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Mort imminente, de Peter James

mort-imminenteMort Imminente, de Peter James (one shot, éditions Milady)

Kate Hemingway est journaliste. Alors qu’elle couvre une affaire de bruits suspects entendus dans un cimetières, elle assiste à une inhumation terrifiante : la jeune femme que contient le cercueil aurait peut-être été enterrée vivante.
Kate sent  rapidement que cette affaire cache de terribles mystères. Elle a l’impression que son patron, et bien d’autres personnes impliquées dans ce qui n’aurait pu être qu’un banal fait divers, cherchent à étouffer des éléments. Mais pourquoi ?
De son côté, l’anesthésiste Harvey Swire progresse dans ses recherches sur l’épilepsie, jusqu’à ce qu’il vive une expérience étrange dont personne ne veut croire le témoignage : une expérience de mort imminente.

J’ai découvert Peter James il y a très longtemps, presque au début de ce blog (qui n’était encore qu’un simple site) lors de ma lecture de Possession. A l’époque, j’avais été déçue par la fin de cette histoire qui avait pourtant le potentiel pour offrir une belle expérience de lecture.
Un peu refroidie de ma lecture « fantastique », j’ai eu l’occasion de me tourner vers les productions plus « thriller » que fait l’auteur (mes avis ne sont pas sur Limaginaria) et j’ai beaucoup apprécié la plume de l’auteur dans ce domaine. Il semblait mieux maîtriser. Ainsi me suis-je longtemps fait de lui l’image d’un auteur plus à l’aise dans le genre « noir » que le genre « fantastique ».
C’était parce que je n’avais pas lu Mort Imminente.
J’ai failli l’acheter pourtant, il y a longtemps. Mais comme je vous disais je n’avais pas osé car j’ai fait l’erreur de ne fonder mon avis tout entier que sur une seule lecture. Il faut croire que Possession n’est pas son meilleur ouvrage car Mort Imminente est beaucoup plus abouti.
On a ici un roman à deux voix dont les histoires finissent par se croiser. S’il est original en beaucoup de points, les ficelles principales sont quant à elles plutôt attendues. Cependant, l’ensemble reste très bon et j’ai beaucoup aimé.
Le personnage de Kate est intéressant. Sa personnalité a tout de la journaliste d’investigation pugnace qui a tout à prouver. Voilà pourquoi elle en fait autant pour une chose en apparence anodine.
J’ai un peu moins accroché au personnage d’Harvey Swire à cause du l’apparente impunité dont il bénéficie une grande partie du roman.
Mais ce que j’ai le plus aimé dans Mort Imminente, c’est l’écriture. Elle vous accroche et vous tient en haleine jusqu’au bout grâce à de nombreux rebondissements. Je me suis surprise à lire encore et encore jusque dans les escaliers juste pour savoir ce qui allait se passer ensuite, ce qu’il y avait dans un cercueil, une pièce, qui allait ouvrir telle ou telle porte etc… Rarement je n’ai été ainsi tenue par un livre. Et que d’émotions à travers les pages ! Les nerfs du lecteur sont mis à rude épreuves tandis que l’on voit des choses s’échapper, ou triompher. L’injustice succède à la panique, qui elle-même succède à l’espoir. On n’en finit pas d’espérer très fort (c’est pour cela que je lisais dans les escaliers) puis de rager, et d’être déçu. Peter James n’épargne rien à son lecteur et le ballade comme dans un flipper. A tel point que je me suis plusieurs fois demandé « où cela allait-il finir » ?
On sent que Peter James a fait beaucoup de recherches car le livre contient beaucoup de détails très réalistes au sujet de psychotropes utilisés en médecine. Le tout dans une ambiance anglaise bien retranscrite, de quoi plonger le lecteur dans mille tourments.
Une fois ma lecture terminée, j’ai eu l’impression d’avoir regardé un film d’action palpitant. J’en redemande !

Pour qui : les lecteurs qui aiment les romans à suspense et ésotériques.

Les + : Un rythme palpitant, une héroïne attachante, un suspense qui vous prend et vous emporte avec lui, une thématique rarement vue dans ce genre de livre.

Les – : Les plus grosses ficelles du livre sont attendues.

Infos pratiques
Broché: 448 pages
Editeur : MILADY (2 avril 2009)
Collection : THRILLER
Langue : Français
ISBN-10: 2811201106
ISBN-13: 978-2811201104

Terre, de David Brin

terre-david-brinTerre, de David Brin (one shot, éditions Milady)

Un scientifique manipule des singularités lorsqu’il se rend compte que l’une d’elle a pris place au centre de la Terre et est en train de la dévorer de l’intérieur.
Dans l’ombre, scientifiques et astronautes vont devoir s’allier avec un ultime objectif : sauver le monde.

