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Le lit d’Aliénor 1, de Mireille Calmel

Le lit d’Aliénor 1, de Mireille Calmel (tome 1 du diptyque Le lit d’Aliénor, de Mireille Calmel, éditions Pocket)

Alors qu’elle n’a que douze ans, la jeune Loana de Grimwald, descendante de Merlin lui-même, est envoyée auprès de la jeune Aliénor d’Aquitaine, dans le but officiel de devenir son amie.
La vérité est que la puissante angleterre souhaite marier le jeune Henri à Aliénor, dans quelques années. L’arrangement est conclu mais les choses ne se dérouleront pas comme prévu et Aliénor va devenir Reine de France.
La mission de Loana est alors simple : empêcher Aliénor de donner un héritier au trône, au risque de ne jamais la voir gagner l’angleterre et accompli le destin que ses parents ont choisi pour elle.
Y parviendra-t-elle ?

Après avoir souvent entendu parler de Mireille Calmel, j’ai entamé la lecture de ce dyptique sans trop savoir à quoi m’attendre. J’ai été à la fois mitigée et agréablement surprise.
En effet, la plume est fluide, agréable à lire. On se laisse prendre dans l’histoire de cette « sorcière » à la cour de France. Les personnages ont un caractère propre qui les rend tantôt attachants, tantôt horripilants, et le travail sur leur personnalité est plutôt crédible. Pour ce que j’en sais (je ne suis pas experte), Aliénor est dépeinte comme une jeune fille fougueuse et autoritaire, colérique et jalouse, finalement très humaine. Vu son rang, on ne peut que comprendre ses caprices.
Mireille Calmel nous raconte l’histoire de cette reine qui a réellement existée. De fait, je suis allée faire quelques recherches sur internet pour voir si la véritable histoire d’Aliénor correspondait aux faits relatés dans le livre, et oui. En fait, comme cette période est lointaine, nous n’en connaissons que les grandes lignes. Mireille Calmel vient ajouter une histoire secrète dans la grande Histoire. Elle apporte ainsi une touche de fantastique à la réalité et j’ai beaucoup apprécié cette tentative. Le lexique employé, le phrasé, sonnent comme médiéval et on est plongé au coeur de cette époque.
En revanche, ce qui m’a moins convaincu, c’est la profondeur supposée du texte.
En effet, la narratrice nous explique à plusieurs reprises qu’elle intrigue à la cour… C’est elle qui le dit ! Personnellement, je n’ai pas vraiment ressenti ce fait. On est très loin de la profondeur d’une saga comme Kushiel ou Imriel, de Jacqueline Carey (que l’on peut comparer même si le style est différent, les inspirations sont les mêmes). Je n’ai pas ressenti l’aspect « complot », l’aspect « politique », et c’est à peine si on ressent les enjeux. Loana est présentée comme une sorcière magicienne mais a part une ou deux interventions sans éclat, on ne s’en rend même pas compte.
En bref, elle prétend accomplir un travail titanesque pour atteindre son objectif mais on ne le voit jamais. Le lecteur est obligé de se fier à ce que nous dit l’héroïne, et je n’ai pas été très convaincue.
A la lecture, j’ai l’impression d’avoir eu d’avantage affaire à une romance historique légèrement fantastique qu’à un titre d’intrigues et de complots.
Car oui, comme son nom l’indique (bien que je n’en ai pas eu conscience de prime abord), Le Lit d’Aliénor nous parle beaucoup de coucheries et d’amours contrariés. On a presque un côté « amour courtois » qui rappelle quelques chansons médiévales.
Mais pas un livre subtile ou politique.
Il ne faut pas voir plus qu’un simple divertissement dans ce texte, au risque d’être déçu. Je pense que si j’ai apprécié ma lecture, c’est avant tout parce que je n’en attendais rien. Ne pensez pas lire une histoire d’intrigues à la cour royale, vous serez rapidement déçus. Pas plus qu’une histoire fantastique à la Merlin l’enchanteur.

Pour qui : les lecteurs qui cherchent une lecture dépaysante, divertissante et superficielle.

Les + : une plume fluide et immersive qui nous plonge rapidement au coeur de l’époque médiévale. Les caractères des personnages sont crédibles et bien travaillés.

Les – : le livre reste superficiel, on n’assiste jamais vraiment aux complots et intrigues de cours. On ne peut se fier qu’à ce que prétend l’héroïne quand elle nous dit qu’elle passe ses journées à intriguer dans le dos d’Aliénor. J’aurais aimé que l’autrice pousse ses idées plus loin, à la manière d’une Jacqueline Carey. Or, cela ressemble presque à une solution de facilité que de parler d’intrigues sans jamais les montrer.

