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Elia, la passeuse d’Ames, de Marie Vareille

elia-la-passeuse-d-amesElia, la passeuse d’Ames, de Marie Vareille (tome 1 de la série Passeuse d’Ames, éditions Pocket Jeunesse)

La jeune Elia, issue de la plus noble caste de Tasma, a un problème : elle est rousse. Elle a très tôt appris à dissimuler cette particularité aux yeux des autres. En effet, cette couleur de cheveux est très rare et synonyme de malheur.
Aussi Elia passe-t-elle beaucoup de temps seule. Quand elle n’est pas à l’école où elle apprend la médecine, c’est une Passeuse d’Ame qui aide les nobles devenus inutiles à la société à mourir.
Un jour, on amène dans sa salle un jeune homme condamné à mort. Sans trop savoir pourquoi, Elia va l’épargner.
Ce sera le début de la chute, sa descente aux enfers.
Pour survivre à cette bonne action, Elia va devoir abandonner sa vie, sa famille, sa caste… et tout ce qu’elle croyait être. Elle découvrira alors un monde totalement différent et une étrange prophétie qui pourrait bien bouleverser le cours du monde tout entier.

Après avoir publié deux comédies romantiques, Marie Vareille s’attaque au champ de la littérature jeunesse avec ce premier tome de La Passeuse d’Ames.
Il s’agit pour ma part de ma première lecture de cette auteure. Pour avoir lu une de ses interviews, j’ai appris que cette série est souvent comparée à de grands noms tels que Hunger Games de Suzanne Collins, ou Divergeante de Veronica Roth. Deux grandes séries que je n’ai pas encore eu l’occasion de lire, même si c’est en projet, mais dont je connais les grandes lignes grâce aux médias et à la sortie des films éponymes.
A la lecture, j’ai très bien compris pourquoi ces titres revenaient pour parler de La Passeuse d’Ames. Car Elia, La Passeuse d’Ames reprend beaucoup des codes créés par ces deux figures de proue de la dystrophie Young Adulte.
En effet, nous avons affaire à un monde organisé selon des castes d’humains : une caste de nobles, une caste de marchands, et une caste d’esclaves dont on pense qu’ils peuvent être contagieux. Comme on s’en doute, ce monde organisé et géré par des personnages qui ont une haute estime d’eux-mêmes va être totalement bouleversé par le bas. C’est en effet par la caste des esclaves que va venir « la révolte ».
L’héroïne a la particularité d’être rousse, ce qui est un défaut physique discriminant. C’est intéressant car assez peu lu ailleurs. Cela l’oblige à porter en permanence un foulard sur ses cheveux.
A ce propos je tiens à noter que j’ai été déçue que cette donnée n’apparaisse pas sur la couverture où on nous montre une rousse flamboyante et guerrière aux cheveux lâchés : cela ne se produit jamais dans le livre. Cette scène n’existe pas. Mais l’éditeur a dû estimer qu’une jeune fille rousse avec un foulard sur la tête serait moins vendeur qu’une chevelure imposante volant au vent (dans l’ouvrage Elia passe le plus clair de son temps les cheveux rasés ou très courts du fait d’une jeune repousse). J’avais noté un décalage similaire sur la couverture du livre Alice au pays des morts-vivants et cela me désole toujours.
Du reste, les personnes qui gravitent autour d’Elia sont plutôt classiques : un jeune garçon secrètement amoureux, un guerrier fort et sans peur, une espionne agile et manipulatrice, un tyran, des parents absents…
Le livre est bien écrit. Le style est soigné et plaisant à lire. On tourne les pages agréablement de chapitre en chapitre. Ces derniers sont courts, entrecoupés parfois de morceaux de documents qui apportent de l’information supplémentaire sur le monde de Tasma. On y apprend la fin de l’humanité et la manière dont le monde s’est reconstruit.
Ce qui ressort de la lecture est le manque d’originalité dans le titre. Certes bien écrit, il reprend néanmoins tout ce qui a bien fonctionné dans les grandes sagas du genre. Un peu comme il y a eu une vague directement inspirée de Tolkien après l’explosion de la fantasy, on retrouve dans ce livre tout ce qui a fait le succès des premières grandes sagas. Sans avoir lu ces deux séries, tous les ingrédients que je connais sont présents dans Elia, La Passeuse d’Ames.
A ce propos, le côté « Passeuse d’Ames » aurait mérité d’être plus développé et d’avoir plus d’impact. Cela sera peut-être étoffé dans la série, de manière à donner à ce pouvoir une vraie utilité. Pour l’heure, cela n’en avait pas beaucoup, ce qui est dommage puisque le titre insiste précisément sur ce point.
Dernier point que j’ai trouvé un peu évident, c’est la prophétie. Là encore nous avons un ingrédient très classique, ultra-utilisé dans les grandes sagas jeunesse. J’aurais aimé avoir plus de surprise et d’originalité dans cet ouvrage.
A défaut de m’emporter, Elia, La Passeuse d’Ames aura toutefois réussi à éveiller ma curiosité au sujet de Marie Vareille, et me donner envie de découvrir ses autres titres. Peut-être ces derniers seront-ils plus frappés de sa marque personnelle que ce texte Young Adult.