Lorsque j’ai lu Terre, je cherchais un livre de SF tel que je me les représente habituellement : un gros pavé plein de termes scientifiques et de problèmes à l’échelle interplanétaire, dans un futur où la technologie est bien plus avancée que la nôtre, mais sans que cela ne soit incompréhensible.
Avec Terre, j’ai presque eu tout ça, mais mon sentiment général est plutôt mitigé.
Pour la quantité de texte à lire, le moins qu’on puisse dire est que j’ai été servie puisque sur ma liseuse le texte faisait 735 pages. Notez qu’en plus de l’histoire, vous avez un glossaire, une longue post-face et une nouvelle se déroulant dans l’univers du roman.
Niveau termes scientifiques, j’ai été servie également. On a affaire à des thermes et théories scientifiques intéressantes qui crédibilisent énormément le titre.
Pour l’échelle interplanétaire c’est un peu raté dans le sens où le roman a pour thème central la planète Terre, ce n’est donc pas grave puisque c’est justifié par l’histoire.
Enfin, niveau technologie avancée dans le futur, on y est également. L’auteur a choisi de faire se dérouler l’histoire aux alentours de 2050 (le texte a été publié dans les années 90 ce qui le rendait plus loin de l’époque qu’il décrivait, mais avec 20 ans de plus il n’a pas pris une ride, au contraire).
Si, comme on peut le voir, ce roman a tout pour plaire, pourquoi suis-je sortie de ma lecture à ce point mitigée ?
Parce que si tous les ingrédients sont présents, l’auteur a parfois un peu abusé de ces mêmes ingrédients.
Le plus flagrant est qu’en terminant ma lecture, je me suis dit que « je n’avais pas tout compris ». Ce qui est embêtant quand on vient de passer plusieurs semaines sur un texte.
Quand, dans la post-face, l’auteur explique qu’il est astrophysicien, cela a pris tout son sens.
En fait, ce qu’il m’a été difficile à comprendre, c’était toutes les informations implicites que contenait le livre. On est ici proche de la hard-fiction tant les problématiques et les réflexions sont complexes. Lire Terre, c’était un peu comme assister au dîner d’une corporation de professionnels aux tournures jargonneuses et aux blagues hermétiques pour quiconque ne vient pas du milieu.
Je suis donc restée en dehors. Il m’est souvent arrivé de ne pas voir où était le problème, le mal, ce que les personnages sous-entendaient ou voulaient dire. Simplement parce que je ne suis pas du milieu de l’astrophysique, ou peut-être pas assez fine et réfléchie. Toujours est-il que cela a créé chez moi une grande frustration. J’ai lu des passages entiers sans comprendre grand chose, au points que j’ai éprouvé de l’ennui à certains moment.
Autant certains passages de réflexion philosophico-scientifiques étaient passionnants, et j’aurais aimé être présente pour discuter avec les personnages, autant certains passages me sont restés totalement fermés.
En cela, Terre n’est pas un ouvrage accessible. On voit dans la post-face que l’auteur s’est fait plaisir. Mais en oubliant sans doute le lecteur, qui lui n’a pas le passif de David Brin.
Côté personnages, ils sont très nombreux et il faut faire preuve de concentration pour ne pas perdre le fil. Malgré cela, l’ouvrage contient des personnages forts, attachants, comme Theresa qui a eu dès le début toute mon affection.
Alex Lustig est lui aussi un personnage intéressant, j’aurais aimé que son quotidien me soit plus accessible, notamment au sujet des singularités qu’il crée. Les éléments mathématiques et scientifiques induits par sa fonction m’ont laissé à l’extérieur de l’histoire, si bien que je n’ai pas saisi la portée « géniale » de ses actes. Dommage.
Le scénario s’est reproduit plusieurs fois. Je voulais aimer les personnages, mais ils me sont restés inaccessibles.
Ce que j’ai apprécié malgré tout, c’est la volonté de l’auteur de nous rendre son approche crédible. Pour cela, bien que la technologie soit plus évoluée que la nôtre, elle n’est pas totalement loufoque. Idem pour la situation de la planète. D’ailleurs, avec vingt ans de plus, le texte semble encore plus réaliste. L’auteur laisse à voir plusieurs théories sur la surpopulation, et nous livre régulièrement des extraits de documents émanant de son monde qui font réfléchir.
Et vous savez que j’aime réfléchir en lisant.
J’ai donc beaucoup apprécié ces interventions qui viennent considérablement enrichir l’univers du roman.
Je regrette vraiment qu’une partie de ce titre me soit restée fermée car Terre a pourtant tout pour plaire. Partez à l’aventure si vous pensez pouvoir apprivoiser ce texte, sinon il vous faudra sans doute passer votre chemin. Le volume du livre pouvant dissuader les moins préparés pour ce voyage complexe.

Pour qui : Les lecteurs qui aiment la SF compliquée et complexe, et qui cherchent un très gros livre dans lequel se plonger. Il vous faudra une grande concentration pour l’apprivoiser complètement.

Les + : Beaucoup de réflexions intéressantes, des pistes explorées et une belle fin. Il y a vraiment matière à produire une belle oeuvre.

Les – : Malheureusement, cet épais volume est bien trop complexe pour qu’on n’en sorte pas complètement lessivé. De nombreux passages me sont restés inaccessibles et je me suis parfois ennuyée. Trop compliqué, trop de sous-entendus, trop destiné à un public aux connaissances pointues dans le domaine de l’astro-physique.

Infos pratiques
Poche: 919 pages
Editeur : Milady (22 janvier 2016)
Collection : SCIENCE-FICTION
Langue : Français
ISBN-10: 2811216480
ISBN-13: 978-2811216481

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