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Manus Dei, Neachronical T3, de Jean Vigne

Manus Dei, de Jean Vigne (tome 3 de la trilogie Neachronical, éditions du Chat Noir)

Après un séjour dans un tombeau en compagnie d’un chevalier décédé, le moins qu’on puisse dire, c’est que Néa n’est pas contente. La vengeance sera son obsession lorsqu’elle sortira de ce cercueil de pierre.
Elle voudra comprendre, aussi. Comprendre pourquoi elle, pourquoi tout cela ?
Propulsée dans un futur sombre et délirant en compagnie de sa fidèle amie, elle n’aura d’autres choix que d’affronter le passé pour sauver l’avenir.

Ce dernier tome de la trilogie Neachronical nous entraîne une fois encore à travers les époques. Fidèle à lui-même, Jean Vigne dépeint une héroïne remontée et « badass » partie pour en découdre avec la terre entière.
Si vous avez apprécié Post Mortem, le tome précédent, celui-ci est dans sa lignée. L’histoire mêle en effet notre présent au passé arthurien. On trouve donc les plus grands personnages de l’époque médiévale, portés par le trio Merlin/Morgane/Viviane.
Le tome révèlera grâce à des flashback les motivations finalement très terre à terre des protagonistes, ce qui constitue par rapport au premier tome Memento Mori, un changement significatif. On est passé d’un texte d’urban fantasy à un texte de fantasy à la fois « classique » et « futuriste ». L’auteur mêlant les époques pour produire une seule et même histoire. Les fans du premier tome et de son ambiance pourront être déroutés par ce titre qui vient malgré tout fermer la série avec une grande cohérence. La rupture entre le premier et le second tome est si franche que seuls les lecteurs ayant adhéré au deuxième opus pourront apprécier celui-ci.
En ce qui me concerne, au-delà de l’histoire, c’est surtout Néa que j’ai apprécié. De tous les romans de l’auteur, je crois que c’est l’héroïne à laquelle je me suis le plus attachée. Ce n’est pourtant pas sa seule héroïne rousse, mais ici elle est carrément terrible. L’histoire de sa vie est tellement pleine de rebondissements, ses pouvoirs sont intéressants, et son adolescence volée si touchante. Cet attachement créé dès le premier tome a été pour moi source de frustration dans ce dernier tome où l’intrigue est partagée entre trois époques et autant de galeries de personnages. Bien qu’ils soient tous liés, Néa n’existe véritablement que dans un seul de ses tiers. On la voit beaucoup moins que dans les premiers tomes, ce qui est un peu dommage. Les personnages centraux de ce dernier opus sont Merlin et Morgane, le couple diabolique à l’origine de toute la série. On remonte dans le temps pour répondre à une question importante : « comment en est-on arrivé là ? ».
J’ai un peu moins adhéré au personnage d’Hesat l’égyptienne, qui n’apporte pas grand chose. Certaines pistes auraient peut-être gagnées à être moins complexes, leur base étant relativement simples. Cela aurait probablement donné plus de place à Néa pour s’épanouir et proposer un final flamboyant.
Car en ce qui me concerne, j’ai trouvé le final assez plat et même un peu convenu. Rien ne dépasse, certes, mais venant d’une héroïne comme Néa, c’est presque un peu trop guimauve. Je m’attendais à un feu d’artifice, à une Excalibur plus meurtrière que jamais, à du sang, des têtes qui volent et un festin pour Grognon, mais non. Comme si l’intrigue, qui s’est un peu éparpillée au fil des tomes, a fini par se dissoudre elle-même dans toutes les directions, tel les branches d’une fleur de feu d’artifice. Bien sûr ce n’est que mon avis. Il n’en reste pas moins que j’ai ressenti un petit pincement au coeur au moment de fermer le livre à l’idée que je ne reverrai plus Néa et son tigre. J’attendais aussi beaucoup de Juliette, mais elle a été victime de la grande quantité d’éléments et connaît une fin qui m’a laissée plutôt indifférente.
Le style de l’auteur est comme toujours maîtrisé avec sa propre musicalité. Ces constructions inimitables de phrases « dont » il ne se lasse pas rendent le texte identifiable dès les premières lignes.
Néanmoins, l’histoire, originale à plus d’un titre, souffre peut-être de ce qui est aussi sa grande qualité. Jean Vigne n’a pas voulu faire du réchauffé et c’est ce qui le caractérise. Vous pourrez chercher, cette histoire ne vous rappellera rien de ce que vous avez déjà pu lire. Surprise garantie ! Toutefois, cette originalité semble parfois un peu partir dans tous les sens. Et là où on avait une intrigue peut-être plus classique dans le premier tome (encore que) et complètement liée, elle apparaît presque décousue ici. Avec le découpage des chapitres, il m’est arrivé de me demander pourquoi on était dans le bureau du Président de la république ? Que cherche à faire Merlin, déjà ? Et pourquoi est-il allé réveiller l’égyptienne ? Quel rapport avec la Dame du Lac ? Et pourquoi Néa n’est pas d’avantage liée à Viviane ? Quel est l’intérêt de la partie sur la police ?
Certes tout est lié, mais parfois de manière tellement subtile que cela n’en est plus utile. Un fourmillement de détails qui prête parfois à confusion et m’a un peu perdue, avant que je ne retrouve mon chemin.
N’en reste pas moins que la trilogie sait embarquer le lecteur dans une histoire haletante et pleine de rebondissements. Je conseille de la lire d’un seul tenant pour profiter pleinement de l’intrigue et ne pas vous perdre. Je plaide coupable sur le fait que j’ai probablement mis trop de temps entre chaque tome et que j’ai pu perdre des éléments entre chaque, ce qui a participé à mon sentiment de confusion, parfois.
Quoi qu’il en soit Néa est incontestablement une héroïne que je ne suis pas prête d’oublier !

