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Nemesis, de S.D Perry (Resident Evil T5)

Nemesis, de S.D Perry (tome 5 de la série Resident Evil, éditions Fleuve Noir)

Jill Valentine, célèbre agent du S.T.A.R.S de Raccoon City, a survécu aux terribles événements du Manoir Spencer et veut désormais quitter la ville pour fuir ses horreurs.
Or, alors que tout s’écroule autour d’elle, elle découvre qu’un horrible monstre est à ses trousses. Un tueur de STARS mis sur pied par Umbrella Corporation elle-même.
La ville doit périr et il ne doit rien rester des agissements de la multinationale. C’est pourquoi sont envoyés sur place une bande de mercenaires aux objectifs obscurs. La jeune policière va donc faire la connaissance du beau Carlos Oliveira, mais aussi d’un homme froid et calculateur : Nicolaï Ginovaef.
Jill aura fort à faire pour rester en vie. Parviendra-t-elle à s’échapper ?

ROMAN COUP DE COEUR

Avec la sortie du remake de Resident Evil 3 – Nemesis, j’ai eu une forte envie de relire ce titre, paru initialement en 2003 chez Fleuve Éditions et ressorti depuis chez Milady.
Je n’ai donc pas été surprise puisque je connaissais et aimais déjà ce livre. Il est réellement cher à mon coeur pour plein de raisons.
En revanche, si vous ne connaissez ni le jeu ni la série de livres qui en est tirée, je ne peux que vous inciter à vous procurer ces ouvrages et à les lire. On y parle évidemment zombies dans un style très rythmé et riche, avec beaucoup de qualités.
Ce tome 5 est en fait la novelisation du 3ème jeu édité par Capcom. C’est si bien fait qu’il peut même servir de solution pour ceux qui voudraient tenter l’aventure.
Attention, je parle du jeu original sur play station et pas du remake qui vient de sortir. Comme son nom l’indique, ce remake a été refait et l’histoire modifiée.
Ici, SD Perry a réussi le tour de force de nous rendre crédible un jeu dans lequel s’enchaînent cinématiques mystérieuses, énigmes étranges et créatures cauchemardesques. Toutes les ficelles n’étaient pas simples à raccrocher et pourtant elle y est parvenue en proposant un ensemble cohérent et convainquant.
On retrouve toute la trame narrative du jeu mais développée avec un peu plus de profondeur puisque la narration se fait du point de vue interne des personnages. Ainsi, on peut découvrir des sentiments et intentions que l’on ne voit pas dans le jeu. Ce qui apporte une épaisseur supplémentaire.
On sent que l’autrice maîtrise l’univers dont elle parle et il n’y a aucune fausse note. Que ce soit le vocabulaire militaire ou celui de la saga, on s’y retrouve totalement. Ce n’est pas un livre écrit pour faire de l’argent sur le dos d’une saga populaire. Non. En prime, elle a le mérite d’apporter une touche de mystère supplémentaire à l’univers global grâce à l’apparition d’un personnage que l’on ne croise pas dans les jeux : Trent.
Si celui-ci a le mérite de créer un liant entre les différents arcs narratifs, il apporte aussi une profondeur supplémentaire que l’on ne trouve pas dans les jeux.
Aussi, l’autre tour de force est d’avoir permis de mettre à la portée de tous un livre issue d’un jeu vidéo. Peut-être que tous les lecteurs ne sont pas fans de jeux vidéos, et a fortiori de jeux d’horreur comme les Resident Evil, mais si vous aimez les lectures de zombies vous pouvez tout à fait lire ce roman sans connaître le jeu. Ce n’est pas une lecture réservée aux joueurs.
On y croise évidemment le Némésis, qui porte bien son nom, et toutes les autres créatures de la saga (lickers, hunter, zombie, chiens, araignées, corbeaux…). Mais tout reste parfaitement compréhensible.
J’ai également apprécié l’univers de la ville, on ressent bien les longues rues de Raccoon City, les portes qui barrent les accès, les différents lieux emblématiques du jeu comme le JS Bar, le commissariat, le parc ou le Beffroi de St Michaël.
Les personnages sont un peu clichés mais malgré tout intéressants. J’ai apprécié suivre leurs aventures.
Le livre est bourré d’action, on tourne les pages sans s’en rendre compte.
Bref, une très bonne lecture dans laquelle je me suis replongée avec nostalgie.

Pour qui : les lecteurs qui aiment les univers urbains chaotiques, les histoires de zombie, la saga Resident Evil de Capcom, les monstres, les livres bien écrits et dynamiques.

Les + : un style rythmé, un sujet maîtrisé, une histoire fidèle à celle du jeu original, des personnages attachants

Les – : je n’en ai pas trouvé. C’est donc un coup de coeur.

Infos pratiques (édition Milady de 2015)
Poche : 288 pages
Editeur : Bragelonne (20 mars 2015)
Collection : GAMING
Langue : Français
ISBN-10 : 2811214100
ISBN-13 : 978-2811214104

Wake The Dead, de Frédéric Czilinder

Frédéric Czilinder, Wake The Dead (one shot, éditions Armada)

Nous sommes le 31 octobre, soir d’Halloween.
Nous sommes aux États-Unis.
Nous sommes dans un parc d’attractions.
Alors qu’est-ce qui pourrait se passer d’autre qu’une attaque de zombies ?

