’est clairement pas le public premier (bien que les adultes peuvent le lire, on est d’accord).
J’ai beaucoup aimé la plume simple et efficace de l’autrice, sa manière de nous plonger dans un environnement steampunk avec des mots bien placés (vapomobile, voxomaton). J’ai aimé sa réécriture de Paris et de la France, qui sonne tout à fait crédible. Son univers, dominé par les bouchers, comporte tout un chant lexical de circonstance, passant des noms de rues à la monnaie, sans oublier le fameux argot des bouchers. Ce dernier, original et expliqué dans le texte, m’était jusqu’alors parfaitement inconnu. Je ne suis pas tout à fait convaincue qu’il soit agréable à parler (il a tendance à complexifier et rallonger les mots, là où le langage parlé fait exactement l’inverse) mais il a le mérite d’apporter de l’épaisseur à l’univers, de lui donner une vraie connotation populaire, et j’ai beaucoup aimé.
J’ai aussi beaucoup aimé la galerie de personnage. Elle fait la part belle à la diversité et présente un éventail intéressant de personnages et de possibilité. J’ai particulièrement apprécié le duo d’héroïnes, Carmine et Liberté. J’ai hâte de les retrouver dans le tome suivant. D’ailleurs, ce premier, plutôt petit avec ses 300 pages, tisse la toile d’une intrigue plus grande qui pourra prendre toute sa mesure dans la suite. Néanmoins, à la fin de ces 300 pages, on ferme le livre sans être frustré ni réclamer de réponses supplémentaires. Les arcs narratifs sont suffisemment bien dosés pour poser l’univers, le cadre, présenter tous les personnages et leurs enjeux. La seule chose dont j’avais envie à la fin du livre, c’était de lire la suite ! Une belle découverte !

Pour qui : les grands et les petits, qui cherchent une histoire originale dans un esprit parisien à l’aube de 1900.

Les + : un style agréable, fluide, prenant, et un univers solide, original et bien construit. C’est la première fois que je lis un roman dont le coeur de l’univers est celui des bouchers. La galerie de personnages est bien faite, diversifiée et intéressante, les enjeux des uns et des autres sont prenants et le livre se lit avec plaisir.

Les – : Comme toute lectrice ingrate qui apprécie un titre, j’aurais aimé que celui-ci soit un petit peu plus épais. A part cela, tout est parfait !

Infos pratiques
Éditeur :
Gallimard Jeunesse (20 septembre 2018)
Langue : Français
Poche : 320 pages
ISBN-10 : 2075099219
ISBN-13 : 978-2075099219

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