Infos pratiques
Poche: 416 pages
Editeur : Pocket (4 décembre 2003)
Collection : Litterature
Langue : Français
ISBN-10: 2266126873
ISBN-13: 978-2266126878

Que passe l’hiver, de David Bry

Que passe l’hiver, de David Bry (one shot, éditions Pocket)

Stieg est le petit dernier de la famille du Seigneur des Feyren. Infirme à cause de son pied bot, il n’a jamais été le préféré de son père. Aussi, il sait qu’il ne lui succèdera jamais, puisque le vieil homme a choisi son grand frère plus noble, plus fort, et surtout en meilleure santé.
Mais Stieg et son frère Ewald sont impatients de participer à la fête du Solstice d’hiver, l’occasion pour les quatre clans de se réunir fêter le Seigneur de l’hiver. Un passage à l’âge adulte pour Stieg, l’occasion d’une incroyable chasse au trésor. Le jeune homme se voit déjà aider son frère à rapporter le précieux trophée et peut-être parvenir à améliorer son avenir.
A moins que ce rêve ne se transforme en cauchemar.
Si les fils du destins sont déjà tissés, qui sait lesquels seront choisi par le dieu du destin ?

Ce livre est arrivé dans ma boîte-aux-lettres sans que je ne m’y attende. Il faut croire que le destin voulait le placer sur ma route (et je remercie au passage les éditions Pocket pour le coup de pouce du destin). Je ne suis habituellement pas la première à me jeter sur les ouvrages « hivernaux » mais celui-ci, présenté comme le « Coup de coeur des imaginales 2019 » m’a attiré immédiatement. Une couverture aussi jolie (signée Simon Goinard), pleine de poésie, et un résumé intrigant m’ont aussitôt donné envie de l’ouvrir. Et ça tombait bien puisque je commençais une semaine de vacances.
J’ai lu ce livre très vite. Il faut dire qu’une fois dedans, j’étais plongée au coeur d’un monde glacé, froid, très mélancolique et surtout poétique.
L’intrigue est assez statique puisqu’elle se déroule essentiellement au même endroit, dans une Clairière où la fête du Solstice sera célébrée. On suit les protagonistes dans les bâtiments tout proches, lors de fêtes, de banquets, d’une chasse dans les bois alentours… mais on est très loin des épopées épiques qui font traverser le monde à des héros comme ceux de Sarah Ash, de Jacqueline Carey ou de Tolkien.
C’est ouvrage possède pourtant tous les codes de fantasy classique : une atmosphère médiévale, des magiciens, des châteaux, des batailles, une quête…
Mais son originalité, et qui explique sans doute son succès, est sa grande poésie. Tout dans cet ouvrage est symbolique, métaphorique, poétique. En témoignent les strophes qui ouvrent les chapitres, au nombre de trente, et qui forment à la fin une seule et même « chanson ».
Stieg est un héros pas comme les autres, et qui ne voit en lui que ce que ses yeux lui permettent de voir. Or, les épreuves qu’il va traverser vont l’amener à se remettre en question et à remettre en question sa façon d’appréhender le monde : si le futur est déjà écrit, sommes-nous libres de nos choix ? Pourquoi le destin est-il aussi cruel ?
La réponse à ces questions, formulées dans le livre, est une invitation à la réflexion. Ainsi, à la lecture du livre, je me suis moi-même posée les questions du destin, de la vie et de ce qu’on choisi d’en faire. Le roi a un moment une réflexion très intéressante avec le héros sur ce que nous choisissons de faire des fils qui sont tissés pour nous.
Ce livre est à la fois fantasy et philosophique. Il est la parfaite illustration que la littérature d’imaginaire peut nous faire réfléchir sur des sujets concrets. L’ouvrage est une quête de soi aussi bien pour le héros que pour le lecteur qui suit ses aventures.
Je me suis beaucoup attachée aux personnages. Particulièrement à Stieg, mais aussi à Ewald et à Gaid. Un trio de personnages à fort potentiel que j’aurais aimé voir dans d’autres aventures. Mais le livre est un one-shot.
L’ambiance est décrite avec force détails qui nous plongent au coeur d’un hiver sans pitié et glacial.
Il y a quelques facilités scénaristiques, ou des éléments pas forcément très utiles selon moi, mais l’ensemble est globalement bien ficelé et se lit bien.
Un roman émouvant que vous n’oublierez pas facilement.

Pour qui : les lecteurs qui aiment lire de la fantasy sans s’embarquer dans de grandes sagas en plusieurs tomes. Les lecteurs qui aiment réfléchir en lisant, et ceux qui ont envie de s’émouvoir.

Les + : Une lecture émouvante, philosophique, poétique, qui se lit bien et ne s’oublie pas facilement. Des personnages charismatiques et attachants, un roman d’ambiance.

Les – : Quelques facilités scénaristiques comme le pouvoir de se mouvoir dans les ombres, qui arrange plus le scénario qu’il n’est utile et qui aurait pu être un peu plus développé.

Infos pratiques
Poche: 496 pages
Editeur : Pocket (11 avril 2019)
Collection : Fantasy
Langue : Français
ISBN-10: 2266289063
ISBN-13: 978-2266289061

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