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Les enchantements d’Ambremer – Le Paris des Merveilles 1, de Pierre Pevel

Les enchantements d’Ambremer, de Pierre Pevel (tome 1 de la trilogie Le Paris des Merveilles, éditions Bragelonne)

Paris, 1909. L’Outre Monde existe et il est bien connu à Paris où la magie est monnaie courante. Parmi les mages évoluant dans la capitale, s’en trouve un qui ne va pas tarder à avoir des ennuis : Louis Denizart Hippolyte Griffont, mage du Cercle Cyan. Alors qu’il est occupé à enquêter sur un trafic d’objets magiques, le voilà mêlé à une sombre histoire de meurtres. Et quand la baronne Isabel de Saint-Gil, qu’il connaît un peu trop bien, vient demander son aide, il sait qu’il va au devant de dangereuses péripéties. Il ne croyait pas si bien dire !

ROMAN COUP DE COEUR

Je connaissais cette série depuis longtemps pour l’avoir acheté il y a de nombreuses années en ebook. Ce qui m’avait attiré à l’époque, c’étaient les magnifiques couvertures des livres, que l’on doit au talentueux Xavier Collette. Aimant les affiches de Muchat, je ne pouvais qu’être sensibles à ces illustrations reprenant son style si reconnaissable.
Mais il faut avouer que cela se voit moins sur une liseuse, a fortiori quand elle est en noir et blanc.
Les livres sont donc resté dans ma liseuse durant tout ce temps parce que je les avais un peu délaissés, et même complètement oubliés.
Or, à l’hiver dernier, je suis tombée sur une édition intégrale et collector de la saga. Imaginez un peu : un livre épais à couverture toilée, aux effets dorés en reliefs et agrémenté de planches en couleurs sur papier glacé reprenant les superbes illustrations de Xavier Collette. Bragelonne ne s’est pas moqué du lecteur, c’est un magnifique objet.
J’en ai donc fait l’acquisition sur le champ, et me voici aujourd’hui en train de lire la série en format papier.
Je me félicite de cet achat autant que de ma lecture, parce que j’ai adoré ce premier tome.
Bien sûr, j’apprécie très souvent les livres qui se déroulent dans le Paris de 1900. Encore plus quand il est steampunk ou magique, comme c’est le cas ici.
Pierre Pevel nous donne un lire un roman où ambiance et action se mêlent pour nous plonger au coeur de son histoire sans jamais nous ennuyer.
De nombreuses descriptions nous mènent dans ce Paris revisité, mais il se passe des choses.
Aussi, je dois dire que j’ai particulièrement aimé le narrateur, qui, à l’image de ces narrateurs d’ancienne littérature, est un personnage externe avec son caractère et une pointe d’humour. Pendant tout ce temps, j’imaginais un petit monsieur à moustache en train de me raconter cette histoire. J’en ai souris plus d’une fois !
La galerie de personnages est fournie. J’ai eu un peu peur de m’y perdre au départ, mais finalement non. Pierre Pevel introduit assez rapidement les protagonistes mais n’en ajoute pas toutes les trois pages, si bien qu’on n’est pas perdu. J’ai apprécié le travail sur les personnalités des uns et des autres. Aucun n’est cliché, tous ont leur caractère, et ont de la profondeur car l’auteur leur a ajouté un bon background. J’ai apprécié que les personnages nous parlent d’aventures passées que l’on n’a pas vécues, mais qui leur donne une existence dans le temps ainsi que de la matière à développer l’univers. Je me suis surprise à espérer que l’auteur nous raconte un jour chacune des aventures auxquelles Griffont et Isabel font allusion. D’ailleurs, j’ai beaucoup aimé leur relation. Elle n’est pas comme on peut le penser de prime abord, et est bien plus complexe. Les personnages ne sont donc pas des clichés mis dans une case pour ne plus en sortir. Et je mentirais si je disais que je n’ai pas particulièrement aimé Griffont.
Mais l’auteur fait aussi la part belle aux personnages féminins dans une époque qui ne s’en préoccupait pas vraiment, si bien que les principales puissances et rivalités entre les mondes seront féminines. Et si cette série était avant tout une histoire de femmes ?
Le style est accessible, drôle, immersif, on se balade dans le roman avec un grand plaisir. L’époque est à la légèreté tout comme le ton du narrateur. Vraiment, j’ai adoré !
Enfin, l’auteur introduit des personnages magiques mais sans trop en faire. Bien que parfois un peu facile, j’ai malgré tout adhéré au scénario. Je n’ai pas eu l’impression que la magie était là pour pallier une faiblesse ou un manque d’idée comme ce pouvait être le cas dans d’autres lectures. J’ai particulièrement apprécié l’arbre magique et les chats ailés, que je vous laisserai découvrir.
Une lecture qui m’a rappelé le style de L’étrange cas de l’homme mécanique, de Mark Hodder, dans une veine plus steampunk, ou pour ceux qui aiment les lectures parisiennes, la série la 25ème heure de Feldrik Rivat. Sauf que dans ce Paris des merveilles nous avons de la magie en plus.
Bref, vous l’aurez compris, j’ai hâte de lire la suite pour en savoir plus. C’est une belle découverte et un coup de coeur pour moi.