Pour qui : les lecteurs qui ont lu les premiers tomes.

Les + : une héroïne toujours aussi charismatique et accrocheuse très attachante, une histoire originale qui ne sent pas le « déjà lu », un style fluide et une véritable signature stylistique, des rebondissements en pagaille.

Les – : L’alternance de points de vue donne moins de visibilité à Néa et certaines scènes sont un peu confuses.

Infos pratiques
Broché: 370 pages
Editeur : Editions du Chat Noir (1 avril 2015)
Collection : GRIFFE SOMBRE
Langue : Français
ISBN-13: 979-1090627710

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La Naissance, de Jean Vigne – Division Givre 2

La Naissance, de Jean Vigne (épisode 2 du feuilleton numérique Division Givre, éditions du Petit Caveau)

Alors qu’elle vient de constituer son équipe, Ange Bernier passe à l’action. Or, tout ne va pas se passer comme prévu et les conséquences de la première intervention de la toute fraiche équipe Givre va laisser des traces… bien des changements sont à prévoir. Pour le pire et rien que le pire, bien sûr !

La Naissance est l’épisode 2 de la série Division Givre. Il se place directement dans la ligne du premier, Kill Them All, et on y retrouve tous les éléments qui ont fait le charme de son prédécesseur. Y compris le grand nombre de pages qui en fait presque un mini-roman à part entière.
Je confesse avoir lu cet épisode en rentrant d’un week-end à Paris où j’ai eu la chance parfaitement hasardeuse de me promener dans quasiment tous les lieux évoqués dans la série (mis a part les catacombes, et encore c’était pour raison de trop fort affluence, j’aurais dû tenter d’y aller à la nuit tombée comme les personnages de l’auteur). Inutile de dire que je visualisais très bien les lieux et l’ambiance de la majorité des scènes. On trouve le fameux 36 Quai des Orfèvres, le cimetière du Père Lachaise, les catacombes… entre autres.
Ici encore, Paris est le décor de ce feuilleton nerveux et rythmé mettant en scène une héroïne au caractère tellement bien trempé qu’il ne sèche jamais vraiment, et son équipe. La blonde explosive prévient très vite : ils sont là pour casser du vampire.
Car il est toujours question de bêtes à crocs dans cette série, pour l’instant seules créatures surnaturelles à apparaître.
L’héroïne va connaître des bouleversements importants dans son existence qui ne sont pas sans rappeler certaines ficelles de A Belles Dents, d’Anne Bardelli. Je vous laisserai découvrir lesquelles. Là où la différence se situe est dans le traitement des personnages. L’héroïne de Jean Vigne n’a rien à voir avec la très stéréotypée Léa Bacal. Ici, Ange est tout le contraire de ce que laisse penser son prénom. L’ensemble est crédible car servi par une écriture brute et sans langue de bois. Une lecture intéressante et qui fait du bien en sortant des sentiers battus. J’ai apprécié l’immersion dans les lieux, la multiplicité des points de vues, des personnages et des décors, le tout tournant autour d’une même intrigue.
Si un certain nombre de ficelles sont déjà vues, notamment dans la façon dont est gérée la société vampirique (les classiques du genre ont probablement influencé l’écriture de la série), il est agréable de se laisser porter par cette lecture. La galerie de personnage me plait beaucoup et j’attends la suite avec impatience pour me plonger dedans.
En effet La Naissance prend son envol après un premier épisode qui posait des bases intéressantes, et promet encore de l’action pour la suite.
Si le style et le rythme restent ainsi dans les prochains épisodes, on pourra vraiment dire que ce feuilleton est de la bombe. Troisième feuilleton numérique édité par les éditions du Petit Caveau après Bad Moon Rising et Purespace, il se démarque par son dynamisme et son caractère. Les feuilletons ne se ressemblent pas aux éditions du Petit Caveau et c’est bien pour cela qu’on les aime !

Pour qui : les lecteurs qui aiment les longs feuilletons numériques et les héroïnes aussi bagarreuses que des garçons, l’ambiance parisienne.

Les + : la taille du texte qui permet de développer un scénario fourni et une ambiance immersive, un style nerveux et dynamique parfait pour une héroïne qui tient plus de la guerrière que de la princesse !

Les – : un certain nombres d’idées ne sont pas nouvelles et feront immanquablement penser à d’autres lectures ou films vampiriques, ce qui occulte l’impression que l’auteur a créé un univers totalement personnel.

Infos pratiques
Collection : Sang Neuf
Nombre de pages : 130 pages (numérique)
Date de publication : 10/ 05/ 17 (numérique) été 2017 (papier)
ISBN : 9782373420456

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