L’objet livre est tout à fait le genre que j’aime : une couverture splendide et semi-rigide (mention spéciale à la pomme d’amour au premier plan, elle me fait saliver à chaque fois), des pages épaisses, un format attrayant… et une histoire de zombies et de parc d’attractions.
Waou !
Pour autant, lors de mon achat en présence de l’auteur et de l’éditeur, ce dernier m’a prévenu qu’il ne s’agissait pas d’une histoire de zombie très originale.
Cela ne m’a pas dissuadé car je sais à quel point il est compliqué de faire original avec cette créature, et de toute façon ce n’est pas spécialement ce que je cherche quand je souhaite lire un titre de ce genre.
Ha oui, tiens, qu’est-ce que j’aime lire quand je veux lire un titre de ce genre ?
Hé bien ce que j’aime, c’est assister au basculement du monde dans le chaos, puis à la survie des ultimes résistants. Je veux voir un univers post-apocalyptique où la tension est présente à chaque page, où je vais m’attacher à des personnages qui vont mourir, et où je vais avoir peur pour mes chouchous.
C’est ce que je m’attendais à trouver dans ce roman présenté comme « pas original pour un livre de zombies ».
Or, force m’est d’avouer que j’ai été un peu déçue.
Ne pas trouver ce qu’on s’attend à trouver dans un titre n’est pas grave si ce qu’on a à la place vous transporte. Malheureusement, cela n’a pas été le cas ici.
En effet, sur les 300 pages tout pile du roman, l’intrigue met déjà une centaine de page à se mettre en place.
Dans un livre de zombies, on sait ce qui va arriver. On sait que ça va arriver. Et là, c’est très long à arriver. On suit une multitude de personnages dans leur quotidien le jour du 31 octobre. On commence dès 7:15 du matin alors que l’apocalypse n’arrive que le soir.
Dans une série, cela peut passer avec des coupes régulières. Mais ici, le temps semble long en attendant que le spectacle ne commence.
Ainsi, le découpage horodaté n’apporte pas grand chose. Tout comme le changement de points de vues qui semble nous balader pour temporiser. L’action tarde à arriver et en attendant j’ai trouvé le temps un peu long. Les personnages présentés ne sont pas très attachants et je me demandais lesquels avaient vraiment de l’importance.
Frédéric Czilinder tente des choses, expérimente. Il nous parle d’une jeune fille qui a déménagé à Deep Harbor à la suite d’un viol. C’est de loin mon personnage préféré, celui qui avait le plus de potentiel. Pourtant, même cette fille (Kate) est sous-exploitée. Ce qui la rendait sombre n’est en fait qu’un prétexte pour expliquer que lorsqu’on est mal dans sa peau, on est gothique.
Les autres personnages sont assez fades et n’ont pas réussi à m’embarquer avec eux. Je suis donc un peu déçue d’être passée à côté d’une lecture que j’attendais pourtant avec impatience. Je ne cherchais en effet rien d’original, mais ici, c’est un peu comme une mayonnaise qui n’aurait pas prise, un soufflé qui n’aurait pas gonflé, une ambiance qui n’aurait pas décollé. Je suis restée à plat.
Car passées les 100 premières pages, l’apocalypse est en place. Très bien. On suit donc le lent basculement de la ville agréable vers une nuit de cauchemar. Mais là encore, Frédéric Czilinder est resté en surface. On plonge à peine dans le chaos. Ça manquait de tension, de peur, de tripes… peut-être un peu d’âme, en fait. Ce qui est paradoxal pour un roman de zombies, mais voilà. Les personnages m’ont laissés indifférents. Peut-êtres étaient-ils trop nombreux, peut-être n’est-on pas allé assez en profondeur, de fait je les ais oubliés sitôt que j’ai fermé le livre. L’auteur tente d’expliquer ce qui se passe avec l’apparition d’un spectre mais là encore on ne va pas assez loin pour trouver cela crédible dans l’histoire. Ce n’est pas assez fort, pas assez expliqué. Il manquait peut-être quelques centaines de pages.
Dommage.
Un roman qui avait tout pour me plaire, mais pour lequel je suis restée bien trop en surface.

Pour qui : les lecteurs qui aiment les libres de zombies, ceux qui cherchent une petite histoire à lire pour Halloween.

Les + : La forme est excellente, très prometteuse. Une couverture sublime, un résumé accrocheur, les ingrédiens classique d’un livre de zombie.

Les – : Malheureusement on n’entre jamais dans le fond des choses, l’action est beaucoup trop lente à se mettre en place, les personnages sont superficiels et de fait pas attachants. Le roman se lit aussi vite qu’il s’oublie et je ne m’y attendais pas du tout.

Infos pratiques
Broché: 312 pages
Editeur : Armada éditions (6 février 2016)
Langue : Français
ISBN-10: 1090931689
ISBN-13: 978-1090931689

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