Pour qui : Les lecteurs qui aiment les livres légers, avec de l’action, de l’humour, des rebondissements, une ambiance Paris 1900 et des personnages attachants.

Les + : un style fluide et immersif, une histoire rythmée avec des rebondissements, des personnages attachants et aux personnalités travaillées, un joli ouvrage, une ambiance prenante.

Les – : je n’en ai pas trouvé.

Infos pratiques (pour la version originale, ma version collector n’est plus vendue)
Broché : 384 pages
Editeur : Bragelonne (20 mai 2015)
Collection : Steampunk
Langue : Français
ISBN-10 : 2352948487
ISBN-13 : 978-2352948483

La part des ombres 1, de Gabriel Katz

La part des ombres 1, de Gabriel Katz (tome 1 du diptyque La part des ombres, éditions Pocket)

Depuis que le royaume de Goranie a été envahit par les Traceurs, les coutumes se perdent. Ces barbares sans foi ni loi ont fait disparaître la culture et la religion pour imposer les leurs, cruelles et sanglantes.
Or, désireux de calmer un peuple de plus en plus agité, le Gouverneur autorise la tenue d’une procession lors d’un mariage. Mais son fils, adolescent rebelle et fou, assassine sauvagement la mariée. Pris de panique et pour s’éviter bien des problèmes, il décide d’éliminer tous les témoins de la scène et de brûler le village.
Mais ce qu’il n’avait pas prévu, c’est que le mari éploré survive. Contre toute attente, celui-ci parviendra à rester en vie et n’aura alors plus qu’une idée en tête : se venger, renverser le pouvoir en place et reconquérir le territoire du peuple.
C’est ainsi que naissent les ombres.

Premier titre que je lis de Gabriel Katz, auteur français de fantasy, et j’ai passé un bon moment.
Le livre n’est pas très épais et nous plonge dans un univers mélangeant fantasy classique et éléments d’antiquité romaine. On y parle en effet de gladiateurs et d’autres termes propres à l’histoire de la Rome antique.
En soit, l’histoire globale n’est pas très originale car elle nous parle d’un homme qui pour se venger du pouvoir recrute des mercenaires pour former une armée.
Mais c’est bien écrit. L’univers est sympathique. Cela m’a rappelé la fantasy de Michel Robert et sa série L’Agent des ombres, en moins profond, moins violent, et plus accessible.
Les personnages ont tous leur personnalité et on s’attachera plus ou moins à certains. Quelques personnalités manquent peut-être de finesse, comme Inoran par exemple, qui a l’air d’un décérébré pure souche. Kaelyn et Desmeon ont eu ma préférence. J’ai eu mal au coeur pour Ivanka, j’en ai voulu à Olen, et j’ai détesté la princesse… Le point récurrent est que Gabriel Katz nous donne à voir des femmes fortes. Les héroïnes sont plus fortes que les hommes, plus subtiles et plus intelligentes que les hommes. Ces derniers, souvent des guerriers musclés, se contentent de se battre de manière primaire et ne sont pas très forts pour élaborer des stratégies. Nous avons donc dans ce premier tome des femmes à retenir et des sentiments variés pour les différents protagonistes !
Le style est fluide, agréable. J’ai été plongée dans ma lecture dès les premières pages car les descriptions sont très visuelles.
L’auteur met en place des intrigues et plante le décor dans cette première partie. On sent que chacun a encore des choses à dire. Le passé des uns et des autres est brièvement abordé mais il y aurait sans doute de quoi faire des spin-off sur quelques personnages. Aussi, plusieurs rebondissements viennent relancer l’intérêt au fil de la lecture et le livre se termine par un cliffhanger terrible ! A ce moment, j’étais bien contente d’avoir la suite sous la main pour m’y plonger directement.
Le seul reproche que je pourrais faire à ce titre est la chance insolente qu’ont les personnages. A plusieurs reprises je me suis dit que le destin était décidément bien sympathique envers eux. Très forts (trop ?), ils semblent avoir compris que le scénario est de leur côté tant ils n’ont peur de rien et se sortent de situations compliquées. Ce qu’ils parviennent à faire (installer un camp et s’entraînent durant un moment sans se faire repérer) est presque un miracle. Ils trouvent rapidement les gens qu’ils cherchent, ils éliminent sans se faire repérer… bref, c’est l’élite de l’élite, soutenue par l’auteur aux manettes !
A part cela, j’ai apprécié le voyage. Un bon petit diptyque de fantasy qui se laisse lire entre deux pavés plus lourds et une bonne occasion de lire et soutenir la littérature francophone. Pas sûre que je retienne l’histoire de cette oeuvre, mais je retiendrai l’intérêt qu’elle a éveillé pour l’auteur. Un auteur à suivre, donc ! Et ça tombe bien puisqu’il a sorti bien d’autres romans.

Pour qui : les lecteurs qui aiment la fantasy et les plumes françaises.

Les + : un style visuel mélangeant fantasy classique et antiquité romaine, une histoire bien construite avec des rebondissements et un cliffhanger terrible, des personnages féminins forts.

Les – : le scénario semble clairement du côté des héros qui ont une chance insolente.

Infos pratiques
Poche : 352 pages
Editeur : Pocket (12 avril 2018)
Collection : Fantasy
Langue : Français
ISBN-10 : 2266285130
ISBN-13 : 978-2266285131

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