Pour qui : Les lecteurs qui aiment les mondes dystociques et les histoires dans la droite ligne des grandes sagas du genre.

Les + : Un style fluide, agréable à lire et rapide.

Les – : Une histoire qui manque d’originalité par rapport aux grandes séries du genre. La représentation de l’héroïne sur la couverture qui ne correspond pas à la réalité du roman.

Infos pratiques
Broché: 320 pages
Editeur : Pocket Jeunesse (4 mai 2016)
Langue : Français
ISBN-10: 2266264443
ISBN-13: 978-2266264440

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Si je reste, de Gayle Forman

si je reste

Si je Reste, de Gayle Forman

Mia, 17 ans et musicienne aguerrie, est victime avec sa famille d’un accident de voiture. Tandis qu’elle revit des périodes de son existence, elle doit réfléchir à son avenir. Va-t-elle décider de mourir ou de vivre ? Et que va-t-il se passer si elle reste ?

Je ne connaissais ce titre que de nom et lorsque j’ai pris le roman en main à la librairie, j’ai été accrochée par la couverture et les phrases d’accroche au dos. « Le livre le plus émouvant après Twilight », annonce une citation. D’autres termes comme « Bestseller » ou « Phénomènes » sont également mis en avant.
Sceptique mais intriguée, j’ai décidé de lire le roman afin de savoir si l’histoire était à la hauteur du marketing.
Comme je m’y attendais, j’ai été déçue. Si je Reste traite un sujet intéressant : le choix de la vie ou de la mort à travers une expérience de mort imminente.
Pourtant, cela n’a pas pris avec moi.
Trop court, le livre ne m’a pas permis de m’attacher aux personnages. Alors que je m’attendais à un traitement du sujet plutôt orienté dans la réflexion et l’interrogation personnelle du « pourquoi rester », le livre n’est finalement que le récit d’une succession de souvenirs plus ou moins ennuyeux qui ne nous en apprennent pas beaucoup sur les personnages ou la situation de Mia. J’ai trouvé tout cela assez long à lire et sans intérêt. L’histoire d’amour est déjà en place au début, ce qui ne donne pas de suspense de ce côté, et je me demande comment s’est fait le choix de raconter les autres anecdotes puisqu’elles n’ont rien d’exceptionnel. On ne passe que très peu de temps à l’hôpital avec Mia et ses proches. La tentative d’Adam pour approcher Mia m’a laissée de marbre. Je n’y ai pas cru, tout comme l’ensemble du roman.
Je ne m’attendais pas à cela bien que je savais d’avance que le titre était très orienté « ado ». Pour moi on est clairement en-dessous du chef d’oeuvre annoncé.
Le traitement musical est intéressant, on sent que l’auteur a une affinité avec la musique dont elle s’est servie pour écrire son histoire.
J’ai été heurtée par le fait qu’une partie du livre repose sur l’idée du « C’est toi qui décide si tu veux vivre ». Est-ce que l’auteur insinue que les gens qui meurent n’ont plus envie de vivre et de retrouver leur famille ? Non, cela me semble un peu simple et facile, et je regrette que Gayle Forman n’ai justement pas plus insisté sur le fait que les choses ne sont pas aussi simples. L’héroïne hésite à peine et on devine à l’avance son choix.
Quant à comparer ce titre à Twilight, je n’en vois pas l’intérêt si ce n’est celui de vendre du papier. Les deux titres ne sont pas du tout comparables, à cela prêt qu’ils ont le même public. Non ce n’est pas très émouvant, et non on ne peut pas le comparer à la saga de Stéphenie Meyer. On ne peut pas comparer un roman de 180 pages à une série en 4 tomes de 400 pages ou plus.
A bien des égards j’ai donc été déçue. Je lirai néanmoins la suite du roman Là où j’irai afin de voir comment évoluent l’histoire et les personnages, car sans être transcendant on ne peut pas dire que le roman soit mauvais.
Je demande juste au marketing de parler du livre à sa juste valeur pour ne pas en faire trop. Histoire à suivre. 

Pour qui : Les adolescents et les lecteurs qui aiment les histoires tragiques.

Les + : des thèmes intéressants et une héroïne qui sort un peu des sentiers battus.

Les – : un récit trop court, des personnages auxquels on ne s’attache pas par manque de temps, le choix des souvenirs qui n’est pas très pertinent et le traitement du sujet principal décevant.

Infos pratiques
Poche:
 196 pages
Editeur : Pocket Jeunesse (19 août 2010)
Collection : Pocket Jeunesse
Langue : Français
ISBN-10: 2266198181
ISBN-13: 978-2266198189

 

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